La peinture française du XXe siècle à nos jours

Après mes longs voyages en Amérique latine et au Japon, retour au bercail ! Car c’est à la peinture française du XXe siècle que je viens de m’atteler.
Gros morceau, me direz-vous. En effet, d’autant que je me suis vite rendu compte qu’en gros jusqu’en 1960, je connaissais la majorité des peintres français importants – de Gauguin à Buffet, en passant par Cézanne, Redon, LégerDerain, ValladonMonet, Picabia, Matisse, Arp, Delaunayde Staël, Hélion, Vieira da Silva, Balthus… Mais qu’ensuite, mes connaissances étaient plus que sommaires, voire extrêmement parcellaires. Mais voyons tout cela en détail :

L’art français du XXe siècle se développe à partir de l’impressionnisme et du post-impressionnisme qui a dominé à la fin du XIXe siècle. La première moitié du XXe siècle en France voit naître des expériences encore plus révolutionnaire : cubisme, dadaïsme, surréalisme, mouvements artistiques qui auront un impact majeur sur l’art occidental, et finalement mondial. Après la Seconde Guerre mondiale, alors que les artistes français explorent des tendances telles que le tachismeFluxus ou le Nouveau réalisme, la prééminence de la France dans les arts visuels est progressivement éclipsée par des développements qui se déroulent ailleurs, en particulier aux États-Unis (expressionisme abstrait, pop art, minimalisme…).

De l’impressionnisme à la Seconde Guerre mondiale

Les premières années du XXe siècle sont dominées par le néo-impressionnisme et notamment le divisionnisme (Seurat, Paul Signac, Maximilien Luce), expériences dans la couleur et le contenu que l’impressionnisme, le post-impressionnisme et symbolisme (Odilon Redon) ont déclenchés. L’Extrême-Orient apporte également de nouvelles influences qu’on retrouve chez les Nabis (Sérusier, Bonnard, Denis, Vuillard, Vallotton) qui explorent un art décoratif, des aplats et une approche graphique japonisante.

Le fauvisme

Né en 1904, disparu quatre ans plus tard sans constituer à proprement parler une école ni élaborer une doctrine, le fauvisme rassemble des artistes préoccupés par la création d’un nouveau langage pictural, essentiellement fondé sur la couleur (on retrouve cette même tendance en Allemagne chez les Expressionnistes).
C’est le critique d’art Louis Vauxcelles qui donne son nom au fauvisme. A l’occasion du Salon d’automne de 1905, où une sculpture classicisante d’un certain Marque est présentée dans une salle réunissant des œuvres aux couleurs très vives, signées Camoin, Flandrin, Matisse, Marquet, Rouault, il écrit dans le journal Gil Blas : « La candeur de ce buste surprend au milieu de l’orgie de tons purs : Donatello parmi les fauves. »
Ces Fauves cependant, loin d’être des peintres de pur instinct, ont pour la plupart suivi une formation académique. Henri Matisse et Albert Marquet se sont rencontrés à l’École des beaux-arts, qu’ont aussi fréquentée Charles Camoin et Henri Manguin, tandis que Jean Puy se perfectionne à l’académie Julian. L’atelier de Gustave Moreau, où ils se retrouvent, passe alors pour être un véritable foyer de révolte où « tous les insurgés contre la routine, tous ceux qui entendent se développer selon le sens de leur individualité se sont groupés ». Raoul Dufy, Othon Friesz, Georges Braque, tous trois originaires du Havre, fréquentent, quant à eux, l’atelier de Bonnat. Ces peintres, auxquels se joignent bientôt Maurice de Vlaminck et Kees Van Dongen, formeront le noyau actif du fauvisme avec André Derain qui a rejoint Matisse à Collioure en 1905. Au-delà de préoccupations artistiques communes, ces jeunes créateurs partagent un certain nombre d’idées sur la société. Volontiers anarchistes, antimilitaristes, anticléricaux, ils s’attaquent aux valeurs bourgeoises et posent dans l’enthousiasme les bases d’une nouvelle esthétique.

L’héritage de Cézanne

Pendant une grande partie de sa vie, Paul Cézanne a été une figure plutôt solitaire, vivant à l’écart des courants, que ce soit à Paris et, plus encore, dans sa ville natale d’Aix-en-Provence. Mais depuis sa mort en 1906, cependant, le nombre de ses fidèles n’a cessé de se développer et de grandir. Car en 1907, la rétrospective Cézanne au Salon d’Automne a bouleversé beaucoup d’artistes et accéléré d’un coup l’adoption du modernisme en matière de peinture. Cézanne devint pour Matisse « un Dieu bienveillant de la peinture » et pour Picasso, « son seul et unique maître ». Pour tous deux, il était « le père de tous les artistes » et son influence fut dès lors énorme sur l’avant-garde parisienne et, notamment, sur ce qui allait devenir le cubisme, qu’il initia et inspira.

