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Valeur des choses (La)

03 mai 2012
Hier soir, 2 mai 2012, une des 4 versions connues du tableau "Le cri " d'Edvard Munch (la seule à ne pas être dans un musée) a été vendue chez Sotheby's pour 120 millions de dollars, ce qui est la somme la plus élevée jamais dépensée pour un œuvre d'art dans une vente aux enchères.
Début 2010, la sculpture "L'homme qui marche I" de Giacometti avait déjà fait "le buzz" en devenant, selon les titres des journaux, l'œuvre d'art la plus chère de tous les temps, détronant ainsi Picasso. Vendu pour 74,2 millions d'euros (environ 105 millions de dollars) chez Sotheby's, en 8 minutes seulement, elle détronait ainsi un tableau de Pablo Picasso, "Garçon à la pipe" vendue pour 74,9 millions d'euros en 2004 (environ 104 millions de dollars), déjà chez Sotheby's.
Mais à peine trois mois après, début mai 2010, le célèbre maître espagnol s'était rebifé (dans sa tombe) : son "Nu au plateau de sculpteur", datant de 1932, étant adjugé à 106,5 millions de dollars (environ 75 millions d'euros) dans une vente chez Christie's à New-York.

En réalité, il ne s'agit là que de records "dans une vente aux enchères". D'autres œuvres se sont déjà vendues plus cher dans des transactions privées directement entre acheteur et vendeur. Ainsi la toile "N°5" de Jackson Pollocke se serait échangée 140 millions de dollars en 2006. "Woman III" de Willem Kooning pour 137 M$ et "Adèle Bloch Bauer I" de Klimt pour 135 M$, également en 2006.
Mais le record toute catégorie est détenu par une des 5 versions des "Joueurs de carte" de Paul Cézanne (les autres sont toutes dans des musées) qui a été vendue fin 2011 par les héritiers de George Embiricos, un magnat grec des transports maritimes, à la famille royale du Qatar (« pays le plus riche au monde », d'après le FMI) pour la somme incroyable de 250 millions de $ !

Mais les choses se compliquent encore si on prend en compte l'inflation. On voit alors se repositionner en 5 ème et 6 ème place du classement deux œuvres de Van Gogh ("Portrait du docteur Gachet") et Renoir ("Bal au moulin de la Galette"), vendues respectivement 82 M$ et 78 M$ en 1990, ce qui, en dollars d'aujourd'hui les mettrait à 144 M$ et 137 M$... juste devant "Le garçon à la pipe" et "Le cri", Giacometti n'étant plus alors qu'à la 10ème place.

Bref, tout cela est bien compliqué, je vous ai donc fait un joli tableau qui récapitule tout ça, suivi de photos des œuvres en question. (*les valeurs sont en millions de dollars américains, actualisées à 2012)

