Richard Diebenkorn

Le peintre américain Richard Diebenkorn, l’un des artistes les plus éminents de la côte ouest des États-Unis, est mort le 30 mars 1993 à l’âge de soixante-dix ans (il était né à Portland, dans l’Oregon, en 1923).
Dès 1948, il avait bénéficié d’une exposition personnelle au musée de San Francisco. Ses tableaux s’inspiraient alors du cubisme synthétique tardif qui dominait la scène artistique américaine avant que l’expressionnisme abstrait ne devînt populaire.
Très vite, cependant, Diebenkorn découvrit les paysages abstraits de Willem De Kooning et en tira des œuvres personnelles : il y intégra les couleurs fondues et les formes dissolues qu’il observait dans le désert du Nouveau-Mexique où il résida entre 1949 et 1952.
En 1955, il revint à la figuration et devint l’un des chefs de file du mouvement que l’on a appelé la Figuration de la baie de San Francisco ou École de San Francisco. Il tentait alors de réconcilier deux modes picturaux souvent antinomiques en combinant une volonté de prosaïsme qui s’exprimait dans le choix de sujets typiquement américains avec un désir de picturalité pure, picturalité qu’il avait découverte dans l’abstraction.

À partir de 1956, il fut l’un des seuls artistes californiens à bénéficier d’expositions régulières à New York, et sa renommée ne cessa de grandir. En 1967, il abandonna à nouveau la figuration et peignit le premier tableau de la série des Ocean Park, synthèse des deux systèmes auparavant contradictoires. Les quelque cent cinquante toiles de cette série, qu’il poursuivit jusqu’à sa mort, sont des géométries délicates aux couleurs subtilement modulées ; certes inspirées par l’atmosphère de Californie, elles rappellent aussi Matisse. Très célèbre aux États-Unis où son œuvre a fait l’objet de plusieurs rétrospectives (en particulier en 1976 à Buffalo et en 1988 au Museum of Modern Art de New York), Richard Diebenkorn est resté, hélas, méconnu en France.

Voici un aperçu du travail de ce peintre dont les œuvres, toute en sensibilité, me touchent beaucoup. Par leurs surfaces faites de strates multiples, leur dessin sous-jacent apparent et leurs passages retravaillés, elles portent les marques du travail physique et psychologique qui entre dans leur création…

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