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Haïku
12 juin 2010
Le haïku (俳句) est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, à forte composante symbolique.
Ce poème comporte traditionnellement 17 mores (un découpage des sons plus fin que les syllabes) en trois segments 5-7-5, et est calligraphié sur une seule ligne verticale. Le haïku doit donner une notion de saison. Si le haïku n'indique ni saison, ni moment particulier, on l'appellera un moki.
Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis le tout début du XXe siècle. Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s'inspirer de cette forme de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le haïku japonais sous la forme d'un tercet de 3 vers de 5, 7 et 5 syllabes.
À titre d'exemple, voici l'un des plus célèbres haïkus japonais (écrit par Bashō):

Dans le vieil étang,
une grenouille saute,
un ploc dans l'eau.

D'autres haïkus japonais, trouvés au hasard d'internet...
L’ample veste à fleurs rouges
je la revois encore
l’amour de mes six ans

Takuboku
La rivière d'été
passée à gué, quel bonheur
savates à la main

Yosa Buson
Par les vents d’automne
toi mon bâton de vieillesse
brisé net – tristesse

Matsuo Bashô
Rayon de soleil
et sur le tas d’immondices
perché un moineau

Chinseki
Je crois que je mourrai
en train de manger des pommes,
au milieu de pivoines
.
Shiki
Une fleur tombée
remonte à sa branche
Non, c'est un papillon !

Moritake

Et quelques haïkus français...
Nappe de la cuisine
immense damier
pour une seule mouche

Pierre Courtaud
A moitié petite,
la petite,
montée sur un banc
.
Paul Éluard
L'escalier de bois,
nous le montions ensemble.
Son écho me fait mal.

René Maublanc
Pruniers en fruits
sur le chemin de l'école
Haleines sucrées

Jean-Pierre Poupas
Durant la sieste
nous étions ennemis farouches
la mouche et moi

Bruno Hulin
Le soleil rougit
la fenêtre d'en face
change de couleur
Monique Levesque


Hartung (Hans)
26 décembre 2010


Hans Hartung, né le 21 septembre 1904 à Leipzig et décédé le 7 décembre 1989 à Antibes, est un peintre français d'origine allemande, l'un des plus grands représentants de l'art abstrait.

S'intéressant très tôt à la peinture, notamment à travers l'expressionnisme allemand, il réalise des séries de fusains abstraits dès le début des années 20. Poursuivant des études en philosophie et en histoire de l'art entre Leipzig et Dresde, il y découvre la peinture française et notamment le cubisme.
Dès 1926, Hartung s'installe en France tout en voyageant régulièrement dans le reste de l'Europe. Il fait la connaissance d'une jeune artiste peintre norvégienne, Anna-Eva Bergman qu'il épouse en 1929. Le couple est confronté à de multiples problèmes financiers, agravés par le fait qu'Hartung refuse de retourner vivre en Allemagne depuis l'accession au pouvoir d'Hitler.

A Paris, il se lie d'amitié avec Henri Goetz, rencontre Kandinsky, Mondrian, Miró ou encore Calder, peint la série des "taches d'encre" et tente d'apaiser ses angoisses. Anna-Eva, malade, est contrainte de rentrer en Norvège (elle cessera de peindre pendant près de 10 ans) et le couple divorce. Hartung, dont le passeport a été confisqué par l'Ambassade allemande, trouve refuge chez Goetz et poursuit son travail dans l'atelier du sculpteur Julio Gonzalez, dont il épouse la fille, Roberta, l'année suivante.
Cherchant toujours à combattre le nazisme, il s'engage dans la Légion étrangère en décembre 1939, sert en Indochine avant d'être démobilisé et de quitter la France (occuppée) pour l'Espagne où, fait prisonnier, il passe sept mois dans un camp de concentration. Fuyant en Afrique du Nord, il s'engage de nouveau dans la Légion. En 1944, durant l'attaque de Belfort, il est gravement blessé et doit être amputé de la jambe droite.
Après la guerre, il regagne Paris où il est naturalisé et décoré (Coix de Guerre, Médaille militaire et Légion d'Honneur). Désormais l'heure de la reconnaissance de l'artiste a sonné...

