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Eames (Charles et Ray)
05 juillet 2010
Charles Eames et sa femme Ray, designers américains, ont formé pendant près de quarante ans un couple dont l'influence fut majeure sur le design du XXe siècle, qu'ils ont su faire évoluer vers la production de masse.
Né en 1907 à Saint-Louis (Missouri), Charles Eames visite l'Europe en 1929 et découvre Mies van der Rohe et Le Corbusier. En 1930 il ouvre un cabinet d'architecte avec Charles Gray à Saint-Louis. Durant cette période il collabore aussi avec l'architecte Eliel Saarinen. C'est avec son fils, Eero Saarinen, qu'il remportera le premier prix d'un concours organisé par le Museum of Modern Art de New York. Devenu professeur de design industriel à l'Académie des Arts de Cranbrook dans le Michigan, il y rencontre Ray Kaiser, étudiante en peinture, qui l'assiste dans ses travaux, avant de devenir son épouse en 1941.
En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont subventionnés par la marine américaine pour leurs avancés techniques sur le contreplaqué. Dans ce cadre-là, ils produiront des attelles, des brancards et des fuselages de planeurs expérimentaux. En 1946, Herman Miller croit en eux et achète les droits de distribution de leurs créations. Trois ans plus tard, les produits Eames sont de vrais succès.
En 1949, le couple expose sa célèbre maison de Pacific Palisades à Los Angeles en Californie.
En 1956, Charles Eames édite le fauteuil Eames Lounge Chair, qui révolutionne le siège de détente, ce sera son plus grand succès. Il est composé de coques en contreplaqué moulé dans les trois dimensions. Aujourd'hui, il est toujours en production par les sociétés Vitra et Herman Miller. Depuis son lancement, ce fauteuil s'est vendu à plus de 6 millions d'exemplaires à travers le monde.

Égéries surréalistes (Les)

27 octobre 2010
La femme domine l'univers des surréalistes, tant sont nombreuses les "muses" ayant gravité autour d'eux et les ayant inspirés - notamment Man Ray, Paul Éluard, Dali et Picasso qui se les sont, souvent, partagées ou échangées...
Elle n'y est pas que muse, d'ailleurs, elle milite, s'alliant aux engagements de ceux qui la célèbrent. Elle n'est pas qu'une figure emblématique de l'amour, elle est aussi objet de désir. Jusque dans la violence qui n'est pas tabou. C'est l'intrusion de la femme-objet. Consentante dans la douleur comme elle l'est dans l'extase qu'elle provoque ou inspire.
J'ai donc voulu rendre hommage à ces femmes sans qui, sans doute, les surréalistes ne seraient pas ce qu'ils sont ; toutes (plus ou moins) connues et qui, pour certaines, artistes également (telles Lee Miller, Dorothea Tanning ou Frida Kahlo - même si cette dernière s'est toujours défendue d'être surréaliste), ont aussi su exister par elles-mêmes, et s'émanciper de la tutelle du maître (d'André Breton, notamment, qui était connu pour sous-estimer les talents des femmes du groupe, rejetant leurs contributions et les présentant simplement comme des modèles ou des muses) pour nous offrir une production riche et originale. Jeunes et audacieuses, elles ont dû, pour acquérir leur identité artistique, s'opposer aux préjugés de leur temps, faisant ainsi bouger les lignes. Elles furent, en ce sens, des messagères du futur.

Kiki de Montparnasse
Voir l'article qui lui est consacré..
Dora Maar
Henriette Theodora Markovitch, née le 22 novembre 1907 à Paris et morte le 16 juillet 1997, est une photographe et peintre française, connue sous le pseudonyme de Dora Maar. Elle fut l'amante et la muse de Pablo Picasso, rôle qui a éclipsé l'ensemble de son œuvre.
En 1926, Dora Maar, pseudonyme qu'elle se choisit, suit des cours de photographie. Elle fréquente l'atelier d'André Lhote où elle rencontre Henri Cartier-Bresson. Début 1930, elle ouvre son atelier de photographie et fait la connaissance de Brassaï avec qui elle partage la chambre noire de l'atelier. En 1932, elle a une liaison avec le cinéaste Louis Chavance. Dora Maar fréquente le groupe Octobre, formé autour de Jacques Prévert et Max Morise après leur rupture avec le surréalisme. Fin 1935, Dora Maar est engagée comme photographe de plateau sur le film de Jean Renoir, Le Crime de Monsieur Lange. C'est à cette occasion que Paul Éluard lui présente Pablo Picasso.