Le cubisme

L’influence des masques tribaux africains conduit Pablo Picasso à ses Demoiselles d’Avignon de 1907, tandis que Georges Braque, poursuivant les recherches de Cézanne (pour qui toute forme naturelle pouvait se réduire à une géométrie essentielle – le cône, le cube, la sphère), déplie des objets pour les intégrer sur une surface en deux dimensions ; tous deux viennent de créer le cubisme, dans lequel ils vont intégrer des objets quotidiens : journaux, instruments de musique, cigarettes, verres de vin.
Parallèlement, dès 1910, Albert Gleizes et Jean Metzinger fréquentent l’atelier d’Henri Le Fauconnier où se retrouvent également Robert Delaunay et Fernand Léger. Les cinq artistes, auxquels s’ajoute Marie Laurencin, parviennent à exposer de façon groupée au salon des Indépendants de 1911. Réunies dans la salle 41, restée fameuse, leurs oeuvres, d’un style pourtant moins radical que celui élaboré depuis 1907 par Braque et Picasso dans le secret de leurs ateliers, révèlent le cubisme au grand public et provoquent un retentissant scandale. Désormais célèbres, Gleizes et Metzinger comptent parmi les exposants cubistes dont les envois sont les plus remarqués aux salons suivants, où Braque et Picasso, montrés avec parcimonie par la galerie de Daniel-Henry Kahnweiler (située dans une rue calme derrière la Madeleine dans le 8ème arrondissement de Paris), continuent à ne pas paraître.
Ces artistes ne se contentent pas d’analyser et de décrire des objets banals de la vie quotidienne, un bol de fruits, un violon ou une guitare, mais choisissent des sujets signifiants ou provocants, socialement et culturellement, pour exprimer les qualités dynamiques de la vie urbaine moderne (suivant en cela le Manifeste du futurisme, publié en Italie en 1909). Ce cubofuturisme dans toutes ses phases et divers styles va dominer l’Europe et l’Amérique pour les dix prochaines années.

Le groupe de Puteaux et la Section d’or

C’est au cours de l’année 1911 que se forme le groupe de Puteaux. Sont présents chez les frères Duchamp (Marcel Duchamp, Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon) ou dans l’atelier d’Albert Gleizes à Courbevoie, Robert Delaunay, Roger de La Fresnaye, Henri Le Fauconnier, Fernand Léger, Jean Metzinger, Francis Picabia, Henry Valensi, Jeanne Rij-Rousseau, Georges Ribemont-Dessaignes ainsi que la belge Marthe Donas, le polonais Louis Marcoussis (qui sera naturalisé français), le tchèque František Kupka (un des pères de l’abstraction), le russe Léopold Survage (qui sera naturalisé français en 1927) et l’espagnol Juan Gris (qui vit et travaille en France à partir de 1906), auxquels s’ajoutent quelques poètes (Apollinaire) et critiques (André Salmon). Entre deux parties d’échecs, ils commentent à nouveau la pensée de Bergson et les mathématiques nouvelles. Artistes soucieux de s’inscrire dans la modernité, ils s’entretiennent d’art africain, de la quatrième dimension, de géométrie non euclidienne, de futurisme et des recherches chronophotographiques de Étienne-Jules Marey et adweard Muybridge.
L’idée germe d’une autre manifestation, le Salon de la Section d’or, pour montrer leurs dernières recherches (la section d’or est cette divine proportion inventée par les peintres classiques italiens). En plus des fondateurs (Gleizes, Duchamp, Metzinger, Picabia), l’exposition, organisée à la galerie La Boétie en octobre 1912, réunit une trentaine de peintres et sculpteurs dont Pierre Dumont, Alexander Archipenko (sculpteur né en Ukraine), Félix Tobeen, André Lhote, Roger de La Fresnaye, Louis Marcoussis, André Mare (surtout décorateur), Irène Reno (née en Pologne, elle arrive à Paris en 1905, naturalisée française) et František Kupka, qui est inscrit in extremis par un des plus jeunes participants, Henry Valensi, à la fois exposant et « secrétaire » de l’exposition. Grande exposition hors marché et sans intermédiaire (Valensi, sur les conseils éclairés de Jacques Villon et de Marcel Duchamp, tenant farouchement éloignés de l’organisation les agents et galeristes, « incapables de comprendre à quoi nous touchons avec notre Art »), la Section d’or était une sorte de cri, à la fois de révolte et d’espoir, lancé à la face du monde qui ne semblait pas encore prêt à rassembler art et science… C’est lors de ce Salon que, pour la première fois, Duchamp accrocha son Nu descendant un escalier, refusé au Salon des indépendants du printemps de 1911.

Poète (sous le pseudonyme de Léonard Pieux), écrivain (sous le pseudonyme de Roch Grey), peintre (sous le pseudonyme de François Angiboult), muse et mécène, la Baronne d’Oettingen est au cœur de ce moment clé de l’histoire de l’art moderne. Chez la Baronne d’Oettingen, d’autres russes comme son cousin Serge Férat (pseudonyme du comte Sergueï Nikolaïevitch Yastrebzov) ou Léopold Survage ne se consacrent pas uniquement à leurs créations et à la renaissance de la revue Les Soirées de Paris avec Apollinaire. Ensemble, ils participent passionnément et financièrement aux actions de leurs amis de Montparnasse : Picasso, Matisse, Léger, Modigliani, Rousseau, Derain, Archipenko, Vlaminck, Zadkine… Hélas, en 1917, après la Révolution russe, le nouveau régime séquestre sa fortune et la baronne doit réduire son généreux train de vie. Elle continue à écrire, mais son travail ne lui suffit pas pour vivre. Heureusement, en 1910, elle avait acheté avec Férat neuf toiles et cinq dessins au Douanier Rousseau. Leur vente subviendra à ses besoins jusqu’à sa mort, en 1950.

