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Valeur des choses (La)

Dernière mise à jour : 17 novembre 2018
Les records n'en finissent plus de tomber et il devient de plus en plus difficile de tenir cet article à jour !
Novembre 2018, David Hockney devient l"atiste vivant le plus cher grâce à Portrait d'un artiste, peint en 1972, vendu 90,2 millions de $ - tandis que, lors de la même vente, Edward Hopper fait plus que doubler son record avec 91,9 millions de $ pour Shop suey (1929).
Novembre 2017, c'est Léonard de Vinci qui pulvérique tous les records lors d'une vente aux enchères chez Christie's New York : 450 millions de $ avec les frais ! Pour un tableau, Salvatore Mundi, authentifié depuis peu et déjà vendu, en privé, 127 millions de $ en 2013... Belle plus-value en 4 ans !!!
Le 09 novembre 2015, deux autres records avaient déjà eu lieu : pour un "Nu couché" de Modigliani, vendu 170 milions de $, deuxième plus grosse vente aux enchères de l'histoire - et pour un Roy Lichtenstein, "Nurse", vendu 95 millions de $, ce qui double presque le précédent record de l'artiste.
Lundi 11 mai 2015, "Les Femmes d'Alger (version O)" de Picasso a été adjugé en 11 minutes 179,36 millions de $, chez Christie's à New York, ce qui était à l'époque la toile la plus chère jamais vendue aux enchères. Gauguin conservait, de loin, son record de 2014, à 300 millions de $, mais il s'agissait d'une vente privée (depuis, tous deux ont été pulvérisés par Léonard de Vonci). La toile peinte en 1955 par Picasso a sans difficulté battu le record détenu par le triptyque de Francis Bacon, "Trois études de Lucian Freud", adjugé 142,4 millions de $ chez Christie's New York en 2013, cette vente écrasant déjà le précédent record de 119,9 millions de $ décroché pour la célèbre peinture "Le Cri" d'Edvard Munch (une des 4 versions connues du tableau, la seule à ne pas être dans un musée), mise aux enchères en mai 2012 à New York par la maison concurrente, Sotheby's.
Début 2010, la sculpture "L'homme qui marche I" de Giacometti avait déjà fait "le buzz" en devenant, selon les titres des journaux, l'œuvre d'art la plus chère de tous les temps (dans une vente aux enchères), détronant ainsi Picasso. Vendue pour 74,2 millions d'€ (environ 105 millions de $) chez Sotheby's, en 8 minutes seulement, elle détronait ainsi un tableau de Pablo Picasso, "Garçon à la pipe" vendue pour 74,9 millions d'€ en 2004 (environ 104 millions de $), déjà chez Sotheby's. Mais ce record pour une sculpture a lui aussi été battu le lundi 11 mai 2012 puisqu'une autre statue de Giacometti, L'homme au doigt, de 1947, a battu un record mondial dans sa catégorie en étant adjugée 141,28 millions de $, chez Christie's.
Mais à peine trois mois après, début mai 2010, le célèbre maître espagnol s'était rebifé (dans sa tombe) : son "Nu au plateau de sculpteur", datant de 1932, étant adjugé à 106,5 millions de $ (environ 75 millions d'€) dans une vente chez Christie's à New-York.

En réalité, il ne s'agit là que de records "dans une vente aux enchères". D'autres œuvres se sont déjà vendues plus cher dans des transactions privées directement entre acheteur et vendeur. Ainsi la toile "N°5" de Jackson Pollocke se serait échangée 140 millions de $ en 2006. "Woman III" de Willem Kooning pour 137 M$ et "Adèle Bloch Bauer I" de Klimt pour 135 M$, également en 2006. Et, en mars 2013, Steven Cohen, un millionnaire américain, s'est offert "Le rêve" de Picasso pour la modique somme de 155 millions de $ (il l'a racheté à Steve Wynn, un propriétaire de casinos).
Mais le record est détenu par "Nafea faa ipoipo", une œuvre de Gauguin, vendue de gré à gré 300 millions de $ en février 2015, et sans doute achetée par le Qatar, qui s'était déjà offert une des 5 versions des "Joueurs de carte" de Paul Cézanne (les autres sont toutes dans des musées), vendue fin 2011 par les héritiers de George Embiricos, un magnat grec des transports maritimes, à la famille royale du Qatar (« pays le plus riche au monde », d'après le FMI) pour la somme déjà incroyable de 250 millions de $ !
Fin 2015 (ou début 2016), une autre vente privée record a eu lieu entre deux milliardaires. Les objets de la transaction sont les œuvres "Number 17A" de Pollock exécutée en 1948 et "Interchanged" de De Kooning réalisée en 1955. Les deux toiles ont été respectivement vendues pour 200 et 300 millions de dollars, records pour les deux peintres.

