La peinture américaine du XXe siècle à nos jours

Après la peinture Latino-américaine du XXe siècle à nos jours, la peinture japonaise du XXe siècle à nos jours et la peinture française du XXe siècle à nos jours, voici donc venu le tour de la peinture américaine du XXe siècle à nos jours !

L’histoire de la peinture américaine au XXe siècle peut être divisée en deux grandes parties : avant et après la Seconde guerre mondiale. La première moitié du XXe siècle est un moment de tâtonnements pour affirmer une identité artistique américaine. Les artistes américains de cette période sont méconnus en Europe. Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis s’affirment comme un véritable foyer de création artistique et ses peintres deviennent des stars, à l’image d’Andy Warhol, Jackson Pollock, Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat.

L’Impressionnisme américain

L’impressionnisme apparaît en France dans les années 1860 et se retrouve mis à l’honneur aux États-Unis grâce à de grandes expositions à Boston et à New York dès les années 1880. Les premiers peintres américains impressionnistes tels que Theodore Robinson visitent la France et se lient d’amitié avec des artistes comme Claude Monet.
Des années 1890 aux années 1910, l’impressionnisme américain se développe dans des « colonies d’artistes » (des groupes de peintres vivant ensemble et partageant un même style) formées dans de petites villes où le coût de la vie était raisonnable, où les paysages offraient des thèmes pour les tableaux et où les peintres pouvaient trouver une clientèle pour les acheter, comme Old Lyme (Connecticut), New Hope (Pennsylvanie), sur le Delaware ou encore Brown County (Indiana). Une partie des peintres impressionnistes américains travailla en Californie, notamment à Carmel et Laguna Beach, mais surtout à l’Est, à New York, à Shinnecock (près de Long Island) sous l’influence de William Merritt Chase et à Boston où Edmund Charles Tarbell et Frank Weston Benson devinrent des artistes réputés. Certaines de ces colonies continuèrent d’être actives dans les années 1920. En France, Giverny accueillit autour de Claude Monet des peintres américains entre 1887 et 1914, comme Willard Leroy Metcalf, Louis Ritter, Theodore Wendel, John Leslie Breck.
Parmi les impressionnistes américains, « The Ten » (Les Dix) exerce à New York et adopte des positions esthétiques radicales. Cette association est née de la démission, fin 1897, de dix peintres de la Société des artistes américains pour protester contre le mercantilisme de leurs expositions et leur ambiance de cirque (cette Société s’était elle-même détachée vingt ans plus tôt de l’Académie nationale d’esthétique sous l’impulsion de Mary Cassatt, James Whistler, Thomas Eakins et Winslow Homer. « The Ten » sont Childe Hassam, Julian Alden Weir, John Henry Twachtman (il meurt en 1902 d’un anévrisme cérébral, âgé de 49 ans), Robert Reid, Willard Metcalf, Frank Weston Benson, Edmund Charles Tarbell, Thomas Wilmer Dewing, Joseph DeCamp et Edward Simmons. William Merritt Chase rejoint le groupe à la mort de Twachtman.
Les Dix furent surtout actifs à New York, mais aussi à Boston (comme Tarbell, Benson ou DeCamp) où une « École » se forma avec William McGregor Paxton et son épouse Elizabeth Vaughan Okie, Philip Leslie Hale et son épouse Lilian Westcott, Aldro Hibbard, John Joseph Enneking ou encore Lilla Cabot Perry. « Les Dix » furent considérés comme les représentants de l’impressionnisme américain et organisèrent pendant vingt ans des expositions.
Cependant, la peinture impressionniste tomba en désuétude après l’exposition internationale d’art moderne de l’Armory Show (voir plus loin), qui s’est tenue à New York en 1913, avant de connaître une re-connaissance dans les années 1950 lorsque les grands musées américains organisèrent des expositions sur ce style.
Parmi les peintres impressionnistes américains, Mary Cassatt (1844-1926) tient une place particulière : installée en France, elle côtoya les impressionnistes français (Degas, Monet). Elle est considérée comme la première femme peintre américaine.

