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Magritte (René)
mis à jour le 29 octobre 2011
René Magritte est né le 21 novembre 1898 à Lessines en Belgique, est mort à Bruxelles le 15 août 1967, et était peintre.
Bon, évidemment, quand on a dit ça, on n'a rien dit. On peut alors ajouter que ce Monsieur à l'air tellement sérieux sur les photos fut tour à tour impressionniste, dadaïste, surréaliste. Pour devenir simplement lui, c'est à dire un artiste essentiel du XXe siècle, tant ses tableaux sont entrés dans l'inconscient collectif populaire par leur aspect à la fois "décoratif", symbolique et mystérieux (il est sans doute, avec Picasso et Warhol, le peintre dont les tableaux sont le plus immédiatement reconnus dans le monde entier).
La peinture de Magritte s’interroge sur sa propre nature, et sur l’action du peintre sur l’image. Elle n’est pas la simple représentation d’un objet réel, mais le résultat de l’action de la pensée du peintre sur cet objet (comme dans son fameux tableau représentant une pipe : La trahison des images).
« Je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclarait-il.
But atteint. Ses tableaux surprennent, interrogent et enchantent. Ils nous happent. Et avec eux, comme Alice, nous passons de l'autre côté du miroir, au pays des merveilles et de tous les possibles. Son talent est de nous faire rêver tout éveillé. Chapeau bas (un chapeau melon, of course) !

Le 8 septembre 2011, vers 15 heures, le tout nouveau Musée Magritte de Bruxelles (qui a ouvert le 2 juin 2009) a accueilli son millionième visiteur (face à ce succès, le musée a d’ailleurs dû instaurer un système de réservation afin de réguler le flux de visiteurs !). L'heureuse élue est Kim Yumi, une jeune étudiante japonaise  de Kyoto.
Michel Draguet, directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, précise : "Nous nous exportons aussi à Liverpool, ensuite ce sera Vienne, puis nous irons aux Etats-Unis pour une grande exposition durant toute l’année 2013 et début 2014. En 2015, on sera au Japon. En même temps, nous allons initier des expositions, comme l’Empire des Lumières, dans le musée Magritte pour faire venir plus de visiteurs."
Le musée espère garder une moyenne de 500 000 visiteurs par an. Yumi, elle, va recevoir un ticket d'entrée pour 2015 pour l'exposition japonaise. Elle sera peut-être la première visiteuse à Kyoto.

[Vous trouverez une rapide biographie de Magritte dans mon article consacré à Georgette, sa femme durant 45 ans.]

Maigret (et ses couvertures)

mis à jour le 25 août 2010
On ne présente plus le célèbre commissaire. J'en suis fan - comme de Simenon en général. Et un de mes plaisirs, depuis longtemps, c'est de trouver, chez des bouquinistes ou des vendeurs de livres d'occasion, de vieilles éditions de Maigret. Et je suis à chaque fois surpris par la diversité des éditions et, donc, des couvertures - cela allant de la très belle à la franchement immonde.
En voici, ci-dessous, quelques exemples.

Maigret se trompe
De gauche à droite : 1953 (édition originale), 1962, 1967, 1972, suivent 3 dates inconnues, puis une édition australienne (voir aussi plus bas).

Maigret et la grande perche

De gauche à droite : 1951 (édition originale), 1956 (usa), 1956 (anglaise), 1963 (australienne), et 3 dates inconnues (la dernière reprend en couverture un visuel de la série télévisée - 54 épisodes diffusés, de 1991 à 2005 - avec Bruno Cremer, excellent dans le rôle-titre - qui vient, hélas, de nous quitter).

Patchwork international
Juste pour le plaisir des yeux, un patchwork de couvertures particulièrement réussies ou originales (cliquez dessus pour les voir en plus grand). La couverture de la version italienne de Maigret à New-York, avec le hot-dog, est particulièrement surprenante - j'adore ! Et il existe même des traductions en espéranto...