Leur liaison durera près de neuf années, sans que Picasso ne rompe pour autant sa relation avec Marie-Thérèse Walter. Dora Maar photographie les étapes successives de la création de Guernica, tableau que Picasso peint dans son atelier de la rue des Grands-Augustins de février à mai 1937. Parallèlement, elle est le principal modèle de Picasso qui la représente le plus souvent en larmes. Elle-même réalise plusieurs autoportraits intitulés La Femme qui pleure. Ce sont cependant les travaux de la période surréaliste qui demeurent les plus recherchés par les amateurs : Portrait d'Ubu (1936), 29 rue d'Astorg, Sa sœur noire, collages ou photo-montages. Sa liaison avec Picasso s'achève en 1943, bien qu'ils se revoient épisodiquement jusqu'en 1946.
Picasso lui achète une maison à Ménerbes, dans le Vaucluse. Elle s'y retire, y vit seule, se tourne vers la religion catholique, rencontre en 1953 le peintre Nicolas de Staël qui vient soigner une dépression dans le même village, et peint des tableaux abstraits.
L'œuvre peinte de Dora Maar est resté méconnu jusqu'à la vente posthume, organisée en 1999, qui fit découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n'avait jamais quitté son atelier. Les œuvres tragiques figuratives comme Portrait d'Eluard, ou Autoportrait à l'enfant (1946), traduisent dans une palette sombre la douleur des années d'après-guerre. Après des années de lutte, entre dépressions et mysticisme, l'enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 60 à 70, avec des Grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c'est à partir des années 80 que le peintre s'exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Luberon, où les paysages sauvages autour de sa maison de Ménerbes, balayés de nuages et de vent, révèlent avec force la lutte d'une artiste aux prises avec les fantômes de son passé.
Lee Miller
Voir l'article qui lui est consacré.
Jacqueline Lamba
Jacqueline Lamba, née à Saint-Mandé (Val-de-Marne), le 17 novembre 1910 et morte à Rochecorbon (Indre-et-Loire), le 20 juillet 1993, est une peintre, décoratrice et plasticienne française.
En 1926, elle entre à l'école de l'Union Centrale des Arts Décoratifs où elle rencontre Dora Maar. Son apparence physique ainsi que sa personnalité "ardente et forte" lui valent le surnom de "Quatorze-Juillet". Par ailleurs, ses inclinations politiques l'amène à fréquenter les étudiants gauchistes. En 1927 sa mère meurt de la tuberculose.
Jacqueline Lamba enseigne le français à Cardiff, puis en Grèce. Elle revient ensuite à Paris où elle est engagée comme décoratrice au grand magasin des "Trois Quartiers". En 1932 ou 1933, elle est danseuse dans un ballet aquatique au Coliseum, une ancienne piscine transformée en music-hall.
Le 29 mai 1934, au café Cyrano de la place Blanche, elle rencontre Breton, dont elle avait lu « Nadja », récit qui l'avait impressionnée. Breton, de son côté, est ébloui par une femme qu'il trouve "scandaleusement belle". Ils se marient moins de trois mois après, le 14 août. Alberto Giacometti est témoin de Jacqueline Lamba, Paul Éluard, celui de Breton, et Man Ray, photographe du jour, immortalise cette journée par une citation du tableau de Manet « Le Déjeuner sur l'herbe » : Jacqueline pose nue au milieu des trois hommes.
Dès lors, Jacqueline Lamba participe aux manifestations surréalistes. Elle réalise des "peintures prismatiques" influencées par Matta et André Masson, des aquarelles, des objets, des cartes postales surréalistes (« Pont du demi-sommeil »), des décalcomanies qu'elle expose.
Elle accompagne Breton à Mexico, chez les peintres Frida Kahlo et Diego Rivera (septembre 1938) et noue une amitié profonde et réciproque avec Frida.
Le 20 décembre 1935, Jacqueline Lamba donne naissance à une fille, Aube.
