Quelques peintres russes plus en détail

Ilia Répine

Ilia Iefimovitch Répine, né à Tchougouïev (près de Kharkov, aujourd’hui en Ukraine), en 1844 et décédé en 1930 à Kuokkala (au nord de Saint-Pétersbourg, incorporé à la Finlande après la Révolution de 1917), est l’un des principaux peintres et sculpteurs russes du mouvement artistique des Ambulants. Une part importante de sa création est consacrée à son Ukraine natale. Ses œuvres réalistes expriment souvent une critique cinglante de l’ordre social. Vers la fin des années 1920 furent publiés en Union soviétique des travaux détaillés sur l’artiste à tel point que se développa dans la décennie suivante un véritable culte pour lui. De ce fait, Répine fut retenu comme référence en termes de réalisme pour les artistes du courant réaliste socialiste soviétique en URSS.
Les peintures les plus célèbres d’Ilia Répine sont Ivan le Terrible tue son fils (1885), Les Bateliers de la Volga (1870-73), et Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie (1880-91). Pour des générations d’écoliers, Les Bateliers de la Volga a longtemps représenté le symbole de l’oppression tsariste.

Kasimir Malevitch

Kasimir Severinovitch Malevitch, né à Kiev (alors Empire russe) en 1878 de parents polonais et mort d’un cancer en 1935 à Léningrad est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch est le créateur d’un courant artistique qu’il dénomma « suprématisme ».
De 1907 à 1935, Malevitch participe à 35 expositions d’avant-garde en Russie et à l’étranger. Malevitch est un membre actif de l’avant-garde artistique russe et côtoie Kandinsky, Chagall, Matiouchine, El Lissitzky, Rodtchenko.
Parallèlement à son œuvre plastique, Malevitch produit des textes théoriques sur l’art. Une vingtaine d’écrits paraissent entre 1915 et 1930, mais de nombreux manuscrits restent non publiés. Tous ne sont pas directement liés aux seules pratiques artistiques : ainsi par exemple, La Paresse comme vérité effective de l’homme, écrit en 1921, texte révolutionnaire dans la mesure où le communisme lui-même y apparaît dépassable.
Les paysages et les scènes de la vie quotidienne présentent souvent une dominante du rouge et du vert, couleurs que l’on retrouve également dans certaines icônes orthodoxes. Les gouaches des années 1910-1911 sont influencées par le fauvisme mais aussi par le néo-primitivisme et le protocubisme. Dans les années 1912-1913, il produit des toiles cubistes et futuristes.
En 1915, Malevitch peint trois éléments qu’il inclura plus tard parmi les éléments fondateurs du suprématisme : le Carré noir, le Cercle noir et la Croix noire. Maniant des formes simples à caractère géométrique et unicolores disposées sur la toile ou érigées dans le réel (architectones), le suprématisme montre le caractère infini de l’espace, et la relation d’attraction et de rejet des formes.

Natalia Gontcharova & Mikhail Larionov

Mikhail Fedorovitch Larionov naît en 1881 dans la maison de ses grands-parents maternels près de Tiraspol (Bessarabie). Natalia Sergeevna Gontcharova voit le jour la même année dans le village de Nagaevo, province de Toula (Russie Centrale) . Elle passe son enfance dans la propriété de sa grand-mère paternelle à Ladyjino.

En 1891, la famille Larionov s’installe à Moscou et Mikhail Larionov commence ses études à l’École technique supérieure Voskresensky, avant de s’inscrire, en 1898, à l’École de peinture, sculpture et architecture de Moscou, qu’il fréquentera jusqu’en 1910.
Après avoir poursuivi ses études secondaires, Natalia Gontcharova rencontre Larionov, qui sera le compagnon de toute sa vie, en 1900 et, dès l’année suivante, s’inscrit dans la même école que lui, dans la classe de sculpture du prince Troubetskoï, élève de Rodin. Elle abandonne la sculpture en 1904 et se consacre à la peinture. Konstantin Korovine est son professeur.
En septembre 1906, voyage de Larionov à Paris en compagnie de Leon Bakst, Pavel Kouznetsov et Sergei Diaghilev, ce dernier étant chargé de l’organisation de la section russe du Salon d’Automne. Larionov et Gontcharova y présentent plusieurs pastels.
Á partir de 1907, Larionov et Gontcharova commencent à s’intéresser vivement à l’art primitif urbain, tel que les loubki (gravures sur bois populaires), les enseignes, les icônes et les dessins d’enfant, créant une sorte de néo-primitivisme. Les thèmes chrétiens et, plus généralement, religieux ou d’inspiration paysanne dominent alors l’œuvre de Natalia, tandis que Mikhail peint deux séries célèbres : Les baigneuses (fin 1907-début 1908) et Les coiffeurs (1907-09).

