David Hockney


David Hockney est né en 1937 à Bradford au Royaume-Uni.
Icône du Pop Art au début de sa carrière, aux côtés d’Andy Warhol, David Hockney est un artiste aux multiples talents, inclassable et changeant régulièrement de style, voire de technique. « Je suis un artiste qui n’entre dans aucune catégorie ; le monde de l’art ne sait jamais très bien où me placer ».
Son oeuvre est en grande partie autobiographique, nourrie par ses rencontres, ses voyages et ses amours masculines (David Hockney aurait accumulé depuis 1961 environ 30 000 photographies, comme le journal intime d’une vie d’artiste).
Tour à tour élève du College of Art de Bradford et du Royal College de Londres, il fait de brillantes études de peinture, inspiré par Picasso et Matisse, mais aussi ses contemporains Francis Bacon et R.B. Kitaj (et plus tard Rauschenberg, Hopper, ou Morandi). Lorsqu’en 1962, il y reçoit son diplôme (bien qu’il n’ait pas écrit l’essai nécessaire pour son examen), avec une médaille d’or, il est déjà connu dans son pays.
Après des débuts dans un style qu’on peut qualifier de néo-expressionniste, David Hockney visite Los Angeles pour la première fois en 1964. C’est là que, changeant radicalement de style (ce qu’il ne cessera de faire), il va peindre ses toiles les plus célèbres (Portrait of Nick Wilder, A bigger splash ou Beverly Hills Housewife, vendu 8 millions de $ en 2009 – record actuel de l’artiste), représentations de villas et de leurs piscines bleu turquoise, illustration de l’univers artificiel californien, figurant un monde plat, figé, dans lequel la sensation de confort provoque paradoxalement un sentiment d’angoisse. C’est là qu’il rencontre son (premier) amant et modèle, Peter Schlesinger. Leur rupture au début des années 1970 rend l’artiste dépressif et dépendant au Valium.

A partir de 1982, il réalise de nombreux et extraordinaires photocollages à partir de Polaroïds (de véritables « drawings with a camera ») qui figent l’instant tout en le décomposant, à la manière cubiste.
Changeant une nouvelle fois de style, il peint en 1998 une vue du Grand Canyon de 40 mètres de large, composée de 96 tableaux. Jusqu’en 2011, il va alors peindre de grands paysages composés de plusieurs tableaux, notamment dans les bois de Woldgate, près de chez lui, série qui va culminer avec une grande exposition ouverte le 23 janvier 2012 à la Royal Academy de Londres, « A Bigger Picture ».
Même s’il avait expérimenté le dessin sur ordinateur dès 1985, c’est dans les années 2000 que David Hockney commence à utiliser vraiment les opportunités qu’offre le numérique : impressions par photocopie, avant de réaliser de petites œuvres directement sur l’écran de son iPhone, confortablement installé au fond de son lit. Romantique et poète, il commente : « J’aime dessiner des fleurs à la main sur mon iPhone et je les envoie à mes amis comme ça ils reçoivent des fleurs fraîches. Et mes fleurs durent ! Elles ne meurent jamais »… En 2010, il se met à l’iPad : grâce à l’application Brushes, l’artiste peut créer et envoyer son dessin par courrier électronique. Pour l’artiste ce nouvel outil est comme son carnet de croquis, ajoutant même qu’« il va changer notre manière de voir les choses. »
Mais, en Octobre 2012, Hockney, qui est revenu au Royaume-Uni depuis plusieurs années et s’est installé à Bridlington (Yorkshire), subit un accident vasculaire cérébral. Cinq mois plus tard, un de ses assistants de 23 ans meurt d’une overdose. Hockney, marqué, retourne alors dans sa maison d’Hollywood Hills. Là, peu à peu, il recommence à peindre, retournant à ses premières amours : le portrait. Thérapie par le travail.

Car David Hockney n’a jamais vraiment dérogé à son éthique de travail victorienne. En repensant aux années 1960, à Los Angeles, il dit : « Je me croyais hédoniste à l’époque, mais malgré tout, je travaillais. J’ai toujours travaillé. Tous les jours. Un artiste peut approuver l’hédonisme, mais il ne peut pas être hédoniste lui-même ». C’est ainsi que, lorsque son équipe (amis, assistants, anciens amants – souvent les trois en un) se retrouve à son domicile de Los Angeles en soirée, il les laisse finir sans lui : il débranche ses appareils auditifs (il est partiellement sourd depuis près de 40 ans) et est au lit à 21 heures ! Car, en tant qu’artiste, Hockney n’a jamais été plus prolifique : en 2016, une exposition présentait une série de 82 nouveaux portraits et une nature morte

Septembre 2018 : On apprend qu’une toile de David Hockney pourrait devenir l’œuvre d’art la plus chère jamais vendue d’un artiste vivant vendu aux enchères. Christie’s New York a en effet annoncé jeudi qu’elle vendait Portrait d’un artiste (Pool with Two Figures) avec une estimation de l’ordre de 80 millions de dollars. La peinture, tableau phare de la récente rétrospective Hockney (plus d’un million de visiteurs ont vu sa dernière rétrospective, organisée par la Tate Modern, le Metropolitan Museum of Art et le Centre Pompidou en 2017 et 2018, en faisant l’un des artistes les plus populaires au monde), serait la propriété de Joe Lewis, milliardaire basé aux Bahamas et propriétaire des Tottenham Hotspur. Cette estimation représente quand même près de trois fois le prix du Hockney le plus cher vendu aux enchères à ce jour (Pacific Coast Highway and Santa Monica, de 1990, vendu 28,5 millions de $ en 2018). Surtout, elle briserait le record détenu par Jeff Koons après que son Balloon Dog (Orange) en acier inoxydable se soit vendu 58 millions de $ en 2013. Vient ensuite Gerhard Richter, l’artiste européen le plus cher, avec son Abstraktes Bild (1988) vendu à Londres en 2015 pour 46 millions $).  

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