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Latécoère (Pierre-Georges)
04 novembre 2010
Pierre-Georges Latécoère est né le 25 août 1883 à Bagnères-de-Bigorre.
Formé à l'École Centrale Paris, il hérite à vingt-deux ans de la scierie familiale. Quand la guerre éclate, c'est tout naturellement qu'il concourt à l'effort national. Installé à Bagnères-de-Bigorre, il fabrique d'abord des wagons de bois et du matériel d'armement, puis en octobre 1917 l'armée française lui commande une série de mille avions de reconnaissance. Latécoère se lance alors dans la production aéronautique. 
Les usines de Bagnères-de-Bigorre ne suffisant plus, il installe d'immenses ateliers et une piste à Montaudran, dans la banlieue de Toulouse. S'entourant d'ingénieurs et de pilotes (parmis lesquels Jean Mermoz et Henri Guilllaumet sont les plus connus) il réussit la conversion d'après-guerre et croit en l'avenir de l'aviation. Avec Beppo de Massimi, ils imaginent une ligne commerciale qui rejoindrait Dakar à partir de Toulouse. 
En 1919, malgré l'opposition du gouvernement espagnol peu disposé à laisser survoler son territoire, il relie Toulouse à Casablanca.
En 1924, la ligne est prolongée jusqu'à Dakar et, cette fois, ce sont les tribus maures qui posent des difficultés. Elles capturent en effet les aviateurs contraints à un atterrissage forcé sur leurs territoires et ne les rendent que contre de fortes rançons. Fin 1927, Saint-Éxupéry est nommé chef d’escale à Cap Juby, au Maroc, avec justement pour mission d’améliorer les relations de la compagnie avec les dissidents maures d’une part et avec les Espagnols d’autre part.
La compagnie se développe et fait l'admiration d'une opinion conquise. 
Le 9 mai 1930 la ligne atteint l'Amérique du Sud : Mermoz sur l'hydravion Late 28 « comte de la vaulx » effectue la première liaison postale aérienne Saint-Louis Natal à travers l'Atlantique Sud. Ensuite vient le défi du survol de la cordillère des Andes comme le raconte Saint-Exupéry dans son roman Vol de nuit.

Les lignes se prolongent et les créations techniques se multiplient. Au total, les usines auront développé 83 études d'appareils militaires ou civils et 39 réalisations de prototypes. Et Latécoère aura donné 31 records du monde à la France. En 1927 pourtant, des questions politico-financières l'obligent finalement à vendre sa compagnie postale à Marcel Bouilloux-Lafont. Mais il conserve les ateliers qu'il ne vendra qu'en 1940 à la société Bréguet.
Il se passionne alors pour les hydravions de gros tonnage. Le premier sera le "Lieutenant de Vaisseau Paris" de 42 tonnes. Il crée, en 1930, une Base d'hydravions, à Biscarrosse dans les Landes.
En 1937, Pierre Georges Latécoère fait construire en 3 mois à Anglet, une importante usine pour la fabrication d'hydravions. En 1939, il vend à Bréguet ses usines de Montaudran et d'Anglet et sa Base de Biscarrosse. Puis il construit en 1940, à Toulouse, une nouvelle usine d'où sortira en collaboration avec son Directeur Marcel Moine, le plus grand hydravion du monde le LATE 631 de 75 tonnes.
Il s'éteint en 1943, ayant vu ses rêves devenus réalité.