En 1937, paraît « L'Amour fou » de Breton dont elle est le personnage central.
Début 1940, Jacqueline Lamba et sa fille quittent Paris pour Royan où elle retrouve Dora Maar et Picasso.
Les difficultés matérielles chroniques ont finalement raison de leur union et Jacqueline Lamba se détache de Breton. À l'automne 1941, elle rencontre le peintre David Hare. En 1944, ils s'installent dans le Connecticut. Elle dispose d'un atelier dans lequel elle passe ses journées à peindre. Ils ont pour voisins Alexander Calder et Yves Tanguy. Elle revient en France en 1947 et participe à deux expositions parisiennes placées sous le signe du surréalisme : "Un nouveau mythe : 8e exposition internationale du surréalisme" à la galerie Maeght (juillet 1947) et à la galerie Pierre Loeb (exposition monographique, octobre 1947). En juin 1948, Jacqueline Lamba donne naissance à un fils, Merlin. Elle rompt définitivement avec le surréalisme.
Sa carrière d'artiste a souffert de la stature de Breton qui ne la cite même pas dans son ouvrage Le Surréalisme et la peinture : « Il me présentait à ses amis comme une naïade parce qu'il jugeait cela plus poétique que de me présenter comme un peintre en quête de travail. Il voyait en moi ce qu'il voulait voir mais en fait il ne me voyait pas réellement. »

Nusch Éluard
Nusch Éluard, née Maria Benz le 21 juin 1906 à Mulhouse (Empire allemand) et décédée le 28 novembre 1946 à Paris, fut modèle et égérie de surréalistes comme Man Ray, et la seconde épouse de Paul Éluard.
Maria Benz commence sa carrière comme actrice à Berlin, où elle s'installe. Elle vit de petits rôles au théâtre, où elle joue notamment des pièces de Strindberg à partir de 1920 et pose comme mannequin pour des cartes postales.
Dans les années 1920, elle part pour Paris, se produit comme actrice, acrobate ou hypnotiseuse au théâtre du Grand-Guignol, sert de modèle pour des photos.
En 1929, durant la période où elle pose comme modèle des surréalistes, elle rencontre René Char et Paul Éluard, qui vient de se séparer de Gala partie avec Dalí. Elle deviendra une égérie du groupe, notamment de Man Ray, pour lequel elle sera le célèbre sujet d'une série de photos de nus.
Après environ cinq années de vie commune, elle se marie avec Paul Éluard en 1934, une semaine après l'union d'André Breton et de Jacqueline Lamba dans la même mairie, soulignant la proximité des deux couples. Nusch Éluard sera dès lors une figure permanente de l'œuvre de son mari. Après la rencontre de Paul Éluard et de Pablo Picasso en 1933, le peintre deviendra un intime du couple Éluard et de leurs amis (dont Lee Miller, Man Ray et Adrienne Fidelin), passant des vacances ensemble à Mougins et les recevant fréquemment rue des Grands-Augustins. Picasso peindra alors de très nombreux portraits de Nusch Éluard en 1936, 1937 et 1938. Picasso et Nusch Éluard auraient même entretenu une liaison à cette époque, avec l'assentiment de Paul Éluard.
En 1942, Éluard demande sa réinscription au Parti communiste français clandestin, et publie des tracts et poèmes subversifs que Nusch Éluard transporte dans des boîtes à bonbons. La guerre finie, Éluard donne des conférences en Europe accompagné généralement de sa femme qui est alors une importante source d'inspiration poétique, notamment charnelle.
Nusch Éluard meurt subitement d'une attaque cérébrale dans la rue à Paris en 1946, laissant Paul Éluard anéanti pendant plusieurs mois.
Leonora Carrington
Leonora Carrington, née le 6 avril 1917 à Clayton Green, Lancashire, est une artiste peintre et romancière surréaliste britannique, fille d'un industriel de Londres.
