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Nature morte
3 novembre 2010
Quelle expression peu appropriée pour désigner la représentation d'objets usuels, de denrées alimentaires, d'animaux ou de fleurs, bref toutes choses qui ont à voir avec les sens, le plaisir, la vie même !
L'expression « nature morte » apparait, semble-t-il, au milieu du XVIIIe siècle, à l'époque où, précisément, triomphe l'art d'un Chardin. En 1667, pour définir le moins noble des sujets selon la hiérarchie académique des genres*, le critique français André Félibien parlait de « choses mortes et sans mouvement ». Mais cette notion d'absence de mouvement ne sous-entend pas nécessairement l'idée de mort... Les peintres hollandais, dans leur langage d'atelier, parlaient plutôt de still-leven, ce qui, littéralement, signifie « nature immobile » ou encore « nature posant comme un modèle ». Et en anglais, une « nature morte » se dit « Still life » - littéralement vie immobile.

Quoi qu'il en soit, tous les peintres, ou peu s'en faut, se sont essayé à ce genre bien particulier, avec, disons-le, plus ou moins de bonheur. Les maîtres incontestés en sont De Heem, Fantin-latour, Chardin, Cézanne et Matisse. Mais d'autres ont su y apporter leur touche personnelle, comme Van Gogh, Picasso, Hélion ou Botero. Bref, je vous laisse découvrir quelques "pièces choisies" qui, vous le verrez, sont tout sauf mortes (enfin, ça dépend lesquelles !).

*Dans la peinture classique, la hiérarchie des genres était la suivante (du moins noble au plus noble) : Nature morte de fruits, de fleurs ou de coquillages - Nature morte de gibiers, poissons et autres animaux - Peinture animalière - Marine - Paysage - Scène de genre - Portrait - Peinture d'histoire (qui inclut la Peinture religieuse) - Peinture allégorique.
Niki de Saint-Phalle
Mis à jour le 26 avril 2011
Niki de Saint-Phalle, née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint-Phalle, à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, le 29 octobre 1930 et décédée à San Diego le 21 mai 2002 (71 ans) était une artiste française, plasticienne, peintre, sculpteur et réalisatrice de films.
Niki de Saint Phalle fut d'abord mannequin (pour Vogue, Life ou Elle) et, sans enseignement artistique, commença à peindre dès 1952.
Elle sera membre du groupe des Nouveaux réalistes (dont l'art consiste à exposer des objets de natures diverses, préalablement modifiés. Ces objets, le plus souvent usagés - lambeaux, envers d'affiches, chiffons ou dessous féminins - portent les traces d'une utilisation, d'une dégradation), tout comme Deschamps, César, Rotella, Christo et Yves Klein.
Elle était l'épouse de l'artiste Jean Tinguely, un sculpteur sur métaux. Ils collaborèrent très souvent aux œuvres de l'autre. Ensemble ils réalisèrent notamment la décoration de la Fontaine Stravinsky, à côté de Beaubourg, à Paris (voir plu loin dans le diaporama).

Les Tirs

En 1961 date de sa première exposition, elle se rend célèbre en réalisant les Tirs : fixés sur une planche, des tubes emplis de couleurs sont recouverts de plâtre et sont percés à l'aide de tirs à la carabine. Cette nouvelle manière de peindre la lance sur la scène artistique internationale.
Ces Tirs sont pour elle la représentation d'une violence matérialisée. Etant très tourmentée par son passé (à onze ans, elle a été victime d’inceste), les Tirs sont un moyen d'extérioriser ces démons intérieurs, ainsi en tirant sur ces toiles, elle tire sur son père, sur la société, pour se libérer. Comme elle le dit « Il existe dans le cœur humain un désir de tout détruire. Détruire c'est affirmer qu'on existe envers et contre tout. »

Les Nanas

L’artiste sort de cette période réconciliée avec la féminité et la vie, et ses œuvres vont dorénavant célébrer le bonheur et la liberté d’être. Plus de monstres sanguinaires, mais des dragons multicolores et inoffensifs.
A partir de 1965, ses Nanas (sculptures exubérantes et multicolores, à la féminité provoquante et joyeuse, aux corps aussi aériens que plantureux) dansent de joie, le ridicule petit sac à main qu’elles balancent parfois à bout de bras n’étant plus qu’un rappel comique des convenances dont elles s’affranchissent avec allégresse.
Niki de Saint-Phalle produit alors une œuvre vigoureuse et colorée, souvent monumentale et parfois habitable, utilisant avec un égal bonheur la peinture, la sculpture et l’architecture. Une œuvre enchantée qui abrite des créatures fantastiques, terrifiantes ou merveilleuses - végétaux, animaux, hommes, femmes surtout -, et qui, revisitant les mythes et les légendes, veut unir l’ombre à la lumière, le masculin au féminin, le singulier au collectif... Un monde imaginaire universel, accessible à tous, d’autant plus que les créations ludiques de Niki de Saint-Phalle sont destinées aux espaces publics, places, fontaines et jardins auxquels elles donnent une âme dans de nombreuses villes d’Europe et des Etats-Unis.