De décembre 1910 à janvier 1911, à Moscou, a lieu la première exposition du « Valet de carreau », co-organisée par Larionov, avec également Robert Falk, Natalia Gontcharova, Aristarkh Lentoulov, Pyotr Konchalovsky, David Bourliouk et Ilya Mashkov. Mais dès 1911, Larionov et Gontcharova, refusant d’être à la traîne de l’art européen, forment un groupe à part. Ils organisent en 1912 l’exposition de leur groupe avec un titre provocant, « la Queue d’âne », par lequel ils soulignent leur ferme volonté de créer un art russe qui ne soit plus dépendant des mouvements artistiques occidentaux. Ils proclament leur profession de foi lors de débats publics, dans des manifestes, des déclarations, des brochures. Gontcharova, s’en prenant au « Valet de carreau », écrit : « C’est une chose terrible quand on commence en art à remplacer le travail créateur par la création d’une théorie. » Le prestige de Larionov et de Gontcharova est considérable. Ils exposent en 1912 à Munich avec le Blaue Reiter, groupe de Kandinsky et de Franz Marc. Des peintres aussi personnels que Malevitch, Tatline et même Chagall subissent alors leur influence. En 1913, une grande rétrospective est consacrée à Moscou à l’œuvre de Natalia Gontcharova, dont le catalogue s’élève à près de 700 numéros !
Cette même année 1913, Mikhail Larionov théorise le rayonnisme, style que Gontcharova et lui ont développé à partir de 1910, après avoir entendu une série de conférences données à Moscou par Marinetti, l’initiateur du futurisme. Selon Larionov, cette manifestation de peinture abstraite fait surgir la vie en rendant visible les vibrations inspirées de l’énergie-matière et de la radioactivité. Il faut représenter sur le tableau la somme des rayons qui partent de l’objet pour le représenter exactement. À cette fin il faut isoler l’objet de façon abstraite pour que les rayons émis par les objets voisins ne perturbent pas la vue.
Parallèlement, Larionov et Gontcharova illustrent depuis 1912 des livres futuristes, créant un genre nouveau où sont unies la graphie du texte et l’illustration, qui forment un ensemble pictural. Après une dernière exposition en 1914 à Moscou (No 4), ils viennent à Paris, où a lieu leur exposition à la galerie Paul-Guillaume (préfacée par Apollinaire). Il sont également présents au Salon des indépendants, aux côtés d’Alexandra Exter, grâce à l’appui des époux Sonia Delaunay et Robert Delaunay.
Larionov est ensuite mobilisé en Russie et blessé à la guerre. En 1915, tous deux quittent définitivement leur pays pour s’établir (après un passage par la Suisse) à Paris en 1919, au 43 rue de Seine. Jusqu’en 1929, ils vont travailler comme décorateurs et costumiers pour les ballets de Diaghilev.
En 1936, Gontcharova et Larionov participent à l’exposition « Cubism and Abstract Art », organisée par le Museum of Modern Art de New York. En 1938, la nationalité française leur est attribuée. Ils se marient en juin 1955. En septembre-décembre 1961, la première rétrospective des deux artistes en Occident (Leeds, Bristol, Londres), est organisée par l’Arts Council de Grande-Bretagne, suivi de septembre à novembre 1963, par le Musée d’art moderne de la ville de Paris.
Natalia Gontcharova décède en octobre 1962 et Larionov en mai 1964.

