Quelques peintres Latino-américains du XXe siècle (1/2)

Pour approfondir un peu plus le sujet sur la peinture latino-américaine du XXe siècle (et du début du XXIe), voici, par pays, quelques uns des peintres les plus importants avec une sélection de leurs œuvres.

Argentine

Antonio Berni (1905–1981)

Né à Rosario d’un père immigré italien, et après des études de dessin et une première période néo-impressionniste, Berni s’installe à Paris (1925-1931) où il suit les cours de Lhote et de Friesz avant de se lier avec Louis Aragon et, par son intermédiaire, avec les surréalistes. Influencé par ses amis dans la vie politique, par Giorgio de Chirico (Autorretrato, 1934) et René Magritte dans les arts, il adopte le surréalisme et le communisme. Ses travaux seront fortement marqués par ces deux influences.
De retour en Argentine, il s’attaque à de grands tableaux de format horizontal dont le contenu social et politique engagé est servi par un dessin ferme, un coloris intense et un fini parfait (Manifestación, 1934) : ce « nouveau réalisme » (du nom du groupe fondé par Berni en 1932) sera salué par Louis Aragon. En 1958, le renouvellement viendra de l’invention de deux figures récurentes, Juanito Laguna, l’enfant des bidonvilles, et Ramona Montiel, la prostituée au grand cœur, que Berni met de nombreuses fois en scène dans de gigantesques collages et assemblages faits des rebuts de la société qu’il critique (Juanito va a la fàbrica, 1978).

Raquel Forner (1902–1988)

Raquel Forner est une peintre, sculpteur et professeur d’art argentine. Elle appartenait au mouvement « Grupo Florida » et a gagné de nombreux prix dont la médaille d’or à l’Exposition internationale de Paris en 1937.
Née à Buenos Aires, sa vocation artistique lui vint à 12 ans lors d’un voyage en Espagne avec ses parents. Dès son retour et la fin de ses études primaires, elle étudie à l’Académie Nationale des Beaux-Arts de Buenos Aires. Après avoir reçu le troisième prix dans la XIVe Exposition nationale des Beaux-Arts de Buenos Aires avec Mis vecinos (1924), elle expose ses œuvres dans les principales galeries d’Argentine (1928).
De 1929 à 1931 elle assiste, à l’Académie Colarossi de Paris, à la classe d’Othon Friesz, qui aura une influence majeure dans sa vie artistique.
En 1932, avec les peintres Alfredo Guttero, Pedro Dominguez Neira et sculpteur Alfredo Bigatti (qu’elle épousera) elle fonde le Cours Libre d’Art Plastique et, en 1934, remporte le deuxième prix dans la XXIVe Exposition nationale des Beaux-Arts. Trois ans plus tard elle gagne la médaille d’or à l’Exposition internationale de Paris.
Impressionnée par la guerre civile espagnole, elle commence une série de toiles sur « El drama », confinant au surréalisme. Depuis, son œuvre exprime les maux qui frappent le monde, par l’entremise d’êtres mutants et de toiles expressionnistes.
Les tableaux de Raquel Forner sont exposés dans des galeries et des musées en Argentine, Colombie, Brésil, Mexique, Etats-Unis, Canada, Suisse, Portugal, Allemagne, à Paris, etc.

Emilio Pettoruti (1892–1971)

Bien que Pettoruti ait été influencé par le cubisme, le futurisme, le constructivisme et l’abstraction, il n’e s’est jamais cantonné à un style en particulier.
Né à La Plata , en 1892, dans une famille de classe moyenne prospère, il a 21 ans quand, il reçoit une bourse d’étude pour un voyage en Italie où il découvre les peintres de la renaissance mais aussi les futuristes. A Paris, il fait la connaissance de Juan Gris.
En 1924, de retour en Argentine, il provoque un scandale avec son exposition d’avant-garde cubiste à Buenos Aires, contribuant à changer la définition de la modernité dans le pays. Dans les années 30, sa popularité grandit chez lui et à l’étranger. Sa renommée se répand même en Amérique du Nord (en 1942, Pettoruti visite San Francisco). En 1952 il retourne en Europe et s’installe à Paris, où il meurt en 1971.

Lino Enea Spilimbergo (1896-1964)

