Peinture
Panorama de la peinture occidentale
en 112 tableaux, 112 dates et 112 peintres
mis à jour le 12 octobre 2011
Au départ, je voulais faire moins mais je n'ai pas pu... il manquait toujours quelqu'un. Et même comme ça, ils sont loin d'être tous là...
Mais bon, j'ai essayé de mettre les peintres les plus importants, que les principaux courants picturaux soient représentés (renaissance, maniérisme, baroque, rococo, néo-classicisme, romantisme, réalisme, école de Barbizon, orientalisme, impressionisme, pointillisme, école de Pont-Aven, nabis, naïfs, art nouveau, futurisme, précisionnisme, fauvisme, dadaïsme, cubisme, constructivisme, art abstrait, symbolisme, surréalisme,
expressionnisme, art brut, nouveau réalisme, op'art, art informel...), ainsi que la plupart des pays, et qu'il n'y ait pas de gros trou chronologique.
Quand aux tableaux eux-même, là encore j'ai dû faire des choix. Je n'ai pas forcément pris pour chaque peintre son œuvre la plus connue (par exemple, pour Edvard Munch, j'ai préféré Madonna au Cri), mais une qui soit représentative, qui me parle, tout en cherchant également à ce que tous les genres soient représentés (scènes bibliques, mythologiques ou historiques, scènes de genre, scènes de la vie quotidienne, portraits, autoportraits, nus, natures mortes, paysages, formes géométriques, figuration et abstraction, monochromes, etc.). J'ai quand même mis quelques incontournables comme La naissance de Vénus, La dame à l'hermine (que je préfère, de beaucoup, à la Joconde), Le portrait de Gabrielle d'Estrées, La jeune fille à la perle, Madame Récamier, L'angelus, Olympia, La chambre à Arles, Le moulin de la galette, La Bohémienne endormie, Les demoiselles d'Avignon, American gothic, Nighthawks, Nu bleu, Campbell's soup ou A bigger splash.
Ce fut donc assez cornélien, mais je ne suis pas mécontent du résultat. Pas du tout, même. Que de chef d'œuvres ! Les paysages d'El Greco, Friedrich, Monet, Derain ou O'Keeffe, les portraits de Vinci, Vermeer (ah ! la jeune fille à la perle, merveille absolue...), Delacroix, Berthe Morisot, Modigliani, Bernard Buffet ou Lucian Freud, les natures mortes de Chardin, Cézanne ou Hartley, les abstractions de Mondrian, Klee, Vasarely, Hartung, de Szyszlo ou Soulages, et puis de la Tour, Van-Gogh, Klimt, Hopper, Lam, Warhol, Berni, Basquiat...
Voici donc un tour d'horizon de 565 ans de peinture, exactement de 1434 à 1999, avec, dans l'ordre : Jan van Eyck, Fra Filippo Lippi, Sandro Botticelli, Léonard de Vinci, Albrecht Dürer, Jérôme Bosch, Michel-Ange, Raphaël, Le Titien, Paul Véronèse, Bruegel l'Ancien, École de Fontainebleau, El Greco, Le Caravage, Pierre Paul Rubens, Rembrandt, Nicolas Poussin, Georges de la Tour, Diego Vélasquez, Johannes Vermeer, Carle van Loo, Jean-Antoine Watteau, Thomas Gainsborough, François Boucher, Jean Siméon Chardin, Canaletto, Jean-Honoré Fragonard, Jacques-Louis David, Jean-Dominique Ingres, Francisco Goya, Théodore Géricault, Caspar David Friedrich, Eugène Delacroix, J.M.W. Turner, Gustave Courbet, Jean-François Millet, Édouard Manet, Berthe Morisot, Auguste Renoir, Edgard Degas, Paul Sérusier, Vincent Van-Gogh, Georges Seurat, Henri de Toulouse-Lautrec, Francisco Oller, Edvard Munch, Paul Cezanne, Henri Rousseau (dit "Le douanier"), Paul Gauguin, Claude Monet, Alfons Mucha, André Derain, Pablo Picasso, Pierre Bonnard, Frantisek Kupka, Franz Marc, Marcel Duchamp, Emil Nolde, Georges Braque, Giacomo Balla, Marsden Hartley, Sonia Delaunay, Giorgio de Chirico, Amedeo Modigliani, Kasimir Malevitch, Piet Mondrian, El Lissitzky, Max Ernst, Vassily Kandinsky, Joan Miró, Francis Picabia, Tarsila do Amaral, Charles Sheeler, Paul Klee, Georgia O'Keeffe, Grant Wood, Joaquín Torres-García, Salvador Dali, Gustav Klimt, Frida Kahlo, Edward Hopper, Roberto Matta, Francis Bacon, Rufino Tamayo, Willem de Kooning, Marc Chagall, Jackson Pollock, Henri Matisse, Fernand Léger, Nicolas de Staël, Mark Rotkho, Bernard Buffet, Yves Klein, Jasper Jones, Andy Warhol, Roy Lichtenstein, René Magritte, Jean Dubuffet, David Hockney, Wifredo Lam, Frank Stella, Victor Vasarely, Antonio Berni, Antoni Tàpies, Hans Hartung, Jean-Michel Basquiat, Oswaldo Guayasamin, Keith Haring, Fernando Botero, Pierre Soulages, Fernando de Szyszlo et Lucian Freud.
On peut également voir un vrai zonage géographique en fonction des époques.
Schématiquement, le centre névralgique de la peinture européenne se situait en Italie jusqu'au XVIe (Fra Filippo Lippi, Botticelli, de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, Le Titien, Véronèse), en Hollande du XVe au XVIIe (Jérôme Bosch, Bruegel, Rembrandt, Rubens, Vermeer), en France du XVIIIe jusqu'au début du XXe (Watteau, Boucher, Chardin, Fragonard, Ingres, Delacroix, Courbet, Millet, Manet, Renoir, Van-Gogh, Toulouse-Lautrec, Monet, Rousseau, Gauguin, Cézanne, Matisse), aux Etats-Unis ensuite (Hartley, Sheeler, O'Keeffe, Hopper, de Kooning, Jones, Pollock, Rothko, Warhol, Stella, Lichtenstein, Basquiat, Haring). Le début du XXe doit aussi beaucoup à la Russie, avec Lissitzky, Malevitch, Kandinski, Chagall. L'Espagne fut aussi, à toutes les époques, grande pourvoyeuse de talents, de El Greco à Tàpies en passant par Vélasquez, Goya, Picasso, Miró et Dali. L'Allemagne nous a donné Cranach l'Ancien, Friedrich, Franz Marc, Paul Klee, Max Ernst, Emil Nolde. L'Autriche Gustav Klimt. L'Angleterre Gainsborough, Turner, Francis Bacon, David Hockney, Lucian Freud. La Norvège Edvard Munch. La hollande Mondrian. La Belgique Magritte. Sans oublier l'amérique latine, avec le portoricain Francisco Oller, la brésilienne Tarsila do Amaral, l'uruguayen Joaquín Torres-García, les mexicains Frida Kahlo et Rufino Tamayo, le chilien Roberto Matta, le cubain Wifredo Lam, l'argentin Antonio Berni, l'équatorien Oswaldo Guayasamin, le colombien Fernando Botero et le péruvien Fernando de Szyszlo.
Si l'on observe maintenant les sujets traités, on peut voir qu'aucun n'est vraiment lié à une époque en particulier. Certes, à la renaissance, les scènes bibliques dominent mais des Christs en croix ont aussi bien été peint par Le Titien ou Rembrandti aux XVIe et XVIIe siècles que par Delacroix au XIXe ou Picasso, Nolde et Buffet au XXe. De même qu'à quatre siècles d'écart, la filiation entre les tableaux de Jérôme Bosch et ceux de Dali est évidente. Et quel peintre ne s'est pas essayé aux natures mortes ? Ou au nu féminin ? Les odalisques et les baigneuses sont pléthore. Certains peintres n'hésitent d'ailleurs pas à s'inspirer ouvertement d'œuvres passées, les réinterprettant à leur sauce (Roy Lichtenstein avec la chambre de Van-Gogh, ou Van-Gogh reprenant des tableaux de Millet. Dali s'est aussi beaucoup inspiré d'œuvres anciennes). Par contre on peut voir que l'art abstrait n'est apparu qu'au début du XXe siècle - vers 1911 (même si certains tableaux de Turner en sont déjà proche) pour, dans les années 50 à 70, dominer même l'art figuratif, avant de céder un peu le pas.
Maintenant c'est à vous de jouer. Cliquez sur le premier tableau en haut à gauche (Jan van Eick) et laissez-vous embarquer pour 6 siècles de peinture... Bon voyage !
[Pour en savoir plus sur l'histoire de la peinture, vous pouvez aussi aller voir sur Wikipedia.]

