Quelques peintres italiens plus en détail

Amadeo Modigliani

Amedeo Clemente Modigliani né le 12 juillet 1884 à Livourne, Italie et mort le 24 janvier 1920 à Paris, est un peintre figuratif et sculpteur italien de l’École de Paris. Se considérant initialement comme un sculpteur, à la suite de sa rencontre avec Constantin Brancusi, ce n’est qu’à partir de 1914 qu’il se consacre exclusivement au dessin et à la peinture de nus et de portraits. Ses œuvres, aux formes étirées et aux visages sans regard ressemblant à des masques, demeurent emblématiques de l’art moderne naissant. Il meurt prématurément, perdu d’alcool ; le lendemain, sa compagne, Jeanne Hébuterne, enceinte de neuf mois, se suicide.
C’est dans les années 1916 et 1917 que Modigliani peint, à Paris, sa célèbre série de nus qui comprend trente tableaux. Ils montrent les modèles assis, debout ou couchés, présentés idéalisés dans leur nudité. Les corps des femmes forment l’élément central de l’image ; l’espace et les autres objets sont renvoyés à l’arrière-plan et n’occupent qu’une place limitée dans l’image. Leur représentation n’évoque rien de mythologique ni d’historique, mais est purement simplement une représentation de la nudité. Ils n’en restent pas moins dans la tradition de la Vénus nue qui, de la Renaissance au XIXe siècle n’a cessé de constituer le motif prédominant du nu.
La peinture Nu couché, datant de la fin de cette époque, est une des plus célèbre de Modigliani. Elle a été vendue en 2015 à un collectionneur privé chinois au Christie’s de New-York pour la somme de 170,4 millions de dollars, en faisant la deuxième œuvre la plus onéreuse jamais vendue aux enchères, juste derrière Les Femmes d’Alger (version O), de Picasso.

Giorgio de Chirico

Voir biographie et galerie ici.

