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Zask (Catherine)
18 novembre 2010
Catherine Zask est né à Paris en 1961. Elle est membre de l’Alliance Graphique Internationale.
Aprés l’obtention de son diplôme en 1984 à l’ESAG elle travaille surtout avec des institutions culturelles pour lesquelles elle réalise les identités visuelles et l’ensemble de la communication, parmis elle : l’Université de Franche-Comté de 1985 à 2002 (ce travail à été exposé au Centre Pompidou en 1991) ; la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) depuis 1993 ; l’Hippodrome, scène nationale de Douai de 1997 à 2006 ; le Ministère de la Culture, direction de l’architecture, depuis 1998 ; l’Université Paris Diderot en 2006 ; Hermès International de 2007 à 2008...
Elle participe également à de nombeuses conférence et jurys en France et à l’étranger.
Ses affiches les plus connues sont celles réalisées pour l'Hippodrome de Douai (MacBeth ou Les trois sœurs), avec de grands aplats de couleurs et un très intéressant travail typographique, rappelant en cela le travail de Philippe Apeloig.

Zeppelin
05 juillet 2010
Un zeppelin désigne un aérostat de type dirigeable rigide, de fabrication allemande, mais est souvent utilisé dans la langue populaire pour désigner n’importe quel ballon dirigeable.
C'est le comte allemand Ferdinand von Zeppelin qui en initie la construction au début du XXe siècle. La conception très aboutie des zeppelins en fait des références pour tous les dirigeables rigides, de sorte que « zeppelin » devient un nom commun, encore que cela ne s’applique en français qu’aux dirigeables rigides allemands. On peut noter par exemple que le dirigeable rigide français Spiess (construit par Zodiac en 1912) - et, bien que ressemblant de près à un zeppelin - n’a jamais été nommé de la sorte.
Les dirigeables rigides diffèrent des dirigeables de type souple en ce qu'ils utilisent une enveloppe externe aérodynamique montée sur une structure rigide avec plusieurs ballons séparés appelés « cellules ». Chaque cellule contient un gaz plus léger que l'air (le plus souvent de l'hydrogène). Un compartiment relativement petit pour les passagers et l'équipage était ajouté dans le fond du cadre. Plusieurs moteurs à combustion interne fournissent l'énergie motrice.

Quand le comte décède en 1917, Hugo Eckener lui succède à la tête de l'entreprise. Il est à la fois un maître de la publicité et un capitaine d'aéronef très expérimenté. C'est sous sa houlette que les zeppelins atteignent leur apogée. L'entreprise est prospère jusqu'aux années 1930 et réalise des transports de l'Allemagne vers les États-Unis d'Amérique et l'Amérique du Sud. L'aéronef qui rencontre le plus de succès dans cette période est le LZ 127 « Graf Zeppelin » qui vole sur plus d'un million et demi de kilomètres, incluant la première et seule circumnavigation du globe avec un dirigeable.
C'est en août 1929, que le LZ 127 prend le départ pour cet exploit. La popularité croissante de ce « géant des airs » facilite la découverte de commanditaires « sponsors ». L'un d'eux est le magnat de la presse américaine William Randolph Hearst (celui qui a inspiré Orson Welles pour Citizen Kane), qui demande que le tour débute officiellement à Lakehurst. De là, le Graf Zeppelin vole vers Friedrichshafen d'abord, continuant vers Tokyo, Los Angeles et retour à Lakehurst. Le voyage dure 21 jours, 5 heures et 31 minutes. En incluant le déplacement avant et après entre Lakehurst et le point d'origine, le dirigeable a voyagé sur 49 618 km.
Un film passionnant, "Autour du monde à bord du Zeppelin - Le journal de Lady Hay", fait le récit de ce périple à partir d'archives et de notes de Grace Drummond-Hay, une journaliste britanique, seule femme qui fut de l'aventure, devenant ainsi la première femme à réaliser un tour du monde par les airs. Ce film a été diffusé sur Arte le 5 décembre 2009.