Lino Enea Spilimbergo, peintre et graveur argentin, est considéré comme l’un des artistes les plus importants du pays.
Né à Buenos Aires, fils d’immigrés italiens, en 1912 il commence à travailler au bureau de poste pour subvenir à ses besoins. Dès lors, et jusqu’en 1924, il garde ce travail en parallèle avec sa peinture. En 1917, il est diplômé de l’Academia Nacional de Bellas Artes et, en Septembre de cette année, son père meurt.
En 1924, il a sa première exposition individuelle. Grâce à un prix gagné dans une exposition d’art, il voyage en Europe en 1925 et visite Florence, Venise, Palerme et d’autres villes italiennes, à la recherche des sources de l’art classique, en accordant une attention particulière aux fresques. Il emménage ensuite à Paris où il étudie dans l’atelier d’André Lhote et tombe sous l’influence du post-cubisme et du travail de Paul Cézanne.
Retour en Argentine en 1928 et, en 1933, en collaboration avec l’artiste mexicain David Alfaro Siqueiros et l’Argentin Antonio Berni il réalise une peinture murale intitulée Ejercicio Plástico. Pour expliquer leurs principes et leurs idées, le groupe produit un document sous le même titre. L’implication dans ce travail est un événement décisif dans la vie Spilimbergo et marque le début de sa carrière en tant que muraliste.
En 1945, avec Berni notamment, il est l’un des contributeurs aux fresques qui décorent la grande coupole centrale des Galerías Pacífico rue Florida à Buenos Aires.
Pendant ses années en tant que peintre, Spilimbergo a élaboré une synthèse très personnelle de styles variés, classiques et modernes. Du post-impressionnisme de sa première période, dominée par les paysages et les scènes locales, il est ensuite passé à l’étude de la figure humaine, ses sujets incluant les marginaux et les déshérités, les habitants des bidonvilles de Buenos Aires aussi bien que les travailleurs ruraux des provinces du nord.

Alejandro Xul Solar (1887-1963)

Alejandro Xul Solar est né à Buenos Aires le 14 décembre 1887, d’un père d’origine lettone et d’une mère italienne.
Dès sa jeunesse il s’intéresse à la littérature, la musique et la peinture. Il étudie le violon et le piano et, à 22 ans, commence à écrire de la poésie. Il entame des études d’architecture à l’Université de Buenos Aires et économise son argent pour un futur voyage en Europe qu’il estime ne pas devoir durer plus d’un mois. Il part le 5 avril 1912 à destination de Londres.
Son séjour en Europe va finalement durer… 12 ans !
C’est à Paris, en 1916, qu’il adopte son nom artistique Xul Solar. C’est un personnage excentrique, très versé dans la religion, l’astrologie, les sciences occultes, les langues et les mythologies. Sa peinture peut être qualifiée de fantastique, plutôt que de surréaliste (comme elle est parfois définie). On y retrouve aussi son goût de l’architecture.

Bolivie

María Luisa Pacheco (1897–1976)

María Luisa Pacheco, née en 1919 à La Paz et morte en 1982 à New York, est considérée comme la plus importante peintre bolivienne contemporaine.
Après avoir étudié à l’Academia de Bellas Artes de La Paz, elle a travaillé dans les années 40 au journal La Razón comme illustrateur et éditeur de leur section littéraire. Une bourse du gouvernement espagnol lui permet de poursuivre ses études en 1951 et 1952 à la Real Academia de Bellas Artes San Fernando de Madrid .
En 1956, María Luisa Pacheco est récipiendaire de trois bourses de recherche consécutive de la Fondation Guggenheim à New York, qui acquiert également plusieurs de ses œuvres. C’est à cette occasion qu’elle s’installe à New York où elle vivra jusqu’à sa mort.
Ses peintures, à la fois abstraites et figuratives, sont inspirées par les peuples Aymara et Quechua de Bolivie, ainsi que par les glaciers et les sommets de la cordillère des Andes.

Brésil

Emiliano di Cavalcanti (1897–1976)

Caricaturiste à ses débuts, Cavalcanti participe en 1922 à la Semaine d’art moderne de São Paulo, qu’il a d’ailleurs aidé à organiser. Il décide ensuite de s’installer à Paris (1923-1925) où Picasso, Léger, Cocteau, Satie deviennent ses amis. Son œuvre est d’abord marquée par Chagall et l’expressionnisme (Cinco Moças de Guaratinguetá, 1930), avant de se confronter au Picasso de la période classique. Cavalcanti rendra hommage, sa vie durant, à la femme et, plus précisément, à la mulâtresse dont il fait un symbole social (Samba, 1928). Ce thème s’inscrit dans les préoccupations politiques de l’artiste qui s’accentueront après 1930. En 1955, Cavalcanti publie son autobiographie tandis qu’il participe à la Biennale de São Paulo (en 1951, 1953 et 1963) et à celle de Venise (1956). Le M.A.M. de São Paulo, qui conserve un très important fonds de dessins, a organisé une rétrospective de son œuvre en 1971.

Tarsila do Amaral (1886–1973)

Tarsila ne fait ses débuts qu’à l’âge de trente ans : après un enseignement académique à São Paulo, elle fréquentera l’académie Julian à Paris (1920-1922). En 1922, à São Paulo, elle se joint aux Modernistes regroupés autour d’Anita Malfati avant de retourner à Paris pour suivre les cours de Gleizes et de Lhote. Elle y fréquente Léger et surtout Blaise Cendrars qui préfacera son exposition de 1926 à la galerie Percier (Paris). En 1923, elle signe La Négresse, une œuvre à mi-chemin entre l’esthétique abstraite et la figuration primitiviste qui annonce les deux mouvements fondés par son compagnon Oswald de Andrade auxquels sa peinture va largement contribuer. Aux œuvres Pau-Brasil dominées par la ville et l’homme, une lumière diurne et un style issu du purisme (Chemins de fer nationaux, 1924) succèdent celles de l’Anthropophagie dominées par la jungle et d’étranges figures, une lumière nocturne et un style tout en courbes (Abopuru, 1928). Son œuvre prend un tournant plus social après 1933 (Operários, 1933).
Tarsila participe à la Biennale de São Paulo en 1951 et 1963, à celle de Venise en 1964 et son œuvre a fait l’objet d’une rétrospective au M.A.M. de São Paulo en 1969. La France ne conserve d’elle qu’une seule toile (A cuca, 1924, musée de Grenoble).