Les débuts de l’Abstraction en France

Au cours de la deuxième décennie du vingtième siècle, un tournant radical et déterminant s’opère en peinture, l’invention de l’abstraction. La tendance apparaît autour de la 1ère Guerre Mondiale et ce, simultanément dans plusieurs pays. L’objectif de ce mouvement est de rendre des images perceptibles par le seul pouvoir expressif des formes, lignes et couleurs, sans aucune référence au réel, à la réalité extérieure observée. Cette dernière étant trop atroce, on peut donc dire que l’abstraction est née d’une sorte de nécessité intérieure, de refus de l’image de la réalité.  « Plus horrible devient le monde, plus abstrait devient l’art », dit Paul Klee. Les peintures abstraites sont des images autonomes qui ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Dans ce sens, elles s’apparentent aux icônes de la religion orthodoxe qui manifestent la présence d’un contenu plutôt qu’elles ne le représentent, mais, à la différence de ces images religieuses, les peintures abstraites rompent avec le monde des apparences. Elles révèlent l’existence de réalités jusqu’alors invisibles et inconnues, que chaque artiste détermine à sa façon, selon ses propres convictions, son parcours et sa culture, de l’art populaire aux théories les plus spéculatives. Chacun des quatre artistes pionniers de l’abstraction, Frantisek Kupka, Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch et Piet Mondrian, aboutit ainsi à sa propre formulation de l’abstraction, indépendamment des autres.
Presque tous les peintres de ce mouvement justifient leur démarche en s’appuyant sur la musique (harmonie, rythme) que l’on trouve très expressive sans pour autant prétendre pouvoir dire ce qu’elle signifie.
Kandinsky découvre l’abstraction lorsqu’il se rend à une exposition de Monet et qu’il se retrouve devant une œuvre représentant une meule de foin. Il constate que plus il s’approche de l’œuvre, moins il en distingue la signification. Il a tout simplement trouvé formes et couleurs belles et en conclut qu’un tableau peut être réduit à des lignes et des formes sans qu’il n’y ait de sujet.
A la même époque en France, en 1913, Robert Delauney produit ses formes circulaires tandis qu’en Hollande, Mondrian s’y met et aux alentours de 1920-1935, presque tous les grands peintres auront une période abstraction et Paris devient capitale de l’abstraction.

Dada

On le voit, la Première Guerre mondiale n’empêche pas la création dynamique de l’art en France. En 1916, un groupe de mécontents (Hans Arp, Sophie Taeuber, Tristan Tzara) qui se rencontrent dans un bar de Zurich, le Cabaret Voltaire, tout juste créé par Hugo Ball, va proclamer vouloir faire table rase du passé : l’anti-art de Dada est né. Dans le même temps, Francis Picabia et Marcel Duchamp, sans oublier Georges Ribemont-Dessaignes, écrivain, poète et peintre, explorent des notions similaires. À la une exposition d’art à New York en 1917 Duchamp présente un urinoir en porcelaine blanche signé R. Mutt comme œuvre d’art, devenant ainsi le père du « ready-made ».
Après l’absurdité et les horreurs de la guerre (près d’un dixième de la population masculine adulte française aura été tuée ou blessée), la France des années 1920 attire notamment de riches Américains qui apprécient sa liberté. Paris est aussi, pour les Afro-Américains, un havre loin des restrictions raciales qu’ils connaissent en Amérique (James Baldwin, Richard Wright, Joséphine Baker).

Le surréalisme

Quand Dada arrive à Paris, il a été avidement accueilli par un groupe de jeunes artistes et écrivains, guidés par André Breton, et fascinés par les écrits de Sigmund Freud, et notamment par la notion d’inconscient. L’esprit provocateur de Dada se lie à l’exploration de l’inconscient par le biais de l’écriture automatique, les opérations de hasard et, dans certains cas, les états modifiés. Le surréalisme va rapidement se retrouver dans la peinture (Ernst, Magritte, Dali, Miro, Tanguy, Masson, Ernst) et la sculpture. Le choc des éléments inattendus, l’utilisation de frottage, collage et décalcomanie, le rendu des paysages oniriques et mystérieux deviennent les techniques clés des années 1930.
La Seconde Guerre mondiale met un terme à tout ça. De nombreux surréalistes (Tanguy, Ernst, Breton, Masson…) fuient la France occupée pour New York et les États-Unis (où Duchamp est installé depuis 1936), mais la cohésion et le dynamisme vont se perdre dans la grande ville américaine.