Penguin Maigret
Pour finir en beauté, la collection Penguin, collection anglaise de polars, qui a réalisé, de 1958 à 2006, un travail vraiment intéressant sur les couvertures des livres de Maigret, créant même une collection spéciale : Penguin Maigret. Les couvertures des années 1963 (mélange de film noir et de Jacques Tati), 2003 (série spéciale pour le centenaire de la naissance de Simenon) et 2008 (la toute dernière couverture du chien jaune, superbe) sont remarquables. Par contre celles de 1978, très art déco, sont pour le moins anachroniques, même si les photos sont belles.
Malevitch (Kasimir)
17 novembre 2010
Kazimir Severinovitch Malevitch, né à Kiev (Ukraine, Empire russe) le 23 février 1879 de parents d'origine polonaise et décédé le 15 mai 1935 à Léningrad, est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch fut le créateur d'un courant artistique dénommé par lui : « suprématisme ».
De 1907 à 1935, il participe à 35 expositions d'avant-garde en Russie et à l'étranger. Malevitch est un membre actif de l'avant-garde artistique russe et cotoie Kandinsky, Chagall, Matiouchine, Lissitzky, Rodtchenko. Parallèlement à son œuvre plastique, Malevitch produit des textes théoriques sur l'art. Une vingtaine d'écrits paraissent entre 1915 et 1930, mais de nombreux manuscrits restent non publiés. Tous ne sont pas directement liés aux seules pratiques artistiques, ainsi par exemple, La Paresse comme vérité effective de l'homme, écrit en 1921, est un texte révolutionnaire dans la mesure où le communisme lui-même y apparaît dépassable.
Son âme russe transparait dans les paysages et les scènes de la vie quotidienne avec une dominante du rouge et du vert, couleurs des icônes. Les gouaches des années 1910-1911 sont influencées par le fauvisme mais aussi par le primitivisme et le protocubisme. Dans les années 1912-1913, il produit des toiles cubo-futuristes, dans la veine de ceux d'Alexandra Exter.

Le suprématisme
Maniant des formes simples à caractère géométrique et unicolores disposées sur la toile ou érigées dans le réel (architectones), le suprématisme montre le caractère infini de l'espace, et la relation d'attraction et de rejet des formes. Pour Malevitch, l'art est un processus amenant la sensation (c’est-à-dire le rapport de l'artiste au monde) à se concrétiser en œuvre grâce à un module formateur étranger au support, « l'élément additionnel », qui structure la masse picturale ou les matériaux. Suivant son appellation, le suprématisme se pose comme modèle supérieur de la finalité artistique d'art pur. C'est sur cette conception de l'art pur que Malevitch entre en conflit avec les constructivistes pour qui l'art doit « servir » - en l'occurence la Patrie.



C'est en 1913 (ou 1915) que Malevitch peint les trois éléments fondateurs du suprématisme : le Carré noir, la Croix noire et le Cercle noir. Trois toiles qui posent les bases d'une nouvelle vision de l'art, dans lequel seule l'émotion compte, celle-ci devant être au dessus de toute autre considération artistique, et hors même de la réalité. L'art pour lui n'a d'autre fin que son propre but, à partir de ses propres formes, de ses propres matières, de ses propres couleurs.
Quand disparaîtra l’habitude de la conscience de voir dans les tableaux la représentation de petits coins de la nature, de madones ou de Vénus impudiques, alors seulement nous verrons l’œuvre picturale", écrit-il alors.



Puis, après un Carré rouge sur fond blanc, en 1918 il pousse la logique à son absolu ultime en peignant ce qui est aujourd'hui considéré come le premier monochrome de l'histoire, son fameux Carré blanc sur fond blanc. Cette toile, pour Malevitch, fait référence à une vision globale du monde, à la pure jouissance de l'immatériel.
Il n'y a plus rien, que l'émotion...

Matisse (Henri)
Voir tout ce qui concerne ce géant de la peinture dans mon article consacré au fauvisme.


