Matisse, Derain et autres Fauves

Henri Matisse

Henri Matisse, né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis et mort le 3 novembre 1954 à Nice, fut le chef de file du fauvisme, dont André Derain, né le 10 juin 1880 à Chatou et mort le 8 septembre 1954 à Garches, fut également l’un des fondateurs.
C’est en 1901 que Matisse, Derain et Maurice de Vlaminck se rencontrent. Ensemble ils cherchent de nouvelles manières de peindre. Ils utilisent un dessin simple et juxtaposent des couleurs violentes pour traduire le mouvement et la profondeur. Au Salon d’automne de 1905, l’accrochage de leurs œuvres, avec celles de Albert Marquet et Kees Van Dongen provoque un scandale par leurs couleurs pures et violentes posées en aplat. À la vue de ces tableaux regroupés dans une même salle, le critique Louis Vauxcelles compare l’endroit à une « cage aux fauves ». L’appellation de « fauve » est aussitôt adoptée et revendiquée par les peintres eux-mêmes.
Cette période marque pour Matisse la reconnaissance de son travail, lui permettant enfin une relative aisance matérielle. Devenu chef de file, Matisse publie en 1908 un article intitulé : Notes d’un artiste. La couleur pure. Celui-ci fait figure de manifeste dans toute l’Europe… Matisse est le seul peintre du groupe à conserver son style jusqu’à la fin de sa vie.

En 1933, Matisse fait poser un nouveau modèle : Lydia Delectorskaya. Lui qui, jusque là, peignait surtout des brunes (Mme Matisse, ou Lorette, un modèle italien professionnel) trouve une nouvelle inspiration auprès de cette blonde slave (elle est né à Tomsk, en Sibérie occidentale). Elle a vingt-trois ans. Modèle, puis aide d’atelier et secrétaire de Matisse, garde-malade et dame de compagnie de sa femme, elle restera finalement vingt ans avec le peintre, jusqu’à sa mort.
« Trois éléments sont essentiels à l’inspiration de Matisse, écrit Lydia Delectorskaya dans son deuxième livre Contre vents et marées, la vie intérieure du modèle, un esprit éveillé, la parure. Dès la première séance, Matisse faisait essayer à chaque nouveau modèle qui avait éveillé son intérêt, plusieurs robes de sa réserve ». Le troisième point fondamental était « un corps expressif, harmonieux ».
Lydia répond magnifiquement à ces trois critères qui feront naître peut-être les plus beaux dessins et peintures de Matisse. Jamais, il ne se lassera de la dessiner et de la peindre. Jusqu’en 1939, Matisse enchaîne les dessins et les peintures d’après cette femme à la souplesse de danseuse, aux canons de beauté idéale.

Mais en 1941, atteint d’un cancer, Matisse est hospitalisé à la clinique du Parc de Lyon. Il utilise alors la technique des gouaches découpées et commence la série Jazz. Puis il s’installe à Vence. En 1945, une grande rétrospective est organisée au Salon d’Automne. Il réalise les cartons de tapisserie Polynésie, le Ciel et Polynésie, la Mer et commence à travailler à partir de 1949 au décor de la chapelle du Rosaire de Vence. En 1952 a lieu l’inauguration du musée Matisse du Cateau-Cambrésis, sa ville natale. Il réalise la gouache découpée La Tristesse du roi, tableau « plus proche même de la peinture classique que Matisse ne l’a jamais été…, son dernier autoportrait…, le portrait d’un vieillard ».
Il meurt à peine deux mois après Derain.

Le travail de Matisse a influencé toute une génération, mais bien au-delà : Jackson Pollock, Mark Rothko, Barnett Newman… tous ont partagé une même vénération pour Matisse.

Et maintenant, place à la peinture totale, avec un des grands maîtres de cet Art, Henri Matisse…

