Le néo-expressionnisme (2/3)

Voici la suite de mon article sur le néo-expressionnisme, avec l’Italie, la France et la Grande-Bretagne.

Le Néo-expressionnisme en Italie

Transavanguardia

En Italie, où il a été appelé Trans-avant-garde, le néo-expressionnisme a embrassé un large éventail dans l’imagerie figurative poétique, mythologique ou grotesque. Totalement en accord avec leur temps, les artistes de la Trans-avant-garde italienne rejettent les mouvements d’art contemporain rigoureux, minimalistes et conceptuels, conçus pour une universalité et par conséquence imposant une hégémonie, en fait de véritables camisoles. Ces artistes italiens se libèrent, font sauter les carcans dans le plaisir et l’exubérance de l’acte pictural, démarche similaire aux Fauves dont ils reprennent également le goût des couleurs. Les tubes, la pâte, les pinceaux, les crayons, tous les outils traditionnels de la peinture à l’huile sont ressortis des placards de l’atelier avec grande joie. Ils vivent une relation physique et émotionnelle très personnelle, en toute subjectivité avec leur art. L’inspiration vient aussi bien de la peinture métaphysique de Giorgio de Chirico que du symbolisme, du surréalisme ou de l’iconographie classique de la Renaissance italienne.
Les principaux néo-expressionnistes italiens sont Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi, Nicola De Maria et Mimmo Paladino.

Enzo Cucci

À la fin des années 1970, le travail très original d’Enzo Cucchi, peintre autodidacte, se distingue dans une scène dominée par l’art conceptuel. Le critique d’art et marchand Mario Diacono le soutient et expose son travail en Italie et aux États-Unis. Entre 1981 et 1985 Gian Enzo Sperone expose aussi fréquemment le travail de Cucchi dans ses galeries de Rome et New York où son style expressionniste expérimental devient progressivement influent : sa première rétrospective à lieu au Guggenheim Museum de New York en 1986.
Les intérêts variés d’Enzo Cucchi le conduisent a faire des sculptures en plein air ; il collabore avec l’architecte Mario Botta sur la conception de l’intérieur d’une chapelle ; il entretient des relations étroites avec des poètes et des écrivains, il fait des illustrations pour leurs livres tandis qu’ils écrivent sur ​​son art ; il est également actif dans le domaine de la scénographie : costumes et décors…

Francesco Clemente

Né à Naples en 1952 dans une famille d’origine aristocratique, Francesco Clemente se prédestine à l’architecture et part au début des années 1970 étudier à Rome, à La Sapienza, où il fait la connaissance de Cy Twombly et Alighiero Boetti qui seront pour lui des influences déterminantes. Il abandonne finalement ses études pour se concentrer sur la peinture et le dessin. Suivent alors dans les années 1970 une série de voyages (Afghanistan et Inde, notamment) où il puise une grande inspiration, aussi bien artistique que spirituelle. Son style se précise avec des œuvres intensément subjectives, liées aux corps, le sien, celui des femmes, déformés, mutilés, ainsi qu’à la sexualité, et réalisés avec une riche palette de couleurs. En 1979, il s’associe au mouvement Trans-avant-garde et devient un chef de file du « retour à la figuration ».
Au début des années 1980, marié et père de famille, il s’installe à New York où il produit la plupart de ses toiles à la peinture à l’huile, aux connotations violentes, expressionnistes et quasi-mystiques. Il se mêle également aux artistes new-yorkais du moment, notamment dans sa participation à des projets collectifs regroupant Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol en 1984.

Mimmo Paladino

Son projet artistique naît à l’âge de 16 ans après la découverte, à la Biennale de Venise, du travail de Claes Oldenburg et de Jim Dine, qui l’impressionnent fortement. Mimmo Paladino commence à peindre six ans plus tard et ses thèmes favoris, tout particulièrement Icare, sont très souvent puisés dans la mythologie. Après avoir touché à l’abstraction, Paladino revient à la figuration et opère une rupture avec un tableau intitulé Silencieux, je me retire pour peindre (1977).
En 1980, invité par Achille Bonito Oliva à la section Aperto 80, il participe pour la première fois à la Biennale de Venise, en compagnie de Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi et Nicola De Maria, les autres artistes italiens du mouvement Trans-avant-garde. Le mouvement acquiert une renommée internationale à la suite de cette manifestation d’art et les participations de ces artistes aux expositions de groupe se multiplient ; ainsi, en 1980 à la Kunsthalle de Bâle, en 1981 A new spirit in painting à la Royal Academy de Londres, en 1982 Avantguardia-Transavantguardia à Rome. En 1994, il est le premier artiste contemporain italien à exposer en Chine, à la Galerie nationale des beaux-arts de Pékin.
L’art de Paldino se caractérise par des rendus délicats de figures allégoriques humaines, de formes organiques et de formes géométriques archaïques, sur des aplats de couleurs saturées. Mimmo Paladino est l’un des artistes contemporains les plus prolifiques et les plus imaginatifs d’Italie, puisqu’il est également sculpteur, cinéaste, photographe et décorateur de théâtre. Ses sculptures, notamment (qui rappellent un peu l’art d’Anthony Gormley), sont tout à fait remarquables (voir plus loin).