Mies van der Rohe (Ludwig)
22 août 2010
Ludwig Mies van der Rohe (né le 27 mars 1886 à Aix-la-Chapelle, décédé le 17 août 1969 à Chicago) est un architecte allemand. Son véritable nom est Ludwig Mies. En 1921, il accole au nom de son père celui de jeune fille de sa mère en les reliant par un « van der » artistique et devient Ludwig Mies van der Rohe. Les plans et projets de Mies van der Rohe sont caractérisés par des formes claires et l'utilisation intensive du verre, de l'acier et du béton. Ses travaux posent les bases pour la construction de grands bâtiments aux façades de verre (les gratte-ciel).
A ces débuts, il éprouve aussi une certaine sympathie pour les crédos esthétiques du constructivisme russe et du groupe néerlandais De Stijl. Puis il travaille dans l'atelier de Walter Gropius, fondateur du Bauhaus. De 1930 à 1933, il dirigera d'ailleurs l'école des arts Bauhaus à Dessau et à Berlin.
Devant la montée du nazisme en Allemagne, Mies s'exile. En 1938, il émigre aux États-Unis. À son arrivée, on lui reconnaît déjà une certaine influence comme designer. Directeur du Bauhaus, il a aussi gagné de nombreux concours pour différents projets architecturaux. Mies s'est installé à Chicago où il s'occupe du département d'architecture du Chicago's Armour Institute of Technology (renommé plus tard Illinois Institute of Technology ou IIT).
En 1958, Mies construit ce qui est considéré comme l'ultime expression de l'International Style en architecture : le Seagram Building à New York. C'est une large réalisation en verre mais, de façon surprenante, Mies a choisi d'y inclure une grande place avec une fontaine en face de la structure, créant un espace ouvert sur Park Avenue.
Ses réalisations témoignent de l'intérêt qu'il apporte au rapport intérieur-extérieur, très fort. L'espace extérieur est en effet considéré comme un prolongement de l'espace intérieur. Son architecture est aussi marquée par la dissociation de l'enveloppe et de la structure. Lors des vingt dernières années de sa vie, il arrive à atteindre sa vision d'une architecture fine et élancée. Ses dernières réalisations sont le dénouement d'une vie dédiée à l'idée d'une architecture universelle simplifiée.
S'intéressant aux espaces intérieurs, il en arrive à dessiner également du mobilier. Ainsi, en 1929, Barcelone accueillait l'exposition Universelle et le gouvernement allemand commissionna Mies van der Rohe pour créer le pavillon représentant l'Allemagne ainsi que son mobilier. Ainsi naquit son fauteuil Barcelona, qui servit même de trône au Roi et à la Reine d'Espagne lors de leur visite au pavillon. Ce fauteuil est depuis une icône du modernisme.
Miller (Lee)
26 octobre 2010
Né en 1907, Lee Miller aurait pu suivre une route de mannequin toute tracée. Elle va pourtant devenir l’une des plus grande photographe américaine de ce siècle - et un mythe -, laissant un travail admirable dans les deux voies distinctes que sont le reportage et le studio.
Elle pose d'abord pour son père, amateur passionné de photo. Souvent nue, seule ou parfois en compagnie d'amies, elle devient son sujet privilégié. Une relation pour le moins étrange entretenue jusque bien après ses 20 ans. On ne parle pourtant pas d'inceste en dépit du caractère équivoque de certains clichés.
La silhouette élancée, un profil très dessiné, un visage clair et élégant, Lee Miller devient le mannequin vedette de Vogue. Quand elle arrive à Paris en 1929, les surréalistes l'adoptent aussitôt, notamment Man Ray qui, séduit, en fait son modèle, son assistante, sa muse et sa passion.
Mais très vite, tout en continuant de prêter son corps au regard du photographe, Lee Miller montre sa formidable volonté d'émancipation.
« J'étais très belle. Je ressemblais à un ange mais, à l'intérieur, j'étais un démon ». La beauté fige, enferme, écrase. Elle veut donc s'en libérer.