Pendant les années d'avant-guerre, elle vit à Saint-Martin-d'Ardèche avec Max Ernst, séparé de sa première femme Marie-Berthe. En 1938, elle expose à Paris L'Assassin silencieux et Que ferons-nous demain, Amélie?. Elle participe également à l'exposition surréaliste d'Amsterdam où elle présente Le Repas de Lord Candlestiek et Les Chevaux de Lord Candiestiek
Le caractère hypersensible de cette femme faillit la mener à la folie. Dans "En Bas", texte poétique publié en 1945, elle décrit son affolement devant l'invasion allemande. Pendant la guerre, Max Ernst, sujet allemand, est interné dans un camp près d'Aix-en-Provence. Leonora Carrington, se retrouvant seule, fuit en Espagne puis gagne New York. Max Ernst épouse alors Peggy Guggenheim et Leonora s'installe au Mexique.
Dans des recueils tels que Waiting et The Swenth horse, Leonora Carrington mêle la poésie surréaliste, l'art romantique et le fantastique. Ses peintures se rattachent au même univers : Dans le jardin il joue tranquillement de la cornemuse (1944), A l'Auberge du Cheval d'Aube, La Chasse, La Dame ovale, Le Jardin enchanté, La Tentation de Saint-Antoine (1947).
Leonora Carrington est aussi l'auteur d'un grand nombre de recettes surréalistes de cuisine.
Gala
Gala Dalí, née Helena Dmitrievna Delouvina Diakonova, à Kazan, Russie, le 26 août 1894 et morte à Figueras le 10 juin 1982, a eu Paul Éluard pour époux, Max Ernst pour amant, puis s'est finalement mariée avec Salvador Dalí.
C'est en 1913, au sanatorium de Clavadel, en Suisse, où elle a été envoyée pour être soignée contre la tuberculose, qu'elle rencontre Paul Éluard. Son impétuosité, son esprit de décision, sa grande culture impressionnent le jeune Éluard qui prend avec elle son premier élan de poésie amoureuse, un élan qui se prolongera dans tous ses écrits. Ils se marient à Paris en février 1917. Une fille, Cécile, naît un an plus tard.
En octobre 1921 Éluard et Gala se rendent à Cologne (Allemagne) pour rencontrer le peintre Max Ernst. Elle pose pour lui et devient son amante tout en restant l'épouse d'Éluard. L'année suivante, Ernst vient s'installer dans la maison des Éluard à Eaubonne (Val d'Oise). La relation triangulaire n'est nullement cachée.
En 1929, Éluard et Gala rendent visite à un jeune peintre catalan, Salvador Dalí, chez lui à Figueras. C'est le coup de foudre réciproque entre Gala et Dalí. Ils s'épousent civilement en 1932 (une cérémonie religieuse aura lieu vingt-six ans plus tard, en 1958). Elle devient l'unique modèle féminin et le principal sujet d'inspiration du peintre qui ne cessera de la magnifier et de la représenter comme un mythe vivant et une icône moderne. De son côté, Gala prend en main les affaires de son mari et saura les faire fructifier.
« J'astiquais Gala pour la faire briller, la rendant la plus heureuse possible, la soignant mieux encore que moi-même, car sans elle tout était fini. »
Pour Gala, Dalí achète le château de Púbol, en Catalogne où elle est enterrée.
Dorothea Tanning
Voir l'article qui lui est consacré.
Meret Oppenheim
Meret Oppenheim, née en 1913 à Berlin-Charlottenburg et morte en 1985 à Bâle, est une écrivaine, artiste peintre et plasticienne surréaliste suisse.
Meret quitte l'école à dix-sept ans pour apprendre la peinture.
En 1932, elle se rend à Paris et fréquente irrégulièrement l'Académie de la Grande Chaumière. En 1933, Alberto Giacometti et Jean Arp l'invitent à exposer au "Salon des surindépendants" avec les surréalistes. Elle fait la connaissance d'André Breton et se lie d'amitié avec Max Ernst et Man Ray. Ce dernier la photographie à plusieurs reprises.
En 1936, elle réalise, pour l'exposition surréaliste, l'objet « Le Déjeuner en fourrure » : une tasse, sa soucoupe et une petite cuillère recouvertes de fourrure. Alfred Barr, directeur du Museum of Modern Art (MOMA) de New York achète l'objet qui devient un des emblèmes du surréalisme.
Cette même année, sa première exposition individuelle est organisée à Bâle.
En 1937, Meret Oppenheim retourne à Bâle. En 1938, elle voyage en Italie.