Abstraction géométrique

Au début des années 30, la plupart des abstraits se sont réfugiés à Paris, ultime refuge européen de la liberté (la montée du totalitarisme menace partout les artistes les plus révolutionnaires et leur « art dégénéré »).
L’Urugayen Joaquin Torrès-Garcia et le Belge Michel Seuphor fondent le groupe « Cercle et Carré » qui compte bientôt 80 membres et se dote d’une revue du même nom (15 mars 1930), suivi le 15 février 1931 de « Abstraction-Création », fondé par Auguste Herbin et Jean Hélion, et qui va compter jusqu’à 400 adhérents, parmis lesquels Mondrian, Kandinsky, van der Leck, ou encore Jean Arp et son épouse Sophie Taeuber, qui sont de toutes ces aventures parisiennes.

Après la Seconde Guerre mondiale

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, c’est désormais une évidence : la capitale de l’art n’est plus Paris, mais New York. La ville est devenue le creuset des avant-gardes, le lieu de rencontre de tous les acteurs de la vie artistique, artistes, galeristes, critiques. A cela, plusieurs raisons : chassée par la montée des fascismes, une bonne part de l’intelligentsia européenne s’est exilée aux Etats-Unis, principalement à New York. Autour d’artistes à la réputation déjà légendaire tels que Duchamp, Mondrian ou Ernst, une nouvelle Athènes se constitue de l’autre côté de l’Atlantique, où se retrouvent Masson, Chagall, Albers, Lipchitz, Zadkine et tant d’autres. Ils vont jouer un rôle de catalyseur auprès des jeunes artistes américains, dont certains vont se regrouper dans ce que l’on appellera, un peu artificiellement, l’école de New York. Une habile promotion dans les galeries locales, puis sur le marché de l’art, va assurer la promotion de ce groupe qui réunit Franz Kline, Robert Motherwell, Willem De Kooning, Mark Rothko, Barnett Newman. Cette école de New York trouve son héros en Jackson Pollock, popularisé par les extraordinaires photos que Hans Namuth a faites de lui, avant même que ses peintures ne soient vraiment connues du grand public.

La scène artistique française, dans l’immédiat après-guerre, part dans plusieurs directions. Il y a ceux qui continuent les expériences artistiques des années 1930 et 1940, en particulier le surréalisme (Dali, Survage) et l’abstraction géométrique (Herbin, Folmer, Heurtaux, Gorin, Morellet), et ceux associés à l’abstraction lyrique (tachismenuagismeArt Informel et paysagisme abstrait), modes d’expression assez similaires à l’expressionnisme abstrait ou la peinture d’action qui se développe en même temps à New York. En France, pendant cette décennie, les mentalités évoluent. Plus ou moins nettement, ils vont s’éloigner de la représentation de la nature, d’une certaine forme de figuration. Aux côtés d’hommes comme Jean Bazaine, Maurice Estève, Charles Lapicque ou Alfred Manessier, des artistes rentrés d’exil ou de captivité viennent grossir les rangs de ce mouvement naissant qui, de tâtonnements en découvertes, conduira la plupart d’entre eux jusqu’à l’abstraction. Non pas une abstraction géométrique telle qu’on l’enseignait déjà au Bauhaus avant la guerre, mais une abstraction qui exprime la totale liberté du peintre, un élan lyrique, une apothéose du geste.

Vingt jeunes peintres de tradition française

Ces artistes qui vont développer la peinture non figurative s’étaient retrouvés à Paris en 1941 lors d’exposition intitulée « Vingt jeunes peintres de tradition française », première manifestation de la peinture d’avant-garde française résistant ouvertement à l’idéologie nazie de l’« art dégénéré ». L’exposition, dont le vernissage a lieu onze mois après le début de l’Occupation allemande, en mai 1941 à la galerie Braun, réunit des peintures de Jean Bazaine, André Beaudin, Paul Berçot, Jean Bertholle, Francisco Bores (Espagnol, s’installe à Paris en 1925), Lucien Coutaud (surréaliste), François Desnoyer, Léon Gischia, Charles Lapicque, Jean Lasne, Lucien Lautrec, Raymond Legueult, Jean Le Moal, Alfred Manessier, André Marchand, Édouard Pignon, Suzanne Roger, Gustave Singier, Pierre Tal Coat et Charles Walch. Le nom de Maurice Estève figure également au catalogue, mais aucune de ses toiles n’est présentée.
Jean Bazaine : « Tous ces peintres, d’âge et de tendance très divers, se trouvèrent d’accord sur la résistance nécessaire de la peinture. Ce qui leur fit accepter ce titre général et lénifiant, destiné à rassurer l’occupant. (…) Il ne s’agissait de rien d’autre – de rien moins – que de permettre, par surprise, une exposition « judéo-marxiste », sous toutes ses formes, à une époque où les galeries n’osaient montrer que de l’art d’obédience nazie. Après refus d’un certain nombre de galeries, la galerie Braun accepta le risque de l’exposition, qui fut accueillie par des torrents d’injures d’une presse bien dressée. (…) Je me souviens assez bien du vernissage : sont arrivés deux officiers allemands qui se sont avancés jusqu’au milieu de la galerie. Ils ont jeté un coup d’œil, se sont regardés, ont tourné les talons. C’est tout. C’était l’époque où les Allemands voulaient encore être gentils. »
Bon nombre des « Vingt jeunes peintres » participeront, auprès de Gaston Diehl, à la création du Salon de Mai en 1943.