Natalia Gontcharova

Mikhail Larionov

Alexandra Exter

Alexandra Exter, née en 1882 Alexandra Alexandrovna Grigorovitch à Belostok (Empire russe, actuellement en Pologne) et morte à Fontenay-aux-Roses (France) en 1949, est une artiste de l’avant-garde russe. Son père est un homme d’affaires fortuné. Elle reçoit l’éducation de sa classe: apprentissage du français et de l’allemand, leçons privées de dessin et de musique, etc., suit des cours à l’École d’art de Kiev en tant qu’auditrice libre. Elle se marie avec un avocat célèbre et tient un salon littéraire et artistique avec son mari, jusqu’en 1906. En 1907, elle passe quelques mois à Paris à l’Académie de la Grande Chaumière. En 1908 elle organise avec David Bourliouk l’exposition Le Maillon dans la capitale ukrainienne.
De 1906 à 1914 elle mène une vie cosmopolite, voyageant beaucoup. Á Paris, elle fait la connaissance de Guillaume Apollinaire, Braque, Léger, Picasso. Son travail est d’abord dominé par le cézanisme géométrique, puis par le cubo-futurisme russo-ukrainien. Elle participe à toutes les expositions de l’art de la gauche russe dont l’Exposition Tramway V ou celles du Valet de Carreau. Elle participe à des expositions en France et en Italie et contribue à la diffusion en Russie des innovations de l’avant-garde mondiale.
En 1922, elle conçoit les costumes pour la pièce Salomé d’Oscar Wilde. En 1923-1924, elle élabore des vêtements modernes, des pavillons pour des expositions agricoles et industrielles russes. Elle fait aussi des esquisses pour les costumes d’Aelita, un film de science-fiction de Yakov Protazanov. En 1924 elle participe à l’organisation du pavillon soviétique et présente ses œuvres à l’Exposition internationale des Arts de Venise.
Fin 1924, Alexandra Exter émigre finalement en France avec son mari, mais continue brièvement de présenter ses œuvres sous pavillon soviétique.
De 1926 à 1930, elle enseigne à l’académie d’art contemporain de Fernand Léger.

Lioubov Popova

Lioubov Sergueïevna Popova, née près de Moscou en 1889 est une styliste et peintre constructiviste, suprématiste et cubo-futuriste russe, fauchée très jeune par la scarlatine en 1924. Membre de l’avant-garde russe, elle se distingue par ses compositions futuristes et architectoniques, dans le sillage de Malevich et d’autres artistes femmes, Natalia Gontcharova, Olga Rozanova, Varvara Stepanova et Alexandra Exter.
Ses premières œuvres sont des paysages et des dessins d’hommes et de femmes (1908-1912). Elle rencontre le cubisme et le futurisme lors de voyages en France et en Italie entre 1912 et 1914. À partir de 1913, elle peint des nus et des portraits cubo-futuristes (Nu cubiste, 1913), réalise une série de natures mortes en relief avec des collages, des lettres peintes et des matériaux divers (Nature morte italienne,1914). En 1915 elle participe avec Malevitch, Jean Pougny, Ivan Kliun, et dix autres artistes à l’Exposition 0,10 qui présente des œuvres futuristes, suprématistes.
En 1916, elle entame une réflexion sur la présence ou plutôt l’absence de l’objet menant tout droit et logiquement vers la non-objectivité. Elle compose des toiles suprématistes où elle mêle la couleur, les volumes et la ligne (série des « Architectoniques picturales »), où des formes géométriques s’imbriquent les unes dans les autres et créent une organisation des éléments, non comme moyen de figuration, mais comme constructions autonomes.
En 1921, elle signe une proclamation pour l’abandon de la peinture de chevalet et déclare que « L‘organisation des éléments de la production artistique doit se tourner vers la mise en forme des éléments matériels de la vie, c’est-à-dire vers l’industrie, vers ce qu’on appelle la production ». Á ce titre, elle réalise notamment du design pour textile (1923-24).