Photos célèbres (et leur histoire)
18 juin 2010
Nous avons tous le souvenir de certaines photos, souvent en noir et blanc, qui ont marqué l'histoire du journalisme - l'histoire tout court.
On dit d'une bonne photographie qu'elle est capable d'arrêter le temps. Et qu'une image vaut mieux que mille mots. Pourtant, si certaines de ces images sont devenues de véritables îcones c'est justement qu'elles ont une histoire. En voici quelques unes...

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Lunchtime atop a Skyscraper, 1932
« L'heure du déjeuner au sommet d'un gratte-ciel » est une célèbre photographie réalisée par Charles Clyde Ebbets pendant la construction du Rockefeller Center, en 1932.
La photo représente onze ouvriers assis sur une poutre qui pend à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol, sans la moindre sécurité. L'image, prise le 29 septembre, paraît dans le New York Herald Tribune dans le supplément du dimanche 2 octobre. Prise à près de 250 mètres de haut, au niveau du 69e étage pendant les dernières semaines de la construction (le gratte-ciel comporte 70 étages) une autre photographie Resting on a Girder (« repos sur une poutre ») représente les mêmes ouvriers en train de faire une sieste sur une poutre.
Le détenteur des droits de la photographie, la Bettmann Archive, ne reconnut pas Charles C. Ebbets comme son auteur avant octobre 2003 (selon certaines sources, après des mois d'enquête d'une agence de détectives privés). C'est pourquoi, encore aujourd'hui, nombre de reproductions indiquent toujours « auteur inconnu ».
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Raising the Flag on Iwo Jima, 1945
Cette photo de Joe Rosenthal, prise le 23 février 1945, symbolise à elle seule la revanche des américains sur les japonais lors de la guerre du Pacifique. Elle dépeint cinq marines américains et un soldat infirmier de la Navy hissant le drapeau des États-Unis sur le mont Suribachi.
La photographie eut immédiatement un immense succès, et fut reproduite dans des centaines de publications. Elle devint la seule photographie à remporter le prix Pulitzer de la photographie l'année même de sa publication. Considérée comme l'une des images les plus significatives de son époque, elle est l'une des photographies les plus diffusées de tous les temps.
Des six hommes présents sur la photographie, trois n'ont pas survécu à la bataille ; les trois survivants sont devenus célèbres. La photographie fut plus tard utilisée pour la sculpture du USMC War Memorial, situé à proximité du cimetière national d'Arlington, près de Washington.
En réalité, cette photo montre l'installation du deuxième drapeau au sommet.
Un premier avait en effet été dressé dans la matinée pour signifier la prise de ce point haut. Mais, jugé trop petit par le commandement pour être vu de loin, il avait été décidé de le remplacer par un plus grand. C'est lors de ce remplacement que Joe Rosenthal suivit les soldats américains jusqu'au sommet pour fairer sa photo. Du coup, il fut plus tard accusé d'avoir mis en scène sa photo. On peut voir ci-contre la première pose du drapeau photographiée par le sergent d'état-major Louis R. Lowery. |
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L'armée russe à Berlin, 1945
Lors de la chute de Berlin en 1945, le Reichstag transformé en camp retranché par les dernières unités allemandes, est pris d'assaut par les troupes soviètiques. Au soir du 30 avril 1945, le drapeau rouge est hissé au sommet du bâtiment, calciné et criblé de balles. Le photographe ukrainien Yevgeni Khaldei immortalise la scène. L'annonce du suicide de Hitler le même jour, et son remplacement à la tête du gouvernement par l'amiral Doenitz le 1er mai, puis de la prise de Berlin le 2, accélérère le processus de désagrégation de la Wehrmacht (armée allemande) et aboutit à la signature de la capitulation allemande.
Á deux mois d'intervalle, cette photo ressemble étrangement à celle d'Iwo Jima. Mais cette fois, il s'agit réellement d'une mise en scène car la photo que nous connaissons date en réalité du 2 mai 1945. Celle prise le 30 avril étant trop sombre, Yevgeni Khaldei a demandé à deux soldats volontaires pour rejouer la scène devant son objectif.
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Hans Conrad Schumann, Berlin, 1961
Hans Conrad Schumann est l'un des transfuges les plus célèbres de l'Allemagne de l'Est.
En été 1961, Schumann sert comme soldat (volontaire) à Berlin-Est, en RDA. Le 15 août 1961, il est en poste pour surveiller la frontière, au troisième jour de la construction du mur de Berlin. À cette étape de construction, le mur n'est encore qu'une barrière de fils de fer barbelé. Une petite fille en vacances chez ses grands-parents à Berlin-Est demande à rejoindre ses parents de l'autre côté des barbelés. Il doit l'empêcher de traverser, la mort dans l'âme. Cet incident lui fait comprendre qu'un régime qui en arrive là peut être capable du pire. Alors, en cette journée du 15 août, malgré la peur d'être abattu par ses collègues, il choisit son camp et saute par dessus les barbelés pour rejoindre le secteur français.