Sandro Chia

Après des études à l’Académie des Beaux Arts de Florence en 1969, Sandro Chia visite l’Europe et l’Inde. Il commence à exposer son travail en 1971, un an après s’être installé à Rome. Dans ses premières productions il cherche le « point zéro de la création » en faisant du conceptualisme magique. Mais, à la fin des années 1970, il revient à la peinture et s’impose rapidement comme un artiste majeur de la peinture figurative italienne, la Transavanguardia.
Sandro Chia s’inspire de la mythologie, du romantisme de la Remaissance et des maîtres du XXème siècle dans des œuvres où les références culturelles, artistiques et historiques abondent, surtout pour le futurisme, avec un tourbillonnement rythmique de sa peinture qui célèbre la sensualité et la vitalité de l’homme et sa proximité avec la nature. Ses personnages masculins « héroïques », souvent dans des postures théâtrales, sont les principaux protagonistes de Chia comme des manifestations de sa propre identité, des réflexions sur l’érotisme, la mélancolie et la mort. Il est aussi sculpteur.

Le Néo-expressionnisme en France

La Figuration Libre

Les artistes de la Figuration Libre (Robert Combas, Rémi Blanchard, François Boisrond et Hervé di Rosa), pour la plupart citadins, ont fondé leur art sur ​​la culture populaire urbaine. Les sujets d’inspiration sont la publicité, les médias, la musique rock et la BD. L’iconographie est volontairement naïve, primitive et populaire, avec des couleurs criardes.
L’artiste Ben, qui exposera les jeunes artistes à l’aube des années 80, explique que la figuration libre, c’est être « Libre de faire laid / Libre de faire sale / Libre de préférer les graffitis du métro de New York aux tableaux du Guggenheim (…) ». Et Combas d’ajouter : « La figuration libre, c’est faire ce qu’on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement. » Bref, à l’aube des années 80, puisant dans l’énergie du punk rock, les quatre compères réussissent à créer une forme d’expression picturale nouvelle, populaire et spontanée.
L’exposition « 5/5, Figuration libre France/USA » organisée en 1984 par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre officiellement cette mouvance en la confrontant à la génération des « graffitistes » new-yorkais (Jean-Michel Basquiat, Crash, Keith Haring, Kenny Scharf). On peut mesurer à cette occasion ce qui réunit les peintres américains et français : la vitalité joyeuse et désinvolte qui se dégage de leurs travaux. Alors que la peinture déborde d’attitudes nobles et de sentiments tragiques, le « puérilisme » affiché des nouveaux venus donne le sentiment d’une libération… C’est la principale différence avec la Transavanguardia italienne et les néo-expressionnistes allemands : ces peintres ne se réfugient dans aucune nostalgie. Ils s’inscrivent sans honte ni culpabilité dans l’actualité de leur temps, avec un style coloré, graphique et simplifié inspiré de la bande dessinée, de la science-fiction, des dessins d’enfants et de la culture des banlieues.

Rémi Blanchard

Rémi Blanchard a fait une carrière à part. En premier lieu, parce qu’elle fut courte, puisqu’il n’a que 34 ans lorsqu’il meurt, dans des circonstances floues, avec seulement douze ans de peinture au compteur. Ensuite parce que, discret, rêveur et un peu à l’écart, il a toujours été considéré comme le petit dernier du mouvement de la Figuration libre dont il fut pourtant l’un des piliers. Enfin, parce que, si sa production fut assez importante, il n’en reste au final qu’une partie : le 10 février 1990, un incendie va ravager l’un des deux entrepôts du quai de la Seine à Paris où il avait son atelier. Comme les autres artistes installés à cette adresse, il verra ainsi brûler un nombre important de ses œuvres, et toutes ses archives, ainsi que son chat, qu’il avait souvent représenté ; une perte qui le bouleverse. Il meurt trois ans plus tard, sans doute d’une overdose, alors qu’il rentrait d’un séjour au Japon.