Pendant les vingt années environ d'existence des Zeppelins au sein de la compagnie aérienne, l'exploitation de ce type d'aérostat est assez profitable et les voyages sont menés en toute sécurité, jusqu'au tristement célèbre incendie du Hindenburg.
Le Zeppelin LZ 129 "Hindenburg" était le plus grand aéronef jamais construit. La coque avait une longueur de 246,7 m pour une hauteur totale sur roues de 44,7 m (on approchait des dimensions du Titanic !). Son vol inaugural a été effectué en 1936. Après 14 mois de service actif dédié au transport commercial de passagers, il a été détruit par un incendie le 6 mai 1937 lors de son atterrissage à Lakehurst, l'hydrogène s'étant soudainement enflamé, peut-être à cause d'une décharge électrique.
Les Allemands avaient pourtant conçu leur projet avec de l'hélium, mais les États-unis appliquaient un embargo sur l'exportation de ce gaz rare. Cet embargo persistant, ils furent obligés de modifier leur projet et d'utiliser de l'hydrogène. L'hydrogène était évidemment dangereux mais il n'existait pas d'autre gaz pouvant être produit en quantité et assurant la sustentation nécessaire ; par ailleurs les Allemands avaient fait voler des dirigeables à l'hydrogène sans aucun accident pendant des années et ils pensaient maîtriser son utilisation. De plus, à volume égal, l'utilisation d'hydrogène permettait d'emporter plus de passagers.
35 des 97 personnes présentes à bord périrent, plus une personne au sol.
La fin définitive des zeppelins vint avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En mars 1940, Göring ordonna la destruction des vaisseaux restants, les morceaux d'aluminium étant recyclés dans l'industrie militaire.

Zola (et l'Affaire Dreyfus)
05 juillet 2010
« Puisqu'ils ont osé [acquitter Esterhazy], j'oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j'ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne le faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis.
Et c'est à vous, monsieur le Président, que je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte d'honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l'ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n'est à vous, le premier magistrat de France ?
 »
Extrait de « J'accuse...! », lettre ouverte d'Émile Zola à Félix Faure, publiée le jeudi 13 janvier 1898, dans l'Aurore (le titre a été trouvé par Clémenceau, alors directeur de l'Aurore).

Ainsi commence l'engagement d'Émile Zola en faveur d'Alfred Dreyfus, Capitaine au deuxième bureau chargé du renseignement (c'est-à-dire de l'espionnage), et injustement accusé de trahison.


Rapide résumé de l'Affaire
En 1894, le service de contre-espionnage dépendant du Ministère de la Guerre, découvre un bordereau contenant des informations sur des secrets militaires français. Celui-ci aurait été transmis à l'ambassade d'Allemagne. Alfred Dreyfus apparaît très rapidement comme le suspect idéal : il travaille à l'état-major et a des origines alsaciennes et juives. En outre, on trouve des similitudes entre son écriture et celle du bordereau. Il n'en faut pas plus : Dreyfus est condamné le 22 décembre 1894. Le 5 janvier 1895 il est dégradé en public, sous les cris de « mort aux juifs ! » et « Judas ». Et le 21 février 1895 il est déporté à l'île du Diable.
Le 21 janvier 1896, le lieutenant colonel Picquart, devenu chef du service de renseignements (SR) en juillet 1895, intercepte un document qui ne laisse aucun doute sur les accointances de son auteur, le commandant Esterhazy, avec l'ambassade d'Allemagne, et dont l'écriture est identique à celle du bordereau qui a entraîné la condamnation de Dreyfus.
Dans le même temps, le frère de Dreyfus fait campagne pour son innocence.
La presse commence à faire campagne et se déchaîne vraiment fin 1897 à propos de la révision du procès. En janvier 1898, procès d'Estherazy, à sa propre demande. Il est acquité. Zola écrit son « J'accuse...! ». 200 000 exemplaires de l'Aurore sont vendus.
Accusé de difamation par l'armée, Zola est condamné le 23 février à un an de prison, et doit quitter la France. Le lieutenant-colonel Picquart, sous l'accusation de violation du secret professionnel, est également arrêté. Estherazy, lui, part sagement se faire oublier en Angleterre, où il finira tranquillement sa vie.
L'Affaire est maintenant partout. En février 1898, la Ligue des Droits de l'Homme est créée, et Clémenceau en prend la tête.
Le 30 août 1898, il est prouvé qu'un document ayant servi à faire accuser Dreyfus était un faux créé de toute pièce par le Colonel Henry. Découvert, il se suicide le lendemain.
Le 29 octobre 1898, la demande de révision du procès est déclarée recevable.
Le 3 juin 1899, la cours de Cassation casse le jugement de 1894. Dreyfus est ramené. Zola peut également rentrer de son exil à Londres.
Le 12 juin, Waldeck-Rousseau est chargé par Émile Loubet de constituer un ministère. Le 7 août, commence le nouveau procès. Dreyfus est de nouveau déclaré coupable le 9 septembre. Zola, toujours dans l'Aurore : « Je suis dans l'épouvante, [...] la terreur sacrée de l'homme qui voit l'impossible se réaliser, les fleuves remonter vers leurs sources, la terre culbuter sous le soleil. Et ce que je crie, c'est la détresse de notre généreuse et noble France, c'est l'effroi de l'abîme où elle roule. ».
Finalement, Waldeck-Rousseau obtient la grâce de Loubet.
En 1903, Dreyfus introduit un pourvoi en révision. Le 12 juillet 1906, la cour le réhabilite. Picquart est également réintégré.
Le 21 juillet, Dreyfus reçoit la Légion d'honneur.