Son premier pas vers la liberté, elle le franchit lorsqu'elle décide de passer de l'autre côté de l'objectif. « Je préfère prendre une photo qu'en être une », explique-t-elle en quittant Paris et Man Ray pour retrouver New York. Souvent étonnantes ('La Main qui explose') ou sexuelles ('Nu penché en avant'), parfois violentes ('Sein après ablation'), ses photos traduisent son goût pour la transgression ainsi que son désir de bousculer les codes d'une société pudibonde et phallocrate.
Loin des milieux artistiques et mondains, Lee Miller rencontre l’horreur en étant l’une des rares femmes correspondantes de guerre de l'armée américaine à couvrir la guerre en Europe. La vision des camps de Buchenwald et Dachau, dont elle couvre la libération, la marque profondément. « J’ai traversé l’Allemagne en proie à la haine et au dégoût. Pendant des mois, mon regard est resté imperturbable, ma bouche fermée de sorte que je parvenais à peine à esquisser un sourire. »
Elle loge avec les troupes dans la maison de Hitler à Munich - y mettant en scène une photo d'elle dans sa baignoire, prise par son ami David Sherman. Puis, suivant toujours les troupes alliées jusqu'au plus profond de l'Europe de l'Est, elle photographie à Vienne des scènes d'enfants agonisant.
Après ça, elle ne fera plus que quelques photos de ses amis, qui comptent parmi les artistes les plus importants du siècle (Picasso, Ernst, Magritte...).
Elisabeth Miller s'éteint en 1977 d'un cancer à Farley Farm dans le Sussex où elle s'était retirée avec son mari Roland Penrose.
Elle laisse derrière elle un travail photographique remarquable et l'image d'une femme audacieuse et courageuse, révélés à l’histoire par son fils Antony Penrose qui lui a consacré plusieurs biographies.
[texte en partie tiré de l'excellent site Actuphoto]

Pour en savoir un peu plus sur cette artiste, voici un Métropolis que lui a consacré Arte en 2007 :


Miró (Joan)
26 décembre 2010
Joan Miró (20 avril 1893, Barcelone - 25 décembre 1983, Palma de Majorque) est un peintre, sculpteur, graveur et céramiste. De nationalité espagnole, Joan Miró se définit comme catalan international.
C'est l'un des principaux représentants du mouvement surréaliste en peinture. Son œuvre reflète son attrait pour le subconscient, pour « l'esprit enfantin », et pour son pays.

À ses débuts, il montre de fortes influences fauvistes, cubistes et expressionnistes, avant d'évoluer vers une peinture plane avec un certain côté naïf. Le tableau intitulé La Ferme, peint en 1920, est l'une des toiles les plus connues de cette époque.
À partir de son départ pour Paris, son œuvre devient plus onirique, ce qui correspond aux grandes lignes du mouvement surréaliste auquel il adhère.
Une des plus intéressantes peintures de cette période est sans doute le Carnaval d'Arlequin (1925). C'est une toile totalement surréaliste qui obtient un grand succès à l'exposition collective « Peinture surréaliste » de la galerie Pierre (Paris). Elle est exposée à côté d'œuvres de Giorgio de Chirico, Paul Klee, Man Ray, Pablo Picasso et Max Ernst.
Cette peinture est considérée comme étant l'apogée de la période surréaliste de Joan Miró. Réalisée de 1924 à 1925, le maître l'exécute à une époque de sa vie économiquement difficile où il souffre, entre autres, de pénurie alimentaire et à laquelle le thème de l'œuvre est lié : « J'ai essayé de traduire les hallucinations que la faim produisait. Je ne peignais pas ce que je voyais en rêve, comme diraient aujourd'hui Breton et les siens, mais ce que la faim produisait : une forme de transe ressemblant à ce que ressentent les orientaux ».