Les huit et le Groupe de Stieglitz

Alors que débute un siècle qui va voir se multiplier les révolutions en peinture, quelques grands anciens du siècle précédent sont encore actifs, comme l’extraordinaire portraitiste John Singer Sargent, Mary Cassatt l’impressionniste, John Peto et ses trompes l’œil, Frederic Remington et ses tableaux de la conquête de l’Ouest, Winslow Homer et ses marines, ou encore Thomas Anshutz qui, avec son tableau The Ironworkers’ Noontime, peint en 1880, annonçait un style qui allait marquer le début du XXe siècle aux Etats-Unis : le réalisme.
C’est en 1908 que se réunissent pour la première (et seule) fois ensemble, un groupe de huit peintres – John Sloane, William Glakens, Ernest Lawson (né au Canada), Maurice Prendergast (né également au Canada), George Luks, Everett Shinn, Arthur B. Davies et leur mentor Robert Henri – en révolte contre l’académisme ambiant et ayant la volonté d’imposer le présent comme sujet de peinture tout en cherchant un style authentiquement américain – les peintres de la seconde moitié du XIXe s’étant tous plus ou moins formés en Europe, notamment à Paris où beaucoup vont résider, comme Mary Cassatt (qui s’y installe même définitivement en 1875), John Henri Twatchman, John Sargent, Frederic Childe Hassam, ou à Londres, comme James Whistler – tous étant fortement influencés en particulier par l’impressionnisme. Les sujets favoris de ces nouveaux jeunes peintres sont les rues chaotiques de New York, les trains fumants, les coins les plus insignifiant de sordides banlieues grises, bref la vie quotidienne de la population multi-ethnique des grandes villes. La critique, sévère comme souvent quand des artistes veulent aller à l’encontre du bon goût ambiant, vont les appeler « The Ash Can School » (l’École poubelle) ou, plus prosaïquement, « The Eight » (Les Huit). Pourtant, cette exposition est un événement capital pour l’évolution de la peinture américaine : c’est la première fois que de jeunes peintres ont la possibilité de montrer au public des œuvres qui rendent hommage à la vitalité, au bruit, bref à la modernité des villes. Bien qu’il n’ait pas exposé avec eux, le nom de George Wesley Belows, également élève d’Henri, est souvent lié à celui des Huit. Il est notamment connu pour ses tableaux de combats de boxe.
Parmi les Huit, toutefois, certains prendront des chemins particuliers : Maurice Prendergast, fortement influencé par Cézanne (comme beaucoup d’autres peintres de sa génération : Andrew Dasburg, Morgan Russel, Willard Nash, Oscar BluemnerArshile GorkyMarsden Hartley, entre autres), ou William Glackens, plus intéressé par Renoir ou les Nabis.
C’est dans ces mêmes années qu’Alfred Stieglitz, un photographe de renom, ouvre une galerie au numéro 291 de la Cinquième Avenue bientôt surnommée le « 291 » où il expose à côté de photographies en noir et blanc essentiellement urbaines (ponts, gares, moyens de transport, gratte-ciels, lumières de la ville) quelques jeunes peintres modernistes connus sous le nom de « Groupe de Stieglitz » (Arthur Dove, John Marin, Marsden Hartley et Georgia O’Keeffe – qui deviendra la femme de Stieglitz) aux côtés de Cézanne, Picasso, Braque et Picabia qui sont ainsi pour la première fois montrés aux États-Unis.

L’Armory Show et Marcel Duchamp

Mais c’est l’Armory Show de 1913, une exposition d’art moderne à New York, qui fait vraiment connaître à grande échelle l’avant-garde européenne sur la côte orientale des États-Unis. C’est l’Association of American Painters and Sculptors (formée en 1911 par Jerome Myers – précurseur du style « Ash Can School » -, Elmer Livingston MacRae et Walt KuhnArthur B. Davies en est le premier président) qui, voulant se démarquer de la National Academy, décide d’organiser une vaste exposition internationale d’art ouverte aux nouvelles tendances. C’est Walt Kuhn qui, durant l’année 1912, voyage en Europe à la recherche de différents contacts pour inviter un maximum d’artistes (il a déjà passé plusieurs années entre Paris, Barbizon et Munich, au contact des nouveaux courants artistiques émergents). À Paris, Kuhn et Davies (appelé en renfort) croisent les Américains Alfred Henry Maurer, Jo Davidson (sculpteur) et Walter Pach qui assurent le relais avec les artistes, galeries et collectionneurs français. C’est Pach qui établit le contact avec Henri Matisse et Marcel Duchamp et, plus globalement, avec tous les tenants de la Section d’or, qu’il connaissait personnellement. La plupart des artistes européens contactés manifestent leur enthousiasme. Pablo Picasso, approché par Pach, confiae à ce dernier une liste d’artistes à inviter : Juan Gris, Metzinger, Gleizes, Léger, Duchamp, Delaunay, Le Fauconnier, Laurencin, de La Fresnaye et Braque, soit la plupart des tenants du cubisme français. Des mécènes sont trouvés : Gertrude Vanderbilt Whitney et Mabel Dodge Luhan, qui offrent dans un premier temps la somme de 5 000 dollars (soit près de 30 000 francs de l’époque). Un autre sponsor est trouvé en la personne d’Alfred Stieglitz ; les collectionneuses Isabella Stewart Gardner et Lillie P. Bliss rejoignirent également le cercle des donateurs, qui s’étendit bientôt à des artistes français de stature internationale comme Monet, Redon et Renoir – qui ne se contentent pas de donner de l’argent mais mettent à la disposition des organisateurs leurs œuvres — les prêtant pour être exposées — et leurs réseaux. Le 17 février 1913, l’Armory Show est inauguré à Manhattan, réunissant quelque 1400 œuvres de près de 300 artistes américains (George Bellows, Guy Pène du Bois, Oscar Bluemner, Patrick Henry Bruce, Mary Cassatt, Andrew Dasburg, Stuart Davis, Arthur B. Davies, William Glackens, Marsden Hartley, Childe Hassam, Robert Henri, Edward Hopper, Leon Kroll, Walt Kuhn, George Luks, John Marin, Maurice Prendergast, Charles Sheeler, John Sloan, Joseph Stella, …) et européens (Bonnard, Braque, Cézanne, Courbet, Degas, Delacroix, Delaunay, Duchamp, Gauguin, van Gogh, Kandinsky, Léger, Manet, Matisse, Monet, Munch, Picabia, Picasso, Redon, Renoir, Rousseau, Vallotton, Vuillard, …) à peu près à part égale, réparties dans dix-huit galeries.
Voici quelques unes des œuvres exposées :

