La peinture ukrainienne du XXe siècle à nos jours

L’Ukraine est le deuxième pays d’Europe par sa superficie, derrière la Russie et devant la France, et le 8ème par sa population, qui est d’environ 43 millions d’habitants. Ce pays méritait donc pleinement d’être traité à part de mon article sur La peinture russe (et soviétique) du XXe siècle à nos jours.
Car, artistiquement – comme vous allez le voir -, l’Ukraine a vu naître sur son sol de nombreux grands peintres, notamment lors des trois grands mouvements d’avant-garde qui ont ponctué son histoire au XXe siècle, celui des années 1905-1930, celui des non-conformistes des années 1960-70 et celui des trans-avant-gardistes de la fin des années 1980.
[ NOTA : comme pour la page sur la Russie, les noms des artistes sont souvent un vrai casse-tête car leur transcription en alphabet latin (russes et ukrainiens utilisent le cyrillique) peut beaucoup varier, notamment entre le français et l’anglais. Par exemple, pour le prénom Александр, on peut trouver des Alexandre, Alexander, Aleksandr ou Oleksandr (pour les peintres ukrainiens notamment : Олександр). De même que Vladimir peut devenir Volodymyr. Idem pour les noms de famille : Олег Голосий est traduit Oleg Holosiy, ou Golosiy ou Golosii ou Golosy… Bref, je vous demande d’être indulgent, j’ai fait de mon mieux ! ]

Mais commençons, comme toujours, par un peu d’histoire : l’Ukraine est le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves : la Rous’ de Kiev (appelée aussi dans les écrits occidentaux Ruthénie), qui durant les Xe et XIe siècles est l’État le plus vaste et aussi, après l’Empire byzantin, le plus puissant d’Europe. Cependant, au XIIe siècle, des conflits éclatent entre différents seigneurs locaux. Ces conflits mènent l’État kiévien au déclin, fractionné en plusieurs principautés rivales.
Durant le XIVe siècle, toute l’Ukraine du nord-ouest passe sous l’autorité de la Pologne-Lituanie, qui annexe Kiev en 1362, tandis que les Tatars se maintiennent dans la steppe pontique (s’étend à travers le sud de l’Ukraine et la Russie méridionale) au nord de la mer Noire et en Crimée. Ce clivage entre le nord-ouest, orthodoxe mais d’influence polonaise et lituanienne, c’est-à-dire occidentale, et le sud-est soumis aux Tatars et aux Ottomans, puis conquis et colonisé par l’Empire russe, se retrouve jusqu’à aujourd’hui dans la structure politique du pays : le nord-ouest vote plutôt pour les pro-européens et se méfie de l’influence russe, tandis que le sud-est votre plutôt pour les pro-russes et se méfie de l’influence occidentale (souvent assimilée au fascisme depuis la Seconde Guerre mondiale) et peut même se soulever contre le pouvoir de Kiev lorsque ce dernier se rapproche de l’Ouest.
À la suite de la révolution paysanne anti-féodale (1648-1654), connue dans l’histoire comme Hmelnichina, la partie orientale de l’Ukraine s’émancipe du pouvoir lituanien et se constitue en État autonome de caste cosaque. En 1654, le Traité de Pereïaslav signe dans les faits la séparation de l’Ukraine de la Pologne et son rattachement à la puissance russe et au renforcement de l’orthodoxie dans cette région. Pour la Russie, l’acquisition de l’Ukraine marque le renforcement de sa puissance et justifie son appellation d’Empire et le titre du Tsar comme « Empereur de tous les Rus’ ».

Au tournant du XXe siècle

Au cours des dernières décennies du XIXe siècle, les peintres ukrainiens étudiant l’art en Russie sont influencés par Les itinérants, société fondée en 1870 par Ivan Kramskoi, Mykola Ge et 13 autres artistes qui ont quitté l’Académie des Arts de Saint-Pétersbourg pour protester contre son dictat néoclassique rigide. Les artistes d’origine ukrainienne actifs dans cette société sont Kyriak Kostandi, Arkhyp Kouïndji, Nikolai (Mykola) Kuznetsov, Oleksandr Murashko, Mykola Pymonenko, Pyotr Nilus, Ilya Repin, Petro Levchenko et Mykola Yaroshenko.
Nikolaï Samokich est, lui, surtout connu pour ses cosaques et ses scènes de bataille.
L’impressionnisme se fait sentir dans le travail de plusieurs artistes de Kiev ayant travaillé à Paris, comme Petro Levchenko, Abram Manevich, Mykola Burachek ou Oleksandr Murashko. Ce nouveau style a stimulé l’intérêt dans l’aperçu intime d’événements ordinaires ou de paysages urbains. Avant toute chose, il a modifié la palette de la plupart des artistes pour de nombreuses années. En Ukraine occidentale, l’impressionisme a influencé le travail d’Ivan Trush (bien que la plupart du temps il soit resté un réaliste), Osyp Kurylas et Olena Kulchytska.
Alors que les artistes d’Ukraine occidentale sont, pour la plupart, restés sous l’influence des mouvements artistiques de l’Europe occidentale, ceux travaillant à Kiev, Kharkiv et Odessa ont développé des liens étroits avec Moscou et Saint-Pétersbourg (Leningrad plus tard).

