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Jacobsen (Arne)
Arne Jacobsen (1902 - 1971) est un architecte et designer danois. Ses travaux comptent parmi les plus importants du courant fonctionnaliste danois, lequel, à l'instar de Le Corbusier ou Walter Gropius, prônait une architecture rationnelle et fonctionnelle. Le design développé par Arne Jacobsen a posé les bases du modernisme organique scandinave et son influence est encore très présente aujourd'hui. Il aimait les formes simples, élégantes et fonctionnelles associées à des matériaux naturels et confortables. Ce qui en fait des icônes indémodables du design mondial, comme la chaise Butterfly ou le fauteuil Egg.

En 1927, Arne Jacobsen sort diplomé en architecture de l'Académie Royale Danoise des Beaux-Arts.
De 1927 à 1929, il travaille pour le bureau d'architecture de Paul Holsoe mais fonde rapidement sa propre agence, en 1930, pour laquelle il travaillera jusqu'à sa mort. Il y développera notamment des projets d'architecture, de décoration, de mobilier mais aussi de textile et de céramique.
L'une de ses premières créations indépendantes est l'immeuble d'habitation de Bellavista à Klampenborg (1933-1934), dans la banlieue de Copenhague; cette réalisation contribuera à la renommée d'Arne Jacobsen et établira sa réputation de Le Corbusier danois.
Dans le domaine du design, un de ses grands succès est la chaise Ant (Fourmi) de 1952, qui fut dessinée à l'origine pour un laboratoire pharmaceutique. Elle est composée d'un dossier et d'une assise en contreplaqué et de pieds faits de fins tubes d'acier, qui en font un objet extrêmement léger. Ant et ses déclinaisons, série 7 ou 3107, est devenue le meuble danois le plus vendu dans le monde, produit à près de 5 millions d'exemplaires ; c'est aussi une des chaises les plus copiées.
Une autre de ses réalisations majeures est le SAS Royal Hotel de Copenhague, construit entre 1958 et 1960, pour qui il créa en 1958 deux modèles de fauteuils, eux aussi fameux, Egg (Œuf) et Swan (Cygne). Bien qu’il aime travailler le bois et les matières synthétiques, son matériau de prédilection reste l’acier, qu’il décline en formes simples et rigoureuses. La série Cylinda-Line de 1967, composée de pichets cylindriques et de plats, en témoigne. [Le design des couverts utilisés dans le film 2001, l'odyssée de l'espace (1968) s'inspire directement des créations de Jacobsen.]
Le plus grand projet de Arne Jacobsen à l’étranger a été le St-Catherine’s College d’Oxford de 1964 à 1966, et sa fameuse chaise Oxford.

Son travail sera distingué par de nombreux prix internationaux comme le Diplôme d’honneur de la Xe Triennale du Design de Milan en 1954 et à titre posthume l'International Design Award au Japon en 1991. En 1956, il devient professeur à l'Académie Royale Danoise des Beaux-Arts de Copenhague.
Plus de 30 ans après son décès, le design danois reste encore marqué par son empreinte.

Jardins (festival des)


Situé en Touraine au coeur des châteaux de la Loire, entre Blois, Chambord et Amboise, Chaumont-sur-Loire est un charmant village des bords de la Loire, classé à l'Inventaire du Patrimoine Mondial de l'U.N.E.S.C.O., connu pour son château féodal qui domine la vallée et le village, ses balades au bord du fleuve, ses magnifiques points de vue.
Mais cette commune riche d'histoire est aussi, et surtout, le lieu privilégié qui, tous les ans depuis 1992, accueille "Le Festival International des Parcs et Jardins".
Organisé dans le magnifique parc du château qui, à lui seul, vaut déjà la visite, le principe de ce festival est simple. Sur un thème donné, 24 parcelles de 240m² sont investies par des jardiniers, paysagistes, botanistes, architectes, étudiants, etc., qui doivent chacun créer un jardin original. La mise en œuvre est totalement libre, chacun peut donc laisser libre cours à son imagination et jouer avec les végétaux, bien entendu, mais aussi avec toutes sortes de matériaux, des plus naturels (bambous, canisses, bois, pierre) aux plus modernes, voire futuristes... Le résultat est un émerveillement de tous les instants, un incroyable voyage visuel, olfactif, tactile, sonore, conceptuel... impossible à rendre en photo... J'en ai quand même mis quelques-unes mais bon... si j'ai un conseil à vous donner : allez-y, vous ne le regretterez pas.
En plus, si ça n'a pas changé, on y mange très bien et pas cher.

Jaune
Il existe (au minimum) cinq définitions du jaune qui désignent à peu près la même couleur :
  • Comme définition naturelle du jaune, on dira que c'est la couleur du citron, l'écorce de ce fruit étant une référence spontanée à la couleur jaune dans de très nombreuses cultures.
  • En physique, « c'est la couleur de la lumière dont la longueur d'onde est comprise entre 565 et 590 nm ». C'est notamment la couleur du fameux « doublet du sodium », 2 raies d'émission très proches.
  • En chromie et en synthèse additive (RVB), « c'est le mélange des lumières rouge et verte ».
  • En peinture, c'est une des trois couleurs primaires et « le complément du violet ».
  • En imprimerie et en synthèse soustractive le jaune est, avec le cyan et le magenta, l'une des trois couleurs primaires. Avec le noir, c'est la base de l'impression en couleur que l'on appelle quadrichromie (CMJN).
Le jaune, comme toutes les couleurs, a ses bons et ses mauvais c ôtés. Le jaune est la couleur de l'or et du soleil, une couleur gaie et optimiste, chatoyante et lumineuse. Mais c'est aussi la couleur de la maladie (jaunisse, cirrhosee ou simple crise de foie), de la traitrise (ainsi, l'étoile jaune - symbole de trahison ou de folie - que les nazis ont fait porter aux juifs à partir du 1er septembre 1941) et de l'adultère (le jaune est « la couleur des cocus »).