L’exposition connaît un succès inattendu grâce au scandale qu’elle provoque dans le public (en visite, l’ex-président Theodore Roosevelt lui-même déclare à propos de l’Armory Show : « Ce n’est pas de l’art ! ») ou chez les critiques, notamment les œuvres de Picabia, le Nu bleu de Matisse et surtout le Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp (elle trouva pourtant un acheteur de San Francisco, le marchand d’art Frederic C. Torrey, pour 324 dollars). Un article du New York Times de mars 1913 est particulièrement savoureux : « Les cubistes et les futuristes ont tout simplement aboli l’art de peindre. Ils renient, non seulement toute forme de représentation d’après nature, mais également toute forme connue d’ornementation. S’ils ont vraiment mis dans ce qu’ils nous montrent toute leur âme, que Dieu les prennent en pitié ! Tout avait commencé avec les impressionnistes renonçant à faire appel au savoir classique des formes et des structures. L’étape suivante fut l’arrivée, avec les post-impressionnistes, d’une vague de révolte encore plus radicale. Jusqu’à Matisse, les révolutionnaires, enfin je crois, étaient plus ou moins sincères. Ils payaient leurs engagements, leurs convictions, de leurs vies : ils ne faisaient pas d’argent avec ça ; ils se suicidaient ou mourraient dans des asiles. Désormais, les artistes se sont emparés de la machine publicitaire et fabriquent de l’argent avec leur folie. »
Pourtant l’histoire était en marche : c’est à partir de cette exposition qu’une grande remise en question s’opère chez les artistes américains, que se constituent les premières collections d’art moderne (le docteur Barnes ou, plus tard, Peggy Guggenheim) – même si, dès 1904, Gertrude Stein avait ouvert la voie – avec, en point d’orgue, la fondation du MoMa en 1929.
Au bilan, l’Armory Show accueillit plus de 75 000 visiteurs avec un record de 12 000 entrées payantes le dernier jour (15 mars). Les 1300 œuvres de l’Armory Show furent ensuite transportées à Chicago (188 560 visiteurs en 23 jours) et Boston.

Plusieurs artistes américains modernes furent influencés par le cubisme : Joseph Stella, Max Weber et Marsden Hartley notamment. Stuart Davis transposa les paysages de la Nouvelle-Angleterre ou des ustensiles de la vie quotidienne dans le style moderne. Sa représentation d’objets ou de thèmes liés à la vie quotidienne tels que des paquets de cigarettes font de lui un annonciateur du Pop art.

Également influencé par le cubisme, mais aussi par le futurisme, le précisionnisme voit le jour dans les années 20. Ce mouvement a pour principaux représentants Charles Demuth, Charles Sheeler et Ralston Crawford, mais on peut également citer Edmund Lewandowski, Francis Criss ou George Ault. Le style précisionniste se caractérise par une représentation cubiste mais figurative (cubo-réalisme). Les thèmes sont souvent des paysages industriels et urbains (cheminées d’usines, bâtiments, châteaux d’eau) représentés de façon cubiste, parfois proche de l’abstraction mais parfois réalistes voire photoréalistes. D’autre part, ces représentations figuratives idéalisées sont généralement vides de toute présence humaine. A partir de 1915, Charles Demuth fit partie du Groupe de Stieglitz et exposa souvent à la galerie « 291 », influençant Georgia O’Keeffe qui réalisa plusieurs tableaux de buildings new yorkais. Il fut également un merveilleux aquarelliste, notamment inspiré par les natures-mortes de Cézanne.

D’autres firent évoluer leur travail vers l’abstraction : Stanton Macdonald-Wright fonda avec Morgan Russell le synchromisme, un mouvement pictural abstrait né sur le sol américain et basé sur les harmonies de couleurs ; Thomas Hart Benton, Andrew Dasburg et Patrick Henry Bruce explorèrent aussi cette nouvelle voie. Mais c’est Arthur Dove qui fut le véritable pionnier de l’art abstrait américain (et peut-être même mondial) – avec Manierre Dawson, moins connu. Se liant d’amitié avec Stieglitz, il expose en 1912 dix de ses pastels connus sous le nom de « 10 commandements » dans sa Galerie « 291 » : c’est la première exposition grand public d’art abstrait d’un peintre américain. De 1912 à 1946 Dove a exposé chaque année, dans les galeries successives de Stieglitz : « 291 », « Intimate Gallery » et « An American Place ».

L’influence de Marcel Duchamp fut aussi essentielle dans l’évolution de la peinture américaine. Il fit connaître le dadaïsme dès 1915 à New York et entretint des liens avec Man Ray, Alfred Stieglitz et Francis Picabia avec qui il fonda la revue 291. Il fut surtout le stimulant de presque tout ce qui s’est fait de neuf, de créateur, d’original à New-York entre les deux guerres et même après. L’art contemporain, et notamment l’art conceptuel et le Pop art, doivent beaucoup à ses ready-made. Il fut naturalisé américain en 1955.

The Harlem Renaissance

La Renaissance de Harlem est un mouvement de renouveau de la culture afro-américaine, dans l’Entre-deux-guerres. Son berceau et son foyer se trouvent dans le quartier de Harlem, à New York. Cette effervescence s’étend à plusieurs domaines de la création, les Arts comme la photographie, la musique (Duke Ellington, Louis Armstrong, Billie Holiday) ou la peinture, mais c’est surtout la production littéraire (Alain Locke, Countee Cullen) qui s’affirme comme l’élément le plus remarquable de cet épanouissement.
Soutenue par des mécènes et une génération d’écrivains talentueux, la Renaissance de Harlem marque un tournant majeur dans la littérature noire américaine qui connaît une certaine reconnaissance et une plus grande diffusion en dehors de l’élite noire américaine. La littérature et la culture noires atteignent de tels sommets durant cette période que certains désignent Harlem comme la « capitale mondiale de la culture noire ».
Toute une génération de peintre va s’épanouir sur ce terreau fertile, comme William H. Johnson, Jacob Lawrence, Faith RinggoldArchibald Motley Jr., Palmer Hayden, Aaron Douglas, Romare Bearden, Horace Pippin, Beauford Delaney ou Loïs Mailou Jones, qui vont peindre la vie quotidienne des noirs américains ou leurs racines africaines. Mais des peintres blancs engagés vont aussi parler de la vie des noirs, comme Joe Jones (dans son tableau coup-de-poing American Justice) ou Ben Shahn.
On peut également citer Norman Lewis, un des rares peintes afro-américain abstrait – avec Hale Woodruff et Charles Alston à partir du milieu des années ’50.