Siron Franco (1947–)

Siron Franco, né en 1947 à Goiás Velho, au Brésil, travaille dans de nombreux matériaux une peinture à grande échelle et des installations sculpturales comme son Monument pour la Paix de 1992 à Rio de Janeiro.
Exposant depuis 1967, et résident à Goiânia et à São Paulo, Siron Franco s’engage souvent dans les questions environnementales et sociales, comme dans ses peintures de « fourrure » en réponse à la traite des fourrures illégale, ou ses tableaux sur la répression du Mouvement des Sans Terre.
L’œuvre de Siron Franco est parfois semi-figurative ou même abstrait et d’autres fois très picturale, avec des surfaces tactiles créées à partir de couches de matériaux différents.

Candido Portinari (1903–1962)

Portinari a peint près de 5000 œuvres, qui vont de petites esquisses à de vastes peintures murales. Il fut l’un des plus importants artistes brésiliens dans le courant du néo-réalisme.
Fils d’immigrants italiens, né dans une plantation de café, Candido Portinari est le deuxième enfant d’une fratrie de 12. De famille humble, il arrête très tôt les études mais manifeste très jeune une vocation artistique. En 1918, il rentre à l’École des beaux-arts de Rio de Janeiro et fait des photographies pour vivre. En 1928, il obtient une bourse de voyage, se rend en Europe et s’installe à Paris de 1930 à 1935. De retour dans son pays, il se consacre à l’art monumental civil et religieux, où il exprime, à travers sa peinture, son idéal social : Café (1938), la Musique nègre (1943) et Cycle biblique (1943 – clairement influencé par le Guernica de Picasso). Ses compositions sont marquées par la violence de la lumière, la vibration des couleurs, l’expression tragique des visages. Ses peintures destinées à l’art religieux sont empreintes de mysticisme et d’intensité dramatique. On lui doit également les fresques de la Guerre et la Paix (1954-1955) pour le palais de l’O.N.U. à New York.
Il est mort en 1962 des suites d’une intoxication au plomb.

Lasar Segall (1891–1957)

Peintre brésilien d’origine russe, Lasar Segall est, avec Portinari et Di Cavalcanti, un des artistes brésiliens les plus importants de sa génération, tant son œuvre formée à la révolte de l’expressionnisme allemand s’est accordée à la démesure et au pathétique de l’univers brésilien.
Juif d’origine russe, Segall se mêle dès 1906 et jusqu’en 1923 (date à laquelle il prend la nationalité brésilienne) à la vie artistique de Berlin et de Dresde, participant à toutes les manifestations importantes du mouvement expressionniste. D’un trait anguleux qui domine tout autre élément plastique et prévaut sur la composition, dans une gamme de couleurs extrêmement sourdes et sobres, Segall met en images un univers famélique et pitoyable, celui des Camps de concentration, du Bateau des émigrants et des Femmes errantes (1939-1941). Homme passionné et meurtri, le peintre, dans ces vastes compositions, se fait, d’une voix éloquente, le porteur d’un message de nostalgie et d’errance, où se lisent les obsessions de sa jeunesse, le tragique de son siècle et l’accablement de la condition et de la misère populaires.

Chili

Roberto Matta (1911–2002)

Roberto Antonio Sebastián Matta Echaurren, connu sous le nom de Matta, est un peintre chilien
Après des études d’architecture, il gagne l’Europe en 1930, rencontre Magritte en 1934 et travaille dans l’atelier de Le Corbusier. Lié à l’Anglais Gordon Onslow-Ford, il se met à peindre vers 1937, encouragé par Dalí, Picasso et André Breton (ils me dirent : « Tu es surréaliste ! » Je ne savais même pas ce que cela voulait dire…).
Dans ses Morphologies psychologiques (1938, New York, coll. part.), son style est déjà constitué, qui se compose de grandes taches lyriques à interpréter figurativement. Pendant la guerre, en Amérique (où il se rend à la demande de Marcel Duchamp), il participe à l’activité des surréalistes européens en exil : revues View (1941) et VVV (1942 et 1944), exposition First Papers of Surrealism. Exclu du groupe surréaliste en 1948, il revient en Europe. Il exécute une vaste peinture murale pour les bâtiments de l’Unesco à Paris (1956). Ses œuvres critiquent alors souvent la société moderne : Les roses sont belles (1952) fait allusion au procès des Rosenberg, La Question (1957) répond à la torture pendant la guerre d’Algérie, Burn, baby burn (1965-1967) stigmatise la guerre du Viêt-Nam.
Il se rend en 1963 à Cuba (où il créera en 1982 le musée de l’Art de l’homme latino-africain) et peint en 1971 dans les rues de Santiago du Chili. Il participe activement aux événements de mai 1968 en France.
Très à l’aise dans les très grands formats, ses toiles mesurent souvent 10 m de long et parfois davantage. Il a réalisé des environnements en couvrant de ses toiles murs et plafond en 1968 au M.A.M. de la Ville de Paris par exemple, où il montra la totalité de son cycle de 21 peintures, l’Espace de l’espèce, commencé en 1959. Il travaille également le pastel aux formes de contours plus nets et plus solidement ancrées dans l’espace du tableau et en dessins inspirés d’œuvres littéraires (La Tempête de Shakespeare, Don Quichotte).
Une exposition rétrospective de son œuvre a eu lieu en 1985 au M.N.A.M. de Paris, où il est notamment représenté par de grandes compositions.