Renato Guttuso

Renato Guttuso (né en décembre 1911 en Sicile et mort en janvier 1987 à Rome) est un peintre italien, représentant du réalisme pendant les périodes fasciste et communiste de l’histoire italienne contemporaine. Résistant, antifasciste, très tôt engagé aux côtés des communistes, Guttuso se caractérise toutefois par un art qui transcende toute considération politique et par une identité sicilienne qui se situe aux antipodes du régionalisme.
Fils d’un arpenteur de métier mais aquarelliste amateur, Renato Guttuso est né le 26 décembre 1911 à 15 km de Palerme. Influencé par le hobby de son père, le jeune garçon commença très tôt à peindre ; il datait et signait ses propres œuvres avant l’âge de 13 ans. L’essentiel de son activité consistait alors à copier des paysagistes siciliens du XIXe siècle, des peintres français tels que Millet ou des artistes contemporains comme Carlo Carrà, ce qui n’excluait pas des créations originales, en particulier des portraits (il existe, au musée communal de Bagheria, sa ville natale, des toiles datant de 1925 où se révèle déjà le style de l’artiste). Un portrait de son père exprime, par son réalisme, l’admiration du jeune garçon envers cet homme intègre, passionné d’art et de littérature, qui vouait un culte à la liberté hérité de son propre père, Ciro Guttuso, compagnon d’armes de Garibaldi.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Sicile traversa une crise économique et sociale entraînant le déclin et à la ruine des somptueuses villas baroques de Bagheria, massacrées par une urbanisation sauvage due aux luttes de pouvoir au sein de la municipalité. Dans le même temps, les parents de Renato eurent à pâtir de leurs mauvaises relations avec le Parti fasciste local et à réduire leur train de vie.
Au cours de son adolescence, Renato Guttuso fréquenta l’atelier du peintre futuriste Pippo Rizzo et les milieux artistiques de Palerme. En 1928, à 16 ans, il participa à sa première exposition collective dans la capitale sicilienne.
Après ses études au lycée puis à l’université de Palerme, il poursuivit sa formation artistique et habita à Milan avant de voyager dans plusieurs pays d’Europe. Sous l’influence de l’expressionnisme, apparurent de plus en plus souvent des motifs typiquement siciliens dans ses tableaux, comme les citronniers ou les oliviers, mais aussi une atmosphère de solitude mythique, insulaire, qui culmina en 1931 dans une exposition collective de six peintres siciliens accueillis par la critique, selon Franco Grasso, comme « une révélation, une affirmation de l’identité sicilienne ».
Ce fut durant son séjour de trois ans à Milan que mûrit l’« art social » de Guttuso, dont l’engagement politique se manifesta de plus en plus nettement dans ses œuvres de cette époque, Fucilazione in Campagna, qu’il dédia à Garcia Lorca, et les deux versions de la Fuga dall’Etna (1938-39). Peu après, il emménagea à Rome, Via Margutta, où son caractère exubérant lui valut le surnom de « Sfrenato Guttuso » (l’effréné). Proche des artistes les plus représentatifs de son temps, Mario Mafai, Corrado Cagli et Antonello Trombadori, il continua à fréquenter le groupe des Milanais, Treccani, Giacomo Manzù, Aligi Sassu. L’œuvre qui lui assura la célébrité, sur fond de controverses avec l’Église catholique comme avec le Parti fasciste, fut La Crocifissione (1941), où le thème religieux sert de prétexte pour dénoncer les horreurs de la guerre.
Durant toute la période du conflit mondial, Guttuso travailla sans relâche, multipliant les natures mortes ponctuées d’humbles objets quotidiens, les vues du golfe de Palerme et une suite de dessins intitulés Massacri, diffusés clandestinement, qui dénonçaient les exactions de l’armée nazie, notamment le massacre des Fosses ardéatines en mars 1944. En tant qu’opposant au fascisme, Guttuso avait rejoint le Parti communiste italien dès 1940 et participé à la Résistance des partisans italiens contre l’armée allemande à partir de 1943.
Au lendemain de la guerre, il fit la connaissance de sa future épouse, Mimise, dont il effectua le portrait en 1947. En 1950 il exposa Occupazione delle terre incolte di Sicilia à la Biennale de Venise. Fasciné par Dante, il entreprit entre 1959 et 1961 une suite d’œuvres centrées sur La Divine Comédie. Peu après, au cours des années 1970, il entama un cycle de tableaux autobiographiques d’un intérêt exceptionnel pour l’étude de sa vie et de son œuvre.
À partir de 1967, l’image de la femme devint un thème de plus en plus récurrent dans sa peinture, en particulier avec Donne stanze paesaggi oggetti ou avec les portraits successifs de Marta Marzotto, muse et modèle durant de longues années. Enfin, dans l’année 1974, on vit la création de l’une de ses toiles les plus célèbres, La Vucciria, où Guttuso a mis en scène le marché du même nom, à Palerme, et où se mêlent les étals de poissons et de primeurs dans un kaléidoscope de tons vifs. Fidèle à ses convictions, il choisit les funérailles de Palmiro Togliatti (fondateur du Parti communiste italien) pour sujet de l’un de ses tableaux, I funerali di Togliatti (1972), qui devait prendre valeur de manifeste politique. Guttuso était également un adversaire déclaré de la Mafia.
En 1972, l’URSS lui décerna le Prix Lénine pour la paix, équivalent soviétique du Nobel.
Seul depuis la mort de son épouse, Guttuso, selon le témoignage de Giulio Andreotti, se rapprocha du catholicisme, religion dont il avait partagé à sa façon les valeurs humanistes. Il légua de nombreuses œuvres à sa ville natale de Bagheria.

La Transavanguardia

En Italie, où il a été appelé Trans-avant-garde, le néo-expressionnisme a embrassé un large éventail dans l’imagerie figurative poétique, mythologique ou grotesque. Totalement en accord avec leur temps, les artistes de la Trans-avant-garde italienne rejettent les mouvements d’art contemporain rigoureux, minimalistes et conceptuels, conçus pour une universalité et par conséquence imposant une hégémonie, en fait de véritables camisoles. Ces artistes italiens se libèrent, font sauter les carcans dans le plaisir et l’exubérance de l’acte pictural, démarche similaire aux Fauves dont ils reprennent également le goût des couleurs. Les tubes, la pâte, les pinceaux, les crayons, tous les outils traditionnels de la peinture à l’huile sont ressortis des placards de l’atelier avec grande joie. Ils vivent une relation physique et émotionnelle très personnelle, en toute subjectivité avec leur art. L’inspiration vient aussi bien de la peinture métaphysique de Giorgio de Chirico que du symbolisme, du surréalisme ou de l’iconographie classique de la Renaissance italienne.
Les principaux néo-expressionnistes italiens sont Enzo Cucchi, Francesco Clemente, Mimmo Paladino, Nicola De Maria et Sandro Chia. Vous pouvez les retrouver c’est ici.

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