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Tanguy (Yves) et Sage (Kay)
27 novembre 2010

Yves Tanguy, né le 5 janvier 1900 à Paris, est un peintre et un dessinateur surréaliste.
En 1908, le père d’Yves Tanguy meurt, et son frère Henri est tué durant la 1ère guerre mondiale. Au lycée, Yves Tanguy a pour condisciple Pierre Matisse, fils d’Henri Matisse, avec lequel il nourrit une solide amitié et qui deviendra plus tard son galeriste. En 1918, Yves Tanguy devient élève officier de la marine marchande.
Il rencontre Jacques Prévert en 1920, au cours de son service militaire à Lunéville. Ce dernier lui fait découvrir les toiles métaphysiques de Giorgio de Chirico et le travail de Max Ernst.
L'appel du surréalisme
En 1922, Yves Tanguy revient à Paris où il vit alors de petits métiers comme livreur aux halles, ou conducteur de tramway. Il mène une vie d'errance avec Jeanne Ducrocq, qu’il épouse en 1925, allant d'un petit hôtel à un autre et tirant souvent le diable par la queue. En 1923, Tanguy aurait aperçu, dans la vitrine d'une galerie, un tableau de Giorgio de Chirico, "le cerveau de l'enfant", qui le décide à devenir peintre. Il expose pour la première fois trois dessins dans un Salon en 1925 et fait la connaissance d'André Breton. Lors de cette rencontre, il a la surprise de retrouver l'œuvre de Chirico aperçue en 1923 exposée chez Breton (qui l'a achetée en 1916 et la revendra en 1964). Envoûté par la personnalité de Breton, il adhère aussitôt au mouvement surréaliste.
En 1927, il réalise sa première exposition personnelle à la Galerie Surréaliste à Paris (ouverte en 1926 par Roland Tual). Ses peintures présentent un monde qui semble flotter entre le milieu sous-marin et le milieu terrestre. En 1933, Yves Tanguy participe à plusieurs expositions surréalistes collectives à Paris et Bruxelles.
Kay Sage
En 1938, au Salon des Surindépendants, Tanguy découvre les tableaux de l'artiste américaine Kay Sage.
Kay Sage (1898-1963) est une artiste qui a très tôt fréquenté les milieux artistiques français et italien avant la seconde guerre mondiale. Elle avait une véritable passion pour le surréalisme. Grande collectionneuse, elle a acquis de son vivant des oeuvres majeures. Sa peinture est méconnue, mais remarquable.
Fille d'un milliardaire, elle disposait d'une fortune importante, ce qui lui a permis d'aider nombre d'artistes français à échapper à la guerre, entre autres André Breton qu'elle a logé gratuitement à Greenwich village pendant un an (lors de son arrivée à New York en 1940).
Elle a fortement contribué à imposer et valoriser l'oeuvre de son mari au plan international.

L'Amérique
Après la déclaration de guerre de 1939, Tanguy rejoint Kay Sage à New York. Son ami Pierre Matisse devient son galeriste attitré et organise une exposition Tanguy dans sa galerie de New-York, (il est le premier surréaliste français à être exposé aux USA).
Yves Tanguy et Kay Sage se marient le 17 août 1940 à Reno (Nevada), le divorce de Tanguy étant prononcé en même temps.
Á la fin de la guerre, l’artiste décide de rester aux Etats-Unis, et obtient la nationalité américaine en 1948. Il ne reviendra en Europe qu'en 1953 pour des expositions à Rome, à Milan puis à Paris.
Pendant 15 ans, Yves et Kay travaillent l'un à côté de l'autre.
En 1954 Yves Tanguy meurt brutalement. Kay Sage ne reprendra plus son activité de peintre. Elle se consacrera à l'élaboration du catalogue raisonné de l'oeuvre de son mari. Après l'avoir achevé, elle se suicide en janvier 1963 quelques jours avant sa parution.

Selon les dernières volontés d'Yves Tanguy, ses cendres et celles de Kay Sage ont été répandues dans la baie de Douarnenez (non loin de Locronan, le village d'origine de sa famille) par Pierre Matisse, son exécuteur testamentaire.

Et voici quelques œuvres choisies de ce couple surréaliste (en haut Kay Sage, en bas Yves Tanguy).
Le palais promontoire » d’Yves Tanguy (1931), est visible dans mon article consacrée au surréalisme.]
Tanning (Dorothea)

26 octobre 2010
Dorothea Tanning est une sorte de dinosaure. Celle qui fut la femme de Max Ernst et qui, le 25 août 2010, a fété ses 100 ans, est en effet la seule surréaliste encore vivante. Tanguy est mort en 1955, Magritte en 1967, un an après Breton, Duchamp en 1968, son mari est mort en 1976, De Chirico en 1978, Dali en 1989, Matta en 2002...