La compagnie Latécoère existe encore, et fournit des éléments d'aérostructures pour Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault Aviation et Embraer.
Lavilliers (Bernard)
18 juin 2010
Bernard Lavilliers (de son vrai nom Bernard Ouillon) est un chanteur français, né le 7 octobre 1946 à Firminy (Loire).
Lavilliers, c'est le mariage de Peter Gabriel (pour le côté World) et de Léo Ferret (dont il est un inconditionnel), c'est Rimbaud avec une guitare, c'est un poète baroudeur qui, d'une belle voix grave et profonde, chante comme on boxe des chansons coup de poing dont les musiques font voyager et les paroles instruisent, dénoncent ou font réfléchir. C'est du grand-reportage en chanson, le swing en plus (normal pour un ancien boxeur !).
Bref, on ne s'ennuie jamais en écoutant un album de Lavilliers.
Ses principaux albums :
1980 : O gringo
1981 : Nuit d'amour
1983 : Rue Barbare (Bande Originale du Film de Gilles Behat, avec Bernard Giraudeau)
1986 : Voleur de feu
1987 : Gentilshommes de fortune (la compilation parfaite)
1988 : If...
1994 : Champs du possible
2000 : L'Or des fous (compilation + une BD illustrant ses chansons)
2001 : Arrêt sur image
2004 : Carnets de bord


Le Corbusier
02 juillet 2010
Charles-Édouard Jeanneret-Gris, né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel (Suisse), et mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin, plus connu sous le pseudonyme Le Corbusier est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre et homme de lettres de nationalité suisse, naturalisé français en 1930.
C'est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec, entre autres, Ludwig Mies van
der Rohe
, Walter Gropius, Alvar Aalto, Theo van Doesburg.
Le Corbusier a également œuvré dans l'urbanisme et le design (Lounge chair ci-contre). Il est connu
pour être l'inventeur de l'Unité d'habitation, sujet sur lequel il a commencé à travailler dans les années
1920, comme une réflexion théorique sur le logement collectif.

Dès 1917, il ouvre un premier atelier d'architecture à Paris. Avec Amédée Ozenfant, il jette les bases en 1918 du purisme. Il définit le sens de ce nouveau mouvement qu'il invente dans leur revue L'Esprit Nouveau dans laquelle il produit de nombreux articles manifestes sur l'homme moderne : « Les œuvres sont rendues lisibles par des formes simples et dépouillées, organisées en constructions ordonnées, génératrices d'harmonie... Là où naît l'ordre, naît le bien-être. » (!)
En 1922 il s'associe avec son cousin architecte designer Pierre Jeanneret.

Dès 1926, Le Corbusier définit les Cinq points de l'architecture moderne : 1. les pilotis ; 2. le toit terrasse ; 3. le plan libre ; 4. la fenêtre-bandeau ; 5. la façade libre.
Il organise, en 1928, le premier Congrès International d'Architecture Moderne (CIAM).
Influencé par son stage effectué en 1909 chez Auguste Perret - célèbre précurseur de l'architecture poteau-poutre en béton armé (ossaturisme) - Le Corbusier est reconnu pour la technique constructive poteau-dalle dont l'archétype est la Villa Savoye de Poissy (livrée en 1929), qui se veut application littérale de ses "Cinq points", et qui aura une influence considérable dans l'histoire de l'architecture.
Tout en pratiquant son métier d'architecte, il mène une réflexion théorique sur l'urbanisme, par des projets qui provoquent de violentes polémiques comme le Plan Voisin en 1925, dans lequel il propose de ré-urbaniser Paris, en détruisant les habitations le long des quais et du centre pour y construire de vastes immeubles gratte-ciel (voir plus bas).
À partir de la crise économique de 1929, Le Corbusier va concentrer sa réflexion théorique sur l'organisation de la concentration urbaine. Aménagement du front de mer d'Alger en 1930, étude d'urbanisation de Rio de Janeiro… Tous ces projets seront fortement critiqués.
Le Corbusier publia la Charte d'Athènes en 1943 (reprise des conclusions du CIAM IV de 1933), texte fondateur de l'architecture et de l'urbanisme moderne.