Dès 1925, il développe de surprenantes recherches plastiques dans divers sens, avec une profusion de symboles qui font de lui le précurseur l'Abstraction lyrique. Selon Jacques Dupin : « Miró a abouti, vingt ans avant Pollock à la création d'un espace extrêmement suggestif par la confusion de la texture et de la structure, qui ouvrira une voie scandaleusement nouvelle à la génération qui suit. » Selon James Thrall Soby « il suffit de citer les noms de Pollock, Rothko, Gottlieb, Motherwell, pour les États-Unis, et de Tàpies, Burri, Alechinsky et bien d'autres en Europe, pour constater que les germes lancés par Miró n'ont pas été dispersés en vain.»
Dans de nombreux entretiens et écrits des années 1930, Miró manifeste son désir d'abandonner les méthodes conventionnelles de la peinture, pour - selon ses propres mots - « les tuer, les assassiner ou les violer », favorisant ainsi une forme d'expression contemporaine. Il ne veut se plier à aucunes exigences, ni à celles de l'esthétique et de ses méthodes, ni à celles du surréalisme. En effet, Miró détestait les théories sur l'art et il se tenait toujours en marge des courants quels qu'ils soient.

En son honneur a été fondée à Barcelone la « Fondation Miró », en 1975. C'est un centre culturel et artistique dévolu à la présentation des nouvelles tendances de l'art contemporain. Elle est initialement alimentée par un important fond offert par le maître. D'autres lieux possèdent d'importantes collections d'œuvres de Miró, comme la Fondation Pilar et Joan Miró de Palma de Majorque, le MNAM de Paris, le musée d'art moderne de Lille et le MoMA de New York.

Miyazaki (Hayao)
10 juin 2010
Hayao Miyazaki est un dessinateur de manga, un réalisateur de films d'animation japonais et le cofondateur du Studio Ghibli. Il est né le 5 janvier 1941 à Tokyo. Presque inconnus en Occident en dehors des cercles d’amateurs d’animation et de manga jusqu’à la sortie internationale de Princesse Mononoké en 1999, ses films rencontrent aujourd’hui un grand succès partout dans le monde. Au japon, où certains de ses films ont battu des records d’affluence, il a connu la consécration en 1988 avec la sortie de Mon voisin Totoro. Le film fut un tel succès qu’à l’heure actuelle tous les Japonais connaissent le personnage éponyme qui est devenu l’emblème et mascotte du studio Ghibli. La chanson d’introduction, chantée par Azumi Inoue, est aussi un standard parmi les comptines chantées à la maternelle par les enfants japonais.
Il est distingué par un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière cinématographique à la Mostra de Venise de 2005. Pendant la conférence de presse, il déclare : « Je n’ai pas été trop enthousiaste au début parce qu’il avait l’air d’être un prix pour les vieux. Mais on m’a dit qu’on a donné ce prix à des personnes qui sont encore actives, comme Eastwood, donc je l’ai accepté [humblement]. J’ai une envie intarissable [de continuer à faire des films]. Je veux créer des films qui inspirent les enfants. »
Peut-être, sauf que ses films sont aussi des films pour les grands (c'est Le Roi et l'oiseau, de Paul Grimault, qui l'a convaincu qu'on pouvait faire des films d'animation pour adultes). Car l'univers de Miyazaki est d'une richesse infini. Aux antipodes de ceux des studios Disney, ses films abordent de vrais thèmes de société, la guerre, la vieillesse, l'écologie, dénonçant la violence inutile et la bétise humaine, mais ne sont nullement manichéistes. Ses personnages montrent justement qu'il n'y a pas de bons ou de mauvais côtés mais des choix à faire. On peut remarquer aussi que les femmes ont souvent le premier rôle dans ses films.
Et puis, au-delà des histoires, ses films sont de véritables fééries graphiques, aux paysages souvent grandioses. Pour la partie technique, Miyazaki utilise l’animation traditionnelle (à la main, avec pinceaux, peinture et encre), quoique des effets produits sur ordinateur (peinture numérique) soient utilisés depuis Princesse Mononoké (ce fut pour respecter les délais) pour donner « une petite touche d’élégance ». Dans une autre entrevue, Miyazaki déclare : « C’est très important pour moi de retenir le bon ratio entre le travail à la main et le travail sur ordinateur. J’ai appris cet équilibre maintenant, comment utiliser les deux et encore pouvoir dire que mes films sont en 2D. »