À cet instant précis, un jeune photographe, Peter Leibing, équipé d'un appareil est-allemand Exakta, qui guette depuis plus d'une heure le soldat Schumann - dont le malaise devient de plus en plus perceptible - prend un cliché historique de son évasion.
Quelques heures plus tard, la photographie paraît dans le journal populaire Bild, avant de faire le tour du monde et de devenir l'une des plus célèbres images de la Guerre froide.
Par la suite, Conrad Schumann s'installe à Ingolstadt au nord de la Bavière et travaille dans la firme automobile Audi. Quand le mur tombe en novembre 1989, Hans Conrad Schumann tente de revenir chez lui, à Leutewitz. Il découvre que ses amis et le village en général l'ont rejeté, le considérant comme un traître plutôt que comme un héros, lui reprochant son geste de plus de vingt-huit ans auparavant.
Par la suite, il se met à déprimer et se pend le 20 juin 1998 dans un verger près d'Ingolstadt.
En 2009, pour célébrer les vingt ans de la chute du mur, une sculpture représentant Schumann sautant les barbelés a été érigée à Berlin.
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Kim Phuc, "LA fille sur la photo", 1972
Nick Ut, photographe de l’ Associated Press, l’a photographiée le 8 juin 1972 fuyant le village de Trang-Bang, à 65 km au Nord-Ouest de Saïgon. Débarrassée de ses vêtements en feu, la fillette hurle de douleur et court les bras en croix après avoir été brûlée lors du bombardement du village par l’aviation sud-vietnamienne (le garçon au premier plan est son frère). Nick Ut et Christopher Wain (ITN) versent de l’eau sur ses brûlures. Nick Ut conduit la fillette en urgence à l’hôpital de Cu Chi, à mi chemin entre Trang Bang et Saïgon. Après 17 interventions chirurgicales et 14 mois d’hospitalisation, les médecins ont réussi l’exploit de la sauver.
La transmission des images a pris 14 minutes entre Saïgon et Tokyo où un premier responsable a écarté le cliché à cause de la nudité de la fillette. Mais un autre passe outre, privilégiant de la très grande qualité du cliché.
Depuis, cette image est devenue un symbole, à la fois de la lutte contre la guerre, et de la représentation de la souffrance.
Elle a valu le prix Pulitzer 1973 à Nick Ut.
Par la suite, Kim Phuc a servi d’emblème au régime communiste vietnamien. Elle est envoyée à Cuba où elle étudie l’anglais et l’espagnol. Elle y épouse Toan. Au retour du voyage de noces à Moscou, elle profite d’une escale technique pour demander (et obtenir) l’asile politique au Canada.
Elle est ambassadeur de bonne volonté de l’ONU depuis 1997.
Les clichés suivant illustrent le travail des photographes.
Kim Phuc est suivie par un groupe de militaires et de photographes. L’un d’eux, David Burnett ( Time Magazine) est en train de recharger son appareil pendant le drame.
Il prend la photo de gauche quelques instants plus tard.
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Explosion de joie, prix Pulitzer 1974
Sur cette photo, prise sur la base de Travis en Californie, le 17 mars 1973, on peut voir, de gauche à droite, le Lieutenant-Colonel Robert L. Stirm, de retour du Vietnam, accueilli par ses enfants Lorrie, Bo, Cindy, Loretta (sa femme), et Roger.
Cette photo de Slava Veder, photographe de l'Associated Press, a valu à son auteur le prix Pulizer 1974.
Cette photo symbolise la fin de l'engagement des États-Unis dans la guerre du Vietnam, et le retour du personnel militaire, après avoir enduré les horreurs de la guerre.
Bien que moins connue que beaucoup d'autres présentées sur cette page, cette photo est assez extraordinaire si on la compare à celle qui a obtenu le prix Pulitzer l'année précédente. Au point même que l'on peut se demander si elle n'a pas été mise en scène... Regardez la composition de l'image : ces enfants qui courent en direction de l'objectif, cette jeune fille les bras en croix... c'est la même photo ! Mais le rire a remplacé les larmes, le bonheur a remplacé la terreur... la paix après la guerre...
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Famine au soudan, prix Pulitzer 1994
Cette photo de Kevin Carter, journaliste et photographe sud africain, a fait le tour du monde et a marqué les esprits. Bien souvent présentée comme un vautour attendant la mort de l’enfant pour le dévorer, cette photo présente en fait un enfant soudanais lors d’une distribution de nourriture (la scène se passe à une centaine de mètres) dans un camp de secours des Nations Unis. D’après Kevin Carter, un vautour se posa près de l’enfant, cela formait une étonnante composition et il déclencha son appareil. Cette photo fût vendue au New York Times et publiée le 26 mars 1993, elle remporta le prix Pulitzer en 1994.
Dépressif et très critiqué au sujet de son manque de compassion pour ce cliché, et probablement meurtri par des années de reportages de guerre, Kevin Carter s’est suicidé le matin du 27 juillet 1994, trois mois seulement après avoir reçu son prix. |
Pour finir, un florilège d'autres photos très (très) célèbres...