    Artiste  Nom de l'œuvre
Prix
d'achat
Année
d'achat
Type de
transaction
Valeur
actualisée*
  1 Paul Cézanne  Les joueurs de carte, 1895
250 M$
2011
privée
255 M$
  2 Jackson Pollock  N° 5, 1948
140 M$
2006
privée
159 M$
  3 Willem de Kooning  Woman III, 1952-53
137 M$
2006
privée
156 M$
  4 Gustav Klimt  Adèle Bloch Bauer I, 1907
135 M$
2006
privée
153 M$
  5 Vincent Van Gogh  Portrait du docteur Gachet, 1890
82 M$
1990
enchères
144 M$
  6 Auguste Renoir  Bal au moulin de la Galette, 1876
78 M$
1990
enchères
137 M$
  7 Pablo Picasso  Garçon à la pipe, 1905
104 M$
2004
enchères
126 M$
  8 Edvard Munch  Le cri, 1895
120 M$
2012
enchères
120 M$
  9 Pablo Picasso  Nu au plateau de sculpteur, 1937
106 M$
2010
enchères
111 M$
  10 Alberto Giacometti  L'homme qui marche I, 1961
105 M$
2010
enchères
110 M$
  11 Vincent Van Gogh  Iris, 1898
54 M$
1987
enchères
109 M$
  12 Pablo Picasso  Dora Maar au chat, 1941
95 M$
2006
enchères
108 M$
  13 Andy Warhol  Huit Elvis, 1963
100 M$
2009
enchères
107 M$
  14 Gustav Klimt  Adèle Bloch Bauer II, 1912
88 M$
2006
enchères
100 M$
  15 Vincent Van Gogh  Portrait de l'artiste sans barbe, 1898
71 M$
1998
enchères
100 M$
  16 Pierre Paul Rubens  Le massacre des innocents, 1609-11
76 M$
2002
enchères
97 M$
  17 Pablo Picasso  Les noces de Pierrette, 1905
52 M$
1989
enchères
96 M$
  18 Francis Bacon  Tryptique, 1976
86 M$
2008
enchères
92 M$
  19 Jasper Johns  False start, 1959
80 M$
2006
privée
91 M$
  20 Vincent Van Gogh  Champ de blé avec cyprès, 1989
57 M$
1993
privée
90 M$
  21 Pablo Picasso  Yo, Picasso, 1901
48 M$
1989
enchères
89 M$
  22 Andy Warhol  Turquoise Marilyn , 1964
80 M$
2007
privée
89 M$
  23 Monet  Le bassin aux nymphéas, 1919
80 M$
2008
enchères
87 M$
  24 Le Titien  Portrait du marquis del Vasto, 1533
70 M$
2004
(1)
85 M$
  25 Paul Cézanne  Rideau, cruche et compotier, 1893-94
60 M$
1999
enchères
83 M$
  26 Mark Rothko  White center, 1950
73 M$
2007
enchères
82 M$
  27 Andy Warhol  Accident de voiture verte, 1963
72 M$
2007
enchères
81 M$

(1) acquis par le Getty center de Los Angeles


Bien entendu, cela ne signifie pas que le tableau "Les joueurs de carte" de Cézanne est réellement le tableau le plus précieux au monde, il est juste celui qui s'est vendu le plus cher parmis les œuvres qui, jusque là, se sont présentées sur le marché.
Car il existe bien d'autres œuvres, dans les musées, qui, si elles venaient à être vendues un jour - ce qui, pour les plus connues, a peu de chance d'arriver - dépasseraient sans doute très largement les prix énoncés plus haut. Leur valeur est d'ailleurs souvent considérée comme inestimable... Par exemple vous avez pu noter la présence de plusieurs tableaux de Picasso ou Van Gogh dans le classement précédent. Mais ce ne sont pas les plus célèbres de leurs auteurs. Ainsi, si "Les demoiselles d'Avignon" de Picasso ou "La chambre à Arles" de Van Gogh étaient vendues, ces tableaux atteindraient sans aucun doute des prix jamais vus.
Pourtant, pour les assurer, il a parfois fallu leur donner une valeur. Ainsi, en 1960, le Louvre avait fait estimer "La joconde". Les assureurs étaient arrivés au prix de 100 millions de dollars de l'époque. Cela ferait 775 millions de dollars actuels ! Sans compter que le prix des œuvres d'art s'est envolé depuis cette époque. Alors, combien vaut vraiment "La joconde" ? 1 milliard ? 2 ? 10 ? Qui sait... On ne le saura sans doute jamais. Et finalement, c'est peut-être tant mieux, non ?