Ses plus grands films en tant que réalisateur, sont :
1984 : Nausicaä de la vallée du vent
1986 : Laputa, le château dans le ciel
1988 : Mon voisin Totoro
1989 : Kiki la petite sorcière
1992 : Porco Rosso
1997 : Princesse Mononoké
2001 : Le Voyage de Chihiro
2004 : Le Château ambulant (mon préféré, avec le château dans le ciel)
2008 : Ponyo sur la falaise

Mondrian (Piet)

17 octobre 2011
De son vrai nom Pieter Cornelis Mondriaan – il changera son patronyme en 1912 à Paris pour se distinguer de son oncle très réservé à l’égard de son art –, Mondrian naît à Amersfoort et étudie à l’Académie des Beaux-arts d’Amsterdam entre 1892 et 1895, sans grand succès. Il commence par créer des paysages réalistes avant d’évoluer vers une forme de fauvisme et de divisionnisme après sa découverte de Jan Toorop, Jan Sluyters, mais aussi de Munch, de Seurat et de Van Gogh ; il remplace alors la couleur naturelle par la couleur pure : « J’en étais venu à comprendre qu’on ne peut représenter les couleurs de la nature sur la toile. »
Peu à peu, ses travaux sur la lumière et la perspective vont le conduire vers une abstraction croissante. En 1912, il s’installe à Paris et approfondit son approche du cubisme : il a découvert Cézanne, Braque et Picasso (Nature morte au pot de gingembre I et II, 1912).
En 1913, il travaille en séries et crée ses premières toiles abstraites (Composition en gris). En 1914, il repart en Hollande au chevet de son père mais est contraint d’y rester deux ans à cause de la guerre : il travaille alors sur l’opposition des éléments et la combinaison des notations géométriques. Il veut réduire la nature en signes, afin, selon lui, d’exprimer l’essentiel. (Jetée et océan, 1915). Mondrian travaille ensuite sur la couleur, fait des essais de superpositions et de lignes (Composition avec plan de couleur A et B, 1917) et imagine une structure linéaire organisatrice qui conduit à la grille modulaire all-over (dans neuf toiles, en 1918 et 1919).
C'est également en 1917 que, sous l'impulsion de Theo van Doesburg et avec la participation active de Piet Mondrian, parraît le premier numéro de la revue « De Stijl » (en néerlandais « le style »), une revue d'arts plastiques et d'architecture (publiée jusqu'en 1928) ayant profondément influencé l'architecture du XXe siècle (en particulier le Bauhaus et, par voie de conséquence, le style international). Outre Van Doesburg et Mondrian ce mouvement d'avant-garde transdisciplinaire a compris parmi ses membres les plus célèbres les architectes Jacobus Johannes Pieter Oud, le créateur de mobilier Gerrit Rietveld (voir ci-contre), les peintres et sculpteurs Bart van der Leck, César Domela, Friedrich Vordemberge-Gildewart, l'artiste-architecte El Lissitzky... Avec, ponctuellement, la participation de László Moholy-Nagy et Jean Arp.
De retour à Paris en 1919, Mondrian renonce à cette grille mettant en valeur le particulier alors qu’à cette époque il veut au contraire se tourner vers un principe général, qu'il nomme "de l’équivalence plastique". Parallèlement, ses textes évoquent une société future parfaitement équilibrée où chaque élément trouve sa justification ; son utopie architecturale, basée sur une fusion généralisée (de la maison avec la rue, de la rue avec la ville…), va dans le même sens.
Mondrian, outre De Stijl, participe à toutes les manifestations de l’avant-garde européenne et en particulier aux groupes "Cercle et Carré" (1929 - initié par Joaquin Torres Garcia et Michel Seuphor) puis "Abstraction-Création" (1931 - initié par Auguste Herbin et Jean Hélion).
Il poursuit ses recherches sur le néoplasticisme, intègre dans ses compositions la notion de rythme après sa découverte du jazz, limite (dans les années 30) puis accentue le rôle de la couleur, notamment à partir de 1940 quand il s’installe à New York. A sa mort, en 1944, il laisse inachevé le Victory Boogie Woogie.