Les conséquences pour Zola
Les conséquences de l'engagement de Zola ont été à la fois positives et négatives pour l'écrivain.
Il apparaît évident que son « J'accuse...! » a totalement relancé l'Affaire, et lui a donné une dimension sociale et politique qu'elle n'avait pas jusqu'alors. Zola sort donc de ses démêlés judiciaires avec une stature du justicier pour toute une frange de la population, de défenseur des valeurs de tolérance, de justice et de vérité.
Mais cet engagement coûte très cher au romancier. Sur le plan financier, tout d'abord, la justice fait saisir ses biens et les revend aux enchères. Alors que le dreyfusisme s'exposait sous un jour immatériel pour les nationalistes anti-dreyfusards, ceux-ci trouvent en Zola leur tête de turc.
Il concentre d ès lors toutes les attaques et incarne à lui seul le traître à la patrie et à l'armée. C'est ainsi que dès 1898, l'écrivain est l'objet d'un torrent d'articles satiriques, de caricatures, de chansons et de livrets le traînant dans la boue, l'insultant, le diffamant. Dans certains journaux, il est même l'objet d'attaques quotidiennes.
Pourtant, jamais Zola n'a regretté son engagement, quel qu'en ait été le prix. Il a écrit dans ses notes : « Ma lettre ouverte est sortie comme un cri. Tout a été calculé par moi, je m'étais fait donner le texte de la loi, je savais ce que je risquais ».

Mort suspecte
Le 29 septembre 1902, de retour de Médan où il avait passé l'été, Émile Zola et son épouse Alexandrine sont intoxiqués dans la nuit, par la combustion lente résiduelle d'un feu couvert, produite par la cheminée de leur chambre. Lorsque les médecins arrivent sur place, il n'y a plus rien à faire. Émile Zola décède officiellement à 10h du matin. En revanche, son épouse survit.
Cette mort serait accidentelle, mais étant donné le nombre d’ennemis qu’avait pu se faire Zola (notamment chez les anti-dreyfusards), la thèse de l’assassinat ou de la « malveillance ayant mal tourné » n’a jamais été totalement écartée. Après sa mort, une enquête de police est réalisée mais n’aboutit à aucune conclusion probante.
Le retentissement de la mort d'Émile Zola est immense. La presse se fait l'écho de l'émotion qui gagne la population entière. La presse nationaliste et antisémite exulte. L'émotion gagne l'étranger où de nombreuses cérémonies ont lieu en mémoire de l'écrivain français, et les presses germaniques, britanniques, américaines s'en font largement l'écho. L'hommage est international.
Lors des obsèques, Anatole France, qui avait insisté pour évoquer toutes les facettes de l'écrivain, y compris ses combats pour la justice, déclare : « Il fut un moment de la conscience humaine ».
Les cendres de Zola sont transférées au Panthéon de Paris le 4 juin 1908. À la fin de la cérémonie au Panthéon, un journaliste anti-dreyfusard, Louis Grégori, ouvre le feu avec un révolver sur Alfred Dreyfus, qui n'est que légèrement blessé au bras.