Vallotton (Félix)

15 octobre 2010
Félix Vallotton, né à Lausanne le 28 décembre 1865 et mort à Paris le 29 décembre 1925, est un peintre et graveur sur bois suisse, naturalisé français en 1900.
Ce qui frappe en premier chez Valloton c'est l'absolue modernité de ses peintures. Par modernité j'entends qu'elles ne sont absolument pas datées. Par le dépouillement du traité, la simplification des formes, les grands aplats de couleur, sa peinture, simple et directe, s'attache à l'essentiel. On est très proche de l'univers d'Edward Hopper, par exemple, ou de certaines affiches de Villemot (il fit d'ailleurs de nombreuses gravures et illustrations pour des affiches ou des journaux, qui le rendirent célèbre). Et Milton Glaser, cet immense graphiste et illustrateur new-yorkais, admirait beaucoup son travail et a dit s'en être inspiré.
Lié aux Nabis - avec Sérusier, Gauguin, ou Bonnard -, critique amer de la société de son temps, il se fit connaître par de mordantes gravures sur bois, publiées dans de nombreux journaux à partir de 1892, puis en albums (Intimités, 1897-1898). Ses peintures, aux fréquentes discordances chromatiques, où la stylisation (nus et paysages notamment) le dispute à un réalisme quasi photographique, sont parfois d'une présence hallucinante.

Vasarely (Victor)

09 mai 2010
Victor Vasarely, de son vrai nom Vásárhelyi Győző (9 avril 1906 - 15 mars 1997), est un plasticien français d'origine hongroise, reconnu comme étant le père de l'art optique ou Op art.
Né à Pécs en Hongrie, il suit une formation en médecine, qu'il quitte au bout de deux ans. Il s'intéresse alors à l'art abstrait et à l'enseignement du Bauhaus au Műhely de Budapest.
En 1930, Vasarely s'installe à Paris où il débute comme artiste graphiste dans des agences publicitaires comme Havas, Draeger, Devambez. C'est là qu'en 1938, il effectue son premier travail majeur, Zebra, un tableau en noir et blanc jouant avec les rayures de deux zèbres entremêlés, et considéré aujourd'hui comme le premier travail dans le genre Op art.
Vasarely se démarque, dès la fin des années 1940, par sa volonté de renouveler de l’intérieur les bases de l’art abstrait qui sont, selon lui, encore trop marquées par les rigidités du figuratif. Une conception tranchée de l’abstraction qui le pousse à faire des choix radicaux. À la recherche de la « géométrie interne de la nature », il exploite jusqu’à l’usure l’opposition du noir et du blanc et l’accentuation des lignes de fracture.
Pendant les deux décennies suivantes, il développe son propre modèle d'art abstrait géométrique, travaillant dans divers matériaux, mais employant un nombre minimal de formes et de couleurs.
En 1955, il définit dans son célèbre Manifeste jaune les fondements de l’Art cinétique. Cet art centré sur l’esthétique du mouvement est très influent dans la seconde moitié du XXe siècle.
Témoin des 30 Glorieuses, Vasarely a su donner une âme visuelle à ces années de grande prospérité économique. Visionnaire, son art préfigure l’invasion de l’informatique dans notre quotidien. Désireux de moderniser son image, Renault fait appel à Vasarely en 1972 pour créer son nouveau logo. Issu de l’univers publicitaire, Vasarely met ses talents graphiques au service de la marque au losange. Métamorphosé, le logo conserve le losange mais affiche des lignes épurées, dynamiques et comme en relief (ci-contre, au milieu).

Vasarely est mort à Paris le 15 mars 1997, à l'âge de 91 ans.