[Pour en savoir plus, vous pouvez aussi lire mon "Histoire de la peinture abstraite]"

Morisot (Berthe)
01 septembre 2010
Berthe Morisot (née en 1841 à Bourges - morte en 1895 à Paris) était une artiste peintre française liée au mouvement impressionniste.
Elle est l'arrière petite-nièce du peintre Jean Honoré Fragonard. Sa famille s'installe à Paris en 1852. Berthe prend des cours de dessin à l'âge de 16 ans, en compagnie de ses deux soeurs. Elle étudie très tôt la peinture, notamment en copiant les chefs-d'œuvre du Louvre, où elle fait la connaissance de Fantin-Latour. C'est par l'intermédiaire de ce peintre que, plus tard, elle rencontrera Édouard Manet.
Dès 1861, Berthe et sa sœur Edma étudient auprès de Jean-Baptiste Corot à son atelier de Ville-d'Avray. Berthe participe au Salon de 1864, puis à celui de 1865, où elle présente quelques paysages. En 1868, Berthe rencontre Manet pour qui elle pose (Le Balcon, Le Repos, Berthe Morisot au bouquet de violettes).
Elle d élaisse le Salon officiel de 1874 pour rejoindre les Indépendants (futurs Impressionnistes) menés par Monet, Sisley, Renoir et participe avec eux à leur première exposition (sous l'appellation d'Artistes Anonymes Associés).
La même année, elle épouse Eugène Manet, frère d'Édouard, dont elle aura une fille, Julie, en avril 1879, à l'âge de 38 ans.
En 1892, Berthe a sa première exposition personnelle (à la galerie Boussod et Valadon), quelques mois après avoir perdu son mari. Le couple avait pris des dispositions devant notaire pour confier la tutelle de leur fille Julie à leur ami et poète Stéphane Mallarmé, ainsi qu'à Pierre-Auguste Renoir pour son éducation de peintre.
Avec Camille Pissarro, elle sera la seule artiste dont les tableaux ont été présentés à toutes les expositions impressionnistes (sauf celle de 1879, année de la naissance de sa fille). Comme sa contemporaine américaine, Mary Cassatt, elle a souvent peint femmes, enfants et scènes familiales.
Berthe Morisot tombe malade à la mi-février 1895. Elle meurt d'une pneumonie le 2 mars 1895 à Paris et lègue la plupart de ses œuvres à ses amis artistes : Degas, Monet, Renoir. Malgré sa riche production artistique, le certificat de décès mentionne : "sans profession". Elle est enterrée dans le caveau des Manet au cimetière de Passy où il est simplement gravé : "Berthe Morisot, veuve d'Eugène Manet".
Pour le premier anniversaire de sa mort, une rétrospective est organisée dans la galerie de Paul Durand-Ruel où 394 toiles dessins et aquarelles y sont exposés.

Morvan (Hervé)
03 mai 2010
Hervé Morvan, né à Plougastel en 1917 et décédé en 1980 est un affichiste et décorateur français. Auteur de plus de 150 affiches de film, il est surtout connu pour ses versions stylisées de la tête du tirailleurs sénégalais Banania dans les années 1950. On lui doit aussi des affiches pour le vin Gévéor, les cigarettes Gitanes, les biscuits L'Alsacienne, etc.