Arshile Gorky

Arshile Gorky (1904-1948) – de son vrai nom Vosdanig Adoian – est un peintre né en Arménie et émigré aux Etats-Unis dans les années 20. Il donnait des cours à New York, en prétendant avoir suivi une formation artistique en Russie. Alors que Gorki enseignait dans les universités américaines, il se formait lui-même, autodidacte accompli, en recopiant les grands-maîtres. Il souhaitait penser comme Cézanne, être lui, et c’est une vrai réussite : il est difficile de croire que certains de ses tableaux (Peaches and pitcher, Self-portrait, Staten Island) ne sont pas du grand maître français.

Les premiers travaux de Gorki sont d’ailleurs comme une succession de dialogues avec des artistes, vivants et morts, dont il a cherché à maîtriser les peintures et les techniques pour, finalement, les transcender. Dans son panthéon, la figure dominante parmi les artistes modernes était donc Paul Cézanne, dont les peintures ont exercé une forte influence sur lui pendant les années 20. Dans une interview de 1926, Gorki a exprimé son respect pour Cézanne qui avait complètement reformulé l’art de la peinture : « Cézanne est le plus grand artiste qui a vécu ».

Entre 1927 et 1934, marqué par les œuvres de Picasso et de Léger, Gorky a adopté les procédés cubistes. C’est toutefois son adhésion au surréalisme, au milieu des années 30, qui est la plus déterminante pour son oeuvre. Il est alors marqué par Joan Miró et, surtout, par Roberto Matta.

Mais la vie de Gorky a implacablement évolué vers le drame, marquée par une succession d’évènements tragiques. Né à Khorkom, dans la province arménienne de Van, sur la frontière orientale de la Turquie ottomane, il a, adolescent, assisté au nettoyage ethnique systématique de son peuple par les troupes turques, ce qui l’a conduit en 1915, lui, sa famille, et plus d’un quart de million de réfugiés, à fuir vers la frontière russe, à plus de huit jours de marche de chez eux. Ces événements traumatisants culminent lors de la mort de sa mère de la famine en Mars 1919, au cours d’un long hiver de privation pour les réfugiés arméniens.
En 1920, Gorki et sa jeune sœur Vartoosh peuvent enfin rejoindre, près de Boston, leur père, frères et sœurs, qui avaient quitté l’Arménie turque avant le pire du génocide. Il commence dès lors son apprentissage artistique.
En 1925, il s’installe à New York. Durant les années qui suivent, le jeune paysan arménien, au passé nourri de poésie, de mythologie et de folklore vit dans le dénuement, cherchant péniblement à s’adapter à son nouveau milieu de citadins aux naissantes aspirations culturelles. Gorky parvient enfin au cours des années 30 à s’intégrer au groupe encore très restreint des artistes new-yorkais d’avant-garde et à acquérir une notoriété d’ailleurs assez relative dans les galeries et les musées, ainsi qu’auprès des critiques et des mécènes. L’art de Gorky connaît une évolution lente et difficile. Doué d’un talent poétique inné instinctivement porté vers la recherche d’équivalences plastiques, l’artiste s’astreint à une discipline sévère qui consiste à imiter consciencieusement les grands maîtres modernes et à s’interdire toute expression originale, toute manifestation de sa propre personnalité.
Dans les années 40-60 Gorky commence à devenir un des grands noms de la peinture américaine. Mais alors même qu’il obtient cette consécration et que le succès vient enfin couronner ses efforts surviennent le drame, la destruction de son oeuvre et de sa vie. En 1946, vingt-sept de ses toiles sont ravagées lors d’un incendie. Gorky n’a pas le temps de se remettre de ce coup du sort que, atteint du cancer, il doit subir une grave intervention chirurgicale. Des dissensions conjugales de plus en plus profondes ébranlent, puis détruisent son foyer ; et un accident d’auto qui brise ses vertèbres cervicales et paralyse son bras droit vient mettre un comble à ses souffrances.
En juillet 1948, il se suicide. Il avait 44  ans.

1 personne a aimé cet article
Ce contenu a été publié dans Amérique, Peinture. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*