De retour à Paris en 1939, elle participe à une exposition de meubles fantastiques. En 1945, elle rencontre Wolfgang La Roche. Ils se marient quatre ans plus tard à Berne où ils s'installent. Mais en 1950, Meret Oppenheim revient à Paris, seule. En 1954, elle se remet à travailler après dix-huit ans d’inactivité artistique. Deux ans plus tard, elle dessine les costumes et les masques pour la pièce de Picasso « Le Désir attrapé par la queue » représentée à Berne.
En 1959, à l'occasion de la "Fête de printemps" à Berne, Meret Oppenheim présente « Le Festin » : un buffet dressé sur le corps d'une femme nue au visage doré. Breton lui demande de refaire cet installation pour l'"Exposition internationale du surréalisme" à la galerie Cordier au mois de décembre.
En 1967, une première rétrospective est organisée à Stockholm. Au cours de années 1974 et 1975, c'est une rétrospective itinérante qui parcours la Suisse. En 1981, elle publie « Sansibar », un recueil de poèmes, aux éditions Fanal, à Bâle.
En 1985, elle meurt d'une crise cardiaque à Bâle.
Ady Fidelin
C'est en 1936 que Man ray rencontre Adrienne Fidelin, jeune danseuse venue de Guadeloupe, qui devient sa compagne. Elle est rapidement adoptée par le cercle de ses amis surréalistes - Pablo Picasso et Dora Maar, Paul et Nusch Éluard, Max Ernst et Leonora Carrington, Lee Miller et Roland Penrose. Il réalise de nombreuses photos d'elle, seule ou avec Nusch Éluard.
C'est grâce à une de ces photos qu'en 1937 elle devient la première modèle noire à parraître dans un grand magazine de mode : Harper’s Bazaar. Jusque là, William Randolph Hearst (l'home qui inspira Welles pour son Citizen Kane) interdisait les photographies des noirs dans son magazine. Il est vrai qu'elle est plutôt café-au-lait...
En 1940, Man Ray se réfugie en amérique, mais Ady préfère rester à Paris pour prendre soin de sa famille.
Plus tard, il semble qu'elle se soit mariée et ait été danseuse de revue nègre dans un club des Champs-Élysées.
Georgette Magritte
C'est en 1914 que René Magritte rencontre, à la foire de Charleroi, Georgette Berger, qui deviendra, 8 ans plus tard, sa muse et la femme de toute une vie. Mais il doit partir pour Bruxelles et ne reverra Georgette qu'en 1920 alors qu'elle est vendeuse au magasin où il se fournit en peinture et matériel.
Georgette épouse René Magritte le 28 juin 1922 à Saint-Josse, Bruxelles. Ils ne se quitteront plus. Le jeune couple s'installe à Laeken, au 7 rue Ledeganck. Magritte fait fabriquer le mobilier de leur appartement d'après ses propres dessins.
En 1926, ils tentent l'aventure parisienne - mais s'installent en banlieue - et fréquentent André Breton, Paul Éluard et le groupe surréaliste parisien avec lequel René participe au dernier numéro de La Révolution surréaliste avec un texte majeur : Les Mots et les images.
Au printemps 1929, René rencontre Salvador Dalí qui est à Paris pour le tournage du film Un chien andalou. Les Magritte sont invités à passer des vacances à Cadaqués en Espagne avec Dalí et, entre autres, Paul et Gala Eluard.
Mais finalement, déçus par Breton (suite à une remarque désagréable de celui-ci n'appréciant pas que Georgette porte une petite croix dans son décolleté) et adhèrant peu au mode de vie des surréalistes français, le couple décide de quitter la France et, en 1931, s'installe à Jette, commune du Nord-Ouest de Bruxelles. L'appartement, qu'ils louent, sert également de quartier général au groupe surréaliste bruxellois entourant Magritte (Louis Scutenaire et Irène HamoirPaul Nougé, Marcel Mariën, etc.). Mais Magritte, pour vivre, doit, parallèlement à ses travaux de peintre, ouvrir, avec son frère Paul, une agence publicitaire : Studio Dongo.