Un peu partout, les toiles qu'il réalise sont exposées et la critique s'enflamme pour cet artiste majeur du renouveau de l'abstraction. Aux côtés de Soulages, de Mathieu, de Rothko, il élabore ce langage informel et gestuel qui marque les années 50, l'abstraction lyrique.
Enfin guérie, Anna-Eva Bergman regagne Paris et Hans Hartung divorce de Roberta Gonzalez pour réépouser celle qui demeure sa femme. Les années qui suivent sont celles de la reconnaissance mondiale de son talent et de son travail. De multiples expositions célèbrent ses oeuvres et permettent à toute l'Europe de découvrir ses traits noirs.
Les gravures et les lithographies sont venues enrichir ses modes d'expression et le procédé du "grattage" lui a permis à partir de 1961 de renouveller ses inspirations.
Hans et Anna-Eva s'installent à Antibes à partir de 1968, dans une maison qu'il a dessinée et conçue.
En 1984, Hartung reçoit la Grand-Croix de l'Ordre du Merite de la RFA.
Il s'éteint en décembre 1989, deux ans après Anna-Eva. Une Fondation qui leur est dédiée est aujourd'hui abritée par ce qui était leur maison, à Antibes.

Hélion (Jean)
2 novembre 2011
Jean Hélion, de son vrai nom « Jean Bichier », est un peintre français figuratif, né en 1904 à Couterne et mort en 1987 à Paris. Après des études de préparateur en pharmacie à Lille, puis de chimie, en 1920, il devient dessinateur en architecture à Paris.

De l'abstraction...
Dans les années 1920, il se lance dans la peinture, avec une tendance géométrique, aux côtés de Piet Mondrian, de Fernand Léger et de Theo van Doesburg. Rapidement il s'oriente vers une abstraction qui privilégie le volume, le rythme et le mouvement. Dès 1925, le collectionneur Georges Bine lui permet de s'y consacrer à plein temps - il s’installe dans un atelier de Montmartre. En 1931, il fonde le groupe Abstraction-Création avec Auguste Herbin (voir ci-dessous).
D'abord tenté par le communisme, comme le sont un certain nombre d'artistes de l'époque, il fait un voyage en Union soviétique, d'où il revient désabusé, puis part visiter les États-Unis. Il y découvre la force et la violence du capitalisme, mais parvient à s'installer à New York, où il suscite l’admiration d’Ad Reinhardt et du jeune Robert Motherwell qui le considère comme un des peintres abstraits les plus importants de New York vers le milieu des années trente.

... à la figuration
Pourtant, à partir de 1933, Hélion évolue vers une figuration aux formes organiques, qui vont le mener vers le biomorphisme ("Figure bleue", 1937), puis vers la figuration, "A rebours" de tous ses confrères, comme il l'a lui-même peint en 1947 dans la toile du même nom où, de gauche à droite on peut voir un rappel de ses toiles abstraites, puis le peintre, puis ce vers quoi va sa peinture : les femmes, la vie...

C'est avec son tableau de 1939 "Figure tombée" que s'effectue ce passage déterminant, comme Jean Hélion l'explique lui-même : « Ce tableau s ‘appelle aujourd’hui Figure tombée, et je puis dire qu’il est célèbre. Mais parallèlement d’autres manœuvres, d’autres révolutions, d’autres troubles agitaient le monde et le démolissaient comme j’avais moi-même détruit mon abstraction. Sous prétexte de mûrir, il s’effondrait lui-même. On entendait des bruits de bottes. Hitler tonitruait : la radio déjà rapportait ses discours incohérents comme des paroles bouillantes. Chacun pressentait la chute proche. Mais dans le silence de mon atelier, je me hâtais lentement. Je cherchais à mener mon œuvre à bout, c’est-à-dire redécouvrir le monde en clair : à le nommer insolemment. »
Parallèlement à "Figure tombée", Hélion peint "Au cycliste", sa première toile figurative de grand format. Le lexique de ses grandes compositions à venir est déjà en place. Condensé comme une « phrase visuelle » qui pourrait se développer en un texte, le tableau nous invite à continuer, mais dans un autre espace, l’histoire.