Picabia (Francis)
28 octobre 2011
Debout devant DADA qui représente la vie et
qui vous accuse de tout aimer par snobisme,
du moment que cela coûte cher. [Manifeste cannibal dada, Francis Picabia]
Francis Picabia naît à Paris le 22 janvier 1879, 82 rue des Petits Champs ; c'est dans cette même maison qu’il meurt, le 30 Novembre 1953 (aujourd'hui rue Danielle Casanova). Durant les soixante-quatorze années de sa vie, Picabia explore la plupart des mouvements artistiques de son temps, un exploit aussi exceptionnel que l’époque elle-même.
Début de carrière
Enfant unique, François Marie Martinez Picabia est le fils d’un espagnol né à Cuba, Francisco Vicente Martinez Picabia, et d’une française, Marie Cécile Davanne, mariage de l’aristocratie espagnole et de la bourgeoisie française. Picabia a sept ans quand sa mère meurt de la tuberculose. Un an plus tard, sa grand-mère maternelle disparaît à son tour ; l’enfant se retrouve seul avec son père, Consul de Cuba à Paris, son oncle célibataire, Maurice Davanne, conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et son grand-père, Alphonse Davanne, riche homme d’affaires et fervent photographe amateur. Francis échappe à la solitude et à l’ennui de cette “maison sans femme” grâce au dessin et à la peinture.
Très tôt, il fait preuve d'une grande indépendance de caractère ; simultanement, son talent artistique s'affirme. Après une scolarité tumultueuse, Picabia commence son apprentissage en 1895 à l’Ecole des Arts décoratifs. Braque et Marie Laurencin sont ses camarades de classe. En 1899 Picabia fait ses débuts au Salon des Artistes Français avec le tableau "Une rue aux Martigues". Ce n’est qu’après 1902 que commence sa période impressionniste. Il expose au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants, ainsi qu’à la galerie d’avant-garde de Berthe Weill. Succès et notoriété ne tardent pas.
Idées neuves

Alors que sa réputation est bien établie après son exposition à la galerie Georges Petit en 1909, Picabia abandonne le passé et la place prestigieuse qu’il y occupe déjà pour s’embarquer dans l’aventure de l’art moderne. La même année il épouse Gabrielle Buffet, une jeune musicienne d’avant-garde, qui sera pour lui un stimulant intellectuel tout au long de sa vie. Ses deux dessins abstraits de 1908 préfiguront son tableau abstrait de 1909, Caoutchouc (faisant sans doute de lui le tout premier peintre abstrait, avant Kandinsky ou Kupka). C’est la première des nombreuses ruptures, qui caractérisent à la fois l'œuvre et la vie de Picabia, bien qu'il attende 1912 pour explorer vraiment cette nouvelle voie.
« Picabia a lancé pendant les années qui précèdent immédiatement la guerre de 1914, plus d'idées neuves qu’aucun autre artiste d’avant-garde. Il a été cubiste comme Braque et Picasso, orphique comme Delaunay et il a au surplus inventé l'art abstrait, sans jamais consentir à exploiter systématiquement aucune de ces formules. »