En 1939, la belle-soeur de Magritte ouvre un magasin de fourniture pour artistes. Georgette y travaille à mi-temps et Magritte s'y approvisionne. En 1954, les Magritte déménagent dans un rez-de-chaussée au 207 du boulevard Lambermont à Schaerbeek.
En 1965, René et Georgette se rendent à New York pour l'ouverture de l'exposition au MOMA. Ils visitent et séjournent également à Houston.
Le 15 Août 1967, René Magritte meurt chez lui d'un cancer du pancréas. Il est enterré au cimetière de Schaerbeek. Georgette meurt en 1986.

Durant toute sa vie, Georgette fut non seulement la muse et l'inspiratrice de son mari, mais aussi son soutien, lui apportant une stabilité qui, faisant contrepoid avec le suicide dévastateur de sa mère lorsqu'il avait 12 ans, permit à l'œuvre de Magritte ne pas devenir trop introspective, mélancolique, et déprimante.

Ernst (Max)
18 juin 2010
Max Ernst, peintre et sculpteur allemand, né en 1891 à Brühl et mort à Paris à l'âge de 84 ans, est un artiste majeur des mouvements Dada et surréaliste.
Il est le fils du peintre Philipp Ernst et de Louise Kopp.
En 1909, il commence à étudier la philosophie à l'université de Bonn mais abandonne assez rapidement pour se consacrer à l'art.
En 1913, il rencontre Guillaume Apollinaire (qui créera le terme de surréalisme avant de mourir en 1918 de la grippe espagnole) et Robert Delaunay, et part pour Paris s'installer dans le quartier Montparnasse.
Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il sert dans l'artillerie de campagne allemande.
En 1919, il rend visite à Paul Klee et crée ses premières peintures, impressions à la main et collages ; il expérimente différents supports et matériaux. Il voit des reproductions d'oeuvres de Chirico. Puis il fonde avec Jean Arp le groupe Dada de Cologne. En 1921 il rencontre Paul et Gala Éluard.
En 1923, de retour à Paris, il expose au Salon des indépendants.
En 1925, Max Ernst invente le frottage, inspiré par le célèbre texte de Léonard de Vinci sur les possibilités de rêverie et d'invention offerte par les tâches des murs. Cette technique faisant apparaître des figures imaginaires, elle s'apparente à l'écriture automatique des surréalistes qu'il côtoie comme Éluard et Breton.
L'année suivante, avec l'aide de Miró, il se lance dans l'élaboration d'une nouvelle technique, le grattage du pigment directement sur la toile.
En 1933, Max Ernst part en Italie. Là, il compose en trois semaines 182 collages à partir d'ouvrages français illustrés en noir et blanc de la fin du XIXe siècle. De retour à Paris, il les publie dans un ouvrage en cinq volumes appelé Une semaine de bonté ou les sept éléments capitaux.
En 1934, fréquentant Alberto Giacometti, il commence à sculpter. Puis en 1938, l'héritière américaine Peggy Guggenheim lui achète un bon nombre d'œuvres qu'elle expose dans son nouveau musée à Londres.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été arrêté comme « étranger ennemi » et interné dans un camp près d'Aix-en-Provence, il s'exile aux Etats-Unis aux côtés de peintres avant-gardistes tels Duchamp et Chagall et exerce une grande influence sur les peintres américains, aidant au développement de l'expressionnisme abstrait.
Il épouse Peggy Guggenheim en 1942 et vit alors à New York. Mais ce mariage est un échec. En octobre 1946, il épouse sa quatrième femme, Dorothea Tanning, peintre américaine appartenant elle aussi au groupe surréaliste depuis 1942, et ils s'installent à Sedona, Arizona, dans une maison qu'il construit lui-même. La biennale de Venise en 1954, dont il remporte le Grand prix (ce qui lui vaut l'exclusion du mouvement surréaliste) lui vaut la reconnaissance publique et surtout financière.
En 1969/70, rétrospectives à Stockholm, Amsterdam et Stuttgart. En 1975, rétrospective au Musée Solomon R. Guggenheim à New York. Les Galeries Nationales du Grand Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres.
Max Ernst est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise.
Il nous laisse une œuvre onirique et plurielle, à l'image du parcours et des multiples rencontres de ce défricheur qui aura véritablement marqué l'art du XXe siècle.