Claudio Bravo (1936–2011)

Le peintre hyperréaliste chilien Claudio Bravo est décédé samedi 4 juin 2011 à Taroudant, à l’âge de 74 ans, des suites d’une crise d’épilepsie. Installé depuis 1972 au Maroc qu’il considérait comme sa seconde patrie, afin d’échapper à la vie trépidante d’artiste reconnu qu’il menait à Madrid, le peintre y possèdait trois résidences : à Taroudant, une maison inventée, son refuge d’artiste, sa forteresse contre l’extérieur ; à Marrakech, un petit palais dans la Médina ; et à Tanger, un jardin sublimé.

Né le 8 novembre 1936 à Valparaíso, Claudio Bravo entre en 1945 au Colegio San Ignacio de Santiago du Chili et étudie les arts au studio de Miguel Venegas Cienfuente à Santiago.
En 1954, il présente sa première exposition au Salón 13 à Santiago. Il n’a alors que dix-sept ans. En 1955, il danse professionnellement avec la Compañía de Ballet de Chile et travaille pour le Teatro de Ensayo de la Universidad Católica de Chile.
Dans les années 1960, il s’établit à Madrid et devient portraitiste. Il acquiert une reconnaissance pour son habilité à recréer la similitude, à dépeindre les objets et les formes complexes, qui rappelle celle de Velazquez.
En 1968, Bravo reçoit une invitation du président Marcos des Philippines pour venir le peindre, lui et sa femme Imelda, ainsi que d’autres membres de la haute société.
Bravo déménage en 1972 à Tanger.
Il est aujourd’hui l’un des artistes latino-américain les plus côté sur le marché de l’art : sa toile “Anunciación” (1998) s’est vendu 1,27 millions en 2008 chez Christie’s.

Mario Carreño (1913–1999)

Mario Carreño est un peintre chilien d’origine cubaine, né à La Havane en 1913 et mort à Santiago du Chili en 1999.
Après avoir étudié l’art à l’Academia San Alejandro en 1925, il organe sa première exposition personnelle à Cuba en 1930, puis se rend à Madrid où il travaille comme humoriste politique. De retour à Cuba en 1936 (à cause de la guerre civile espagnole), il voyage au Mexique pour assimiler l’enseignement des muralistes (Diego Rivera, José Clemente Orozco et Rufino Tamayo), mais c’est surtout sa formation aux côtés du peintre dominicain Jaime Colson qui aura une influence décisive sur sa formation esthétique.
Après un voyage à Paris (il rejoint l’Académie Julien, où il étudie avec Jean Souverbie, puis tient une exposition en 1939 à la Galerie Bernheim-Jaune), il se rend à New York, où il reste près de 10 ans, enseigne et expose à la New School for Social Research, partageant son temps entre New York et de longs séjours à Cuba. Ses œuvres font partie de la mémorable exposition Peintres modernes cubains (M.A.M., 1944).
Entre 1951 et 1954 il a d’importantes activités artistiques et éducatives à La Havane, où il donne un cours d’Art moderne à l’École San Alejandro.
En 1956, il reçoit une invitation du Chili pour donner des cours sur « L’évolution de l’art contemporain » à l’Université de Concepcion. En 1958, il s’installe définitivement dans le pays et y reste jusqu’à sa mort en 1999.
Ses œuvres sont, pour une bonne part, allégoriques, symboliques et figuratives, avec une période abstraite dans les années 50.

Colombie

Débora Arango (1907-2005)