La Nouvelle école de Paris

Entre 1940 et 1950 se développe ainsi ce que l’on a appelé « la Nouvelle école de Paris », avec des artistes venus de divers horizons et pays. Car malgré le nom, le mouvement de l’abstraction lyrique n’a jamais été une école : art informel, gestuel, non figuratif, tachisme, matiérisme et autres mouvements en « -ismes » s’y côtoient sans se fédérer.
Ces peintres abstraits développent chacun leur recherche personnelle. Maria Helena Vieira da Silva (une des rares femmes de cette génération), Nicolas de Staël (perpétuel funambule entre gloire et désespoir, entre abstraction et figuration), Jean Fautrier, Jean Hélion, Serge Charchoune, Maurice Estève, Jean-Michel Atlan qui fait le lien avec CoBrA (Jorn, Corneille, Appel), Dubuffet, Bram Van Velde…
Tous, d’ailleurs, ne sont pas lyriques. Denise René défend l’abstraction géométrique à laquelle se rattachent Magnelli, Herbin, Vasarely. Le trio Hans Hartung, Gérard Schneider, Pierre Soulages chez Lydia Conti contre attaque. Dans ce monde à reconstruire des années 50, Hans Hartung fait figure d’aîné : fondateur de la peinture gestuelle, libre, lyrique, ses toiles sont un balayage presque impulsif de la couleur, elles font jaillir des signes graphiques dans des gerbes de bruns et de noirs. Rien de semblable chez Soulages, pour qui la peinture «est une organisation de formes. Sur la toile il n’y a ni littérature ni anecdote, mais seulement rythme, matière, espace. Peu à peu, le noir envahit toute la surface de ses toiles, cet outrenoir dont il travaille la profondeur et qui, seul, est capable de dialoguer avec la lumière et l’espace environnant.
Très vite, la Nouvelle Ecole de Paris prend une place prépondérante. L’abstraction lyrique a le vent en poupe. Elle revendique le geste, le signe, la vitesse. C’est Georges Mathieu (devant les toiles de Wols il a eu « la révélation que la peinture, pour exister, n’a pas besoin de représenter ») qui dès 1947 donne sa visibilité à une non-figuration lyrique ou psychique, avec une exposition de groupe où il réunit notamment Wols, Camille Bryen, Jean-Michel Atlan ou les québéquois Jean-Paul Riopelle avant de révéler l’année suivante les peintres américains de l’Action Painting (Pollock, Tobey, de Kooning).
L’espace et le temps sont devenus des éléments poétiques. Avec Olivier Debré, Zao Wou Ki, Chu Teh Chun, la nature est appréhendée autrement et suggère à Ragon le terme de paysagisme lyrique. Signe paysage, signe personnage, pour l’abstraction fervente de Debré, l’immanence du geste pour une fulgurance graphique avec Hartung, Schneider, Mathieu, l’abstraction lyrique décline d’autres appellations : art informel, art autre (Tapié), tachisme.

Jean Dubuffet

Dans le même temps, Jean Dubuffet a dominé les premières années d’après-guerre. L’oeuvre de Dubuffet est constituée de milliers de peintures, dessins, sculptures qui s’étendent de 1942 à sa mort en 1985. Prolifique et protéiforme, elle comprend de nombreuses périodes et styles différents, allant de la plus pure abstraction « matiérique » à des scènes pittoresques ressemblant aux dessins d’enfants, en passant par des collages de toutes sortes.
La fascination de Dubuffet pour la production picturale des malades mentaux, des prisonniers et des enfants l’amènera à développer un art dégagé de la sécheresse des codes bourgeois et de l’intellectualisme. Son travail et ses analyses se réclament souvent d’un art primitif, populaire ou enfantin (inventant pour cela le terme « Art Brut » – dont il a quasiment « déposé » le brevet) : « Je suis un peintre du dimanche pour qui tous les jours sont des dimanche », déclarait-il. Gaston Chaissac, avec qui Dubuffet entretint une abondante correspondance (plus de quatre cent lettres !), est très tôt intégré à sa collection et exposé dès 1948 avec les autres créateurs du Foyer de l’Art brut (qui deviendra la Compagnie de l’art brut).
De nombreuses oeuvres de Dubuffet utilisent des techniques mixtes de peinture à l’huile épaissie avec des matériaux comme le sable, le goudron et la paille, donnant à ses pièces une surface exceptionnellement texturisée et une consistance rugueuse.
Dès 1962, il fait des séries de dessins au stylo, de manière un peu automatique, débutant ainsi le cycle de l’Hourloupe, se caractérisant par des aplats rouges, bleus, blancs et noirs. Avec l’Hourloupe, il prend le contre-pied de ses œuvres antérieures, faisant disparaître toute texture pour une quadrichromie largement cloisonnée, avec hachures et aplats, qu’il décline en tableaux, sculptures et vastes installations.