De 1945 à 1952, Le Corbusier construit la Cité radieuse de Marseille, un immeuble d'habitation sous la forme d'un parallélépipède sur pilotis (en forme de piètements évasés à l'aspect rugueux), qui constitue une innovation importante dans la conception architecturale des résidences d'habitations. Dans cet immeuble, il a tenté d'appliquer ses principes d'architecture pour une nouvelle forme de cité en créant un village vertical, composé de 360 appartements en duplex distribués par des rues intérieures. Essentiellement composée de logements, elle comprend également à mi-hauteur de ses dix sept niveaux, des bureaux et divers services commerciaux (épicerie, boulangerie, café, hôtel / restaurant, librairie, etc.). Le toit-terrasse de l'unité, libre d'accès au public, est occupé par des équipements publics : une école maternelle, un gymnase, une piste d'athlétisme, une petite piscine et un auditorium en plein air.
"L’unité d’habitation de grandeur conforme" (nom donné par Le Corbusier lui-même) sera seulement construite en cinq exemplaires tous différents, à Marseille, Briey-en-Forêt, Rezé près de Nantes, Firminy et Berlin. Elle prendra valeur de solution aux problèmes de logements de l'après-guerre. Sa pensée envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie - garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèque, lieux de rencontre.

En 1950, à 63 ans il se lance dans l'aventure de la reconstruction de la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp en Franche-Comté, détruite par les bombardements de septembre 1944.
En 1956, il met de nouveau en œuvre les cinq points de l'architecture moderne et les proportions du Modulor (silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d'habitation) pour construire le couvent de La Tourette, situé sur la commune d'Éveux, dans le Rhône.
Il meurt en 1965, à l'âge de 77 ans, à Cap Martin, au cours d'une baignade en Méditerranée et y est enterré.
L'influence et l'esprit "visionnaire" de Le Corbusier ne font aucun doute (il a d'ailleurs consigné ses théories et ses recherches dans pas moins de 35 ouvrages écrits entre 1912 et 1966). Néanmoins, Le Corbusier fut aussi l'un des plus grands défenseurs d'une architecture de "commieblocks" identiques et au revêtement le plus austère qui soit : le béton nu. C'est l'apôtre des grands ensembles de "barres" et de "tours" reproduits à la chaîne à l'infini. On est clairement dans les aspects les plus noirs de l'uniformisation inhumaine.
Voici par exemple ci-contre ce que Le Corbusier voulait faire du centre de Paris dans son Plan Voisin. En gros, on rase tout. Et on perce une grande autoute urbaine en plein milieu !
Bien entendu, ce plan n'a pas été réalisé. Néanmoins, c'est bien cette vision Corbusienne du modernisme qui est en grande partie responsable de la mise en place des cités HLM telles qu'ont les connait aujourd'hui.
Certes, il falllait construire vite et pas cher. Aussi, l'idée des tours et des barres préfabriquées auraient sans doute émergée quand même. Il n'empêche que la volonté de se démarquer de l'urbanisme classique (et largement éprouvé), fait de rues, de pâtés de maisons, de magasins le long des avenues, fut je pense fortement inspiré par Le Corbusier et ses théories fumeuses !

Quand à ses réalisations, même ses pairs le considéraient comme un piètre bâtisseur. De fait, il bâtit peu, et ce qu'il a bâti a soit disparu soit fort mal vieilli. Et, mis à part sa très élégante Villa Savoye, le reste est franchement pas terrible : l'église de Ronchamp ressemble à un blockhaus, le couvent de La Tourette, il faut vraiment avoir fait vœu d'ascetisme pour pouvoir vivre dans un bâtiment aussi froid et laid, et quand à ses unités d'habitation... elles ne dépareilleraient pas à Sarcelles ou Montfermeil !
Lempicka (Tamara de)
21 août 2010
Tamara de Lempicka, née Maria Gorska en 1898, à Varsovie, et décédée en 1980 à Cuernavaca, au Mexique, est la peintre polonaise la plus célèbre de la période Art déco.
Brillante, belle et audacieuse, inclassable, mystérieuse et contradictoire, elle a fait de sa vie une succession de mises en scène très élaborées. Elle prônait le luxe et la modernité. Elle aimait avant tout les femmes mais s'est mariée deux fois.