Ilia Machkov

Ilia Ivanovitch Machkov, né en 1881 à Mikhailovskaya-sur-le-Don (près de Volgograd) – actuellement Oblast de Rostov – et mort en 1944 à Moscou, est un peintre soviétique, russe. Il est, en 1910, un des fondateurs et membre actif par la suite, du groupe artistique moscovite du Valet de Carreau (avec Robert Falk, Piotr Kontchalovski, Aristarkh Lentoulov). Machkov est aussi un des créateurs de l’association Mir Iskousstva (Le Monde de l’Art) à partir de 1916.
Il aime par-dessus tout la couleur, une couleur toujours chaude, ardente et s’intéresse en même temps au dessin et à la simplification des formes. Les contours des sujets sont épais, les motifs décoratifs. Il s’agit le plus souvent de natures mortes ou de portraits, prétextes de recherches dans le domaine de la couleur et de la forme. Les expositions du Valet de Carreau fournissent l’occasion de présenter les fruits de ses nouvelles expériences picturales. Les influences sont diverses : il est proche des Fauves mais aussi des expressionnistes allemands qui participèrent à la seconde exposition du Valet de Carreau en 1912 (Max Pechstein, Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel). Une même « violence » chez Machkov mais un choix de sujets moins provocateurs que chez les allemands, moins outrancier et un rythme plus coulant.
Le nu féminin qui n’avait pas de très forte tradition en Russie bénéficie de la libération générale due au mot d’ordre de l’avant-garde : « Liberté ». La société russe reste officiellement puritaine et Natalia Gontcharova se voit enlever deux nus féminins par la police lors d’une exposition en 1910. Mais il est difficile de parler, pour l’art russe d’avant-garde, d’érotisme au sens occidental. Il n’y a, la plupart de temps, ni sous-entendu, ni malice. Avec Machkov la nudité se fait tout à fait iconique. Le nudisme reçevra une justification idéologique de la part de révolutionnaires d’octobre qui déclarèrent que la nudité était la vraie forme démocratique du costume. Mais avant la révolution de 1917, en peinture Serov, Larionov ou Machkov apparaissent déjà comme des témoins de cette mode du nudisme, à cette époque, dans la société russe. Il est possible également de rapprocher ces nus du culte nouveau de la gymnastique, de la musculation, des arts martiaux, du culte des corps, d’une nouvelle vision du corps (voir également avec Alexandre Deïneka).

Alexandre Deïneka

Alexandre Deïneka (Александр Дейнека) (1899-1969) est considéré comme l’un des peintres russes les plus importants du XXe siècle, notamment au sein du courant du réalisme soviétique – et certainement un des plus « original » dans la mesure où il a véritablement un style et où, même s’il a pu être vu comme « le chantre du totalitarisme soviétique », il est plus resté à distance de l’art dit idéologique que certains de ses homologues comme Alexandre Guerassimov ou Isaak Brodski, n’ayant jamais réalisé de portraits de dirigeants par exemple, se concentrant sur la représentation du « peuple soviétique ».

Né dans une famille de cheminots, il étudie entre 1915 et 1917 au lycée d’art de Kharkov, où il est élève du peintre Alexandre Loubimov. Il soutient la révolution russe, s’engageant dans l’Armée rouge entre 1919 et 1920 au sein du département politique de Koursk. De là, il est envoyé étudier aux Vkhoutemas, les Ateliers supérieurs d’art et de technique fondés par Lénine en 1920. Il y rencontre Vladimir Favorski, qui sera son professeur, et le poète Vladimir Maïakovski, qui auront tous deux une grande influence sur son développement artistique et sa formation à la création. Membre fondateur de groupes comme Ost (« Être ») ou Octobre, il réalise la première grande œuvre historique révolutionnaire en 1928 : La Défense de Petrograd. Vers 1931, il devient membre de l’Association des artistes prolétariens (A.H.R.R.).
Dans les années 1930, il réalise de nombreuses affiches de propagande colorées et enthousiastes, tandis que le style de ses peintures diffèrent déjà d’autres peintres par le traitement qu’il leur accorde et les sujets abordés, comme Sur le balcon (1931).
En 1932, La Mère marque le début d’une nouvelle période créative. Deïneka réalise également des peintures à sujet politique comme Chômeurs à Berlin (1933). Au milieu des années 1930, il opère un tournant moderniste, très inspiré par le thème de l’aviation (Futurs pilotes, 1937). Avec le pilote G.F. Baidoukov, il réalise un livre pour enfant sur le sujet, publié en 1938. Les thèmes historiques qu’il aborde sont basés sur sa propre réflexion sur l’histoire pré-révolutionnaire. À cette époque, il commence à réaliser des mosaïques, dont celle de la station de métro Maïakovskaïa à Moscou.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il réalise des peintures monumentales et dramatiques, dont Banlieue de Moscou, novembre 1941 constitue la première œuvre. Il parvient à faire pénétrer une grande souffrance dans son travail (Le Village brûlé, 1942), autant que l’enthousiasme héroïque (La Défense de Sébastopol, 1942).
Après la guerre, il continue de peindre et reprend son travail de mosaïque, notamment pour le palais des congrès du Kremlin. Pour Les Joueurs de hockey (1960), il est récompensé du prix Lénine en 1964.
Il décède le 12 juin 1969. Il est enterré au cimetière de Novodevitchi à Moscou.