Né en 1958 à Nantes, Rémi Blanchard est issu d’une famille nombreuse (neuvième d’une famille de onze enfants). Baigné dans un milieu catholique ouvrier, il passe son enfance entre Nantes et la Vendée. Il se lie rapidement d’une amitié admirative avec le critique et romancier Bernard Lamarche-Vadel, qu’il côtoie en tant que professeur aux Beaux-Arts de Quimper. Celui-ci le fait venir à Paris en 1980 et le montre dans l’exposition « Finir en beauté », qu’il organise dans son loft de la rue Fondary (Paris XVe) en 1981. Si la liste des artistes retenus n’est pas suffisamment cohérente pour définir une école patentée, se dégagent pourtant des personnalités telles que Robert Combas, Hervé Di Rosa, François Boisrond et, donc, Rémi Blanchard, taiseux et perpétuellement tombé de la lune. Rejetant l’enseignement minimaliste et peu incarné des écoles d’alors, ces artistes vont bousculer l’iconographie réaliste… Un temps aussi célèbres que des pop stars, ils exposent partout en France, aux États-Unis et ailleurs : à New York, pour « Statements New York 82. Leading contempory Artists from France » et chez Holly Solomon (1982) ; à Nice pour « L’Air du Temps. Figuration Libre en France », organisée par Marc Sanchez et Ben, qui lance véritablement l’appellation Figuration libre (1982) ; à l’Espace Lyonnais d’Art Contemporain (1983) ; au Groninger Museum pour une Importante exposition « Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa » (1983) ; au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (« 5/5 : Figuration libre, France/USA », avec Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, entre autres – 1984)…
De 1982 à 1993, Rémi Blanchard expose et séjourne régulièrement à San Francisco (influences de Kerouac, des Beatniks, …) et au Japon (deux de ses dernières compagnes et muses sont japonaises). Lauréat d’une bourse « Villa Médicis hors les murs », il séjourne également huit mois à New York en 1985, à l’atelier PSI où il réalise notamment de grands formats sur toiles libres.

Toutefois, l’œuvre de Rémi Blanchard occupe une place à part, tant son iconographie diffère de celle de ses amis, surtout urbaine, portée sur la bande dessinée, le graffiti, le rock, les mass-média. Lui écarte toute violence pour s’attacher au registre des contes et légendes. Avec ses figures, des bêtes souvent, mais aussi beaucoup de personnages, toujours stylisées et dessinées au gros trait noir, avec ses couleurs vives et franches, le monde imaginaire de Blanchard affiche un côté naïf (qu’il revendiquait) et enfantin. C’est l’idée de « nomadisme » qui caractérise son éthique et son esthétique. Étrangement, la ville y est absente. Au mieux, elle offre ses fenêtres comme autant de regards ouverts sur l’ailleurs. Tout comme celle de Miró, l’œuvre de Rémi Blanchard est celle d’un peintre comme celle d’un poète. Ludique, poétique et touchante.
Présidée par l’une de ses sœurs et sise dans la poterie de l’un de ses frères, « Le Méjou-Roz » à Ploénour-Lanvern (près de Quimper), l’association des amis de Rémi Blanchard tente depuis une dizaine d’années de recenser ses tableaux, qui seraient au nombre de quatre ou cinq cents.

François Boisrond

François Boisrond est le fils des cinéastes Michel Boisrond et Annette Wademant.
Il fait ses études à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, où il rencontre Hervé Di Rosa, avec lequel il va s’engager dans le mouvement de la Figuration libre.
Boisrond est professeur de peinture à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris depuis 1999.
Au début des années 1980, François Boisrond s’exprime à travers une peinture spontanée, très colorée, à l’exécution décontractée. Son travail a depuis évolué vers une peinture plus réaliste et documentaire qui s’intéresse à la réalité d’aujourd’hui.
« Je pense que l’on devrait s’intéresser à la peinture aussi pour le plaisir… Je reproche à la tradition de privilégier l’habileté de la main, alors que ce qui compte en premier à mon avis, c’est l’appétit de la vision, de regarder comme un acte créatif, de peindre les yeux ouverts sur le présent. »