Debora Arango, née à Medellín en 1907, est une peintre expressionniste et aquarelliste colombienne.
Rebelle, transgressive, controversée, Débora Arango a abordé de front la vie sociale et politique de son pays : elle a peint des travailleurs marginalisés, des nonnes, des prostituées, des femmes reléguées, la douleur et les abus, les manifestations politiques et populaires, dénonçant la violence d’une société pleine de vieux préjugés. Elle a été la première femme colombienne qui a osé peindre des nus, et a donc été fortement critiquée. Elle est aussi connue pour ses satyres politiques peintes avec des animaux.
Montrant dès l’enfance des dispositions pour la peinture, elle rejoint l’Institut des Beaux Arts de Medellín, puis fait ses classes auprès des maîtres Eladio Vélez, qui lui enseigne les secrets du dessin, et de Pedro Nel Gómez, dans l’atelier de qui elle apprend la dynamique et la vitalité du mouvement, le sens de la couleur.
En 1937, elle expose des aquarelles de paysages, d’animaux et de natures mortes avec Nel Gómez.
En 1939, elle participe à l’Exposicion de Artistas Profesionales au Club Unión de Medellín, où elle expose des aquarelles et peintures à l’huile, y compris deux nus, « Bailarina en reposo » et « Cantarina de Rosa », qui remporte le premier prix. Le scandale éclate aussitôt : la société politique et intellectuelle désavoue son travail, le qualifiant de sordide, obscène et pornographique.
En 1946, elle se rend à New-York et au Mexique, pour étudier la technique de la fresque murale. A son retour, en 1948, elle expose à nouveau. Et nouveau scandale à propos de son tableau « Adolescencia ». Elle décide alors de ne plus exposer, mais continue à travailler. Elle dépeint alors la violence qui secoue son pays au tournant des années 50 : l’assassinat du leader libéral Jorge Eliécer Gaitán en 1948, qui est à l’origine du bogotazo (insurrection populaire) et de la Violencia – guerre civile – qui s’ensuit ; l’élection controversée de Laureano Gómez, président élu en 1950, qu’elle représente sous la forme d’un crapaud (favorable à Hitler et Franco, il a été suspecté d’être impliqué dans l’assassinat de Gaitán) – il est renversé en 1953 par le général Gustavo Pinilla, lui même renversé en 1957 par une junte miltaire, que Débora dépeint comme un rassemblement de singes grimaçants.
Le 28 Février 1955, elle expose à Madrid, avec d’autres artistes colombiens. Le lendemain, ses œuvres son retirées par ordre du gouvernement espagnol dirigé par le général Franco. C’est pour elle une très grande douleur. Elle se réfugie alors dans sa maison atelier appelée « Casablanca », où elle réalise des peintures murales en céramique. Ce n’est qu’en 1975, la révolution sexuelle étant passée par là, qu’elle peut de nouveau exposer. En 1984, le Musée d’Art Moderne de Medellín lui consacre une exposition rétrospective de plus de 250 œuvres.
Débora Arango a fait don en 1986 de sa collection entière au Musée d’Art Moderne de Medellín.
Forte dans ses convictions et sans peur dans son désir de liberté, Débora Arango est morte en Décembre 2005, à l’âge de 98 ans, son talent et sa contribution à l’art colombien enfin pleinement reconnu, comme une Pitonisa (diseuse de bonne aventure) madrilène le lui avait prédit en 1954.

Fernando Botero (1932–)

Peintre et sculpteur colombien né le 19 avril 1932 à Medellín.
Le jeune Fernando Botero suit une école de tauromachie pendant plusieurs années, mais sa véritable vocation est l’art. Adolescent, il commence à peindre, puisant son inspiration dans l’art précolombien et le style colonial espagnol qui l’entourent, ainsi que dans l’œuvre politique du peintre muraliste mexicain Diego Rivera. Botero expose pour la première fois ses tableaux en 1948 et donne, deux ans plus tard, sa première exposition individuelle à Bogotá. Au début des années 1950, il part étudier la peinture à Madrid et gagne sa vie en faisant des copies de tableaux conservés au musée du Prado – notamment de Goya et Velázquez, ses idoles de l’époque –, qu’il vend aux touristes. Il consacre une grande partie des années 1950 à l’étude des trésors artistiques de Paris et de Florence.
C’est à cette époque que Botero commence à jouer sur les proportions et la taille des sujets qu’il peint. Quand il s’installe en 1960 à New York, il a trouvé son style, qui va le rendre célèbre dans le monde entier : des tableaux, marqués par des personnages ronds et parfois obèses, célèbrant le plaisir de la chair et la volupté.
Au milieu des années 1970, il part vivre à Paris et apprend la sculpture. Fernando Botero, l’un des artistes les plus reconnus de sa génération, expose ses oeuvres en bronze notamment sur les Champs-Elysées en 1992, à New York en 2006 (sur les tortures de la prison d’Abu Ghraib) et, en 2007, au Musée national des beaux-arts à Québec.

Enrique Grau (1920-2004)

Enrique Grau est considéré comme un des principaux peintres colombiens du 20e siècle, avec Fernando Botero et Alejandro Obregón.
Grau est né à Panama City, au Panama, de parents colombiens, et a grandi à Carthagène, en Colombie. Il a étudié à l’Art Students League de New York de 1941 à 1943 et, par la suite, a visité l’Italie, où il étudie la fresque et les techniques de gravure à l’Académie San Marco de 1955 à 1956 avant de s’installer à nouveau en Colombie.
Il a remporté le Salón de Artistas Colombianos en 1957, lancement d’une carrière fructueuse. Ses associations de figures blanches, noires et indigènes, et d’objets tels que des masques, des œufs, des fruits ou des cages lui apporte une renommée internationale, avec des expositions au Musée Guggenheim de New York et au M.A.M. de Paris. Il fut également enseignant à l’Escuela de Artes Bellas de l’Universidad Nacional de Colombia de Bogotá, de 1951 à 1952, et de 1957 à 1961.
Enrique Grau a fait don de 1300 œuvres d’art (y compris d’autres artistes) à la ville de Carthagène. Il est mort à Bogotá à l’âge de 83 ans.