Tamara de Lempicka occupe une place à part dans l'art du XXe siècle : malgré une production peu abondante (à peine 150 tableaux dans sa meilleure période qu'on situe entre 1925 et 1935), ce sont ses peintures qui sont choisies le plus souvent aujourd'hui lorsqu'il s'agit d'illustrer les années folles de l'entre-deux-guerres.
Ses modèles se caractérisent par des regards interrogateurs et sensuels, une bouche pulpeuse pour les femmes et pincée pour les hommes, des couleurs vives, mais en nombre limité, mises en valeur par des fonds gris ou noirs.
Derrière une stylisation néo-cubiste, qui les situent parfaitement dans leur temps, les portraits de Tamara de Lempicka ne négligent aucune des magistrales recettes de composition qui furent élaborées par ses grands prédécesseurs de la Renaissance italienne.


Loewy (Raymond)
20 juin 2010



Raymond Loewy, c'est l'Amérique. Celle des années 1930 à 1960, celle qui a fait rêver l'Europe et le monde. Cet American Dream, c'est lui, en partie, qui l'a dessiné. Et pourtant Raymond Loewy est né français, en 1893 à Paris où il a fait ses études, au lycée Chaptal, et il a servi dans l'armée française pendant la Première Guerre mondiale. Il fut même décoré de la Légion d'honneur à titre militaire.
Mais, dès 1919, il part pour New York. Après avoir été étalagiste pour Macy's ou illustrateur de mode pour Vogue et Harper's Bazaar, il obtient en 1929 le poste de directeur artistique de Westinghouse. Un an plus tard, il ouvre sa propre agence de design. C'est juste le bon moment.

Le streamline
En effet, suite à la crise de 1929 et au New Deal de Roosevelt, lancé en 1933, la société américaine va entrer dans l'ère de la consommation de masse et la production en série va s'étendre à de nouveaux produits domestiques d'usage courant  : devenus « bon marché », ces objets deviennent accessibles à de nouvelles catégories sociales.
Parallèlement, la compétition économique fait rage : la nécessité pour les industries de démarquer leur production de celle de la concurrence fait naître le design industriel tourné, en premier lieu, vers les jeunes ménages. Aussi, ces premiers designers (Raymond Loewy, Norman Bel Geddes, Henry Dreyfuss, Walter Dorwin Teague et d'autres), résolument tournés vers l'avenir, vont-ils chercher à rompre avec les styles qui les ont précédés sans pour autant sacrifier leur créativité aux contraintes de fabrication. La devise de Loewy était : « Most advanced yet acceptable » (le plus de perfection possible tout en restant accessible).
C'est à cette époque que l'American way of life (« style de vie américain » fondé sur la consommation - symbole de prospérité capitaliste - et représenté par les appareils électroménagers ou l'automobile) trouve sa pleine expression à travers un courant dont Loewy sera l'un des piliers : le Streamline. Lignes épurées, angles arrondis, formes courbes et galbées sont directement inspirées du secteur des transports, à la pointe de la recherche, les coques des paquebots transatlantiques, les carrosseries des autos, les profils des avions et des locomotives étant toujours plus aérodynamiques.
Dans le même temps, de nouvelles matières, elles-mêmes produites par l'industrie, envahissent les objets de la vie quotidienne : ce sont la bakélite et les premières matières plastiques et l'aluminium. Le verre, également, est utilisé abondamment. Les objets produits, du petit électroménager jusqu'au mobilier d'entreprise, affirment avant tout par leurs formes nouvelles l'idée qu'ils sont fonctionnels et qu'ils facilitent la vie de ceux qui les utilisent.
Les formes Streamline gagnent progressivement du terrain durant les années 1940 avant de triompher après-guerre, au début des années 1950. [ci-contre et ci-dessous, exemples du style Streamline]