L’avant-garde ukrainienne

Les artistes ukrainiens ont été fortement impliqués dans les deux vagues (avant et après la Première guerre mondiale) de la révolution artistique qui a balayé l’Europe au cours des trois premières décennies du XXe siècle. Parmi les milliers d’étrangers qui composent alors ce qu’on appelle l’École de Paris, épicentre du mouvement, il y a des centaines d’artistes Ukrainiens. En fait, dans les années 1908-14, il y a tant d’artistes ukrainiens dans la ville qu’ils ont leur propre club, le Cercle des Ukrainiens à Paris, situé dans le Quartier Latin.
On peut citer Alexandre Archipenko (sculpteur), Alexandra Exter, Mykhailo Boïtchouk, David Burliuk, Vladimir Baranoff-Rossiné, Vadim Meller, Vladimir Tatlin, Sarah Sophie Stern Terk (future Sonia Delaunay), Mykhailo Andriienko-Nechytailo (qui devient Michel Andreenko à Paris).
D’autres aussi, qui ne sont pas venus à Paris, comme Alexandre Bogomazov. De 1922 à 1930, il a enseigné à l’Académie des Arts de Kiev avec Meller, Tatlin, Victor Palmov. En 1927, il a été membre fondateur de l’Association des Maîtres révolutionnaires de l’Ukraine (ARMU), en collaboration avec Burliuk, Meller, Palmov, Vasil Yermilov
D’autres villes, comme Munich, Berlin et Genève, ont également attiré des artistes, parmi eux Meller, Burliuk et Archipenko. Après 1922, le travail de Tatlin, Malevitch et Exter a eu une forte résonance en Allemagne. Malevich était à Berlin en 1927, et Boïtchouk a visité le Bauhaus en 1926-27. Quant à Alexandra Exter, elle a introduit le futurisme à Kiev et contribué à faire des expositions d’avant-garde en Ukraine.

Kazimir Malevitch

Kazimir Malevitch, né en 1878 à Kiev, a étudié la peinture, la sculpture et l’architecture à Moscou. Influencé d’abord par les Impressionnistes et les Fauves, il a participé à des expositions d’avant-garde à Moscou, avec des peintures dans des styles neo-primitiviste et cubo-futuristes.
En 1915, Malevitch lance le mouvement artistique du « suprématisme » à Petrograd. Il est le premier peintre moderne à travailler de manière purement géométrique, non figurative (comme dans ses célèbres œuvres Carré noir [1915] et Blanc sur blanc [1918]).
Sous le régime soviétique, il était un membre de la Division des arts visuels du Commissariat russe de l’éducation ; il a enseigné à l’Art Institute de Vitebsk au Belarus (1919-1922), à l’Académie des Arts de Leningrad (à partir de 1922), et à l’Art Institut d’Etat de Kiev (1927-29) ; il a également dirigé l’Institut de la culture artistique de Leningrad (1923-26).
Dans les années 1920, il a commencé à travailler dans un style constructiviste, produisant des modèles urbains architecturaux, des meubles, textiles, dessins et modèles en porcelaine. Écrivain prolifique, il a produit divers travaux théoriques, notamment « Le monde comme non-objectivité », a développé de nouvelles méthodes pédagogiques, et mis en place des cadres théoriques originaux pour l’analyse des peintures. Ses œuvres et théories ont influencé un certain nombre de soviétiques d’avant-garde des artistes, comme les Russes Ilia Chasnik et El Lissitzky et les Ukrainiens Vasyl Yermilov, Vadym Meller et Anatol Petrytsky. À la fin des années 1920, en raison de l’opposition croissante de la part du gouvernement soviétique central envers l’avant-garde, Malevitch a été forcé de revenir à un style figuratif et est finalement mort en 1935 à Leningrad dans la pauvreté et l’oubli.
La reconnaissance de cet artiste majeur intervient à partir des années 1970. Depuis, de nombreuses rétrospectives à travers le monde ont consacré Kasimir Malevitch comme l’un des maîtres de l’art abstrait et un artiste essentiel du XXe siècle.

