Fernand Léger

Fernand Léger, né en 1881, à Argentan (Orne) et mort en 1955, à Gif-sur-Yvette (Essonne), est un peintre français, aussi créateur de cartons de tapisseries et de vitraux, décorateur, céramiste, sculpteur, dessinateur, illustrateur. Il a été l’un des premiers à exposer publiquement des travaux d’orientation cubiste, même si on a parfois qualifié son style de « tubiste ».

Ses origines normandes, son aspect de « brute au physique désavantageux » qu’il attribue à un père éleveur et son franc-parler ont souvent fait passer Fernand Léger pour le « paysan de l’avant-garde ». À dix-neuf ans, il découvre Paris et suit en auditeur libre les cours du peintre Gérôme, à l’Ecole des Beaux‑Arts. Il n’accomplira jamais la formation d’architecte qu’il est venu y poursuivre. Lentement, s’imprégnant patiemment du mouvement dynamique de la ville, il troquera son tire-ligne pour les pinceaux : l’assurance d’un métier stable contre la promesse d’une liberté périlleuse…
En 1907, année décisive pour lui, Léger s’installe à la Ruche dans l’effervescence artistique de Montparnasse, où il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Marc Chagall, Blaise Cendrars… Comme pour beaucoup de ses contemporains, la rétrospective Cézanne de cette année là est une révélation et va l’amener vers le cubisme, même s’il forge rapidement son propre style en marge des recherches de Braque et Picasso. Pour transcrire le dynamisme de son époque, il développe une peinture basée sur les contrastes de formes et de couleurs, clé de voûte de son esthétique qu’aucune évolution ultérieure ne remettra en cause.
Il expose aux Salons d’Automne et des Indépendants et participe au groupe La Section d’Or. En 1913, le marchand Daniel-Henry Kahnweiler lui propose un contrat d’exclusivité.
Son départ pour la guerre en août 1914 marque une rupture brutale. Au front, Léger dessine sur des supports de fortune, avant d’être hospitalisé puis réformé en 1917.

Après la guerre, les thèmes de la ville et de la machine retiennent toute l’attention du peintre. Inspiré par la vie moderne, Léger prône un « nouveau réalisme », accordé à la beauté plastique de la civilisation industrielle. Conscient que la peinture est concurrencée par le spectacle de la grande ville, il intègre à ses compositions, signaux urbains et motifs mécaniques, tandis que la figure humaine, désensualisée et standardisée, est réduite à la géométrie.

Dans les années 20, de multiples collaborations permettent au peintre de s’ouvrir à d’autres champs de création : la littérature, les spectacles vivants, l’architecture… Fasciné par le cinéma, Léger travaille avec les réalisateurs Abel Gance et Marcel L’Herbier. Surtout, il réalise Le Ballet mécanique (1924), considéré comme « le premier film sans scénario », expérience qui l’incite à reprendre le principe du gros plan dans ses peintures. L’objet, devenu le sujet central de ses œuvres, s’affranchit de la pesanteur dans la série des Objets dans l’espace.
Reconnu internationalement à partir des années 30, Fernand Léger expose en Europe et aux Etats‑Unis, où il se rend à plusieurs reprises. Dès cette époque, sa recherche picturale s’écarte de l’esthétique mécaniste pour s’inscrire dans la grande tradition picturale. Ses œuvres témoignent d’un retour à la figure et du développement de recherches décoratives, en dialogue avec l’architecture.
Au début de la guerre, Léger fuit la France pour New York, « le plus formidable spectacle du monde ». Cette période américaine est particulièrement créative. Avec la série des Plongeurs et des Cyclistes, Léger invente le principe de la couleur en dehors, par lequel il dissocie couleurs et formes. Il enseigne en Californie à Mills College et installe son atelier à New York l’hiver, et à Rouses Point l’été. Il retrouve ses amis exilés comme le compositeur Darius Milhaud et les peintres regroupés dans la galerie de Pierre Matisse. En 1945, Fernand Léger adhère au parti communiste français et rentre en France. A son retour, il retrouve son atelier rue Notre-Dame-des-Champs et ouvre une nouvelle école à Montrouge, puis à Paris. Il va également régulièrement travailler dans sa ferme de Normandie, à Lisores.