Il décide de revenir en France en 1940 pour être mobilisé, mais est arrêté et envoyé en Silésie, dans un camp puis sur un bateau-prison. Il s'en évade en 1942 et parvient à retourner aux États-Unis, où il publie un livre intitulé "Ils ne m'auront pas" qui se vend très bien. Hélion, dont la situation financière était, jusque-là, difficile, épouse Pegeen Guggenheim, fille de la richissime et extravagante Peggy Guggenheim.
Délaissant définitivement l'abstraction, il se met à peindre d’après nature, et se consacre à une œuvre résolument  figurative, inspirée des scènes de la vie quotidienne, s'attanquant aux genres les plus classiques : d'abord des nus ("Nu accoudé" : « Ça c’est la femme temple. Temple de bras, temple de jambes où repose l’autel de la vie », 1948-49) , puis des natures mortes dans lesquelles il intègre des objets de la vie ordinaire - en particulier des citrouilles (« A présent tout le sens charnel, la lourdeur éclatante de ce légume vulgaire et de pauvre m’éblouit »), des chapeaux et des parapluies -, objets chargés de symboles, qui trouvent dans ses œuvres une place permanente. Mais Hélion subit alors un véritable boycott de la part des galeries ou des musées, tant son œuvre apparaît anachronique alors que partout triomphe l’abstraction (Bernard Buffet, par exemple, subira le même "traîtement").
En 1963, il se remarie (avec Jacqueline Ventadour). En 1965, il expose à la Biennale de Paris.
Vers la fin des années 1960, Hélion commence à perdre la vue. Il se met alors à introduire des aveugles (avec une canne blanche) dans ses tableaux. En 1971, il subit une double opération réussie de la cataracte.

Salué par une nouvelle génération de peintres, celle de la Figuration narrative (Gilles Aillaud ou Eduardo Arroyo), il continuera jusqu'à la fin de sa vie d'exprimer dans ses œuvres sa jeunesse d'esprit à travers la vivacité des couleurs et le rythme de ses compositions. Il est aujourd'hui considéré comme le précurseur des « Nouveaux Fauves » allemands (Georg Baselitz, K. H. Hödicke ou Luciano Castelli) et de la « Figuration libre » (Rémi Blanchard ou Robert Combas) apparus dans les années 1980.

Herbin (Auguste)
31 octobre 2011


Auguste Herbin est un peintre français né à Quiévy en 1882 et mort à Paris en 1960.
Il étudie à l'École des Beaux-Arts de Lille de 1898 à 1901 puis s'installe à Paris. Il peint d'abord dans le style impressionniste puis fauve avant de se rapprocher progressivement du cubisme après avoir été voisin d'atelier de Pablo Picasso, Georges Braque et Juan Gris en 1909 au Bateau-Lavoir, dont il parle avec émotion comme d'un « abri miraculeux pour de nombreux artistes dans la misère. Un propriétaire conciliant et la concierge au grand cœur, Mme Coudray, qui portait souvent un bol de bouillon aux plus malheureux, ont gardé une bonne place dans nos souvenirs ». Au Salon des Indépendants de 1910 il est exposé dans la même salle que Jean Metzinger, Albert Gleizes et Fernand Léger. En 1912 il participe à l'importante exposition de la Section d'Or. Il suit ses amis à Ceret entre 1913 et 1923 où il signera plusieurs œuvres cubistes où il supprime la notion de perspective. Pendant la première guerre mondiale, Herbin est affecté à la décoration d'une chapelle militaire au camp de Mailly-le-Camp, et plus tard à des travaux de camouflage dans une usine d'aviation.