La Grande Dépression : régionalisme et réalisme social

La Grande Dépression, la plus grande crise économique du XXe siècle, fait suite au krach boursier de 1929 qui se déroule à la Bourse de New York entre le jeudi 24 octobre (à midi, le Dow Jones a perdu 22,6 % de sa valeur) et le mardi 29 octobre 1929 (où le Dow Jones perd 12 % après en avoir perdu 13 la veille ; finalement, entre le 22 octobre et le 13 novembre, l’indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69 (-39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix fois le budget de l’État fédéral américain et plus que ce que les États-Unis avaient dépensé pendant toute la Première Guerre mondiale – pour tomber finalement à 41,22 (-87 %) le 8 juillet 1932, son plus bas niveau depuis sa création en 1896) et provoque un chômage massif parmi les artistes des années 1930 (le chômage explose, passant de 1,5 million avant la crise à 15 millions en 1933). Du coup, le New Deal mis en place par le président Franklin D. Roosevelt va comporter un volet culturel visant à aider les artistes en difficulté, les fonctionnaires fédéraux ayant compris à quel point l’art était essentiel au maintien de l’esprit de l’Amérique. C’est ainsi qu’est né le PWAP (Public Works Art Project), qui, de la mi-décembre 1933 à juin 1934, a embauché 3 749 artistes et produit 15 663 peintures, peintures murales, gravures, objets d’artisanat et sculptures pour les bâtiments gouvernementaux du pays. La bureaucratie n’a peut-être pas regardé de très près ce que les artistes peignaient, mais elle comptait certainement combien ils étaient payés : un total de 1,18 millions de $, une moyenne de 75,59 $ par œuvre, un bon rapport qualité-prix !
Voici quelques unes des œuvres produites sous l’égide du PWAP :

Les artistes de tous les États-Unis qui ont participé au programme ont été encouragés à représenter « la scène américaine ». Le projet d’œuvres d’art public a non seulement payé des artistes pour embellir les édifices publics, mais il leur a aussi procuré un sentiment de fierté en servant leur pays. Ils ont peint des sujets régionaux reconnaissables – allant des portraits aux paysages urbains et des images de la vie urbaine aux paysages et aux représentations de la vie rurale – qui rappelaient au public les valeurs américaines par excellence telles que le travail, la communauté et l’optimisme. Cette politique culturelle (ce n’est plus alors le PWAP mais son successeur bien connu, la Works Progress Administration – WPA –, qui a par exemple soutenu les jeunes Mark Rothko et Jackson Pollock avant qu’ils ne deviennent des sommités) est interrompue par la Seconde Guerre mondiale et la mort de Roosevelt. Les principaux peintres de cette période sont Thomas Hart Benton, John Steuart Curry, Grant Wood, Reginald Marsh, Jack Levine

Des œuvres des années 1930 s’intéressent aussi aux problèmes sociaux et au sort des plus démunis. Le réalisme social (ou American Scene Painting) se développe durant cette période avec des artistes comme Ben Shahn, qui se fait connaître par ses tempera en faveur des anarchistes Sacco et Vanzetti réalisées en 1932. Réalisme social et activisme de gauche sont caractéristiques de son œuvre et de sa pensée politique. Jacob Lawrence s’intéresse au sort des Afro-Américains. Edward Hopper illustre la solitude dans des paysages urbains. Peintre de la société américaine, il produit des images totalement reconstruites et intègre dans son œuvre les techniques de la photographie et du cinéma (cadrage, décor).

Le régionalisme, qui désigne un mouvement figuratif américain formé en réaction contre l’internationalisme de l’art abstrait et l’influence de l’art Européen, domina dans les programmes d’aide sociale (décoration murale de bâtiments publics, par exemple – c’est ainsi que Georgia O’Keeffee remporte en 1932 le concours pour peindre les murs du Radio City Hall à New York – travail qu’elle ne mènera pas à terme, face à des difficultés techniques). Le régionalisme évoque les thèmes de la vie quotidienne de la campagne ou des petites villes américaines. American Gothic de Grant Wood (1930) en est l’œuvre la plus célèbre et reflète les valeurs du Midwest. Cette toile est devenue une icône de la nation américaine. Mais on peut rattacher aussi son œuvre au réalisme magique qui décrit précisément le réel tout en introduisant des objets ou des situations insolites (comme chez Andrew Wyeth, George Tooker, Ivan Albright ou O Louis Guglielmi). Thomas Hart Benton, autre grand régionaliste, est connu pour son style fluide et ses toiles représentant des scènes de la vie quotidienne du Midwest. Il part pour Paris en 1909 afin de parfaire sa formation artistique à l’Académie Julian et rencontre d’autres artistes nord-américains tels que Stanton Macdonald-Wright ou le mexicain Diego Rivera. En 1935, il part enseigner au Kansas City Art Institute (Missouri). Là, il peint des scènes rurales et agricoles. Il fut aussi l’un des enseignants du célèbre peintre Jackson Pollock au sein de l’Art Students League de New York dans les années 1930.