Mais tout ceci, ce sont des valeurs d'achat "brutes". Les choses évoluent beaucoup si on prend en compte l'inflation. On voit alors se repositionner en 12ème et 14ème place du classement deux œuvres de Van Gogh ("Portrait du docteur Gachet") et Renoir ("Bal au moulin de la Galette"), vendues respectivement 82 M$ et 78 M$ en 1990, ce qui, en $ d'aujourd'hui les mettrait tout de même à 162 M$ et 154 M$ !...

Bref, tout cela est bien compliqué, je vous ai donc fait un joli tableau qui récapitule tout ça, suivi de photos des œuvres en question. (*les valeurs sont en millions de $ américains, actualisées à 2018)

    Artiste  Nom de l'œuvre
Prix
d'achat
Année
d'achat
Type de
transaction
Valeur
actualisée*
  1 Léonard de Vinci  Salvator Mundi, entre 1490 et 1510
450 M$
2017
enchères
460 M$
  2 Paul Gauguin  Nafea faa ipoipo, 1892
300 M$
2015
privée
311 M$
  3 Willem de Kooning  Interchange, 1955
300 M$
2015
privé
311 M$
  4 Paul Cézanne  Les joueurs de carte, 1895
250 M$
2011
privée
281 M$
  5 Jackson Pollock  Number 17A, 1948
200 M$
2015
privé
207 M$
  6 Pablo Picasso  Les Femmes d'Alger (version O), 1955
179 M$
2015
enchères
185 M$
  7 Amadeo Modigliani  Nu couché, 1917-18
170 M$
2015
enchères
176 M$
  8 Jackson Pollock  Number 5, 1948
140 M$
2006
privée
176 M$
  9 Willem de Kooning  Woman III, 1952-53
137 M$
2006
privée
172 M$
  10 Gustav Klimt  Adèle Bloch Bauer I, 1907
135 M$
2006
privée
170 M$
  11 Pablo Picasso  Le rêve, 1932
155 M$
2013
privée
165 M$
  12 Vincent Van Gogh  Portrait du docteur Gachet, 1890
82 M$
1990
enchères
162 M$
  13 Amadeo Modigliani  Nu couché (sur le côté gauche), 1917
157 M$
2017
enchères
160 M$
  14 Auguste Renoir  Bal au moulin de la Galette, 1876
78 M$
1990
enchères
154 M$
  15 Francis Bacon  Trois études de Lucian Freud, 1969
142 M$
2013
enchères
152 M$
  16 Alberto Giacometti  L'homme au doigt, 1947
141 M$
2015
enchères
146 M$
  17 Qi Baishi  Twelve landscapes, 1925
141 M$
2017
enchères
144 M$
  18 Pablo Picasso  Garçon à la pipe, 1905
104 M$
2004
enchères
139 M$
  19 Edvard Munch  Le cri, 1895
120 M$
2012
enchères
131 M$
  20 Pablo Picasso  Nu au plateau de sculpteur, 1937
106 M$
2010
enchères
121 M$
  21 Vincent Van Gogh  Iris, 1898
54 M$
1987
enchères
121 M$
  22 Alberto Giacometti  L'homme qui marche I, 1961
105 M$
2010
enchères
120 M$
  23 Pablo Picasso  Dora Maar au chat, 1941
95 M$
2006
enchères
119 M$
  24 Pablo Picasso  Fillette à la corbeille fleurie, 1905
115 M$
2018
enchères
115 M$
  25 Andy Warhol  Huit Elvis, 1963
100 M$
2009
enchères
114 M$
  26 Andy Warhol  Silver Car Crash, 1963
105 M$
2013
enchères
112 M$
  27 Jean-Miche Basquiat  Sans titre, 1982
110 M$
2017
enchères
112 M$
  28 Gustav Klimt  Adèle Bloch Bauer II, 1912
88 M$
2006
enchères
110 M$
  29 Vincent Van Gogh  Portrait de l'artiste sans barbe, 1898
71 M$
1998
enchères
108 M$
  30 Pablo Picasso  Les noces de Pierrette, 1905
52 M$
1989
enchères
108 M$
  31 Pierre Paul Rubens  Le massacre des innocents, 1609-11
76 M$
2002
enchères
105 M$
  32 Francis Bacon  Tryptique, 1976
86 M$
2008
enchères
102 M$
  33 Vincent Van Gogh  Champ de blé avec cyprès, 1889
57 M$
1993
privée
100 M$
  34 Jasper Johns  False start, 1959
80 M$
2006
privée
99 M$
  35 Pablo Picasso  Yo, Picasso, 1901
48 M$
1989
enchères
99 M$
  36 Roy Lichtenstein  Nurse, 1964
95 M$
2015
enchères
98 M$
  37 Andy Warhol  Turquoise Marilyn , 1964
80 M$
2007
privée
97 M$
  38 Monet  Le bassin aux nymphéas, 1919
80 M$
2008
enchères
95 M$
  39 Le Titien  Portrait du marquis del Vasto, 1533
70 M$
2004
(1)
93 M$
  40 Edward Hopper  Shop suey, 1929
92 M$
2018
enchères
92 M$
  41 David Hockney  Portrait of an Artist, 1972
90 M$
2018
enchères
90 M$
  42 Paul Cézanne  Rideau, cruche et compotier, 1893-94
60 M$
1999
enchères
90 M$
  43 Vincent Van Gogh  Les tournesols , 1888
40 M$
1987
enchères
90 M$
  44 Mark Rothko  White center, 1950
73 M$
2007
enchères
89 M$
  45 Andy Warhol  Accident de voiture verte, 1963
72 M$
2007
enchères
88 M$
  46 Claude Monet  Nymphéas en fleur, 1914-17
85 M$
2017
enchères
87 M$
  47 Kazimir Malevich Suprematist Composition, 1916
86 M$
2018
enchères
86 M$
  48 Thomas Eakins  The Clinic of Dr. Gross, 1875
68 M$
2006
(2)
85 M$
  49 Claude Monet  Meule, 1891
81 M$
2016
enchères
84 M$
  50 Vincent Van Gogh  Laboureur dans le champ, 1889
81 M$
2017
enchères
83 M$
  51 Henri Matisse  Odalisque couchée et magnolias, 1923
81 M$
2018
enchères
81 M$
  52 Amedeo Modigliani  Nu assis sur un divan 69 M$ 2010 enchères 79 M$
  53 Constantin Brancusi  La jeune fille sophistiquée, 1928-32
71 M$
2018
enchères
71 M$
  54 Fernand Léger  Contraste de formes, 1875
70 M$
2017
enchères
71 M$
  55 Willem de Kooning  Woman as landscape, 1954-55
69 M$
2018
enchères
69 M$