Le nouveau réalisme

En 1960, Pierre Restany et Yves Klein fondent le Nouveau Réalisme, et une déclaration commune est signée le 27 Octobre 1960 par neuf personnes : Yves Klein, Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Martial Raysse, Pierre Restany, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques de la Villeglé ; en 1961 ils sont rejoints par César, Mimmo Rotella, puis Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. L’artiste Christo rejoint le groupe en 1963. Les membres du groupe ont vu le monde comme une image, d’où ils prendraient des pièces pour les intégrer dans leurs œuvres. Ils ont cherché à rapprocher la vie et l’art, et ont souvent été comparés avec le Pop Art . Yves Klein roule des femmes nues dans de la peinture bleue pou qu’elles se jettent sur ses toiles ; Niki de Saint-Phalle tire des cartouches de peinture sur ses toiles ; Arman rassemble des objets trouvés dans des assemblages en boîte ou revêtus de résine ; César Baldaccini produit de grandes sculptures-objets compressés ; Daniel Spoerri utilisé les repas et la nourriture comme matériau artsistique.

La figuration narrative

Apparu en même temps que le Pop art aux Etats-Unis, la figuration narrative est un mouvement pictural né au début des années 1960 en France, dans le cadre du retour à la nouvelle figuration et en opposition à l’hégémonie de l’abstraction des années 50. Parmi ses sources d’inspiration (cadrages, montages, etc.) on compte la bande dessinée, la photographie, la publicité, le cinéma… ; en fait, l’ensemble des images du quotidien. Les thèmes des œuvres sont rattachés le plus souvent aux scènes de la vie de tous les jours, ainsi qu’aux revendications sociales ou politiques. Les principaux artistes du mouvement sont  Peter Klasen, présent à Paris depuis 1959, Hervé Télémaque (né à Haïti), Bernard Rancillac, Eduardo Arroyo, à Paris depuis 1958, Gilles Aillaud, Gérard Fromanger, Erró, Gérard Guyomard.

Associés de diverses manières avec le Nouveau Réalisme, les artistes du mouvement international Fluxus participent aux questionnements soulevés par les formes d’arts qui voient le jour dans les années 1960 et 1970 : statut de l’œuvre d’art, rôle de l’artiste, place de l’art dans la société, notamment. L’humour et la dérision sont placés au centre de la démarche et participent à la définition de Fluxus comme un non-mouvement, produisant de l’anti-art ou plutôt un art-distraction.

Un autre artiste de la période est Victor Vasarely, né en Hongrie et naturalisé français en 1961, qui invente l’Op-Art en concevant des modèles optiques sophistiqués.

Supports/Surfaces

Supports/Surfaces est un des mouvements artistiques fondateurs de l’art contemporain français, tant en peinture qu’en sculpture. En juin 1969, lors d’une exposition au musée du Havre intitulée « La peinture en question », Vincent BioulèsLouis CaneMarc Devade, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, André Valensi, Bernard Pagès et Claude Viallat déclarent :
« L’objet de la peinture, c’est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu’à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un « ailleurs » (la personnalité de l’artiste, sa biographie, l’histoire de l’art, par exemple). Ils n’offrent point d’échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c’est sur son terrain que l’on doit poser les problèmes.
Il ne s’agit ni d’un retour aux sources, ni de la recherche d’une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D’où la neutralité des œuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive. »
Supports/Surfaces se caractérise par une démarche qui accorde une importance égale aux matériaux, aux gestes créatifs et à l’œuvre finale. Le sujet passe au second plan et, souvent, le support traditionnel est remis en question. Ces réflexions ont été précédées, à partir de 1955 au Japon, par le mouvement d’avant-garde Gutaï. Simultanément, des recherches comparables sur la question de l’œuvre et du processus de création se développent à la fin des années 1960, en particulier dans le cadre de l’art minimal américain, ou de l’Arte Povera italien.

L’Art Contemporain

Le Néo-Expressionnisme

Expression sans doute la plus marquante du retour à la peinture figurative au cours des deux dernières décennies du XXe siècle, le Néo-Expressionnisme est issu à la fois de la culture punk et de la peinture de rue. Par la suite, il est devenu l’objet d’une récupération mercantile. Divers noms ont été utilisés pour désigner ce mouvement selon les pays. En Allemagne, l’un des points de départ de ce mouvement, on parle de Nouveaux Fauves (Georg Baselitz, Kart Heinz Hödicke, Antonius Höckelmann, Jörg Immendorff, etc.), aux États-Unis de Bad painting (Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Eric Fischl), en Italie de Trans-avant-garde et en France de Figuration libre.
La Figuration Libre est constituée dès les années 1980 autour des peintres Rémi BlanchardFrançois BoisrondRobert CombasHervé Di Rosa, son frère Richard et Louis Jammes. Entre 1982 et 1985, ces artistes exposent à plusieurs reprises avec leurs homologues américains Keith Haring et Jean-Michel Basquiat entre autres. La Figuration Libre s’inscrit dans le prolongement des artistes et des mouvements historiques dont la spécificité est l’ouverture à des formes marginalisés d’expression, comme le cubisme s’était ouvert à l’art africain et océanique (parmi d’autres influences), l’art brut aux dessins d’enfants, ou le Pop art à la publicité et aux bandes dessinées.