Exter (Alexandra)
16 novembre 2010
Alexandra Exter - ou Ekster - (1882-1949), grâce à ses voyages réguliers en Ukraine, Russie, France et Italie, a fait fonction de pont entre l'avant-garde russe et les artistes d'Europe occidentale. Les titres d'œuvres comme Le pont (Sèvres) de 1912 et Venise (1925) témoignent de son intérêt pour des lieux singuliers, soit géographiquement, soit culturellement. L'œuvre de Exter s'inspire de sources très diverses qui vont de l'art populaire (les broderies ukrainiennes) jusqu'au cubisme, au futurisme et au simultanéisme ; ce voyage stylistique la conduira aux magnifiques toiles "non objectives" de 1917-18. Bien que la peinture ait constitué sa préférence, Exter a également œuvré dans l'illustration de livres, le cinéma, la céramique, les costumes et les décors de théâtre.

Bio express
Alexandra Exter (née Grigorovitch) est né le 6 Janvier 1882 à Belestock, près de Kiev.
Elle étudie à l'École d'art de Kiev puis, en 1908, se rend à Paris pour terminer ses études, et suivre des cours à l'Académie de la Grande Chaumière où professe, entre autre Fernand Léger. Elle se marie cette année là, et expose pour la première fois à Saint-Pétersbourg, sous son nom de femme mariée, Exter. Dès lors elle voyage beaucoup, pour se familiariser avec les mouvements artistiques les plus avancés de l'époque, le cubisme et le futurisme, raportant à ses amis russes les premières photos des œuvres cubistes de Picasso. Un cercle d'amis comptant Apollinaire, Gide, Robert et Sonia Delaunay, Bergson, prête attention à ses créations. Installée à Montparnasse, elle devient la compagne du futuriste italien Ardengo Soffici.
Européene avant l'heure, sachant par cœur des vers de Rimbaud, elle apparaît d'emblée habitée par la prescience de ce que sera l'art moderne.
Alexandra Exter expose régulièrement : à Moscou en 1910, au Salon des Indépendants en 1912 (avec Léger, Picabia, Duchamp) et 1914 à Paris, à Rome en 1915 avec les futuristes italiens, à Pétrograd en 1916 à la mythique exposition du futurisme russe Tramway V.  
Revenue à Moscou au début de la Première Guerre mondiale, elle participe en 1921 à l'exposition 5x5=25 avec Popova, Stépanova, Vesnine et Rodtchenko où ils présentèrent des travaux abstraits et géométriques rejetant les formes expressionnistes de la peinture. Ils prétendaient ainsi représenter la « fin » de l’art - Rodtchenko y présenta 3 monochromes et déclara avoir démontré la « fin de la peinture » (il se tourna donc ensuite vers la photographie).
Elle commence également à travailler avec Alexander Tairov du Kamerny Theatre, à la conception des costumes et des décors pour Famira Kifared en 1916, Salomé en 1917, et Roméo et Juliette en 1921.
En 1918, Exter ouvre son propre atelier à Kiev (fréquenté par Lissitzky). Désormais figure emblématique du cubo-futurisme russe, elle n'en est pas moins également sensible au suprématisme de Malévitch ou au constructivisme de Tatline.
Son travail est inclus à la "Première Exposition d'Art Russe" à la Galerie Van Diemen, à Berlin, en 1922 (avec les constructivistes). 
En 1923, elle commence à travailler avec Isaak Rabinovich aux décors et costumes pour son film Aelita. L'année suivante, elle émigre à Paris, gagnant difficilement sa vie comme professeur, y compris à l'Académie d'Art Contemporain de Fernand Léger en 1925. Elle travaille aussi pour le théâtre et illustre des livres pour enfants.
Elle meurt dans la pauvreté et l'oubli le 17 Mars 1949 à Fontenay-aux-Roses, près de Paris.

Récemment re-découverte, elle a fait l'obet d'une grande rétrospective en 2009, au château de Tours (exposition entâchée par une polémique après une plainte pour « faux » et « contrefaçon de signature ») et il existe une site (en cours de construction) à son nom, créé par "l'Association Alexandra Exter" présidée par Andréi Nakov (historien d’art qui détient les droits moraux sur l’œuvre d’Alexandra Exter).