Robert Combas

Robert Combas est l’initiateur, avec Hervé Di Rosa (ils se sont connus enfants à Sète), du mouvement de la Figuration libre, qui démarre en 1979 avec la revue Bato.
Dès son entrée aux beaux-arts, Combas apporte une esthétique novatrice. Alors que l’art conceptuel domine la production artistique française, il prend le contre-pied du courant dominant et s’attache à redéfinir l’utilisation de l’espace, de la couleur et de la figuration. Partant du principe que « tout a, de toute façon, déjà été fait », Combas s’approprie les grands poncifs de l’art, et ouvre ainsi de nouvelles possibilités dans la voie d’un retour à la figuration.
Dès 1977, Combas peint la série des « Batailles », sujet complet et toujours d’actualité, puis poursuit, entre autres, avec ses appropriations de la figure de Mickey. Il crée ensuite le « Pop Art Arabe ». Cette expression de son invention désigne des œuvres aux airs de publicités « des pays sous-développés », marquées de fausses écritures arabes. Son esthétique est à l’époque assez brute et influencée par tout ce qui occupe sa vie de jeune adulte : télévision, rock (il monte même un groupe, Les Démodés, avec Buddy, le frère d’Hervé Di Rosa), BD, sexe…

Hervé Di Rosa

Hervé Di Rosa est né à Sète en 1959. Il vit et travaille à Paris, Mexico et dans le monde entier au fil de ses étapes autour du monde (de la Sogetsu Kai Kan Foundation de Tokyo à la Bass Museum of Art de Miami, en passant par la galerie Evo à Santa Fe, l’artiste sillonne le monde pour entrelacer les cultures et les modes d’expression de chaque pays où il réside.).
Après des études à l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, il présente sa première exposition parisienne, « Finir en beauté », en 1981, avec les autres membres de la naissante Figuration libre. L’artiste est ensuite mis à l’honneur à Amsterdam et à Düsseldorf, puis au musée d’Art moderne de la ville de Paris. Lauréat de la fondation Médicis, il réside aussi durant deux ans à New York, où la Barbara Gladstone Gallery présente son travail. Il participe également à la Biennale 1985 de Paris dont il conçoit l’affiche.
C’est en 1989 qu’Hervé di Rosa collabore pour la première fois avec des artisans locaux en réalisant deux sérigraphies dans un atelier d’impressions publicitaires de Tunis. En 2000, il fonde le Musée international des Arts modestes à Sète.
Empruntant souvent à la BD, au rock et au graffiti, la vivacité et les tonalités que l’on trouve dans le travail d’Hervé di Rosa font de lui un artiste globe-trotter nourri des cultures du monde : Miami, le Mexique, L’Afrique, Cuba, Israël, le Vietnam, l’Afrique du Sud, Haïti, La Tunisie…
L’artiste s’inscrit dans l’actualité de son temps avec un style coloré, graphique et une peinture qui fait référence aux arts populaires. Il revendique son appartenance à une culture urbaine de masse. Il est également sculpteur.

Le Néo-expressionnisme en Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, il n’y a pas réellement de mouvement néo-expressionniste identifié en tant que tel. Toutefois, l’exposition de 1981 « A New Spirit in Painting » à la Royal Academy de Londres étant considérée comme la première grande mise en lumière du néo-expressionnisme, le nom des participants britanniques de cette manifestation peut nous donner une piste : on y trouvait Francis Bacon, Lucian Freud, David Hockney, Howard Hodgkin, Frank Auerbach, R. B. Kitaj (Américain ayant toujours travaillé à Londres) et John McLean. Quand au site de la Tate galerie, il donne comme peintres britanniques néo-expressionnistes Paula Rego (portugaise mais vivant et travaillant à Londres depuis 1958), Stephen McKenna, Steven Campbell et Sean Scully. Et Wikipedia cite David Hockney, Frank Auerbach, Leon Kossoff et Peter Howson.

School of London

Finalement, on voit que le néo-expressionnisme britannique coïncide plus ou moins avec la « School of London », un groupe d’artistes figuratifs d’après-guerre réunis par Kitaj en 1976 (en pleine apogée de l’art minimal et conceptuel) dans une expo intitulée The Human Clay, et qui comprenaient, outre R. B. Kitaj lui-même, Michael Andrews, Frank Auerbach, Francis Bacon, Lucian Freud, David Hockney, Howard Hodgkin et Leon Kossoff. Cette expo fut le point de départ d’un nouvel élan et d’un regain d’intérêt pour la peinture figurative au Royaume-Uni.

David Hockney

David Hockney est né en 1937 à Bradford au Royaume-Uni. Icône du Pop Art au début de sa carrière, aux côtés d’Andy Warhol, c’est un artiste aux multiples talents, inclassable et changeant régulièrement de style, voire de technique. « Je suis un artiste qui n’entre dans aucune catégorie ; le monde de l’art ne sait jamais très bien où me placer ».
On peut toutefois considérer qu’il fut, dans les années 1960 à 65, un néo-expressionniste avant l’heure (et même qu’il le redevint un temps dans les années 1990)…
[Galerie et bio plus complète ici.]