La Hon
En 1996, sa Hon ("elle" en suédois), instalée au Moderna Museet de Stockholm, rencontre
un énorme succès ; cette Nana allongée, de 28 mètres de long sur 9 de large, abrite un bar
et une vidéothèque et accueille le public par une entrée située... entre ses jambes !

Le Jardin des Tarots
Á partir de 1979, inspirée par le Parc Güell de Gaudi à Barcelone, elle réalise, à Capalbio en Toscane (et avec l'aide de Jean Tinguely), le Jardin des Tarots qui réunit des sculptures monumentales inspirées par les figures du jeu de tarots. Il a ouvert ses portes en 1998. Ces sculptures étant habitables elle y vivra avec sa famille pendant plusieurs années.

Niki de Saint-Phalle fait incontestablement partie des plus grands artistes du XXe siècle.
Pour ma part, je l'ai découverte lorsque j'ai fait les plans d'une propriété - inhabitée - qu'elle possédait à Dannemois (Essonne), juste en face du cimetière où Claude François est enterré. Je me souviens encore de la première fois où j'ai pénétré dans la cour de cette grande maison en pierre et où j'ai vu ces grandes sculptures étranges et multicolores qui y étaient entreposées : un Diable hermaphrodite (ci-contre), une Nana avec des ailes, un dragon et un Dieu-soleil recouverts de mosaïque de verre, une tête de mort multicolore. Dans la maison sans meuble - sinon une immense table en bois et quelques chaises -, d'autres sculptures, des sièges-serpent, des têtes de mort encore, des mobiles métalliques, tout un monde étrange et hétéroclite. Une incroyable salle-de-bains, aussi, comme une grotte, entièrement peinte de brun doré, aux parois sculptées de formes humaines avec, au-dessus de la baignoire moulée dans la masse, un visage dont la bouche crache de l'eau. Plus loin c'est un sexe d'homme qui sert de robinet. Dans le grenier, des livres racontant son parcours et son œuvre. Un peu de l'intimité d'une artiste pour moi tout seul ! Ce fut vraiment le grand choc esthétique de ma vie et, depuis, Niki de Saint-Phalle garde pour moi une place à part.

Actualité
Depuis le 26 mars 2011, devant le National Museum of Women in the Arts (NMWA) de Washington, au centre de la New-York Avenue, trônent fièrement 4 sculptures monumentales de Niki de Saint-Phalle (voir ci-dessous, à doite). Ce sont en effet ses œuvres qui ont eu l'insigne honneur d'être choisies pour inaugurer le nouveau corridor de sculptures en plein air installé devant le musée.
[Pour en savoir plus sur ce beau projet : www.nmwa.org/sculptureproject]

Noir
12 septembre 2010
Le noir est la couleur des objets qui n'émettent ni ne reflètent aucune part du spectre de lumière visible.
Même si le noir est parfois décrit comme achromatique, ou sans teinte, il peut en pratique être considéré comme une couleur, comme dans les expressions « chat noir » ou « peinture noire ». En effet, si l'on considère la synthèse soustractive (espace CMJN de l'imprimerie), le noir est obtenu par un mélange de pigments absorbant chacun une longueur d'onde, combinés de manière à toutes les absorber ; c'est bien une couleur obtenue par mélange.
Néanmoins, si l'on considère la synthèse additive (superposition de faisceaux lumineux monochromatiques), le noir est au contraire une absence de couleur. Dans l'espace standard RVB ("Rouge-Vert-Bleu"), il a pour composantes (0, 0, 0). On oppose ainsi le noir au blanc, puisque le blanc est constitué de l'ensemble des longueurs d'ondes visible. Lorsqu'on combine les trois couleurs primaires en proportions équivalentes dans la synthèse additive, on va ainsi du noir au blanc en passant par toutes les nuances de gris. Dans le langage courant, blanc et noir sont appelés des "non-couleurs".

Dans la symbolique occidentale, le noir est associé à : 
  • La sobriété, l'élégance et le raffinement, la richesse, le luxe, la noblesse (ex : le smoking et autres tenues de cérémonie et objets de luxe ; un étalon noir est l'emblème de la marque de voiture Ferrari)
  • Le mystère, les ténèbres, l'inconnu, ce qui est caché (par exemple le marché noir) ou ce que l'on ne voit pas (la matière noire), l'occulte ; la mort
  • L'autorité, la puissance, la dignité, le pouvoir, la menace, l'austérité, (par exemple la robe de l'ecclésiastique, l'uniforme du policier, du surveillant, de l'avocat, du juge)
  • La mort, le deuil, la tristesse, le désespoir, la peur, le mal, le néfaste. Par exemple, dans le titre du roman de Stendhal, Le Rouge et le Noir. Parfois, il s'agit de l'obscurantisme comme dans l'expression Grande noirceur
  • La révolte, l'anarchie (le drapeau noir est le drapeau des pirates et des anarchistes) ;
  • En ésotérisme la couleur noire est associée à des éléments supposés appartenir à l'autre côté du monde, en particulier les ténèbres : la Lune noire (Lilith), l'origine de cette symbolique réside dans le fait que le noir est la couleur de la nuit, de l'obscurité, du non-visible. À l'opposé du blanc, de la lumière
Dans l ’Égypte antique, le noir avait une symbolique positive. En effet dans la langue des pharaons, le verbe « kem », qui est tiré du mot « noir », veut dire « mener à bien, s’élever à, accomplir, payer, compléter, servir à » mais aussi « être noir ». Le mot « kem » veut dire aussi : « complet, parfait, obligation, devoir ».