En 1910 Picabia se joint au Groupe de Puteaux de Duchamp-Villon, début d’une amitié qui durera toute sa vie avec Marcel Duchamp, pour qui Picabia est une force libératrice. L’année 1911 est aussi celle de sa rencontre fructueuse avec Apollinaire.
En 1913, année phare dans l’histoire de l’art moderne, l'Armory Show (l’Exposition Internationale de l’Art Moderne) se déroule à New York. Picabia s’y rend avec sa femme Gabrielle en tant qu’ambassadeur et porte-parole de l’avant-garde européenne ; il devient tout de suite célèbre. Il expose quatre tableaux de 1912, dont "Danse au printemps" et "La procession de Séville".
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17 février 1913 : La grande secousse de l’Armory Show.
Mille trois cent œuvres, le tiers venant d’Europe, sont exposées : Cézanne, mais aussi Kandinsky, Munch, V.Gogh, Rousseau, Picasso, Derain, Braque, Gauguin, Duchamp, Seurat, Picabia ; les anciens avec Ingres, Courbet ou Delacroix. Dans un chaos indescriptible se côtoient les fauves, les cubistes, les impressionnistes, symbolistes, expressionnistes, sans le moindre souci didactique d’organisation, sans aucun effort pour rappeler les filiations. Le spectacle est vivement critiqué par le public et la presse comme étant un cirque rempli de monstres et des clowns, mais c'est néanmoins un cirque plein de vie et de couleur, et qui a notamment un grand impact sur les artistes américains : « en une nuit l’art américain est démodé ».
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New-York

Picabia devait rester quinze jours à New-York, il y reste 6 mois. Picabia rencontre le photographe Alfred Steiglitz et son groupe d’amis, des artistes qui se réunissent à la Galerie 291, où il expose une série de grandes aquarelles réalisées dans sa chambre de l’Hôtel Brevoort. De même qu’il laisse son empreinte dans la ville, New-York marque Picabia de façon indélébile ; son extrême modernité, paradigme de l’esprit de la révolution industrielle, illustre ses idées progressistes : ici, les machines tournent sans répit. « New-York est la seule ville cubiste au monde... la cité futuriste. Elle exprime la pensée moderne dans son architecture, sa vie, son esprit. » Cette nouvelle inspiration le conduit à réaliser des oeuvres comme "Danseuse étoile sur un Transatlantique", "Chanson nègre" et les nombreux "New York".

Durant la première guerre mondiale, Picabia se réfugie à New-York où il retrouve Duchamp et ses amis de la Galerie 291.
Dans un article du New-York Tribune d’octobre 1915, intitulé “Les artistes francais stimulent l'art Americain”, Picabia affirme vouloir travailler jusqu'à ce qu'il atteigne “le sommet du symbolisme mécanique”. Dans la revue 291, il publie une série de “portraits-objets” comme celui d'Alfred Steiglitz réprésenté en appareil photographique, le portrait d'une "Jeune fille américaine" vue comme une bougie de moteur (l'allumeuse) et "Fille née sans mère" (quintessence de la machine, créée par l'homme à son image).
A cause de ses excès, des signes de neurasthénie apparaissent, suivis d'une dépression nerveuse. Durant les dix mois qui suivent, Picabia passe son temps entre Barcelone et New York, cherchant à échapper à la guerre. De retour à Paris en octobre 1917, Picabia voit sa santé se détériorer et sa vie privée s'assombrir. La même année, il rencontre Germaine Everling qui deviendra bientôt sa compagne dévouée. L’année suivante, il part en Suisse pour une période de convalescence pendant laquelle ses médecins lui interdisent de peindre. Il entre en contact avec Tristan Tzara et des Dadaïstes de Zurich.
Dada !

En 1919, après dix ans et quatre enfants, Picabia se sépare de sa première femme et s’embarque pour une nouvelle aventure avec Germaine Everling et les Dadaïstes. Picabia le polémiste publie de nombreux écrits d’avant-garde et scandalise une fois de plus le Salon d’Automne avec "L’enfant carburateur" et "Parade amoureuse", parmi d’autres, qui sont des exemples de son style mécanique, inédit à Paris.
1920 est la Belle époque pour Dada à Paris : à sa tête, Tristan Tzara, André Breton et Picabia. Le Tout Paris danse à son rythme. C’est une année riche en idées, en “happenings”, en expositions, ouvrages, articles et revues, dont Cannibale, la dernière de Picabia. Mais des conflits internes apparaissent bientôt. Ce qui a commencé comme un élan de protestation contre l'hypocrisie de tout système créé par les hommes, tragiquement illustré par la Première Guerre Mondiale, devient lui-même un système. C’est une situation intolérable aux yeux de Picabia qui se sépare des Dadaïstes, en particulier de Tzara et Breton, dès 1921. Nouvelle rupture. « Il faut être nomade, traverser les idées comme on traverse les pays et les villes. »

Il n'en cesse pas moins de créer. En 1923, il expose des toiles "optiques" comme, "Volucelle" et "Optophone", ainsi que des "espagnoles" (il en peindra beaucoup durant sa carrière). A un crtique qui trouve ce choix ridicule, il répond « je trouve que ces femmes sont belles, et comme je n’ai aucune spécialité en tant que peintre, ni en tant qu’écrivain, je ne crains pas de me compromettre avec elles. Je trouve qu’il en faut pour tous les goûts. Il y a des gens qui n’aiment pas les machines : je leur propose des Espagnoles. S’ils n’aimaient pas les Espagnoles, je leur ferai des Françaises... Oui, je fait la peinture pour la vendre. Et je suis étonné que ce soit ce que j’aime le mieux qui se vende le moins. »
Les années cannoises
En 1925, Picabia part pour la Côte d'Azur, où il restera 20 ans. Sa notoriété éblouissante le suit à Cannes où il s’impose rapidement comme la célébrité locale au Casino et à ses Galas. Les visites fréquentes de ses amis parisiens comme Marcel Duchamp entretiennent sa "vie mondaine". Il fait construire le Château de Mai à Mougins, dans les collines derrière Cannes, dans lequel il s’installe avec Germaine Everling, le fils de celle-ci, et leur fils Lorenzo, né en 1919. C'est alors qu'entre en scène Olga Mohler, une jeune suissesse de vingt ans engagée d’abord comme gouvernante pour Lorenzo. S'en suivra une sorte de ménage à trois jusqu'en 1933 où Picabia s'installe avec Olga sur son nouveau yacht, Horizons II, astucieusement ancré en face du Casino dans le port de Cannes. Les toiles de cette époque proposent encore un nouveau style, jouant sur les transarences ("Era", 1929).
Entre 1930 et 1932, Picabia multiplie les Galas, les voyages à Paris, ainsi que les achats de nouvelles voitures et de nouveaux bateaux. Il aurait possèdé 127 “machines”, parmi lesquelles les modèles de luxe de l’époque, la Mercer, la Graham Paige, la Rolls Royce.