Villemot

12 avril 2010
Bernard Villemot est un affichiste français connu pour ses affiches engagées comme La Croix Rouge. Il est né le 20 septembre 1911 à Trouville-sur-Mer (Calvados) - où vécut longtemps Savignac, autre très grand affchiste français. Il et mort en 1989.
Après des études à l'Académie Julian, il s'inscrit à l'école Paul Colin dans les années 1932-1934.
Sa première affiche date de 1933, affiche pour le Commissariat général à l'Éducation dirigé par Jean Borotra. Dans les années d'après-guerre, en 1945-1946, il réalise de nombreuses affiches pour la Croix Rouge, les Journées des Forces françaises libres, ainsi que pour l'Entraide française
Tout en continuant de travailler pour les pouvoirs publics, il réalise en 1947-1948 ses premières affiches commerciales, notamment pour Air France, grâce aux Frères Baille qui viennent de créer leur agence de publicité. En 1949, il partage une exposition avec Raymond Savignac à la Galerie des Beaux-Arts.
Il collabore avec Jean Laurance, chef de publicité de Gaumont, UGC et Pathé, en réalisant des affiches de cinéma : Nous sommes tous des assassins de Cayatte, puis La Tête contre les murs de Franju en 1959. S'ensuivra une collaboration complice et longue avec Jean Davray pour la marque Orangina. Il crée une image-symbole qui deviendra le logo de la marque universellement reconnue.
1965 signe le début de sa collaboration avec les Chaussures Bally et pour Perrier. À propos des affiches Perrier, il se dit influencé par ses maîtres Paul Colin, Leonetto Cappiello et Cassandre.
Il devient professeur à l'École supérieure des arts décoratifs et président de l'Alliance graphique.
Dans les années 1970-1980, il sera, tout comme Savignac, rejeté par le milieu publicitaire. « Nous autres affichistes, nous avons été obligés de prendre le maquis. Le pays était occupé par les armées du marketing. »

Voyage(s)

09 mai 2010
Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires).
Un voyage circulaire qui ramène le voyageur à son point de départ est un « périple ».
Les personnes qui voyagent sont des « voyageurs », ou des « passagers » dans certains modes de transport.

Historiquement motivé par des raisons pratiques (commerce, exploration, migrations,...), le voyage se transforme au XIXe siècle avec l'arrivée du touriste qui se déplace pour son plaisir, même si cela ne touche au départ que les gens aisés.
Les motivations deviennent à partir de là plus complexes et plongent leurs racines dans l'Histoire et dans les mythes entretenus par la littérature (Marco Polo, Jules Verne, Robinson Crusoé,...).

Cette littérature de l'aventure se développe d'ailleurs fortement au XIX° siècle (attrait nouveau pour l'exotisme, comme dans les livres de Pierre Loti par exemple). Et il reste encore, notamment en Afrique, beaucoup de terres à explorer. Ainsi en est-il de David Livingstone qui, au cours d'un long périple à travers toute l'Afrique australe, découvre les chutes du Zambèze le 17 novembre 1855 (les baptisant Victoria en l'honneur de la Reine d'Angleterre).
Mais le chemin de fer d'abord, puis l'automobile et l'avion, transforment la façon de voyager. Ces moyens de transports modernes devenant de plus en plus rapides et confortables, le voyage se développe et se démocratise, notamment au cours du XXe siècle. Mais le tourisme de masse ne nait vraiment, en France, qu'à partir des premiers congés payés et, dans le monde en général, essentiellement après la seconde guerre mondiale.

Cependant, en même temps que le monde "se rétrécit" sous l'effet de la rapidité des transports, son identification sous différentes formes (cartographie, images, informations,...) s'accroît, laissant moins de place à la surprise du voyageur. Marc Augé parle ainsi - dans son livre de 1997 sur Le tourisme et ses images - de l’impossible voyage, « celui que nous ne ferons jamais plus, celui qui aurait pu nous faire découvrir des paysages nouveaux et d’autres hommes ». Et il est vrai que maintenant on peut « voyager » en restant devant son écran de télé ou d'ordinateur.
C'est toutefois une vision pessimiste car on dit aussi que "l'aventure est au coin de la rue" et il n'est point besoin d'aller loin pour être dépaysé. Certes, il n'est plus de terres sauvages à découvrir, et il ne reste guère aux Livingstone du futur que l'Espace ou les profondeur abyssales à explorer, mais je crois que les voyages ont encore de beaux jours devant eux, tant le monde est divers et les cultures mutiples.

Pour finir ce rapide exposé, des photos de quelques uns de mes propres voyages...


Voyelles

09 mai 2010
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silence traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

[Arthur Rimbaud]