(1) acquis par le Getty center de Los Angeles - (2) acquis par la National Gallery of Art de Washington


Bien entendu, cela ne signifie pas que "Salvatore Mundi" est réellement le tableau le plus précieux au monde, il est juste celui qui s'est vendu le plus cher parmis les œuvres qui, jusque là, se sont présentées sur le marché.
Car il existe bien d'autres œuvres, dans les musées, qui, si elles venaient à être vendues un jour - ce qui, pour les plus connues, a peu de chance d'arriver - dépasseraient sans doute très largement les prix énoncés plus haut. Leur valeur est d'ailleurs souvent considérée comme inestimable... Par exemple vous avez pu noter la présence de plusieurs tableaux de Picasso ou Van Gogh dans le classement précédent. Mais ce ne sont pas forcément les plus célèbres de leurs auteurs. Ainsi, si "Guernica" ou "Les demoiselles d'Avignon" de Picasso ou "La chambre à Arles" de Van Gogh étaient vendues, ces tableaux atteindraient sans aucun doute des prix jamais vus.
Pourtant, pour les assurer, il a parfois fallu leur donner une valeur. Ainsi, en 1960, le Louvre avait fait estimer "La joconde". Les assureurs étaient arrivés au prix de 100 millions de $ de l'époque. Cela ferait quand même pas loin de 850 millions de $ actuels ! Sans compter que le prix des œuvres d'art s'est envolé depuis cette époque. Alors, combien vaut vraiment "La joconde" ? 1 milliard ? 2 ? 10 ? Qui sait... Et on ne le saura sans doute jamais, puisqu'elle ne sera jamais à vendre. Finalement, c'est peut-être tant mieux, non ?

