Edward Hopper

Edward Hopper, né en 1882 et mort en 1967 à New York, est un peintre et graveur américain.
Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du naturalisme ou de la scène américaine, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l’affiche, la gravure (eau-forte) et l’aquarelle.
Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.

En 1899 et 1900, Edward Hopper fréquente une célèbre académie de publicité, la Correspondence School of Illustrating de New York. Il étudie ensuite à la New York School of Art jusqu’en 1906 où il reçoit notamment l’enseignement de Robert Henri qui lui apprend à représenter des scènes réalistes de la vie urbaine.
Hopper entreprend de nombreux voyages en Europe et y découvre les impressionnistes.
En 1908, il s’installe définitivement à New York où il travaille comme dessinateur publicitaire puis comme illustrateur. Sa première exposition solo se déroule au Whitney Studio Club en 1920. En 1925, Edward Hopper réalise le tableau qui va le rendre célèbre, The House by the Railroad (cette maison qui a inspiré Hitchcock pour Psychose), oeuvre acquise par le Museum of Modern Art en 1930.
En 1924, il se marie avec Josephine Verstille Nivison. Surnommée « Jo » par son époux, elle a suivi comme lui les cours de Robert Henri et elle est devenue peintre. En 1933, le couple achète une propriété au Cap Cod où il construit une maison et installe un atelier. Hopper fut malheureux avec elle ; épouse nerveuse, tempétueuse, terre à terre, jalouse, elle fut son unique modèle au corps toujours froid.
La première rétrospective de l’oeuvre de Hopper a lieu en 1933 au Museum of Modern Art de New York.

De son studio situé dans Greenwich Village, Hopper capte l’essence de la ville : le train aérien, un cinéma, un bar, etc. Car même s’il a aussi peint beaucoup de paysages, c’est dans les scènes urbaines qu’il prend toute sa dimension. Ces tableaux sont surtout impressionnant (ils produisent une forte impression) par l’ambiance très particulière qui s’en dégage. Car personne comme lui n’a su peindre la solitude. Et nous la donner à voir (Summer interior).
C’est que sous l’apparence banale et même anecdotique des scènes représentées, ce que Hopper nous offre est pourtant extraordinaire. Nous transformant malgré nous en voyeurs, il nous permet en effet d’observer des instants uniques, et volés, de ces instants où l’humain est seul face à lui-même et, se sachant seul, peut se laisser aller dans toute sa vérité, crue et dérangeante (A woman in the sun). Il n’est plus besoin de tricher puisque personne ne regarde. Nous sommes là pourtant, tapis derrière la fenêtre (The night window), et nous regardons malgré nous, fascinés… Dans cette chambre d’hôtel minable (Hotel room), ce bar (Shop Suey, Nighthawks,), souvent de nuit…
Le travail de composition (Office at night), de cadrage (New-York movie), de lumière et de couleur est également très interessant. Hopper travaille en formes simples, en aplats fortement juxtaposés (A room in New-York), découpant sur la pénombre ambiante des tâches colorées (Automat), criardes même, comme des néons dans la nuit (Gas).
Le résultat est remarquable et fascinant. Bref, vous l’aurez compris : j’adore Edward Hopper !

Il meurt le 15 mai 1967, dans son atelier près de Washington Square, à New York. Sa femme, le peintre Josephine Nivison, qui meurt dix mois plus tard, lègue son œuvre au Whitney Museum of American Art. D’autres œuvres importantes se trouvent au MoMA de New York et à l’Institut d’art de Chicago.

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