Herbin produit ses premières toiles abstraites en 1917. Il est remarqué par Léonce Rosenberg qui lui achète plusieurs toiles et le prend sous contrat à la Galerie de l'Effort Moderne où il expose à plusieurs reprises entre 1918 et 1921. En 1919 Herbin décide d'abandonner le cubisme, pour lui dépassé, et réalise alors une série d'« Objets monumentaux », peintures sur bois géométriques en relief, qui remettent en question le statut de la peinture de chevalet. Elles sont très mal accueillies et Herbin se retire au Cateau-Cambrésis.
Il épouse en 1922 Louise Bailleux, qu'il a connue dans cette petite ville. Entre 1922 et 1925 Herbin revient, en proie au doute et sur les conseils de Rosenberg, à un style figuratif. Il désavouera plus tard les paysages, les natures mortes et les scènes de genre de cette époque, telles que "Les joueurs de boules" (1923).
A partir de 1925, il retourne à l'abstraction mais dans des tableaux moins géométriques, plus sensuels.

En 1931 il expose au Salon Association 1940 d'où sortira le groupe Abstraction-Création qu'il fonde avec  Jean Hélion et Georges Vantongerloo. Des artiste aussi importants que Piet Mondrian, Jean Arp, Kurt Schwitters, Wassily Kandinsky ou Bart van der Leck les rejoignent. Il se consacre alors de nouveau à une peinture entièrement géométrique faite de formes simples en aplats de couleurs pures, alternant avec des formes ondulantes. En 1946 Herbin met au point son « Alphabet plastique », essai de codification des correspondances entre lettres, couleurs et formes. En 1949 il présente à la galerie La Gentilhommière à Paris son livre L'art non figuratif, non objectif où il expose son alphabet plastique, livre qui deviendra l'une des références majeures de la peinture abstraite de cette époque.
En 1953 Herbin est frappé d'hémiplégie. Il réapprend à peindre de la main gauche. Suite à sa disparition subite, en janvier 1960, une toile reste inachevée et porte le titre "La fin".

Hockney (David)
21 mai 2010


David Hockney est né en 1937 à Bradford au Royaume-Uni.

Icône du Pop Art au début de sa carrière, aux côtés d'Andy Warhol, David Hockney est un artiste aux multiples talents, inclassable et changeant régulièrement de style, voire de technique. "Je suis un artiste qui n’entre dans aucune catégorie ; le monde de l’art ne sait jamais très bien où me placer".
Son oeuvre est en grande partie autobiographique, nourrie par ses rencontres, ses voyages et ses amours masculines (David Hockney aurait accumulé depuis 1961 environ 30 000 photographies, comme le journal intime d'une vie d'artiste).

Tour à tour élève du College of Art de Bradford et du Royal College de Londres, il fait de brillantes études de peinture, inspiré par des contemporains tels que Francis Bacon. Lorsqu'en 1962, il y reçoit son diplôme, avec une médaille d’or, il est déjà connu dans son pays.
En 1964, David Hockney visite Los Angeles pour la première fois. Il y peint ses toiles les plus célèbres (A bigger splash, à voir ici), des représentations de villas et de leurs piscines bleu turquoise, illustration de l’univers artificiel californien, figurant un monde plat, figé, dans lequel la sensation de confort provoque paradoxalement un sentiment d’angoisse. C'est là qu'il rencontre son amant et modèle, Peter Schlesinger. Leur rupture au début des années 1970 rend l'artiste dépressif et dépendant au Valium.
A l'automne 1983, il commence une série d'autoportraits, permettant au public de pénétrer son intimité, et dévoilant sa vulnérabilité et son manque d'assurance. Il réalise aussi de nombreux et extraordinaires photocollages à partir de Polaroïds (de véritables "drawings with a camera") qui figent l'instant tout en le décomposant en centaines de petits détails.
Changeant une nouvelle fois de style, il peint en 1988 une vue du Grand Canyon de 40 mètres de large, composée de 96 tableaux. Puis il expérimente les impressions par photocopie à partir des années 1990.