A cette époque, Picabia renoue avec Gertrude Stein - écrivain américaine, collectionneuse, protectrice des arts, amie de Picasso du temps des années héroïques. Le soutien moral et intellectuel qu’elle lui donne se transforme en chaleureuse amitié lors des visites annuelles que Picabia et Olga font à Bilignin. En 1932, elle écrit « ... les surréalistes sont une vulgarisation de Picabia au même titre que Delaunay et ceux qui l’ont suivi, les futuristes, étaient une vulgarisation de Picasso. » Elle appelle Picabia “le Léonard de Vinci de ce mouvement”. Elle l’estime non seulement parce qu’ils partagent les même vues sur l’art, mais à cause de ses origines espagnoles, fermement convaincue que les seuls peintres importants du XXème siècle sont espagnols, comme Juan Gris, Miró et Picasso car, comme elle l’explique, ils sont doués de toutes ces qualités : “extravagance, excès, cruauté, superstition, mysticisme” et n’ont aucun “sens du temps”.
En 1933, se produit l’inévitable : Germaine Everling rompt définitivement avec Picabia et quitte le Château de Mai (qui sera vendu deux ans plus tard). Après cette période mondaine et mouvementée, Picabia mène une vie plus solitaire et travaille intensément.

A partir de 1939, les ennuis se multiplient. Le train de vie de Picabia s’est considérablement réduit : le yacht et les voitures sont remplacés par un petit appartement à Golfe Juan et un vélo. Et pour la première fois, il vit principalement des revenus que lui assurent la vente de ses tableaux. En 1940, il épouse Olga Mohler. Ces dernières années passées sur la Côte d’Azur voient naître une série de tableaux d'un réalisme appuyé - et d'un faux académisme. Pendant ces années difficiles, Picabia, en dépit de son “incorrigible pessisme”, se raccroche à la vie en peignant des nus et d'autres sujets d'imagerie populaire.
Face à la Deuxième Guerre Mondiale, son attitude demeure tout aussi individualiste et provocatrice, au point que son “esprit dada” et ses positions apolitiques lui créeront des difficultés lors de la Libération et lui vaudront, ainsi qu’à sa femme, d’être mêlé aux “règlements de compte” de l’après-guerre. C’est pendant cette période difficile qu’il est victime de sa première hémorragie cérébrale.
Dernières années

En 1945, Picabia est enfin de retour à Paris. Olga et lui emménagent dans l’ancienne maison de famille et s'installent dans l'atelier de son grand-père. Là, de jeunes artistes abstraits - Hartung, Soulages, Mathieu, Ubac, Atlan - viennent lui rendre visite. Toujours plein de ressources, à soixante-cinq ans comme avant, Picabia change encore de cap, abandonnant le réalisme populaire de la guerre pour une forme personnelle d’abstraction, peignant des oeuvres importantes telles que "Bal Nègre", en hommage à sa boîte de nuit préférée, ou "Bonheur de l’aveuglement".
Le printemps 1949 voit le sommet de sa longue carrière : une rétrospective monumentale, “50 ans de plaisir”, est organisée par la Galerie René Drouin. En 1951, il peint ses dernières oeuvres, parmi lesquelles "Tableau vivant", "Villejuif", ainsi que sept tableaux, pour chaque jour de la semaine.
C’est bientôt le dernier voyage de ce « Christophe Colomb de l’art », comme l’avait surnommé Jean Arp. A la fin de l'année 1951, une artériosclérose paralysante le prive définitivement de sa source vitale, la peinture. Il s'éteint le 30 Novembre 1953. Le 4 Décembre, au cimetière Montmartre, André Breton lui rend un dernier hommage : « Francis... votre peinture était la succession - souvent désespérée, néronienne - des plus belles fêtes qu’un homme se soit jamais données à soi-même... Une œuvre fondée sur la souveraineté du caprice, sur le refus de suivre, toute entière axée sur la liberté, même de déplaire... Seul un très grand aristocrate de l’esprit pouvait oser ce que vous avez osé. »
Chapeau bas, Monsieur Picabia.
[Cet article a été rédigé en partie d'après la biographie de Beverly Calte trouvée sur le site officiel de l'ariste.]