Comme éléments associés à la couleur jaune, on peut citer : le soleil, le citron, le maïs, le blé, le forsythia, la jonquille, les genêts, le blé, le colza, le canari, le poussin, le jaune d'œuf...
En sport, il y a le carton jaune, le maillot jaune du Tour de France (et amarillo du Tour d'Espagne), le maillot des joueurs de Nantes (les canaris) ou de l'Équipe nationale du Brésil, la petite balle jaune en tennis.
Le jaune est également la couleur des taxis New-yorkais, des Ferraris quand elles ne sont pas rouges, de la Poste, des Pages Jaunes de France Télécom. Une des enquêtes de Maigret s'appelle "Le chien jaune", et une de celles de Blake et Mortimer "La marque jaune". Lorsqu'il pleut, on peut mettre un ciré jaune. On peut aussi rire jaune (si on n'aime pas la pluie, ou qu'on se trouve ridicule dans cette tenue). Ou boire un petit jaune (apéritif anisé) pour se réchauffer, en écoutant les Beattles chanter leur sous-marin jaune.
Le terme jaune peut aussi désigner de manière générique les individus originaires d'Asie de l'Est, mais n'est plus très employé.
C'est la couleur prédominante chez Van-Gogh. C'est aussi la couleur de Jean Dujardin dans Brice de Nice, où il organise des "soirées Yellow", et celle d'Uma Turman dans Kill Bill.
C'est enfin la couleur qui, sur fond noir, offre le meilleur contraste pour l'œil humain (utilisé par exemple pour les personnes déficientes visuelles).

Allez, on se fait une "Yellow party " ?

Judith et Holopherne



" Judith fut laissée seule dans la tente avec Holopherne effondré sur son lit, noyé dans le vin. [Judith 13,2] ... Elle s'avança alors vers la traverse du lit proche de la tête de Holopherne, en détacha son cimeterre, puis s'approchant de la couche elle saisit la chevelure de l'homme et dit "Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu d'Israël !" Par deux fois elle le frappa au cou, de toute sa force, et détacha sa tête [Judith 13,6-8] ... Peu après elle sortit et donna la tête d'Holopherne à sa servante [Judith 13, 9] "

C'est ainsi que l 'Ancien Testament relate l'épisode de Judith sauvant sa ville de Béthulie du siège de Holopherne, le général du roi assyrien Nabuchodonosor. Elle décapita Holopherne après un banquet où il s'était enivré puis porta sa tête à ses concitoyens (Judith chapitres 10-13).
Trois scènes du plafond de la chapelle Sixtine illustrent cet épisode : à gauche les gardes endormis ; au centre Judith et sa servante en train de couvrir d'un linge la tête d'Holopherne (dont les traits rappellent ceux de Michel-Ange) ; à droite le corps mutilé d'Holopherne.
Cet épisode a également donné lieu à une joute à distance entre de nombreux peintres à travers les siècles, de Metsys à Klimt, en passant par Véronèse et Le Caravage (voir ci-dessous), certains peintres préférant tout de même peindre Judith tenant la tête déjà coupée ou bien, comme von Stuck, juste avant qu'elle ne commette son juste forfait.

Mais au milieu de ces nombreuses variations sur le même thème, une toile domine largement, celle réalisée par Artemisia Gentileschi. Ou plutôt celles, au pluriel, car elle en a réalisé deux versions (voir ci-dessus), la seconde, plus grande, étant, à juste titre, considérée comme son chef d'œuvre.
Sur ce tableau, véritablement fantastique et d'une rare violence, Judith a les traits d'Artemisia elle-même. Quand à Holopherne, elle lui a donné les traits d'Agostino Tassi, le précepteur que son père lui avait donné dès ses 18 ans (car elle ne pouvait s'inscrire aux Beaux-Arts, réservés aux hommes), et qui l'a violée. On peut donc raisonnablement interprêter ce tableau comme un désir de revanche par rapport aux outrages subis, même si elle a finalement gagné le procès qui a suivi, mais après sept long mois d'instructions, en ayant dû subir un humiliant examen gynécologique et avoir été "soumise à la question" pour vérifier la véracité de ses déclarations. Elle résista à la torture, maintint ses accusations et Tassi fut condamné à un an de prison et à l'exil des États pontificaux.
Tout l'art de ce tableau, et le talent d'Artemisia Gentileschi, réside dans l'âpreté réaliste qu'elle lui a donné, rompant ainsi avec le style de son père. L'atmosphère dramatique est encore accentuée par ce clair-obscur, à la manière du Caravage, dont elle contribua d'une façon déterminante à diffuser le style.
On peut noter la part active que prend la servante dans ce tableau, allant à l'encontre du récit biblique. Elle semble d'ailleurs bien moins impressionnée que sa maitresse qui marque un fort mouvement de recul. Mais est-ce à cause de l'horreur de son geste ou seulement pour que le sang jaillissant n'éclabousse pas sa belle robe ? En tous cas, si l'on compare avec la version du Caravage, la plus proche, il est certain que la présence active de la servante ajoute au côté spectaculaire de la scène.