R. B. Kitaj

R. B. Kitaj naît en 1932 près de Cleveland, aux États-Unis. Son père est hongrois, sa mère est la fille d’immigrants juifs russes. Après avoir servi dans l’armée des Etats-Unis pendant deux ans, en France et en Allemagne, il déménage en Angleterre pour étudier à l’école d’art Ruskin d’Oxford, où développe un amour pour Cézanne, puis au Royal College of Art de Londres, aux côtés de David Hockney, Derek Boshier, Allen Jones et Patrick Caulfield. Richard Wollheim, le philosophe et David Hockney resteront ses amis pour la vie.
Dans les années 70, Kitaj se fait le champion de la cause de l’art figuratif à un moment où l’art abstrait est dominant (et même hégémonique). Il a également une influence significative sur le Pop art anglais. Il est en outre considéré comme un très grand dessinateur.
Kitaj a été élu à l’Académie royale en 1991 (premier Américain depuis John Singer Sargent) et a reçu le Lion d’Or à la Biennale de Venise en 1995. Il est mort en 2007.

Frank Auerbach

Né en Allemagne en 1931 de parents juifs, Frank Auerbach, pour échapper à la persécution nazie, est envoyé en Angleterre en 1939 par ses parents qui, eux, vont mourir dans les camps de concentration.
Auerbach est généralement classé comme un néo-expressionniste et est connu pour ses portraits semi-abstraits et ses paysages urbains de Londres. Avec Lucian Freud et Francis Bacon, Auerbach est devenu l’une des figures de proue de l’art d’après-guerre britannique, et est internationalement reconnu comme l’un des meilleurs peintres du XXe siècle en Grande-Bretagne.
Ses peintures présentent de lourds empâtements et les coups de pinceau sont construits couche sur couche. Employant des couleurs délicates, il crée des œuvres puissamment évocatrices et contemplatives.

Leon Kossoff

Leon Kossoff, né en 1926, est un peintre expressionniste anglais, connu pour ses portraits et ses paysages londoniens. Ami de Frank Auerbach, leurs univers sont très proches.

Autres néo-expressionnistes « britanniques »

Avec une portugaise et deux écossais…

Paula Rego

Paula Rego est née à Lisbonne en 1935. Bien que pratiquement inconnue en France, Paula Rego est une artiste majeure de notre temps. Aux références littéraires, l’artiste, qui a vécu le fascisme de Salazar, mêle ses propres souvenirs et expériences. Et le cocktail se révèle impitoyable. Ses œuvres, ne se contentent pas de raconter des histoires. Elles plongent dans les tréfonds de l’âme, interrogent la société, mettent en scène la tragédie humaine, la cruauté et la bestialité, la violence et la souffrance.
[Galerie et bio plus complète ici.]

Peter Howson

Peter Howson est né à Londres en 1958 de parents écossais. Quand il a 4 ans, sa famille s’installe à Prestwick, une localité située sur la côte sud-ouest de l’Écosse. Il étudie entre 1975 et 1981 à la Glasgow School of Art.
Son travail fonctionne par thèmes. Ses premières œuvres représentent la classe ouvrière, comme dans son célèbre The Heroic Dosser (1987). Plus tard, il est envoyé par l’Imperial War Museum de Londres, pour être l’artiste de guerre officiel pour la Bosnie-Herzégovine pendant l’agression serbe et croate de 1993 et 1994. Après cette difficile expérience de la guerre, il doit être traité pour des problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie à l’Hôpital Castle Craig. On lui diagnostique également un syndrome d’Asperger, un trouble du spectre autistique dont les limitations handicapantes (difficultés significatives dans les interactions sociales en particulier), sont associées à une singularité qui se révèle parfois être une compétence exceptionnelle.
Depuis les années 2000, ses travaux expriment un sentiment religieux très fort – il s’est converti au christianisme.

Steven Campbell

Steven Campbell, né en 1953 à Glasgow et mort en 2007, connait la gloire après avoir fait une impression extraordinaire sur la scène artistique de New York au début des années 1980. A son retour en Ecosse, il devient la figure dominante de la renaissance des arts visuels en aidant à placer l’art écossais dans un contexte international.
Un style flamboyant, souvent bizarrement vêtu, comme s’il débarquait de Paris ou Vienne à la fin du XIXe siècle – mais derrière le masque, cependant, Campbell est un être humain sensible, fragile, consumé par le doute existentiel. Ses peintures sont des théâtres de l’esprit, aux frontières du surréalisme, où le spectateur prend plaisir à se perdre…

La fin, avec les néo-expressionnistes polonais, hongrois et américains, c’est ici. Et si vous avez raté le début (la naissance du néo-expressionnisme, les précurseurs et les allemands), c’est .

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