"Les années 1930 voient ainsi Raymond Loewy travailler pour Shell dont il dessine le logo (voir plus haut), divers objets aux couleurs de la marque Coca-Cola, les voitures Studebaker, pour Greyhound Lines, etc. Sears, Roebuck and Company lui commande le design du réfrigérateur coldspot en 1934 dont les ventes passent de 60 000 à 275 000 unités.
En 1938, il est naturalisé citoyen américain.
Le design du paquet de cigarettes Lucky Strike date de 1940. Son agence s'agrandit et devient, en 1944, "Raymond Loewy Associates" comptant 150 employés et autant de clients actifs. Pour le Chemin de fer de Pennsylvanie il dessine les locomotives K4s, S1, T1 et la GG1. La collaboration avec Studebaker continue et donne naissance en 1947 à la Studebaker Champion, en 1953 à la Studebaker Commander et à la Studebaker Avanti en 1962.
Dans la réalité, tout ce qui sort de son agence n'est pas dessiné par lui, mais, souvent, il donne la touche finale, comme pour la locomotive GG1 où Loewy a seulement proposé que la carrosserie soit soudée et arrondie plutôt que rivetée. Mais les cinq bandes décoratives rajoutées ont transformé ce qui était déjà un bon projet en un véritable classique. Idem pour la face avant de la Studebaker 1950 et son "bullet noise". C'est ça le talent.
En 1953, il revient vers ses sources françaises et fonde, à Paris, la Compagnie de l'esthétique industrielle. De ces bureaux sont issus les logos pour les biscuits LU (1957), la marque de prêt-à-porter Newman, pour les enseignes de Coop, L'Oréal, Monoprix. En 1963, son agence compte 250 collaborateurs.
Le président J.F. Kennedy lui commande la décoration de l'Air Force One. En 1976, c'est l'aménagement intérieur du Concorde et de ses plateaux-repas qui lui est confié par Air France. La même année, il réalise le design de l'intérieur de la station spatiale Skylab pour la NASA.
Il est mort en 1986 à Monaco.


Logotype
23 juin 2010
Un logotype, plus couramment appelé logo, est une représentation graphique qui sert à identifier de manière unique et immédiate les sociétés, associations, institutions, produits, services, événements, ou toute autre sorte d'organisations dans le but de différencier le propriétaire du logotype des autres entités. Un logotype est en général une marque écrite à l'aide d'une fonte de caractères spéciale, et disposée d'une manière particulière, mais lisible.
L'essor du logo coïncide avec l'industrialisation, le développement de l'économie de marché et l'environnement concurrentiel du XIXe siècle. La publicité se développe et les entreprises ont besoin de créer des identités pour se démarquer et communiquer sur le marché. De plus en plus de fabricants commencèrent donc à inclure un symbole, signe ou emblème sur leurs produits et emballages, pour que tous les acheteurs puissent aisément reconnaître le produit qu'ils voulaient. Les fabricants ajoutèrent ensuite le nom de la compagnie ou du produit sur leur signe. Le nom prit une forme spécifique chez chaque manufacturier.
Depuis de nombreuses années, quand un nouveau logo est dessiné, des entreprises font appel à des publicitaires et des designers graphiques pour créer un signe ou un emblème qui apparaîtra comme un logotype, accompagné du nom de la compagnie, du produit ou du service.
Le logo a une place importante dans la publicité d'aujourd'hui. Certaines sociétés ont une identité visuelle tellement forte et ancrée dans la culture de masse que le nom de la marque n'a pas besoin de figurer à côté du logo lors des campagnes publicitaires (le swoosh de Nike, la pomme d'Apple).
Cependant la réelle définition d'un logo est non pas l'aspect graphique adjoint à un nom, qui en fait un insigne, mais bel et bien le nom dans un graphisme typographique spécial. Exemple : le losange Renault n'est pas le logo, mais l'insigne de Renault. Le véritable logo de Renault est le nom RENAULT écrit avec une police spécifique ou bien avec une police de caractère spécialement étudiée pour la circonstance, ou encore le nom écrit avec un certain style pour en rendre l'aspect original. Aujourd'hui sous l'appellation logo, on regroupe ces deux idées en une seule, mais ce n'est pas la définition réelle.