Un nouveau débouché pour les artistes s’est répandu depuis les années 1990 et a exercé depuis sur eux un fort pouvoir d’attraction : l’art numérique, l’art sur le Web. Pour certains artistes, Internet (comme pour d’autres, depuis plus longtemps, la rue), est un moyen de se faire connaître avant d’accéder aux galeries. Mais il ne se limite pas à n’être qu’un simple outil de promotion. De nombreux plasticiens (devenus graphistes) y trouvent un nouveau terrain d’expérimentation. Et si avec l’art informatique – sous ses diverses formes -, l’on ne peut plus parler proprement de peinture, il y a à parier que la peinture qui se fera demain, dans ce qu’elle aura de nouveauté, devra beaucoup à ce qui s’expérimente aujourd’hui sur le Web.

Street art et Post-graffiti

Ernest Pignon-Ernest peut être considéré comme le précurseur du street art puisque c’est en 1963 qu’il peint son premier pochoir sur le plateau d’Albion, dans le Vaucluse, en réaction à la force de frappe nucléaire française. Les premiers subway drawings de Keith Haring dans le métro de New York datent de 1980 tandis qu’en France la première intervention de Blek le rat (Xavier Prou) date de fin 1981 et le premier pochoir de Jef Aérosol (Jean-François Perroy) de 1982, année où se forme également le groupe Banlieue-Banlieue. Speedy Graphito (Olivier Rizzo) et Jérôme Mesnager débutent en 1983, Les Frères Ripoulin (avec, entre autres, Claude Closky et Pierre Huygues) en 1984, Nuklé-Art, Kim Prisu, Kriki, Etherno, Miss Tic et Ash en 1985. Plusieurs de ces artistes sont proches de la Figuration Libre qui apparaît au même moment. À partir de 1985 le graffiti se développe à Paris et en Europe.
Puis, au fil du temps, la peinture de rue change de caractère ; elle acquiert une certaine maturité ; des outils nouveaux sont également utilisés par les artistes : à la simple bombe aérosol des graffeurs, on ajoute l’affiche peinte, le sticker, le pochoir, etc. Au milieu des années 1990, commence ainsi une période souvent dite Post-graffiti, et qui dure encore aujourd’hui. Parmi les représentants de ce nouvel art urbain, on peut citer Shepard Fairey aux États-Unis, auteur de la fameuse campagne « Obey » pour l’élection d’Obama, Banksy en Angleterre et, en France, Seth (Julien Malland), C215 (Christian Guémy), Brusk, et même JonOne (John Andrew Perello) qui, bien que né à Harlem en 1963, vit et travaille à Paris depuis la fin des années ’80.
D’ailleurs, les artistes français cotés aujourd’hui [du moins en 2011, quand j’ai écrit cet article] sont bien souvent de nouvelles figures du Street art, bénéficiant notamment de l’effet Banksy, artiste anonyme a priori anglais dont les meilleures enchères affichent six chiffres. Ainsi, parmi les dix artistes français les plus cotés aujourd’hui, quatre sont issus du Street art : Mr Brainwash, JR, Stephane Graff et Invader. Parmi ces quatre élus, Mr Brainwash (pseudonyme de Thierry Guetta) est celui qui a bénéficié le plus directement de l’effet Banksy avec le documentaire Faites le Mur ! Le secret de Mr Brainwash : copier sans complexe l’art et la manière de Banksy.
[En lire plus ici]

Et aujourd’hui ?

L’artiste français vivant le plus cher est, depuis peu, Martial Raysse (égérie du Pop art à la française), né en 1936. L’année dernière à Capri est partie au triple des attentes pour 3,6 m£ (soit 4,2 m€) en février 2011 à Christie’s Londres. Mais ce record de Martial Raysse est un peu l’arbre qui cache… le désert ! Car dans le classement Artprice 2012-2013 concernant l’Art Contemporain, parmi les 500 artistes classés on trouve… 6 français : Robert Combas (81e), Philippe Pasqua (156e), Richard Orlinski (sculpteur, 256e), Bernard Frize (311e), Flore Sigrist (458e) et Jacques Tardi (BD, 476e) – quand les allemands, par exemple, placent Andreas Gursky, Anselm Kieffer, Martin Kippenberger, Thomas Schütte et Albert Oehlen dans les 50 premiers – de même que les anglais avec Peter Doig, Damien Hirst, Glenn Brown, Mark Quinn et Banksy…
Ainsi, quand le record de Robert Combas culmine à 166 000 $ pour une toile de 1985 vendue à Bruxelles, celui de Jean-Michel Basquiat, artiste de la même génération, équivaut à 33 m€ ! Léo Castelli s’est pourtant intéressé de près aux œuvres de Robert Combas mais pour devenir une star du marché, il eut fallu que l’artiste français troque Paris contre New York. Le fossé entre la cote de Basquiat et de Combas n’a de comparable que l’étendue de la notoriété des deux artistes. En restant en France et dans le système français, il est devenu presque impossible pour un artiste contemporain d’obtenir la reconnaissance et le succès. New York, Londres et Berlin ont marginalisé Paris. On peut même dire que « l’art contemporain français n’existe presque pas sur la scène internationale« . Ainsi, aujourd’hui, seuls les artistes français étudiant, vivant ou exposant régulièrement à Londres ou aux États-Unis parviennent à exister ; c’est le cas de Jules de Balincourt, qui vit et travaille à Brooklyn. Il est l’artiste contemporain français le plus performant aux enchères sur les dernières années (Blind Faith and Tunnel Vision s’est vendu plus de 200 000 $) mais n’a jamais vendu une seule œuvre en France !
La seule bonne nouvelle est finalement la présence rafraîchissante de la jeune Flore Sigrist. L’artiste est arrivée sur la scène des enchères en 2011. En 2011 et 2012, elle figure d’ailleurs au deuxième rang des artistes de moins de 30 ans les plus cotés de la peinture contemporain (classement Artprice). Enfant prodige fascinée par la couleur, elle commence à peindre à 7 ans et elle expose dès l’âge de 8 ans… Née en 1985 à Strasbourg, cette artiste franco-suisse à la sensibilité exacerbée – car autiste – connaît même la fortune des enchères avec le record de 104 000 € pour une toile de 1998 chez Sotheby’s à New York en 2013. Généreuses et inspirées, ses œuvres abstraites habitent de très grands formats, comme la Série des Jardins de Flore.