À la fin de sa vie, Léger, animé par l’idéal d’un art pour tous, se lance dans de nombreux projets monumentaux, pour des commandes d’art sacré ou des édifices publics. Foncièrement optimistes, ses séries comme La Grande Parade et La Partie de campagne évoquent le monde des loisirs et les progrès sociaux. Il participe également aux Congrès pour la paix à Pragues, Milan et Varsovie, et participe aux Fêtes de l’Humanité.
L’année 1950 est marquée par la série des Constructeurs, qui fait l’objet de nombreuses études et esquisses. Son album Cirque est publié par l’éditeur Tériade au même moment.
Dès 1949, Fernand Léger descend régulièrement à Biot (Alpes-Maritimes) pour travailler à des sculptures polychromes en céramique. La femme de Fernand Léger, Jeanne, meurt en 1950, et deux ans plus tard il épouse son ancienne élève Nadia Khodossievitch.
Le peintre disparaît le 17 août 1955 à Gif‑sur-Yvette. En 1960 Nadia fait construire, à Biot, près du Mas Saint-André, acquis par Léger peu de temps avant sa mort, un musée. En 1967, Nadia Léger et Georges Bauquier, ancien assistant de Léger, offrent à l’État le bâtiment, le parc et 385 œuvres, peintures, dessins, céramiques, bronzes et tapisseries. Le 4 février 1969, André Malraux, ministre d’État chargé des Affaires culturelles, inaugure le musée national Fernand-Léger. Bauquier en sera le directeur jusqu’en 1993.

Nadia Khodossievitch-Léger

Nadia Khodossievitch est née en 1904 près de Vitebsk, en Biélorussie, dans une famille de neuf enfants.
Nadia s’inscrit à 15 ans à l’Académie de Below pour apprendre le dessin. Entre 1919 et 1921, elle poursuit à Smolensk son apprentissage dans les cours de Władysław Strzemiński et de Kasimir Malevitch1. En 1922 elle arrive à Varsovie et s’inscrit à l’école des Beaux-Arts.
En 1923 elle se marie avec le peintre polonais Stanisław Grabowski puis complète sa formation à Paris en 1924 à l’Académie Moderne dirigée par Fernand Léger et Amédée Ozenfant. Léger confie alors à l’élève brillante la charge de professeur-assistante dans sa nouvelle Académie d’Art contemporain, fonction qu’elle gardera jusqu’à la mort du maître.
En 1927 Grabowski et Nadia se séparent après la naissance de leur fille – ils divorcent en 1932. Nadia épouse Fernand Léger en 1952. Après la mort de son mari, elle collabore avec l’ architecte Andreï Svetchine pour construire le Musée Fernand Léger, à Biot. La première pierre est posée en février 1957 et le musée ouvert en mai 1960. Nadia a également converti la ferme de Léger, à Lisores en Normandie, en musée, la Ferme-musée Fernand Léger, achevé en 1970.
Comme Fernand Léger, elle était membres du Parti communiste français. Elle a reçu de l’URSS l’Ordre du Drapeau Rouge du Travail en 1972.
Elle est morte en 1982, à Grasse.

Georges Bauquier

Georges Bauquier, né à Aigues-Mortes en 1910 et mort à Callian (Var) en avril 1997, est un peintre français.
Dès son enfance à Nîmes, Georges Bauquier manifeste un goût pour le dessin. En 1934 il entre à l’École des beaux-arts de Paris puis en 1936 à l’École d’art contemporain dirigée par Fernand Léger dont il devient le massier. Ayant adhéré au Parti Communiste, il participe à la Résistance et est emprisonné à la prison de la Santé en 1944.
Après la guerre, Georges Bauquier retrouve Léger. Au début des années 1950, celui-ci acquiert une propriété à Biot, le mas Saint-André, où il souhaite installer de grandes sculptures en céramique. Après la mort du peintre en 1955, Georges Bauquier et Nadia Léger décident, pour y présenter son œuvre, d’édifier, non loin du mas Saint-André, un musée dont la première pierre est posée en février 1957.
Le 13 mai 1960 le musée est inauguré par Gaëtan Picon, directeur général des arts et lettres. En 1967 Nadia Léger et Georges Bauquier en font, avec 348 œuvres importantes de Léger choisies dans son atelier de Gif-sur-Yvette, donation à l’État. Le 4 février 1969, André Malraux, ministre d’État chargé des Affaires culturelles, inaugure le nouveau « musée national Fernand-Léger » dont les donateurs demeurent les directeurs. Ses collections (peintures, dessins, céramiques, tapisseries et bronzes) sont par la suite renforcées par des dépôts d’œuvres, peintures et dessins, appartenant à Nadia Léger et Georges Bauquier.
Après la mort de Nadia Léger en 1982, une extension du musée, qui en double les capacités, est réalisée entre 1987 et 1989. Georges Bauquier renonce en 1993 à sa direction, qu’assure désormais l’État. Gravement malade, il se retire à Callian où il meurt et est enterré en 1997.

Georges Bauquier est demeuré « peintre dans l’ombre, non qu’il se soit, à un moment quelconque, longuement arrêté de dessiner ou de peindre, mais parce qu’il fut toujours trop justement ébloui par le génie et l’amitié de Fernand Léger, dont il fut le collaborateur, pour penser, sauf en de rares occasions, à montrer son propre travail ». Il a néanmoins inscrit son cheminement entre figuration et abstraction, dans des œuvres fortement structurées et vivement colorées, aidé par son goût pour la peinture de Braque ou la rigueur de Cézanne.

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