Début 2009, David Hockney (72 ans) se convertit même à la peinture numérique. Il réalise directement sur l'écran de son iPhone ses dernières (petites) oeuvres, confortablement installé au fond de son lit. Romantique et poète, il commente : « J'aime dessiner des fleurs à la main sur mon iPhone et je les envoie à mes amis comme ça ils reçoivent des fleurs fraîches. Et mes fleurs durent ! Elles ne meurent jamais »...
Et en 2010, il s’est mis à l’iPad, le dernier jouet d’Apple. Grâce à une application, Brushes, l’artiste peut créer et envoyer son dessin par courrier électronique. Pour l’artiste ce nouvel outil est comme son carnet de croquis, ajoutant même qu’« il va changer notre manière de voir les choses. »

David Hockney a également écit un livre "Savoirs secrets : Les techniques perdues des maîtres anciens". Des centaines de peintures et de dessins, dont certains comptent parmi les plus connus et les plus appréciés de l'art occidental, y sont commentées sur un ton captivant et enthousiaste. Ses propres photographies et dessins illustrent les différentes techniques utilisées par les peintres du passé.
Hopper (Edward)
28 octobre 2010
Edward Hopper (22 juillet 1882 - 15 mai 1967) est un peintre réaliste et graveur américain, qui exerça essentiellement son art à New York, où il avait son atelier. Il est considéré comme un naturaliste, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes.
En 1899 et 1900, Edward Hopper fréquente une célèbre académie de publicité, la Correspondence School of Illustrating de New York. Il étudie ensuite à la New York School of Art jusqu'en 1906 où il reçoit notamment l'enseignement de Robert Henri qui lui apprend à représenter des scènes réalistes de la vie urbaine.
Hopper entreprend de nombreux voyages en europe et y découvre les impressionnistes.
En 1908, il s'installe définitivement à New York où il travaille comme dessinateur publicitaire puis comme illustrateur. Sa première exposition solo se déroule au Whitney Studio Club en 1920. En 1925, Edward Hopper réalise "The House by the Railroad", oeuvre acquise par le Museum of Modern Art en 1930.
La première rétrospective de l'oeuvre de Hopper a lieu en 1933 au Museum of Modern Art de New York.

De son studio situé dans Greenwich Village, Hopper capte l’essence de la ville : le train aérien, un cinéma, un bar, etc. Car même s'il a aussi peint beaucoup de paysages, c'est dans les scènes urbaines qu'il prend toute sa dimension. Ces tableaux sont surtout impressionnant (ils produisent une forte impression) par l'ambiance très particulière qui s'en dégage. Car personne comme lui n'a su peindre la solitude. Et nous la donner à voir (Summer interior).
C'est que sous l'apparence banale et même anecdotique des scènes représentées, ce que Hopper nous offre est pourtant extraordinaire. Nous transformant malgré nous en voyeurs, il nous permet en effet d'observer des instants uniques, et volés, de ces instants où l'humain est seul face à lui-même et, se sachant seul, peut se laisser aller dans toute sa vérité, crue et dérangeante (A woman in the sun). Il n'est plus besoin de tricher puisque personne ne regarde. Nous sommes là pourtant, tapis derrière la fenêtre (The night window), et nous regardons malgré nous, fascinés... Dans cette chambre d'hôtel minable (Hotel room), ce bar (Shop Suey ), souvent de nuit...
Le travail de composition (Office at night), de cadrage (New-York movie), de lumière et de couleur est également très interessant. Hopper travaille en formes simples, en aplats fortement juxtaposés (A room in New-York), découpant sur la pénombre ambiante des tâches colorées (Automat), criardes même, comme des néons dans la nuit (Gas).
Le résultat est remarquable et fascinant. Bref, vous l'aurez compris : j'adore Edward Hopper.

Nighthawks
, son tableau le plus célèbre, se trouve sur ma page consacrée à l'histoire de la peinture.

Après le décès de Hopper, sa femme a lègué son oeuvre au Whitney Museum of American Art.