Omar Rayo (1928-2010)

Omar Rayo est un peintre et sculpteur colombien. Son œuvre, géométrique et abstraite, emploie principalement le noir, le blanc et le rouge et peut être apparentée à l’Op’Art.
Né en 1928 à Roldanillo (Colombie), Omar Rayo a commencé sa carrière artistique en 1947, par le dessin et l’illustration pour des journaux et des magazines à Bogota. Entre 1948 et 1954, il expose ses œuvres à plusieurs reprises à Bogota et dans d’autres villes de Colombie. En 1954, il commence des voyages d’étude dans tous les pays d’Amérique latine. De 1959 à 1960 il obtient une bourse pour vivre au Mexique et, depuis lors, il vit à New York.
Dans sa ville natale, il a fondé un musée, le Musée Rayo, qui possède aujourd’hui l’une des meilleures collections d’artistes latino-américains.
Les travaux d’Omar Rayo sont une nouvelle façon d’exécuter et de présenter ces labyrinthes géométriques et complexes si typique des plus anciennes cultures des Amériques. Il montre aussi que l’art géométrique n’est pas nécessairement froid et rationnel et peut être traduit dans des formes et des motifs voluptueux, gais, enjoués, ardents et sensuels.

Cuba

Roberto Fabelo (1951-)

Roberto Fabelo est un artiste contemporain cubain. Il est à la fois peintre, illustrateur et sculpteur.
Né en Guáimaro, Roberto Fabelo a étudié à l’Ecole Nationale d’Art (diplômé en 1972) et à l’Institut Supérieur d’Art de La Havane (diplômé en 1981).
Ses dessins, huiles et aquarelles tiennent de l’expressionnisme, du surréalisme et même du fantastique, dans la veine d’un Enki Bilal dont on peut retrouver le style, notamment dans ses dessins.
Son travail a été montré dans plus de quarante expositions personnelles et plus de 500 expositions de groupe dans le monde entier, à Cuba, en France, Italie, Japon, Mexique, Espagne et Etats-Unis. Il a également illustré une édition de 2007 de 100 ans de solitude de Gabriel García Márquez.
Il a été décrit par le Dallas Morning News en 2002 comme « l’un des artistes cubain de premier plan ». L’Etat cubain lui a décerné une médaille pour la culture nationale et la médaille Alejo Carpentier pour sa carrière artistique exceptionnelle.

Antonio Gattorno (1904–1980)

Antonio Gattorno a été le premier artiste cubain de sa génération à atteindre une renommée internationale mais reste aujourd’hui très sous-estimé.
Il commence ses études à San Alejandro en 1916 et décroche en 1920 une bourse de voyage en Europe où il arrive doté déjà d’un solide métier. Il fait des études à Rome, en Espagne et enfin à Paris. La connaissance et l’étude de la peinture européenne sont décisives dans son évolution d’artiste. De retour à Cuba, il fait une exposition personnelle (mars 1927) qui résume son voyage d’études et comprend aussi des œuvres peintes à Cuba. Cette exposition prépare la voie à l’Exposition d’art nouveau qui se tient en mai et où il montre, entre autres pièces, son Mujeres junto al río, l’une des premières versions plastiques du criollismo moderniste.
À peine de retour d’Europe, il fait les premières transpositions de la peinture moderne européenne à des thèmes cubains. Les travaux de Gattorno de cette époque (1927 1939) sont devenu l’archétype du primitivisme cubain moderne et ont fixé la norme pour la génération des peintres cubains connu sous le nom de Vanguardia, un groupe qui comprend Wifredo Lam, Victor Manuel et Amelia Pelaez.
À la fin des années 30, il s’établit aux USA (sa première exposition, à la Galerie Georgette Passedoit de New York en 1936, sera même parrainée par Hemingway) où il renonce à la peinture d’inspiration criolla et s’oriente vers le surréalisme. Hélas, Gattorno ne sait pas gérer sa carrière et, à sa mort, beaucoup de ses chefs-d’œuvres (comme La siesta, peint en 1939) dorment, oubliés, dans son grenier.
Teresa Cabral, nièce du peintre, a hérité de sa collection de tableaux, dessins, estampes, céramiques, mobilier, et d’importants fichiers comprenant des catalogues, des photographies, de la correspondance et une grande variété d’objets personnels et professionnels. Avec son mari Sean Poole, ils ont créé la Fondation Gattorno, monté des expositions et publié un livre sur l’artiste. La redécouverte et la reconnaissance actuelle d’Antonio Gattorno comme l’une des figures majeures de la peinture cubaine est largement due à leurs efforts.