Picasso (Pablo)
24 novembre 2010

Pablo Ruiz Picasso, né à Málaga le 25 octobre 1881 et mort le 8 avril 1973 à Mougins, est un peintre, dessinateur et sculpteur espagnol ayant résidé l'essentiel de sa vie en France. Artiste utilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque et un compagnon d'art du surréalisme. Il est l'un des plus importants artistes du XXe siècle tant par ses apports techniques et formels qui ont révolutionés l'histoire de l'art que par sa notoriété ou ses prises de positions politiques.
Les débuts
Son père, professeur à l'académie des Beaux-Arts de Barcelone, lui donne sa première éducation artistique.
En 1900, Picasso vient à Paris, écumant tous les musées de la ville : immédiatement, il sent la distance qui le sépare des fauves, alors en vogue, de leur figuration plate et de leurs couleurs vives. Comme Toulouse-Lautrec, il choisit ses sujets dans le monde du théatre, du cirque, celui des pauvres gens, les rendant avec un trait précis, et, durant la "période bleue" et la "période rose" (après 1905), avec un coloris unique. Il devient ami avec Max Jacob.
En 1904, après de nombreux aller-retour entre Paris et Barcelone, il s'installe définitivement à Paris ; au Bateau-Lavoir, à Montmartre. Il y restera cinq ans. Il y rencontre son premier amour, Fernande Olivier. Picasso travaille la nuit, dort le jour, voit le monde en bleu. Á l'automne 1905, il rencontre Apollinaire.
Les demoiselles d'Avignon
Á l'été 1907, il voit des masques nègres au musée de l'homme. Il est bouleversé par la puissance magique des ces objets. C'est cette force, cette immédiateté du ressenti qu'il veut rendre dans ses tableaux ! Et puis Picasso se souvient des paroles de Cézanne, qu'il admire : « Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, que chaque côté d'un objet, d'un plan, se dirige vers un point central. »
Ainsi, avec son nouvel ami Braque, il va chercher un nouveau moyen de traiter les sujets, d'abord simples telles les natures mortes. Comme dans un laboratoire, la toile devient un plan de travail sur lequel on recompose les objets placés sous de multiples angles. Ainsi naît le cubisme qui est une "création" de formes, et non plus seulement une façon de rendre réel.
Ainsi naissent également Les Demoiselles d'Avignon.
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C'est en 1907 qu'il peint Les Demoiselles d’Avignon (à voir plus haut), toile de très grand format (244 x 234 cm) considérée comme le point de départ du cubisme et comme l'un des tableaux les plus importants de l'histoire de la peinture en raison de la rupture stylistique et conceptuelle qu'il propose.
En présentant une œuvre provocante, choquante et délibérément inachevée, Picasso s’oppose à l’idéal esthétique classique. S'y croisent donc les influences de Cézanne et de la statuaire africaine, résultat d'une recherche qui a nécessité de très nombreux essais (une centaine d'esquisses répertoriées). Picasso y manifeste une intense réflection sur la nature de l’acte créateur.
Tous ses amis crieront de consternation en découvrant l'œuvre dans son atelier. Matisse est furieux, et même Apollinaire, pourtant soutien inconditionnel, critique son ami. Une seule exception : un jeune collectionneur allemand du nom de Kahnweiler. Il deviendra l'un des plus grand marchand de peinture moderne du siècle, et leur amitié durera toute leur vie.
L'œuvre a été acquise par le MoMA de New-York en 1939. |
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Olga
Pendant la Première Guerre mondiale, Picasso séjourne à Rome avec Jean Cocteau. Il rencontre Erik Satie et les ballets russes de Diaghilev, pour qui il crée des décors. Il s'éprend de la danseuse Olga Khokhlova qui devient sa femme en juillet 1918 (les témoins sont Apollinaire, Cocteau et Max Jacob).
Mais le 11 novembre 1918, jour de l'armistice, Picasso apprend la mort d'Apollinaire, revenu blessé de la guerre, et foudroyé par la grippe espagnole. Braque aussi est revenu blessé. Une époque s'achève.
En s'embourgeoisant (ses toiles se vendent très bien), Picasso revient à une facture plus traditionnelle, plus classique ( Flûte de Pan, 1923). Olga lui donne un fils, Paulo, né en février 1921.
Picasso et les surréalistes
En 1925, Picasso change à nouveau de cap : il étouffe dans sa vie mondaine. Et, depuis 1924, un mouvement naissant à réveillé son bouillonnement créatif ; l'influence du surréalisme va alors éclater dans un tableau qui bouleverse tout sur son passage, La danse. Un tableau fou, d'une violence inouïe. Une toile agressive et torturée . « La beauté sera convulsive ou ne sera pas », dit Breton. Picasso l'a pris au mot. Á partir de là, il sera un fidèle compagnon de route des surréalistes, des poètes surtout : Breton, Éluard, Soupault. On retrouvera cette sensibilité surréelle dans toute une série de tableaux où se déploient des métamorphoses fantastiques, comme Figures au bord de mer (1931) ou Femme avec une fleur (1932).
En 1926, il rencontre Marie-Thérèse Walter, alors qu'elle n'a que dix-sept ans.
Il se sépare d'Olga en juin 1935 et, en septembre, naît Maya, sa fille avec Marie-Thérèse Walter.
Cette même année, Paul Éluard lui présente Dora Maar. Elle sera sa maîtresse durant neuf ans, sans qu'il rompe pour autant avec Marie-thérèse Walter.
Guernica et la guerre
La guerre d'Espagne fait rage depuis près d'un an et Picasso a prit fat et cause pour les Républicains. Le 26 avril 1937, jour de marché, Guernica, riante bourgade et capitale historique du Pays Basque espagnol, est bombardée par l'aviation allemande aux ordres de Franco. Méthodiquement, systématiquement. 1660 morts, 890 blessés, une ville entièrement rasée. Bouleversé, Picasso va répondre avec ce qu'il sait faire. En un mois, il va donner au monde le plus tragique tableau du XXe siècle. L'écrivain Michel Leiris écrit : « Picasso nous envoie notre lettre de deuil. Tout ce que nous aimons va mourrir ». Deux ans plus tard, la seconde guerre mondiale éclate, ravageant l'Europe et le monde. Picasso ne retournera plus jamais en Espagne.
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Depuis 1985, une reproduction de Guernica siège à l'entrée du Conseil de sécurité des Nations Unies à New York. Elle y a été placée pour rappeler les horreurs de la guerre.
[Néanmoins, le 5 février 2003, un grand voile bleu recouvrait la puissante œuvre anti-guerre alors que Colin Powell et John Negroponte tentaient de trouver des appuis à la guerre en Iraq au Conseil de sécurité (!)] |
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Durant la guerre, Picasso est à Paris, continuant à peindre, au nez de l'occupant allemand, ce que les nazis appellent des œuvres "d'art dégénéré" (Kunstbolchevimus). La Gestapo perquisitionne chez lui. Voyant une photo de Guernica, un officier demande : « C'est vous qui avez fait ça ? » « Non, c'est vous ! » répond Picasso. Éluard écrira à propos de cette époque : « Picasso peint de plus en plus comme Dieu ou le Diable. Il a été l'un des rare peintre à se conduire comme il faut, et il continue ».
Picasso rencontre Françoise Gilot en mai 1943 mais habite chez Marie-Thérèse Walter durant l'insurrection de Paris, en août 1944.
Dans la continuité de son engagement lors de la guerre d'Espagne, Picasso adhère, le 5 octobre 1944, au Parti communiste français (PCF).
Vers le sud
En mai 1947, Françoise Gilot lui donne un second fils, Claude, et une seconde fille, Paloma, en avril 1949.
Il s'installe avec elle à Vallauris en 1948, débutant une période intense de production de céramique qu'on estime à près de 4 500 pièces.