La création d'un logotype peut être considérée comme une création de design.
De nombreux éléments sont à prendre en compte afin de transmettre le message souhaité, tant au niveau des formes que des couleurs. Ainsi, un logotype structuré sur une forme ronde, par sa référence à la Terre, à la nature en général (voire la position fœtale) véhicule une image de sécurité, de bien-être et d'apaisement. À l'inverse, le choix de formes triangulaires assure l'idée d'innovation, de progression et de techniques de pointes. Les formes carrées quant à elles font référence à la stabilité et la robustesse. Ces quelques formes de base se retrouvent dans de nombreux logos, et véhiculent ainsi des notions qu'un simple nom ne pourrait parfois suffire à transmettre.

Un logo efficace
  • est unique, et non sujet à confusion avec d'autres logos ;
  • est fonctionnel et peut être utilisé dans différents contextes tout en conservant son intégrité ;
  • reste efficace reproduit en grand ou en petit ;
  • fonctionne en couleurs, en bichromie (noir et blanc), en ton direct, ou en trames de demi-teintes ;
  • est capable de maintenir son intégrité quand il est imprimé sur divers matériaux et objets ;
  • utilise les principes de base du design (espace, couleur, forme, consistance, clarté) ;
  • représente la marque ou l'entreprise de manière appropriée.