Après la Première Guerre mondiale, l’achèvement du Santa Fe Railroad permet aussi à certains artistes américains, comme Georgia O’Keeffe, Marsden Hartley, Alfred Stieglitz et Andrew Dasburg, de découvrir le Nouveau-Mexique, Santa Fe et, surtout, Taos où ils sont reçus par Mabel Dodge Luhan, une riche héritière de Buffalo, qui y entretient une véritable colonie artistique. Là, ils vont peindre les paysages caractéristiques, notamment les églises en adobe, et les Amérindiens. A partir des années 50, Eric Sloane, paysagiste et auteur d’ouvrages illustrés sur l’histoire culturelle et le folklore américains, s’installe une partie de l’année à Taos.

À partir de 1933, les États-Unis accueillent des artistes ayant fui l’Allemagne nazie, notamment Hans Hofmann (naturalisé en 1941) et Josef Albers (naturalisé en 1939) qui, comme professeurs, vont avoir un rôle déterminant dans la diffusion de l’art moderne européen et le développement de l’expressionnisme abstrait ou du minimalisme américains (voir ici). Entre 1939 et 1942, Marc Chagall, Max Ernst, Fernand Léger, Piet Mondrian, Yves Tanguy, Roberto Matta, André Masson et André Breton émigrent à leur tour. Entre 1940 et 1948, Salvador Dali réside aux États-Unis où il connaît un grand succès commercial. Yves Tanguy s’y installe définitivement, obtient la nationalité Américaine et épouse Kay Sage, une peintre américaine qui peint des paysages géométriques et surréalistes. Mais en réalité, si l’on met de côté Matta et, bien sûr Hofmann et Albers, les artistes européens eurent peu de contact avec leurs homologues américains – même s’ils continuaient à les inspirer, comme par exemple Miró que l’on peut retrouver en germe dans les peintures abstraites d’Arshile Gorky ou chez William Baziotes, mais également Picasso (chez Byron Browne), Matisse (chez Walt Kuhn), Fernand Léger (chez L.K. Morris), Mondrian (chez Burgoyne Diller, Leon Polk Smith ou Ilya Bolotowsky), Hans Arp (chez Charles Green Shaw), le surréalisme (chez Man Ray, Kay Sage, Gertrude Abercrombie ou Dorothea Tanning), etc.

American Abstract Artists (A. A. A.)

L’association des American Abstract Artists constitue dans le domaine de l’Art abstrait l’aboutissement des nombreuses activités et entreprises qui ont eu lieu aux États-Unis dans les années 20 et 30. En premier lieu, il faut citer la fondation et l’activité de la Société anonyme de Katherine Dreier, ensuite la présentation de la collection Gallatin à l’université de New York, ensuite le Federal Art Project, qui va fonctionner de 1935 à 1939 en donnant aux artistes l’occasion de se regrouper et de s’exprimer à grande échelle dans un programme consacré à la peinture monumentale. Enfin, l’exposition-bilan du musée d’Art moderne de New York, organisée par Alfred Barr dès 1936 sous le titre « Cubist and Abstract Art« . L’association des American Abstract Artists a été fondée cette année-là : elle a tout de suite compris les principaux peintres abstraits américains, en particulier George L. K. Morris, Balcomb Greene, Charles Green Shaw, Ilya Bolotovsky, Albert Eugene Gallatin, Carl Holty, que rejoindront de nombreux autres artistes tels que Burgoyne Diller,  Willem De Kooning ou Ad Reinhardt.
Cette association a été pour les artistes l’occasion de montrer leur travail dans des expositions collectives, organisées dans des galeries ou dans des musées, leur a permis de faire connaître leur mouvement par l’intermédiaire de conférences et a développé une activité de type international en accueillant ou en suscitant l’adhésion de membres étrangers, même après la guerre, tels que, dans les années 50 par exemple, Pierre Soulages.

L’expressionnisme abstrait

Après la Seconde Guerre mondiale, les conditions économiques, politiques et artistiques suscitent une nouvelle manière de peindre, de voir et de donner à voir aux États-Unis. Après des années de crise, l’économie américaine repart et New York devient le centre majeur de l’avant-garde. Avec le début de la guerre froide, la peinture américaine représente pour le gouvernement une arme culturelle exportable.
L’expressionnisme abstrait apparaît en 1948, au cours d’une exposition à New York, financée par des fonds publics. Cet art qui se voulait avant-gardiste, cosmopolite et apolitique fait se déplacer le cœur de l’art moderne de Paris à New York. Cependant, il suscite des débats au sein de la classe politique américaine. Les Républicains attaquent violemment ce courant et l’accusent d’être communiste. Au Congrès, ils dénoncent en outre les financements fédéraux qui sont attribués aux peintres expressionnistes. Le début des années 1950 voit le renforcement de cette opposition à cause du maccarthisme, les artistes soupçonnés de sympathies communistes deviennent l’objet d’enquêtes (« chasse aux sorcières »). Pourtant, la période est aussi marquée par le soutien du MoMA de New York, lui-même financé par la fondation Rockefeller. En 1952, le musée organise même un programme international de diffusion mondiale de l’expressionnisme abstrait. L’exposition The New American Painting n’a pas d’autre but.