En 1949, pacifiste convaincu, Picasso crée la célèbre Colombe (Paloma en espagnol) à l'occasion de son adhésion au Conseil Mondial de la Paix. Elle est choisie par Aragon pour l'affiche du Congrès de la Paix qui a lieu à Paris. Il recevra à ce titre un prix international de la paix en 1955.
Picasso est alors mondialement connu. Cela ne l'empêche pas de poursuivre une extraordinaire et prolifique production qu'André Malraux a définie comme « la plus grande entreprise de destruction et de création de formes de notre temps ».
 
En 1953, Françoise Gilot part pour Paris avec les enfants. En juin 1954, il rencontre Jacqueline Roque. En mai 1955, il s'installe avec elle à la villa La Californie à Cannes. Il se marie avec elle à Vallauris, le 2 mars 1961 et, en juin, s'installe au mas Notre-Dame-de-Vie à Mougins (près de Cannes).
Picasso sculpteur
Durant toute sa vie, et notamment à partir de 1941, Picsso fut également un sculpteur prolifique et innovant, inventant des formes, utilisant de nombreux matériaux (et notamment la récupération - objets usagés, ficelle, clous, carton, ferraille) et expérimentant de nouvelles techniques, ouvrant ainsi la voie à toute la sculpture moderne.
Considéré comme le plus grand génie de l'art moderne, Picasso décède à Mougins le 8 avril 1973 d'une embolie pulmonaire (il a quatre-vingt-onze ans). Il est enterré dans le parc du château de Vauvenargues dans les Bouches-du-Rhône sur le choix de Jacqueline et Paulo Picasso après que la mairie de Mougins ait refusé l'inhumation sur sa commune. Jacqueline Roque sera enterrée au côté de Picasso en 1986.

Pompon (François)

23 juin 2010
François Pompon est un sculpteur né en 1855 à Saulieu, en Bourgogne.
Après avor été lève de Rodin, il choisit dès 1905 d'abandonner la figure humaine pour s'intéresser aux animaux. Il s'affranchit de son maître, et cesse de tailler pour lui et Claudel.
Bien que ce soit Lucien Schnegg qui ait lancé le mouvement "les Animaliers", c'est Pompon qui fera entrer ce type de sculpture dans l'ère moderne, loin du cubisme, du romantisme impressionniste ou expressionniste.
Inspiré par les arts égyptiens, chinois et japonais, Pompon veut restituer l'impression de mouvement. Il se rend au Jardin des Plantes pour observer les animaux en évolution. Il travaille sur le motif en faisant des croquis. En ayant une parfaite connaissance de l'anatomie animalière, il parvient à se débarasser du détail pour donner à la forme son essence (voie que suivra aussi Brâncusi).
En 1906, il signe un contrat avec A. A. Hébrard, un fondeur réputé. Ce dernier lui permet de faire nombres de patines différentes. Il contrôle chaque pièce qui sort de son atelier, lui arrivant même de ciseler et de patiner certaines pièces. D'ailleurs, sur certaines de ses sculptures, on ne trouve aucun cachet de fondeur, car Pompon les aura réalisées d'un bout à l'autre.
Il travaillera ensuite chez Valsuani, où il jouira de la même liberté que chez Hébrard. Les patines qu'il inventera durant cette période, et jusqu'à sa mort ne seront jamais reproduites.
En 1921, il rejoindra la Société des Artistes Animaliers, et dominera ce salon avec Edouard Marcel Sandoz.
En 1922, il présente L'Ours Blanc. Il a 67 ans. Cette sculpture est un véritable aboutissement de son art animalier. Elle lui donnera la gloire. Elle est maintenant exposée au Musée d'Orsay.
En 1927, il crée le Salon des Animaliers Contemporains.
En 1931, il fonde le Groupe des 12, avec, entre autres, Artus, Hilbert, Lemar, Poupelet, Jouve, Guyot...
Il meurt en 1933, laissant des inventions et des créations qui font encore école aujourd'hui, notamment chez Galoyer, Conrad ou encore Despoulain.
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