Dorothea Tanning est née dans l'Illinois, dans une famille d'origine suédoise. Passionnée par le dessin, elle suit des études d'Art et quitte sa famille en 1930 pour suivre un temps les cours de l’académie of Arts Institutes de Chicago. Puis elle s'installe à New York où elle exerce le métier de dessinatrice publicitaire.
En 1936, elle visite la grande exposition « Fantastic-art, Dada, surrealism » au MoMA de New-York, ce qui marquera ses choix artistiques futurs.
En 1942, elle se joint au groupe surréaliste de New York sous la direction d'André Breton.
En 1943, alors qu'elle expose avec d'autres femmes peintres pour la Julien Levy Gallery, elle rencontre le peintre et sculpteur allemand Max Ernst, artiste majeur des mouvements Dada et surréaliste. Ils passent tous les deux cet été là dans le désert de l'Arizona, à Sedona. En octobre 1946, Ernst épouse Dorothea Tanning à Beverly Hills, Californie, dans un double mariage atypique : Man Ray et Juliet Browner convolent en justes noces durant la cérémonie commune avec Ernst et Tanning. Dorothea devient ainsi la quatrième femme de Ernst. Ils s'installent ensemble à Sedona. Il l’introduit rapidement au cercle des surréalistes de qui elle tire son langage plastique.
En 1948, alors que Ernst écrit Beyond Painting, ils partent voyager en Europe et découvrent la France. Dés 1953, Dorothea et Max Ernst s'installent à Paris. En 1955, ils achètent une maison à Huismes en Touraine puis déménagent en 1963 dans une petite ville du sud de la France, Seillans, dans le Var (où se trouve actuellement un musée consacré à Ernst).
Max Ernst décède le 1er avril 1976 à Paris et Dorothea Tanning retourne à New York en 1978.
Elle publie encore régulièrement des poésies dans le New Yorker, ainsi que de nombreux ouvrages. Sa plus récente nouvelle est « Chasm » (que l’on peut traduire par abîme, gouffre ou précipice), en 2004.

Son œuvre
Dorothea Tanning fut d'abord, dans les années 40, une peintre surréaliste. Elle en utilisait le langage emplie de symbolisme, comme dans « Une petite musique de nuit ».
Au milieu des années 1950, son travail change radicalement. Comme elle l’explique « vers 1955, mes toiles ont littéralement éclaté… J’ai brisé le miroir, pourrait-on dire. » Elle devient alors l’une des premières femmes qui ose renverser la perspective érotique dans l’art (ouvrant la voix à des artistes comme Niki de Saint-Phalle ou Louise Bourgeois). Ses peintures expriment les fantasmes de la femme, considéré comme un individu à part entière et non plus seulement la projection du désir de l'homme ; en effet, les femmes qui gravitaient autour des surréalistes étaient presque toutes liées aux peintres en tant que muse ou épouse (Nusch Éluard, Gala, Lee Miller, Dora Maar...) et correspondaient aux idées esthétiques et mentales propres au mouvement : elles devaient être belles, fascinantes, disponibles et sans inhibitions... Heureusement, certaines sûrent être autre chose que ces femmes-fantasmes et se réaliser par elles-mêmes, comme Lee Miller ou Dorothea Tanning.