L’expressionnisme abstrait s’impose avec une nouvelle génération d’artistes vivant à New York d’où le nom d’« école de New York ». Il se caractérise par des toiles immenses, souvent entièrement peintes (all-over), sans subdivisions : chaque coup de pinceau annule le précédent et le rapport de celui-ci avec la surface du fond. Procédé qui conduit à une répartition plus ou moins uniforme des éléments picturaux sur la totalité de la surface du tableau qui semble se prolonger au dela des bords, éliminant ainsi le problème du champ. Il met en valeur la matière et la couleur utilisée comme matière. Il se divise en deux courants principaux : l’Action painting et le Colorfield painting.
Les peintres de l’Action painting produisent de façon violente, avec des gestes rapides voire spontanés. Il est principalement incarné par Jackson Pollock, avec la mise au point en 1947 de la technique du dripping, consistant à faire dégouliner de la peinture sur de grandes toiles disposées au sol ou au mur. Pollock employait des outils non conventionnels pour peindre (couteaux, truelle, baton, seringue). De Kooning ou Franz Kline font partie de ce même mouvement.
Le Colorfield painting (« champs colorés ») désigne la peinture de Mark Rothko, de Clyfford Still ou de Barnett Newman. Rothko figure de larges bandes de couleurs pures dans de grands toiles qui invitent à la contemplation ou la méditation. Il voulait un art poignant et universel. Ces artistes sont proches du minimalisme.
Helen Frankenthaler eut également une grande influence sur toute une génération de peintres. En effet, après avoir rendu visite à Pollock en 1951, elle fut sans doute le premier artiste à saisir l’importance de ce qu’elle voyait, non pas tant au niveau des œuvres elles-mêmes, que de la façon nouvelle de travailler : par terre, sans pinceau et sur des toiles non préparées. En effet, les toiles, sans apprêt, s’imbibent de la peinture qui se comporte alors un peu comme de l’aquarelle – la figure et le support se confondent. Elle pouvait également découper ses toiles et les recadrer a posteriori. Son exemple inspira aussi bien Morris Louis que Kenneth Noland ou Sam Francis. Surtout, elle servit de pont, comme le fit remarquer Morris Louis, « entre Pollock et ce qui est possible », c’est à dire ce qui, dans la manière de Pollock, était réutilisable sans refaire la même chose.
L’œuvre de Robert Rauschenberg favorisa le passage de l’expressionnisme abstrait au Pop Art avec ses combine paintings. Son approche fut parfois qualifiée de « Néo-Dada ». Dans les années 1950, il s’installa à New York où il exposa ses monochromes. Il fit la connaissance de Jasper Johns, qui travaillait dans un atelier situé dans le même immeuble sur Pearl Street. Puis il se lança dans les collages sur des toiles expressionnistes appelés « Combine Paintings ». Dans les années 1960, Rauschenberg explora l’emploi du métal comme support pour la peinture, l’émail et les images sérigraphiées. À partir de 1962, les peintures de Rauschenberg commencèrent à intégrer non plus seulement des objets trouvés, mais aussi des images – transférant des photographies sur des toiles au moyen de la sérigraphie. Ce procédé permet à Rauschenberg d’interroger le principe de la reproductibilité de l’œuvre et de ses conséquences.

Bay Area Figurative Movement

Le « Bay Area Figurative Movement » (Mouvement Figuratif de la Baie de San Francisco), aussi connu sous le nom d’École de San Francisco, se caractérise par un abandon de l’expressionnisme abstrait et d’un retour à la figuration dans la peinture. Ce mouvement s’étalant sur les deux décennies des années 1950 et 1960, se décompose en trois groupes ou générations : la Première génération, a génération Bridge et la Seconde génération :
Issus du mouvement expressionniste abstrait, les artistes dits de la « Première génération » abandonnent peu à peu le concept de peinture subjective pour un retour vers l’art figuratif. Parmi ces artistes, on trouve : David Park, Richard Diebenkorn, Elmer Bischoff, Wayne Thiebaud et James Weeks.
La « Bridge Generation » comprend Nathan Oliveira, William Theophilus Brown, Paul Wonner, Roland Petersen (né au Danemark en 1926 – toujours vivant en 2017), John Hultberg et Frank Lobdell.
Les promoteurs de la « Seconde génération » sont pour la plupart des élèves des artistes de la Première génération. Parmi eux : Bruce McGaw, Henry Villierme, Joan Brown (morte en 1990 à 52 ans en Inde, dans un accident de chantier) et Manuel Neri (surtout sculpteur).
De nombreuses institutions et écoles d’art de la région de San Francisco ont participé au développement de ce mouvement artistique, notamment le San Francisco Art Institute, le California College of Arts and Crafts et l’Université de Berkeley.