Drôles d'histoires de quelques logos célèbres
Le 8 mai 1886, un préparateur-pharmacien d'Atlanta, John Pemberton invente un sirop à base d'alcool, de coca, et de noix de kola, qu'il baptise French Wine Coca (il s'est inspiré d'un mélange de vin de Bordeaux et de feuille de coca créé par le chimiste corse, Angelo Mariani, en 1863). Une version « sans alcool », mais toujours avec la coca, verra le jour quelques mois plus tard, lorsque l'alcool est interdit à Atlanta.
C'est Frank Robinson, le comptable de Pemberton, qui lui propose le nom et le design du logo.
Le 6 juin 1887, Pemberton fait inscrire au registre du commerce la marque Coca-Cola. Quelques mois plus tard, l'homme d'affaire Asa Griggs Candler achète Coca-Cola à Pemberton, malade, pour 2 300 dollars. Pemberton décède le 16 août 1888.
La célèbre bouteille à contours en forme de « hanches » est mise au point en 1915 par Alexander Samuelson. Elle n'a quasiement pas changé depuis, et le logo non plus.
Apple est une entreprise multinationale américaine d'informatique, dont le siège social est situé à Cupertino, dans la Silicon Valley. La firme est devenue célèbre avec son ordinateur personnel Apple II (1977), puis la gamme Macintosh (depuis 1984).
L’Apple I était fabriqué par Steve Jobs et Steve Wozniak dans leur garage et vendu grâce au bouche à oreille. Le logo représentait alors Isaac Newton sous un arbre duquel pendait une pomme.
L’Apple II fut présenté au public en avril 1977, devenant un des trois ordinateurs généralement crédités d’avoir créé le marché de l’informatique personnelle. À cette occasion Apple changea de logo pour la pomme colorée, qui rappelait que l’Apple II est l’un des premiers ordinateurs à pouvoir afficher en couleurs. Créé par Rob Janoff, un graphiste américain, il était à l'origine monochrome et c'est Steve Jobs qui a demandé de la couleur pour l'humaniser. Ce logo apparait comme un contre-pied systématique à celui d'IBM, principal concurrent d’Apple à l’époque.
International Business Machines, connue sous l'abréviation IBM, est une société multinationale américaine présente dans les domaines du matériel informatique, du logiciel et des services informatiques. On lui prête le surnom de Big Blue en référence au bleu sombre, couleur longtemps associée à l'entreprise.
Le logo actuel (il en existe 2 versions, en 8 et 13 barres), ainsi que le précédent ont été créés par le célèbre graphiste américain Paul Rand.
Un logo informel d'IBM, conçu lui aussi par Paul Rand circule dans la Compagnie depuis les années 1990 sous forme de fonds d'écran ou de pin's. C'est un rébus : un œil, une abeille, et la lettre M ("eye", "bee", M).
Virgule posée à l'envers et à l'horizontale, représentant de manière stylisée l'aile de Niké (déesse grecque de la victoire) et l'idée de mouvement, le Swoosh (c'est ainsi qu'il est surnommé) de Nike est l'un des logos commerciaux les plus connu au monde.
Il a été dessiné en 1971 par Carolyn Davidson, étudiante en graphisme, qui a rencontré le fondateur de Nike au cours de comptabilité qu’il dispensait pour compléter ses faibles revenus de l’époque. Choisi dans l'urgence, parmis plusieurs propositions, sans réellement convaincre, ce logo a été facturé 35 dollars !
Ce ne fut toutefois pas la seule rémunération que Carolyn Davidson reçut de l’équipementier puisqu'elle a continué un temps à s’occuper de la communication graphique de Nike.
Et, en 1983, Nike remit à Carolyn Davidson une bague en or représentant le logo sertie d’un diamant, ainsi qu’une enveloppe contenant des actions de Nike pour un montant resté secret, mais qui a triplé depuis. Aujourd’hui, elle vit paisiblement à Portland, même si elle ne touche aucune redevance sur sa création.
C’est en 1977 que Milton Glaser créa le logo « I love NY » pour la promotion de la ville de New York. Les lettres sont dans une police appelée American Typewriter.
Pensant que cette campagne de publicité n’allait durer que quelques semaines, Milton Glaser a cédé tous ses droits à la ville de New York ! Et le fameux « I love NY » est non seulement devenu extrêmement populaire, mais il est maintenant imité et copié à travers le monde (voir ci-contre).
Ce logo est devenu l’incarnation parfaite d’un marketing identitaire qui a résisté aux changements du temps en devenant l’icône, le symbole et la synthèse graphique d’une ville et de ses valeurs (ce que l'on apelle aujourd'hui le city branding).
Le logo « I love NY » est le plus porté au monde. Principalement sur des tee-shirts. Des millions d’exemplaires en sont vendus chaque année et il fait partie des best-sellers de nombreuses boutiques spécialisées.
En 1967, deux jeunes français découvrent en Californie le rêve américain. Epris de nouveauté et de liberté décomplexée, ils s’inspireront de leur voyage pour communiquer et transmettre ce style de vie à travers un code vestimentaire émancipé et visionnaire. Ils créent New Man, avec un slogan « La vie est trop courte pour s’habiller triste ! » et un logo dessiné par Raymond Loewy, célébrissime designer et graphiste franco-américain, connu entre autre à travers ses logos pour Shell, LU, Spar, l'Oréal, ou le design des paquets de cigarette Lucky Strike (voir plus haut).
La spécificité du logo New Man est qu'il est lisible à l’envers comme à l’endroi. C’est un ambigramme.
New Man, implantée dans la région de Cholet (Maine-et-Loire), possède aujourd'hui 60 boutiques à son enseigne en France et 90 à l’étranger.



Loupot (Charles)
17 novembre 2010
Charles Honoré Loupot, né à Nice (Alpes-Maritimes) le 20 juillet 1892 et mort aux Arcs-sur-Argens (Var) le 18 octobre 1962, est un affichiste français.
Bien que sa carrière s’étende des années 1920 jusqu’au début des années 1960, Charles Loupot s’inscrit dans l’histoire de l’affiche comme un des créateurs majeurs de la période de l’entre-deux-guerres, aux côtés de Cassandre, Jean Carlu et Paul Colin. Il fut un temps, d'ailleurs, associé à Cassandre au sein de l'Alliance graphique.