[ Vous pourrez trouver ici un éclairage très intéressant sur l’œuvre de Deïneka et ce qu’elle montre sur le « réalisme socialiste soviétique » et son rapport au corps et au genre (ce qui est tout à fait d’actualité). On peut notamment y lire que « Si les représentations à dimension « érotique », condamnées par les autorités, n’ont pas, en principe, leur place dans le réalisme socialiste, la représentation de corps nus ou dénudés est possible, semble-t-il, dans la mesure où elle participe à une forme de glorification du corps prolétaire capté dans son rapport à la construction du socialisme : dans l’effort physique bien-sûr (avec toujours le triptyque travail, sport, guerre), mais aussi dans son rapport plus diffus à un style de vie (« Soviet way of life »), à un idéal, à un « avenir radieux » qui existerait déjà dans le présent. » ]

Voici maintenant une sélection de ses meilleures œuvres.

Boris Grigoriev

Boris Grigoriev Dimitrievitch est né à Moscou. Il fait partie du mouvement de l’Avant-garde russe. Il a également écrit régulièrement pour le magazine « Satyricon » et « New Satyricon. » Son travail de portraitiste est particulièrement reconnu.

Jeunesse

Grigoriev est né à Moscou en 1886 d’une mère suédois. Né hors mariage, il n’a été reconnu et adopté par son père Dimitri Grigoriev qu’à quatre ans. Enfant de toute évidence doué, il est inscrit à l’école d’art Stroganov à l’âge de 17 ans, puis commence à fréquenter l’Académie Impériale des Arts de Saint-Pétersbourg en 1907 en tant qu’auditeur.
Au cours de ses études à Saint-Pétersbourg, il profite de la proximité de la Suède pour visiter la famille de sa mère en 1909. Il participe à l’exposition du groupe, « Union des impressionnistes », organisée par l’artiste et musicien Nikolai Koulbin.
Grigoriev se rend à Paris en 1913, où il vit pendant environ quatre mois. Il a assiste aux cours de l’Académie de la Grande Chaumière, et sera très influencé par l’art impressionniste qu’il voit dans les musées.
Après son retour à Saint-Pétersbourg, il rejoint le mouvement « Monde de l’art » qui a été influencé par le mouvement Art Nouveau. Grigoriev reste avec ce groupe jusqu’en 1918, exposant avec eux régulièrement. Il est connu comme un grand dessinateur, et aussi un représentant de la gauche à l’intérieur de l’avant-garde. Il commence à enseigner à l’Institut Stroganov à Saint-Pétersbourg.

Hors de Russie

Cependant, peu de temps après, Grigoriev décide de quitter la Russie et de passer en Europe. La raison en est qu’il commeçait à être critiqué pour son style européen. Avec sa famille, il traverse clandestinement le golfe de Finlande sur un bateau en 1919, d’où ils se rendent à Berlin. Ils ont déménagent ensuite à Paris en 1921. Sa carrière décolle aussitôt – il expose à Paris, New York, Prague et Milan. Durant les années suivantes, il passe ses étés en Bretagne, produisant son « Cycle Breton ».

Les dernières années

Le travail de Grigoriev est très connu au milieu des années 1920, il cumule expositions et commissions. Il voyage aux États-Unis en 1928, où son talent de portraitiste était en vogue. L’année précédente, il avait acheté une villa à Cagnes-sur-Mer, près de Nice, et s’y était installé. La villa a été nommé Borisella, d’après son prénom et celui de sa femme, Ella.
Grigoriev est chargé de créer une œuvre de grande échelle en 1929 pour la Société des Nations, intitulé Visages du Monde. Il a été acquis par la ville de Prague en 1932.
Grigoriev est mort à Cagnes-sur-Mer en 1939.

Viktor Pivovarov

Viktor Pivovarov, né en 1937, est, avec Ilya Kabakov et Erik Bulatov, l’un des principaux artistes du mouvement artistique des années 1970 qu’on a appelé l’école conceptualiste de Moscou. Tous trois avaient leur studio sur sur Sretensky Boulevard, et Pivovarov et Kabakov étaient très amis.
Le travail de Viktor Pivovarov fonctionne par cycles et, contrairement aux autres artistes de son entourage, il ne traite pas directement de questions sociales, ses œuvres sont plus un dialogue poétique avec d’autres artistes. Elles sont empreintes d’éléments autobiographiques et surréalistes, de rêves et d’absurdité dadaïste, avec beaucoup d’ironie et d’autodérision. Pivovarov est aussi un illustrateur prolifique de livres pour enfants, avec plus de 50 livres à son actif.
Il a déménagé de Moscou à Prague en 1982, et continue à y vivre à ce jour.

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