Wifredo Lam (1902–1982)

Wilfredo Óscar de la Concepción Lam y Castilla, dit Wifredo Lam, est né à Sagua la Grande, (Cuba) le 8 décembre 1902 (année de la proclamation de la république, après plus de trois siècles de domination espagnole) et mort à Paris le 11 septembre 1982.
Peintre cubain, initiateur d’une peinture métissée alliant modernisme occidental et symboles africains et caribéens, créant ainsi un langage singulier et contemporain, il fut un proche de Picasso, des surréalistes qui le reconnaissaient comme l’un des leurs.
Sa mère, Ana Serafina Castilla, née en 1862, est une mulâtresse descendant d’Espagnols et de Noirs du Congo déportés. Son père, Enrique Lam Yam, né vers 1818, est un Chinois originaire de la région de Canton qui a émigré vers les Amériques. Ce dernier meurt en 1926, à l’âge de cent huit ans. Son épouse lui survit jusqu’en 1944.
Sagua la Grande est une petite ville sur la côte nord, centre sucrier de la Province de Las Villas. C’est là qu’il passe son enfance, dans un environnement mêlant plusieurs civilisations et croyances : le catholicisme cubain auquel appartient sa mère ; le culte des ancêtres pratiqué par son père chinois ; et les traditions africaines, liées à la santería, que lui apprend sa marraine, Antonica Wilson, dite Mantonica, une prêtresse très renommée de ce rite. Il apprend auprès d’elle les rudiments du culte et de ses mystères, sans jamais être initié. Elle lui ouvre un monde peuplé d’esprits et d’invisibles.
En 1916, Wilfredo et une partie de la famille s’installent à La Havane. De 1918 à 1923, Lam est inscrit à l’Escuela Profesional de Peinture de San Alejandro. C’est à l’âge de 21 ans qu’il prend la nationalité cubaine, étant jusqu’alors chinois par sa filiation.
De 1923 à 1938, Lam part vivre en Espagne. Il demeure le plus souvent à Madrid. C’est pour le peintre une longue période d’apprentissage et de recherches. L’Espagne est aussi pour Lam une terre d’expériences tragiques. Aux douleurs personnelles (la perte d’une épouse et d’un fils en 1931) s’ajoutent les drames de l’Histoire (la montée du fascisme et la guerre civile). Il s’engage auprès des Républicains dès le 18 juillet 1936, participe à la défense de Madrid, puis travaille dans une usine d’armement.
Lam quitte l’Espagne en mai 1938 pour Paris où il s’installe jusqu’en juin 1940. Ce séjour est d’une importance capitale. Il est accueilli par Picasso qui sera pour lui un « incitateur à la liberté ». L’Espagnol lui présente Matisse, Léger, Braque, Miró, Breton, Éluard…, les marchands d’art Daniel-Henry Kahnweiler, Pierre Loeb… Par l’entremise de Breton, il fait la connaissance des surréalistes, Masson, Tanguy, Matta, Ernst… Il peint beaucoup et, dans cette vaste expérimentation stylistique, il reçoit l’approbation de Picasso qui lui dit : « Je ne me suis jamais trompé sur toi. Tu es un peintre. C’est pour cela que j’ai dit la première fois que nous nous sommes vus que tu me rappelais quelqu’un : moi ». Cette affirmation artistique est aussi couronnée par deux expositions qui se déroulent à Paris et à New York en 1939.
La défaite de la France en juin 1940 marque la fin d’une époque. Il abandonne Paris et gagne Marseille où sont réfugiés tous les intellectuels hostiles au nazisme et nombre de surréalistes regroupés autour de Breton. Après quelques mois d’attente anxieuse, ils peuvent quitter le territoire en direction de l’Amérique (avec escale à La Martinique, où il fait la connaissance d’Aimé Césaire – début d’une grande amitié).
Lam accoste Cuba en août 1941. Il se sent dépaysé dans son propre pays – « ce que je voyais à mon retour ressemblait à l’enfer » – révolté par la misère des Noirs sous le régime de Batista. C’est le déclic : ses toiles deviennent des armes qui dénoncent et contestent ; en puisant dans le monde magique de son enfance, en s’inspirant des cérémonies de la santería ou des rites abakuas, il peint le drame de son pays en faisant revivre les mythologies d’une population brimée et asservie. Inspiré et bien entouré, Wifredo travaille avec acharnement. Si La Jungle exposée en 1944 à New York fait scandale, elle est achetée par le MoMA dès 1945. Lam peint désormais dans une liberté absolue tandis que son œuvre est l’objet d’une reconnaissance internationale. Rayonnant depuis Cuba, il se rend en Haïti dès la fin 1945, en France et à New York (1946 et 1948), en Suède (1955), au Venezuela (1955, 1956 et 1957), au Mato Grosso (1956), au Mexique (1957), à Cuba (1958), à Chicago (1958 et 1960). Sans jamais cessé de créer. Cuba, après la révolution castriste, lui réserve un accueil triomphal en 1963.
A partir de 1957, Lam se rend régulièrement en Italie et séjourne à Albissola, petite ville balnéaire de la côte ligure. Il y retrouve de nombreux artistes : Asger Jorn (qui l’initie à la céramique), Fontana, Appel, Matta… À partir des années 1960, Lam produit aussi beaucoup de gravures. Une grande partie de son travail est destiné à illustrer des albums de poètes, parmi ses plus proches amis : Aimé Césaire, André Breton, René Char, Michel Leiris, Tristan Tzara
En août 1978, il est terrassé par une attaque cérébrale. Il en sort à moitié paralysé et cloué dans un fauteuil roulant. Dès lors, il partage ses années entre Cuba et Albissola. Il meurt à Paris le 11 septembre 1982. Des funérailles nationales sont organisées le 8 décembre à La Havane, célébrant ainsi l’un des plus grands créateurs du XXe siècle.