Comme éléments associés au noir, on peut citer : l'encre, le charbon, la suie, le pétrole, le goudron, l'ardoise, le bois d'ébène, le suc de réglisse... Comme animaux le chat noir (sensé porter malheur), la panthère noire, le corbeau (sensé lui aussi porter malheur), le merle, le bousier, la veuve noire...
En sport, il y a les célèbres All blacks Néo-zélandais..
Au cinéma beaucoup de films ont du noir dans le titre : "La mariée était en noir", "Les yeux noirs", "Le parfum de la dame en noir", "La tulipe noire", "Barbe noire le pirate", "Men in black". Mais aussi "Le rouge et le noir" et "Le dahlia noir" tirés des romans du même nom. On parle également de "Films noirs" pour qualifier toute une série de films américains des années 50 comme "Le faucon maltais".
Le noir est également la couleur de plusieurs héros de fiction : Zorro, Batman, Dark Vador.
Sinon, on retrouve le noir dans beaucoup d'expressions courantes : « Avoir des idées noires », « Broyer du noir », « Humour noir », « Être sur la liste noire », « Être le mouton noir », « Être la bête noire », « Jeter un regard noir », « Marché noir », « Humeur noire », « Travail au noir », « Être payé au black ».
En musique, il faut deux noires pour une blanche. Il y eut les Chaussettes noires, les Béruriers noirs, tandis que Johnny chantait Noir c'est noir (il n'y a plus d'espoir). Et il y a encore Noir désir. Sans oublier les anglais de Black Sabbath, l'un des groupes fondateurs du heavy metal.
Le terme Noirs (ou Blacks) désigne, et c'est paradoxal, ceux que l'on appelle aussi les gens de couleur, c'est à dire, en gros, les habitants de l'Afrique sub-saharienne.
Enfin, c'est LA couleur du peintre Soulages, qui a même inventé "l'outre noir".

Allez, fondu au noir...


Nouvel (Jean)
05 juin 2010
Né à Fumel (Lot-et-Garonne) le 12 août 1945, Jean Nouvel s'inscrit en 1964 à l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux. En 1966, il est admis premier au concours d'entrée de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris dont il est diplômé en 1972. Claude Parent, inspiré rénovateur de l’architecture française, le prend en main, lui enseigne toute sa science, et en fait son assistant, de 1967 à 1970.
Mais rebelle aux tutelles, Jean Nouvel crée sa propre agence avec François Seigneur.

Très vite, il affiche une aisance insolente dans la conception architecturale aussi bien de grands travaux (Institut du monde arabe) que de musées (le Musée du Quai Branly à Paris), de fondations (Fondation Cartier à Paris), de salles de spectacle (Théâtre municipal de Belfort) ou de logements sociaux (Nemausus1 à Nîmes)…, forçant le respect de ses pairs. D’autant qu’il impose l’usage du verre, seule substance susceptible d’induire cet effet de transparence dont il a la religion. « J’avais longuement réfléchi sur ce que c’est que la matière et donc la lumière. C’est cette réflexion sur la matière, la lumière, l’éphémère face à l’éternel et au pérenne qui m’avait fait user abondamment d’un des matériaux essentiels à l’époque, qui était le verre, et dont l’avantage était d’offrir des possibles que nous n’avions pas avant. »

Au fil du temps, Jean Nouvel s’est également affirmé comme un bretteur, un pourfendeur hilare et furibond des idées molles et des médiocrités frileuses. A plusieurs reprises, il est entré en dissidence avec l’ordre architectural établi. C’est dans cette vue qu’il a lancé le mouvement Mars 1976, notamment contre les idées de la Charte d'Athènes. « On me prête à tort une manie de dénigrement. Il m’arrive d’apprécier des choses et d’exprimer ma satisfaction et on n’y accorde aucun intérêt. En revanche, quand je m’insurge, cela fait des vagues. Mais je ne m’insurge pas sans rime ni raison. Seulement lorsque je me retrouve en face de constructions qui enlaidissent la ville et gâchent ainsi le plaisir des habitants de s’y promener. »

Si Jean Nouvel n’est pas toujours en odeur de sainteté en son pays, il trouve grâce aux yeux des Allemands, Suisses, Japonais, Espagnols, Américains ou des Emiratis, qui s’attachent ses services.
Jean Nouvel est lauréat du prix Pritzker 2008 d'architecture qui a reconnu "la cohérence, l'imagination et surtout un besoin insatiable d'expérimentations créatives" dans son oeuvre. Il avait déjà eu le Grand Prix national de l'architecture et l'Équerre d'argent en 1987.
En 2008, son projet de construction d'une nouvelle tour à La Défense à été retenu : la Tour Signal.