Vallotton (Félix)

15 octobre 2010
Félix Vallotton, né à Lausanne le 28 décembre 1865 et mort à Paris le 29 décembre 1925, est un peintre et graveur sur bois suisse, naturalisé français en 1900.
Ce qui frappe en premier chez Valloton c'est l'absolue modernité de ses peintures. Par modernité j'entends qu'elles ne sont absolument pas datées. Par le dépouillement du traité, la simplification des formes, les grands aplats de couleur, sa peinture, simple et directe, s'attache à l'essentiel. On est très proche de l'univers d'Edward Hopper, par exemple, ou de certaines affiches de Villemot (il fit d'ailleurs de nombreuses gravures et illustrations pour des affiches ou des journaux, qui le rendirent célèbre). Et Milton Glaser, cet immense graphiste et illustrateur new-yorkais, admirait beaucoup son travail et a dit s'en être inspiré.
Lié aux Nabis - avec Sérusier, Gauguin, ou Bonnard -, critique amer de la société de son temps, il se fit connaître par de mordantes gravures sur bois, publiées dans de nombreux journaux à partir de 1892, puis en albums (Intimités, 1897-1898). Ses peintures, aux fréquentes discordances chromatiques, où la stylisation (nus et paysages notamment) le dispute à un réalisme quasi photographique, sont parfois d'une présence hallucinante.

Vasarely (Victor)

09 mai 2010
Victor Vasarely, de son vrai nom Vásárhelyi Győző (9 avril 1906 - 15 mars 1997), est un plasticien français d'origine hongroise, reconnu comme étant le père de l'art optique ou Op art.
Né à Pécs en Hongrie, il suit une formation en médecine, qu'il quitte au bout de deux ans. Il s'intéresse alors à l'art abstrait et à l'enseignement du Bauhaus au Műhely de Budapest.
En 1930, Vasarely s'installe à Paris où il débute comme artiste graphiste dans des agences publicitaires comme Havas, Draeger, Devambez. C'est là qu'en 1938, il effectue son premier travail majeur, Zebra, un tableau en noir et blanc jouant avec les rayures de deux zèbres entremêlés, et considéré aujourd'hui comme le premier travail dans le genre Op art.
Vasarely se démarque, dès la fin des années 1940, par sa volonté de renouveler de l’intérieur les bases de l’art abstrait qui sont, selon lui, encore trop marquées par les rigidités du figuratif. Une conception tranchée de l’abstraction qui le pousse à faire des choix radicaux. À la recherche de la « géométrie interne de la nature », il exploite jusqu’à l’usure l’opposition du noir et du blanc et l’accentuation des lignes de fracture.
Pendant les deux décennies suivantes, il développe son propre modèle d'art abstrait géométrique, travaillant dans divers matériaux, mais employant un nombre minimal de formes et de couleurs.
En 1955, il définit dans son célèbre Manifeste jaune les fondements de l’Art cinétique. Cet art centré sur l’esthétique du mouvement est très influent dans la seconde moitié du XXe siècle.
Témoin des 30 Glorieuses, Vasarely a su donner une âme visuelle à ces années de grande prospérité économique. Visionnaire, son art préfigure l’invasion de l’informatique dans notre quotidien. Désireux de moderniser son image, Renault fait appel à Vasarely en 1972 pour créer son nouveau logo. Issu de l’univers publicitaire, Vasarely met ses talents graphiques au service de la marque au losange. Métamorphosé, le logo conserve le losange mais affiche des lignes épurées, dynamiques et comme en relief (ci-contre, au milieu).

Vasarely est mort à Paris le 15 mars 1997, à l'âge de 91 ans.