La France à la traîne

Mais, en matière d’art, la France n’est pas modeste par choix. Tardant à se moderniser et peinant à valoriser ses artistes à l’échelle mondiale, la capitale culturelle s’est complètement laissé distancer, notamment sur le marché de l’art contemporain (qui, pourtant, explose, avec des artistes comme Basquiat, Koons ou Doig dont les œuvres atteignent des sommes jamais vues). Distancer d’abord par les Etats-Unis dans les années 50, puis par la Chine, qui devenait en 2007 la 3ème place de marché mondiale remplaçant la France sur le podium. Selon Artprice, le marché parisien représentait l’an dernier seulement 2,8% du marché mondial, très loin derrière les Etats-Unis et la Chine, quasi ex aequo à près de 33%, et le Royaume-Uni, à 21%. On comprend mieux que les vendeurs potentiels préfèrent être à New York et Londres !
Cela ne signifie pas que les talents manquent en France, bien au contraire. Ce qui manque c’est à la fois l’envie et les moyens de faire connaître les jeunes artistes français.
Heureusement, il reste l’art moderne et ses poids lourds qui, eux se vendent encore plutôt bien : Monet, Chagall, Renoir, Cézanne, Léger, Klein, Matisse, Sisley, Soutine, Soulages, Dubuffet, Signac, Picabia, de Staël, Braque, tous dans les 100 premiers des meilleures ventes 2013.
Mais pour les artistes français contemporains, la route sera bien difficile (voire impossible) pour espérer égaler un jour en notoriété tous ces artistes qui ont fait les grandes heures de la peinture française… et mondiale ! Il y a pourtant bien du talent chez Catherine Lopes Curval, Djamel Tatah, Marc Desgrandchamps, François Bard, Clément Montolio, Patrice Giorda, Jérémy Liron, Ida Tursic & Wilfried Mille, Richard Texier (peintre et sculpteur), Damien Deroubaix, Julien des Monstiers, Ronan Barrot, Philippe Perrot, Vincent Corpet… Souhaitons-leur, sinon de gagner des millions, mais du moins d’avoir la reconnaissance qu’ils méritent.

La galerie

Voici donc 117 ans de peinture (moderne) française, en 253 peintres et 253 tableaux.
A noter : la présence de 24 femmes. Ça n’est pas beaucoup, alors je vais les citer : Jacqueline Marval, Georgette Agutte, Emilie Charmy, Marie Laurencin, Marcelle Cahn, Suzanne Valadon, Séraphine Louis, Véra Pagava (née en Georgie, elle arrive à Paris en 1923), Sonia Delaunay (ukrainienne naturalisée française), Maria Helena Vieira da Silva (portugaise naturalisée en 1956), Maria Manton, Huguette Arthur BertrandAurélie Nemours, Elvire Jan (née en Bulgarie, vit à Paris dès 1926), Geneviève Claisse, Geneviève Asse, Françoise Gilot (compagne de Picasso de 1944 à 1953 – elle peignait déjà avant de le rencontrer -, mère de deux de ses enfants, Claude et Paloma, aujourd’hui citoyenne américaine, elle demeure une figure maîtresse dans le monde de l’art, créant le lien idéal entre l’Ecole de Paris des années quarante et cinquante, et la scène artistique contemporaine des Etats-Unis), Françoise André (née en Vendée en 1926, a étudié à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, a déménagé en Amérique du Nord en 1951 et a passé 12 ans à Vancouver, 7 ans à Chicago et 11 ans à Philadelphie – morte en 2009), Catherine Lopes-Curval, Francine van Hove, Françoise Nielly, Ida Tursic (avec son compère Wilfried Mille), Joëlle Vulliez Matringe et Flore Sigrist.
Allez, cette fois, place aux tableaux !

1 personne a aimé cet article
Ce contenu a été publié dans Europe, Peinture. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*