Amelia Peláez (1905–1981)

Amelia Peláez del Casal est une importante peintre de l’Avant-garde cubaine. Elle est née en 1896 à Yaguajay, dans la province cubaine de l’ancien Las Villas. En 1915, sa famille déménage à La Havane, ce qui lui donne l’occasion d’entrer dans la Escuela Nacional de Bellas Artes San Alejandro. En 1924, elle expose ses peintures pour la première fois, avec une autre femme peintre cubain, María Pepa Lamarque. Elle part pour l’Europe en 1927, s’établit à Paris, visite l’Espagne et l’Italie entre autres.
A Paris, elle prend des cours de dessin à l’Académie de la Grande Chaumière, puis entre à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts et l’École du Louvre. En 1931, elle commence à étudier avec Alexandra Exter. Elle expose à la Galerie Zak en 1933, et retourne à Cuba l’année suivante.
En 1950, elle ouvre un atelier à San Antonio de los Baños, une petite ville près de La Havane, où elle se consacre, jusqu’en 1962, à son passe-temps favori : la poterie.
Elle a également réalisé plusieurs peintures murales, situées principalement dans des écoles de Cuba.
Elle a reçu des prix dans l’Exposition Nationale des Peintres et Sculpteurs en 1938, et a collaboré avec plusieurs revues d’art à Cuba. Elle a montré ses peintures à la Biennale de São Paulo en 1951 et 1957, et a participé en 1952 de la Biennale de Venise.

René Portocarrero (1912–1985)

René Portocarrero est considérée comme l’une des figures majeures de l’art cubain et l’un des plus grands artistes du XXe siècle à Cuba. Il a peint sans relâche depuis son enfance, toujours dans sa spontanéité : il n’avait aucune idée du tableau qu’il allait créer jusqu’à ce que le pinceau frappe la toile.
Né dans le quartier d’El Cerro (La Havane) en 1912, René Portocarrero commence à peindre dès son jeune âge et, à 14 ans, entre à l’Académie des Beaux-Arts San Alejandro. Ayant un fort tempérament et incapable de s’adapter à cet apprentissage, il quitte l’institution et commence son propre travail, avant d’exposer au Salon des Beaux-Arts de La Havane.
Portocarrero a été professeur à l’Institut libre de peinture et de sculpture d’Eduardo Abela en 1939. L’artiste a visité Haïti, l’Europe et les États-Unis, où il a inauguré une exposition à la Galerie Julien Levy, à New York, en 1945. Il a également travaillé sur de nombreuses peintures murales et de la céramique. Il est mort à La Havane le 7 avril 1985.
Les œuvres de Portocarrero sont exposées dans les collections permanentes des Musées d’Art Moderne de Sao Paulo, Rio de Janeiro, New York et San Francisco, entre autres.

Mariano Rodríguez (1912-1990)

Mariano Rodríguez, peintre autodidacte, est né à La Havane en 1912. Il a travaillé sous la direction de Rodriguez Lozano au Mexique, en 1936. De retour à Cuba, il ouvre sa première exposition dans un lycée de La Havane, en 1942. Il expose aussi à New York, en 1945, 46 et 48.
En 1941, il peint le premier de ses « gallos » – ces coqs qui lui donnèrent une grande popularité. L’un d’eux, datant de 1941, a été acquis par le MoMA de New-York.
Dans les années 60, il commence à travailler à la Casa de las Americas de La Havane, institution culturelle dont il est nommé directeur du Département des Beaux-Arts en 1970.
En 1981, il a reçoit la orden Félix Varela de primer grado, le plus grand honneur que Cuba accorde aux personnalités de la culture. Il est également élu député.
Mariano Rodríguez est souvent qualifié de « magicien », sachant retranscrire dans ses tableaux les lumières et les formes de la nature. Il était un « rebelle », contre toutes les tendances modernes déjà établies de son temps. Ce qui ne l’empêchait nullement de chercher de nouvelles formes d’expressions. Beaucoup de ses travaux ont été exposées ou sont montrés de façon permanente au MoMA de New York, au San Francisco Museum, à l’Institute of Arts de Chicago, au MAM de Paris, à Stockholm, Mexico, Buenos Aires…

« Quand les critiques ont essayé de caser l’œuvre de Mariano Rodríguez, de la définir, ils n’ont pu, paradoxalement, que retomber sur des adjectifs d’insubordination, tant sa peinture est exubérante, joyeuse, dynamique, essentielle. Comme ces coqs qui, chaque matin, chantent une aube nouvelle. » Mario Benedetti.

Suite et fin >>>

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