Villemot

12 avril 2010
Bernard Villemot est un affichiste français connu pour ses affiches engagées comme La Croix Rouge. Il est né le 20 septembre 1911 à Trouville-sur-Mer (Calvados) - où vécut longtemps Savignac, autre très grand affchiste français. Il et mort en 1989.
Après des études à l'Académie Julian, il s'inscrit à l'école Paul Colin dans les années 1932-1934.
Sa première affiche date de 1933, affiche pour le Commissariat général à l'Éducation dirigé par Jean Borotra. Dans les années d'après-guerre, en 1945-1946, il réalise de nombreuses affiches pour la Croix Rouge, les Journées des Forces françaises libres, ainsi que pour l'Entraide française
Tout en continuant de travailler pour les pouvoirs publics, il réalise en 1947-1948 ses premières affiches commerciales, notamment pour Air France, grâce aux Frères Baille qui viennent de créer leur agence de publicité. En 1949, il partage une exposition avec Raymond Savignac à la Galerie des Beaux-Arts.
Il collabore avec Jean Laurance, chef de publicité de Gaumont, UGC et Pathé, en réalisant des affiches de cinéma : Nous sommes tous des assassins de Cayatte, puis La Tête contre les murs de Franju en 1959. S'ensuivra une collaboration complice et longue avec Jean Davray pour la marque Orangina. Il crée une image-symbole qui deviendra le logo de la marque universellement reconnue.
1965 signe le début de sa collaboration avec les Chaussures Bally et pour Perrier. À propos des affiches Perrier, il se dit influencé par ses maîtres Paul Colin, Leonetto Cappiello et Cassandre.
Il devient professeur à l'École supérieure des arts décoratifs et président de l'Alliance graphique.
Dans les années 1970-1980, il sera, tout comme Savignac, rejeté par le milieu publicitaire. « Nous autres affichistes, nous avons été obligés de prendre le maquis. Le pays était occupé par les armées du marketing. »

Voyage(s)

09 mai 2010
Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires).
Un voyage circulaire qui ramène le voyageur à son point de départ est un « périple ».
Les personnes qui voyagent sont des « voyageurs », ou des « passagers » dans certains modes de transport.

Historiquement motivé par des raisons pratiques (commerce, exploration, migrations,...), le voyage se transforme au XIXe siècle avec l'arrivée du touriste qui se déplace pour son plaisir, même si cela ne touche au départ que les gens aisés.
Les motivations deviennent à partir de là plus complexes et plongent leurs racines dans l'Histoire et dans les mythes entretenus par la littérature (Marco Polo, Jules Verne, Robinson Crusoé,...).

Cette littérature de l'aventure se développe d'ailleurs fortement au XIX° siècle (attrait nouveau pour l'exotisme, comme dans les livres de Pierre Loti par exemple). Et il reste encore, notamment en Afrique, beaucoup de terres à explorer. Ainsi en est-il de David Livingstone qui, au cours d'un long périple à travers toute l'Afrique australe, découvre les chutes du Zambèze le 17 novembre 1855 (les baptisant Victoria en l'honneur de la Reine d'Angleterre).
Mais le chemin de fer d'abord, puis l'automobile et l'avion, transforment la façon de voyager. Ces moyens de transports modernes devenant de plus en plus rapides et confortables, le voyage se développe et se démocratise, notamment au cours du XXe siècle. Mais le tourisme de masse ne nait vraiment, en France, qu'à partir des premiers congés payés et, dans le monde en général, essentiellement après la seconde guerre mondiale.

Cependant, en même temps que le monde "se rétrécit" sous l'effet de la rapidité des transports, son identification sous différentes formes (cartographie, images, informations,...) s'accroît, laissant moins de place à la surprise du voyageur. Marc Augé parle ainsi - dans son livre de 1997 sur Le tourisme et ses images - de l’impossible voyage, « celui que nous ne ferons jamais plus, celui qui aurait pu nous faire découvrir des paysages nouveaux et d’autres hommes ». Et il est vrai que maintenant on peut « voyager » en restant devant son écran de télé ou d'ordinateur.
C'est toutefois une vision pessimiste car on dit aussi que "l'aventure est au coin de la rue" et il n'est point besoin d'aller loin pour être dépaysé. Certes, il n'est plus de terres sauvages à découvrir, et il ne reste guère aux Livingstone du futur que l'Espace ou les profondeur abyssales à explorer, mais je crois que les voyages ont encore de beaux jours devant eux, tant le monde est divers et les cultures mutiples.

Pour finir ce rapide exposé, des photos de quelques uns de mes propres voyages...


Voyelles

09 mai 2010
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silence traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

[Arthur Rimbaud]