Tomaszewski (Henryk)
12 novembre 2010

Henryk Tomaszewski est né en 1914 à Varsovie. C'est dans cette même ville qu'il suivra des études de peinture à l'Académie des Beaux-arts de 1934 à 1939 avant d'y devenir professeur, occupant la chaire des affiches de sa création en 1952 à 1985. Tomaszewski, créateur et enseignant, a donc doublement marqué de son empreinte le graphisme polonais et mondial.
Il commence à travailler pour le magazine satirique Szpilki puis ses premiers travaux sont exposés en 1936 à Helsinki à l'occasion d'une exposition sur l'art polonais. Il remporte ses premiers prix trois ans plus tard avec la conception du pavillon industriel polonais lors l'Exposition Mondiale de New York de 1939 et pour la réalisation d'un relief sur la gare principale de Varsovie.
À partir de 1946, la Pologne entre dans le bloc soviétique qui impose rapidement la censure et le dogme du "réalisme socialiste" en réaction aux "vestiges bourgeois" comme la publicité. Le renouveau passera par le cinéma, nationalisé depuis 1945. La Film Polski fait alors appel à Henryk Tomaszewski qui réussi, avec Eryk Lipinski, à imposer sa manière de faire. Il réussit l'union de l'innovation et des influences d'avant-guerre et remporte pas moins de cinq Médailles d'Or à l'Exposition Internationale de l'Affiche de Vienne en 1948.
Alors que le réalisme socialiste devient la doctrine officielle avec le stalinisme, Tomaszewski prend conscience de la responsabilité sociale associée à la création graphique, l'affiche étant un support facile à travailler et à diffuser. En pleine période de propagande, il lutte pour conserver une double indépendance : la sienne et celle de l'affiche, son laboratoire d'expérimentation. Il se démarque du réalisme et du constructivisme soviétique ainsi que des expérimentations du Bauhaus pour s'orienter vers un minimalisme influencé par des Français comme Chéret et Toulouse-Lautrec, puis par l'art abstrait et les surréalistes.
Des années cinquante aux années quatre-vingt-dix, Tomaszewski accumule les distinctions.
Il a également influencé le monde de l'affiche et du graphisme en tant que professeur à l'Académie des Beaux-arts de Varsovie, place qu'il occupe de 1952 à 1985. À partir de 1960, l'Académie de Varsovie commence à ouvrir ses portes aux graphistes étrangers intéressés par la formation de Tomaszewski. Ses élèves, et parmi eux le groupe français Grapus, font aujourd'hui partie des figures les plus importantes de la scène graphique internationale.
La présence de ses affiches dans les collections permanentes de nombreux musées (Musée National de Varsovie et Poznan, Musée d’Art Moderne à Sao Paulo, MOMA de New York, Villa Hugel d'Essen, Musée d’Art Moderne de Kamakura, Musée d’Art Moderne de Toyama, Stedelijk Museum d'Amsterdam, Colorado State University) montre l'importance que son œuvre conserve encore aujourd'hui.
Il est mort en 2005.

Turner (William)

03 juillet 2010
Joseph Mallord William Turner est un peintre, aquarelliste et graveur britannique, né le 23 avril 1775 à Londres et mort le 19 décembre 1851 à Chelsea. Initialement de la veine romantique anglaise, son œuvre est marquée par une recherche novatrice audacieuse qui fera considérer celui que l'on surnomme le « peintre de la lumière » comme un précurseur de l'impressionnisme. Et à juste titre ! Regardez Scarlet sunset... Ça ne vous rapelle pas Impression soleil levant, de Monet, la toile qui a donné leur nom aux impressionistes ? Et Monet a peint également le Parlement de Londres, n'était-ce pas sa façon de reconnaître la paternité de Turner sur son style ?

Peintre romantique en début de carrière, grand maître des paysages à l'aquarelle, ses tableaux et marines lui vallent rapidement une grande réputation si bien qu'il devient membre titulaire de la Royal Academy à l'âge de 27 ans. De 1807 à 1828, il y enseigne la perspective et, en 1845, obtient un poste de professeur suppléant. Son talent lui apporte reconnaissance et confort et lui permet de posséder sa propre galerie à partir de 1804.
Turner voyagera beaucoup tout au long de sa carrière : Angleterre, Écosse, France, Suisse, Pays-Bas et Italie, particulièrement à Venise, ville où il séjournera à trois reprises (en 1819, 1829 et 1840) et qui lui sera une importante source d'inspiration. En Angleterre, Turner est souvent l'hôte de Lord Lamont à Petworth House dans le Sussex, ce qui donnera naissance à une célèbre série de peintures.

C'est après son premier voyage en italie que la peinture de Turner devient de plus en plus impressioniste, pour même se rapprocher de l'abstraction lyrique lorsqu'il peint les éléments déchaînés ou un train lancé à pleine vitesse, ce qui en fait un sacré précurseur...

Typographie


18 août 2010
Il y a quelques années, j'avais fait une petite animation en Flash racontant (succintement) l'histoire de l'écriture latine. Donc, si ça vous intéresse d'en savoir un peu plus sur l'écriture cunéiforme, l'Onciale, la Caroline, la Gothique, Gutemberg, Nicolas Jenson, Alde Manuce et l'italique, La Garamond, la Baskerville, la Times, la Futura, l'Arial ou la Gill sans, eh bien cliquez sur le lien ci-dessous :