Le Pop art

Le terme « Pop art » (abréviation de « popular art ») est né dans les années 1950 au Royaume-Uni et dans les années 1960 aux États-Unis, en réaction à l’expressionnisme abstrait jugé trop élitiste. Il puise ses origines dans le dadaïsme et dans l’œuvre de Marcel Duchamp. Jasper Johns et Robert Rauschenberg sont considérés comme des précurseurs du pop art. Ce mouvement artistique s’intéresse à la société de consommation et aux déformations qu’elle engendre dans notre comportement au quotidien. C’est à partir de ce principe que les artistes américains mettent en évidence l’influence que peut avoir la publicité, les magazines, les bandes dessinées, les affiches et la télévision sur les décisions des consommateurs. L’accueil est très bon dès les débuts du mouvement, car le pop art est a priori simple et accessible ; il semble remettre en cause le matérialisme. Les procédés utilisés par les artistes étaient souvent des nouveaux produits qui sortaient tout juste de cette société de consommation : acrylique, sérigraphie, etc. Les couleurs sont vives et décalées par rapport à la réalité. Au-delà de la peinture, le pop art a usé des techniques picturales qui n’étaient auparavant pas considérées comme proprement artistiques, mais industrielles. Ce mouvement a perturbé le monde artistique d’autres manières, par exemple à travers la remise en cause du principe d’unicité d’une œuvre d’art. Le pop art utilise des symboles populaires, qui marquent l’inconscient dès l’enfance dans un but de désacralisation de l’œuvre d’art qui auparavant était réservée à une élite et qui ne couvrait que des sujets dit « importants ». Il représente des objets de la société de consommation et de la culture populaire modifiés par la couleur, le format, la répétition ou encore intégrés au tableau par des collages.
Andy Warhol est considéré comme l’un des chefs de file du Pop art. Il représenta des marques, des personnalités médiatiques (Marilyn Monroe (1962), Liz Taylor, Elvis Presley, Jackie Kennedy). Il reproduisait ses œuvres par centaines, parfois même par milliers, ce qui heurtait les idées classiques attribuant à une œuvre sa valeur car elle est unique. Il utilisa la sérigraphie pour figurer des bouteilles de Coca-Cola, des portraits de Marilyn Monroe, des boîtes de soupe Campbell (Campbell’s Soup Cans, 1962). Mais il réalisa aussi une série d’œuvres traitant de sujet plus dramatiques, comme les Chaises électriques et les Accidents de la route.
Les toiles de Roy Lichtenstein s’inspirent fortement de la publicité et de l’imagerie populaire de son époque, ainsi que des « comics » (bandes-dessinées). Il décrira lui-même son style comme étant « aussi artificiel que possible ». Il mit en valeur des icônes symboliques de l’American Way of Life comme le hot dog. Tom Wesselmann se distingua par ses grands nus féminins (Great American nude) et ses natures mortes (Still life), réalisées à partir de collages d’images découpées dans des magazines et d’objets trouvés. Jim Dine refusait d’être assimilé au pop art bien qu’il aime représenter des objets du quotidien. Souvent très colorées, ses toiles utilisent la technique du fondu (contours estompés) et des séries, avec une infinité de variations notamment dans les nuances chromatiques. Le motif du crâne, présent comme un rappel dans les toiles au milieu de nombreux objets banals et usuels du monde contemporain, renoue avec la tradition des vanités. James Rosenquist juxtapose des images sans rapport apparent, et ne respecte pas les rapports d’échelle entre les objets. Wayne Thiebaud peint des séries de gâteaux industriels…

Le Minimalisme

L’Art minimal est contemporain du Pop Art mais choisit l’abstraction, le dépouillement, l’économie de moyens et la pureté. Héritier du constructivisme, ce style est un prolongement des recherches de Joseph Albers (qui enseigna au Bauhaus de 1923 à 1933 avant de migrer aux États-Unis et est considéré comme un des initiateurs de l’art optique ou « Op art »). Le minimalisme invite le spectateur à la méditation et se rapproche du zen. Il exprime les valeurs américaines fondamentales (le puritanisme des origines), de pragmatisme et de matérialisme dans une période de forte croissance économique. En réaction aux tableaux extrêmement colorés et aux objets quotidiens élevés au rang d’œuvres d’art par les artistes du pop art, les œuvres minimalistes se composent généralement de deux ou trois couleurs et de formes basiques : ronds, carrés, lignes droites, etc. La simplicité est primordiale et il n’existe aucune représentation subjective derrière le minimalisme ; il est dénué de toute symbolique et ne cherche à jouer que sur les formes et les couleurs en évitant l’émotion au sens littéral du terme : un art dénué de tous sentiments subjectifs et objectifs.
Robert Ryman s’illustre avec ses Charter series, des monochromes essentiellement blancs. Les autres peintres du minimalisme américain sont Ad Reinhardt, Ellsworth Kelly ou Frank Stella. Ce dernier est célèbre pour ses toiles souvent gigantesques et découpées en fonction de la forme représentée. Sol LeWitt a produit des dessins simples parfois tracés directement sur les murs du lieu d’exposition (Wall paintings). Mais le minimalisme inspira également des plasticiens et des scultpeurs, comme Donald Judd.

Pluralisme de la fin du XXe siècle

La peinture américaine des années 1970 et 1980 se caractérise par une grande variété de styles et de méthodes.
L’école de New York connaît alors un déclin relatif. La période est notamment marquée par le retour en force de la figuration et du réalisme. À la suite de Milton Avery, considéré par certains comme le « Matisse américain », ou de Richard Diebenkorn, qui oscille tout le temps entre figuration et abstraction (il fit partie du Bay Area Figurative Movement, un mouvement né à San Francisco en faveur d’un retour à la figuration en peinture – voir plus haut -, tout en ayant débuté comme peintre expressionniste abstrait), on trouve des artistes aussi divers que Philip Pearlstein, Sylvia Sleigh, Larry Rivers, Alfred Leslie ou Andrew Wyeth, l’un des artiste américain les plus renommé de la seconde moitié du XXe siècle.

Dès la fin des années 1960, Chuck Close, Malcolm Morley, Audrey Flack, Don Eddy, Richard Estes, David Parrish s’essayent à l’hyperréalisme et produisent une peinture du quotidien proche du trompe l’œil. Chuck Close propose de gigantesques dessins de personnages patibulaires. Son premier tableau majeur, Big Nude, mesurait 3 mètres de haut sur 6,5 de large. S’il a d’abord visé à la reproduction photoréaliste des visages, il expérimente depuis un certain temps la pixellisation. Don Eddy et John Salt s’intéressent aux automobiles, alors que David Parrish représente des motos (Motorcycle, 1971). Richard Estes (né en 1936) se distingue par l’aspect baroque et volontairement virtuose de ses compositions, jouant sur les reflets de toutes sortes et la fragmentation géométrique de l’espace (vues de vitrines, de cabines téléphoniques…).