André Derain

André Derain est né à Chatou, près de Paris. En 1898, alors qu’il étudiait pour être ingénieur à l’Académie Camillo, Derain a assisté à des cours de peinture d’Eugène Carrière, et il y rencontra Matisse. En 1900, Derain partage un studio avec Maurice de Vlaminck et commence à peindre ses tout premiers paysages. Ses études sont interrompues de 1901 à 1904 quand il est enrôlé dans l’armée française. Après sa libération de service, Derain persuade ses parents afin de lui permettre d’abandonner sa carrière d’ingénieur pour se consacrer exclusivement à la peinture.
Derain et Matisse travaillent ensemble pendant l’été 1905 dans le village méditerranéen de Collioure et plus tard cette même année ils exposent leurs peintures très novatrices au Salon d’Automne. Les couleurs vives et artificielles marquent ainsi le début du mouvement fauviste. En mars 1906, le marchand d’art Ambroise Vollard envoie Derain à Londres pour créer une série de tableaux de la ville. Avec 30 tableaux (dont 29 qui existent encore), Derain met en avant un portrait de Londres qui est tout à fait différent de tout ce qui avait déjà été accompli par les peintres de la ville tels que Whistler. Avec des couleurs vives et des compositions innovantes, Derain peint plusieurs vues de la Tamise et de ses ponts.
En 1907, le marchand d’art Daniel-Henry Kahnweiler achète un studio entier avec Derain, Derain représentant la stabilité financière du duo. Derain expérimente la sculpture sur pierre et s’installe à Montmartre pour se rapprocher de son ami Pablo Picasso. Il commence alors à changer sa palette fauviste brillante pour une plus nuancée, montrant ainsi l’influence du cubisme et de Paul Cézanne. Son travaille s’affiche au Neue Künstlervereinigung à Munich en 1910, en 1912 à Der Blaue Reiter et en 1913 à l’Armory Show de New York.
Il est mort à Garches, Hauts-de-Seine, en 1954, quand il a été heurté par un véhicule.

Kees van Dongen

Kees van Dongen est né à Delfshaven, alors une ville de la banlieue de Rotterdam qui en est devenue un quartier, dans une famille appartenant à la classe moyenne. Il était le deuxième d’une fratrie de quatre enfants. En 1892, à l’âge de 16 ans, Kees van Dongen débute ses études à l’Académie royale des Beaux-Arts de Rotterdam. Durant cette période (1892–97), van Dongen fréquente le quartier rouge du port maritime, où il dessine des scènes de marins et de prostituées. En 1897, Van Dongen vit à Paris depuis quelques mois. En décembre 1899, Von Dongen revient à Paris pour rejoindre Augusta Preitinger « Guus », qu’il avait rencontrée à l’Académie. Ils se sont mariés le 11 juillet 1901 (ils ont divorcé en 1921).
En 1904, il expose au salon des indépendants et rencontre Maurice de Vlaminck et Henri Matisse. Bientôt, il commence à exposer ses œuvres à Paris, notamment l’exposition controversée de 1905 du Salon d’automne à l’origine de l’appellation Fauves.
Durant ces années, Van Dongen fait partie d’une vague de peintres d’avant-garde avec Maurice de Vlaminck, Othon Friesz, Henri Rousseau, Albert Marquet, Robert Delaunay, Edouard Vuillard, qui incarne l’espoir d’un renouvellement dans la peinture coincée dans le néo-impressionnisme. En 1906, le couple déménage au Bateau Lavoir dans le 13e arrondissement, rue Ravignan, où ils sont amis avec le cercle entourant Pablo Picasso et sa compagne Fernande Olivier. Van Dongen est aussi brièvement membre du mouvement expressionniste allemand Die Brücke (en 1908).
Après la Première Guerre mondiale, il s’installe près du bois de Boulogne et fréquente les milieux privilégiés. Il vit notamment dans le palais de marbre rose du Vésinet, appartenant à la marquise Luisa Casati. Portraitiste à la mode, il peint surtout des femmes de la haute société : « L’essentiel est d’allonger les femmes et surtout à les rendre minces. Après cela, il ne reste plus qu’à agrandir leurs bijoux. Elles sont ravies. »
Il est décoré de la Légion d’honneur en 1922. Mais ce n’est qu’en 1929 qu’il obtient la nationalité française. Il préside le jury de Miss France 1929 et de Miss France 1939.
En octobre 1941, en compagnie d’autres peintres et de sculpteurs tels que Charles Despiau, Paul Belmondo, Derain, Dunoyer de Ségonzac, ou encore Vlaminck, Van Dongen accepte de participer à un « voyage d’études » en Allemagne organisé par Arno Breker, le sculpteur officiel du Reich. Bien que la contrepartie de ce déplacement, vivement « conseillé » par le gouvernement allemand, devait être la libération d’artistes français alors prisonniers de guerre, ce voyage dans l’Allemagne nazie leur fut à tous sévèrement reproché. Ce voyage fut en outre très largement exploité par la propagande nazie.
Van Dongen est mort, à l’âge de 91 ans, le 28 mai 1968 à Monaco.

Autres fauves

Avec les précurseurs : Van Gogh, Gauguin, Vallotton, Maximilien Luce, Henri-Edmond Cross, Claude Monet.
Et les fauves Louis Valtat, Charles Camoin, Henri Manguin, Kees van Dongen, Albert Marquet, Maurice de Vlaminck, Georges Braque, Othon Friesz, Raoul Dufy.

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