Les peintres new image (l’équivalent de la Figuration Libre en France) tels que Jennifer Bartlett, Susan Rothenberg ou Neil Jenney font également renaître la figuration, inspirés notamment par Philip Guston, précurseur dont l’influence au sein de la jeune peinture new yorkaise et américaine (George Condo ou Carroll Dunham, par exemple) n’a cessé de grandir depuis sa mort en 1980. Ancien camarade de Pollock, il fut dans les années 50 un expressionniste abstrait de l’École de New York, avant de retourner à la figuration, ce que les critiques de l’époque ne lui pardonnèrent pas, l’accusant d’avoir rompu avec la tradition moderniste – seuls De Kooning (« Tu sais quel est ton sujet : c’est la liberté ! ») et un cercle de proches le soutenant dans cette évolution. Ses œuvres des années 70 sont aujourd’hui justement reconnues et largement montrées dans les collections et expositions d’art contemporain et de nombreuses rétrospectives lui ont été consacrées depuis les années 90, entre autres à Paris au Centre Pompidou, à Londres à la Royal Academy ou au SFMOMA de San Francisco.

Le néo-expressionnisme est un style de peinture contemporain qui a émergé vers la fin des années 1970 et a dominé le marché de l’art jusqu’au milieu des années 1980. Lié à l’abstraction lyrique américaine, il s’est développé en réaction contre l’art conceptuel et minimaliste des années 1970. Les Néo-expressionnistes sont revenus à la peinture d’objets reconnaissables, tels que le corps humain, en adoptant un style violemment émotif, en utilisant des couleurs vives et des harmonies de couleur. Ils utilisent aussi un dessin cru de style bande dessinée pour provoquer. Julian Schnabel, Ed Paschke, Eric Fischl ou même Elisabeth Peyton appartiennent à cette tendance.

Le Bad Painting emprunte aux arts de la rue, (graffitis, pochoirs, affiches…) et s’inspire de cultures et idéologies marginales, (punk, rock, afro-américain, hispano-américain…). Volontairement sale et négligé, il est sur la lignée de la Figuration Libre et libérée. Jean-Michel Basquiat et Keith Haring en sont les principaux représentants (on retrouve ce style aussi, par exemple, chez Richard Prince). Jean-Michel Basquiat, peintre New Yorkais d’origine haïtienne, commence comme artiste de rue peignant des graffitis, et devient ensuite un artiste d’avant-garde très populaire et pionnier de la mouvance dite « underground ». Son style est très original, nerveux, violent et énergique. Il rencontre Andy Warhol et les deux hommes se lient d’amitié. Il finit par s’installer dans son immeuble sur Great Jones Street. Ils ont peint de nombreuses toiles « à deux mains » avant de mourir à un an d’intervalle.

Le XXIe siècle

Dans les années 80 et 90 sont apparus de nouveaux artistes, aujourd’hui très bien cotés, comme Christopher Wool et ses tableaux/textes au pochoir, Richard Prince (également photographe) et ses nurses sexy, ou George Condo et ses personnages burlesques à grandes oreilles. Et d’autres, comme Susan Rothenberg, Glenn Brown, John Currin, Sean Scully ou Mark Grotjahn. Sans oublier la toujours jeune Joan Semmel et ses autoportraits nus… Tandis que les valeurs sûres comme Warhol, Basquiat, Lichtenstein ou Rothko font les beaux jours des salles de ventes…

La galerie

Voici donc le résultat de mes (longues mais passionnantes) recherches : 117 ans de peinture (moderne) américaine, en 375 tableaux et autant de peintres, dont 80 femmes – ce qui fait 21 %, ce qui est plutôt pas mal, comparé à d’autres pays…
Bon voyage…

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6 réponses à La peinture américaine du XXe siècle à nos jours

  1. afe dit :

    Bonjour, votre blog est fort bien réalisé. Il m’a bien aidé dans la réalisation de mon TFE.
    Pourriez-vous m’indiquer les sources que vous avez utilisés pour la réalisation de votre article intitulé  »La peinture américaine de XXème siècle à nos jours ».
    Je vous remercie d’ores et déjà et vous souhaite un joyeux réveillon.

    • admin dit :

      Mes source sont diverses et variées : Internet en majorité (Wikipédia ou sites plus spécialisés), mais aussi livres ou revues… Et puis je mixe tout ça à ma sauce !
      Votre Travail de Fin d’Etudes portait sur quoi ? Et quelles études suivez-vous ? En tout cas, ravi d’avoir pu vous être utile. Je fais ce blog essentiellement pour moi, pour assouvir ma passion pour la peinture et les peintres, notamment ceux du XXe siècle (et du XXIe), mais si cela peut servir à d’autres ou, tout au moins, les intéresser, ce n’en est que mieux !

      • afe dit :

        Merci beaucoup. Je réalise mon travail de fin d’études sur le mouvement des droits civiques (ce qu’il a apporté à la communauté afro-américaine et comment ce mouvement a réussi à avoir une telle ampleur). Dés lors, je parle de l’impact des afro-américains sur l’art.

        • admin dit :

          Vaste et passionnant sujet ! De Rosa Parks à Obama, en passant par Martin Luther-King, Malcolm X, Angela Davis, Jean-Michel Basquiat et l’ouragan Katrina… il y a de quoi disserter !

  2. Bonjour,

    Je replonge volontiers et souvent dans votre univers avec délice… Vous m’aviez annoncé la peinture africaine, qu’en est-il ? Pensez-vous aussi aborder l’aquarelle et le pastel ? Cela ferait sans doute beaucoup de vous attaquer à ces domaines, ce n’est juste qu’une question…
    Merci encore et encore pour l’intelligence de votre blog (je me répète sans doute ?)
    Bon week end…

  3. Ping : Cérès Franco : jusqu’à l’Œil de bœuf | Marguerite Rothe

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