On a souvent englobé l’avant-garde ukrainienne dans le terme « russe », ce qui a nui à sa visibilité. Toutefois, pour certains artistes, cela pouvait être une caractérisation adéquate, en particulier pour ceux originaires d’Ukraine mais ayant vécu la majeure partie de leur vie créative à Moscou ou Saint-Pétersbourg/Petrograd/Leningrad. Parmi eux, Aleksandr Shevchenko, Nathan Altman, David Shterenberg ou Alexis Gritchenko.
Quoi qu’il en soit, grands voyageurs, tous ces artistes ont largement contribué à ce qu’échanges et influences aient lieux de l’Ouest (Paris, Berlin, Vienne, Rome) vers l’Est (Kiev, Saint-Pétersbourg, Moscou) mais également de l’Est vers l’Ouest.
Il faut également remarquer le nombre important de peintres juifs ou d’origine juive, comme Nathan Altman, David Shterenberg, Isaac Dobrinsky (vit à Paris de 1912 à sa mort en 1973), Issachar Ryback, Isaac Rabichev, Solomon Nikritin (du groupe d’avant-garde russe Les Projectionnistes), Isaac Pailes, Emmanuel Mane-Katz, entre autres.
A. Ekster introduit le futurisme à Kiev et a contribué à faire des expositions d’avant-garde à l’Ukraine.

La période soviétique

Après la révolution de Février, qui met fin à l’Empire russe en 1917, l’Ukraine est brièvement indépendante jusqu’en 1920, mais le territoire, d’abord envahi par les Allemands, devient un champ de bataille entre le Parti bolchevique (crée en 1903 sous la direction de Lénine), les Russes blancs (partie de la population russe n’ayant pas accepté la révolution russe et la prise de pouvoir par les bolcheviks) et les forces de la Triple-Entente (alliance militaire de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale). L’Ukraine est finalement envahie par l’Armée rouge (bolchévique) et ramenée dans le giron soviétique. Le 30 décembre 1922, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) naît du traité qui réunit la Russie, la Biélorussie, l’Ukraine et la Transcaucasie. Dans le conflit qui oppose les communistes du centre (Moscou) et les partis communistes nationaux, c’est le centre qui l’emporte et impose une fédération.
L’ancien « grenier » de l’Empire russe, devenu une république socialiste soviétique, ravitaille les centres urbains soviétiques. Puis, quand Staline déclenche sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l’Ukraine devient l’une des sources indispensables de son financement. Les années d’industrialisation sont marquées par la construction de ce qui est à l’époque la plus grande centrale hydraulique d’Europe sur le Dniepr, ce qui contribue à l’électrification de la République, ainsi qu’une importante mise en valeur du grand bassin minier et métallurgique, le Donbass, déjà exploité depuis la fin du XIXe siècle.

Au cours de la brève période d’indépendance de l’Ukraine, on assiste à une ukrainisation, se traduisant par le retour à l’ukrainien dans les publications, la réouverture des écoles et des universités avec un enseignement en ukrainien et la promotion des cadres nationaux. L’Académie nationale ukrainienne des Arts (1917-22) est créée à Kiev. Elle et son successeur, l’Institut d’État des Arts de Kiev, permettent aux peintres ukrainiens de poursuivre une formation artistique avancée dans leur patrie. Vasyl Krychevsky en est le premier recteur. L’un des professeurs les plus influents, Mykhailo Boichuk, relance la peinture à fresque et aspire à développer un art pour les masses basées sur une combinaison de traditions ukrainiennes et de modèles occidentaux. Par la suite Boïtchuk et ses disciples (les « Boichukistes » – son frère, Tymofiy Boichuk, sa femme, Sofiia Nalepinska, Vasyl Sedliar, Ivan Padalka, Kyrylo Hvozdyk, Manuil Shekhtman, Mykola Rokytsky…) sont, pour la plupart, victimes de la terreur stalinienne des années 1930. Mykhailo Boichuk est condamné et exécuté en 1937 et la plupart de ses œuvres détruites.
Fedir Krychevsky, qui a également enseigné à l’Académie nationale ukrainienne des Arts et à l’Institut d’État des Arts de Kiev, a été influencé par les couleurs de l’impressionnisme, mais est resté un réaliste dans sa modélisation de la forme et de l’espace (il est mort de faim pendant la famine en 1947) – comme Mykhailo Kozyk ou Hryhoriy Svitlytskyi.
Au cours de la période relativement libérale des années 1920 en Ukraine soviétique, une grande variété de styles a prospéré : Le Cubo-futurisme et le constructivisme avec Vasyl Yermilov à Kharkiv et Oleksandr Bohomazov, Viktor Palmov et Anatol Petrytsky à Kiev. Petrytsky a peint plus d’une centaine de portraits de personnalités ukrainiennes, la plupart ont disparu ou ont été détruits au cours de la terreur. Vadym Meller et K. Sikorsky ont expérimenté l’abstraction ; Yukhym Mykhailiv, fasciné par la mythologie, a continué la tradition du symbolisme.

Durant l’entre-deux-guerres, en Ukraine occidentale, sous domination polonaise, le plus important peintre de Lviv est Oleksa Novakivsky, qui a commencé comme un impressionniste avant d’être attiré par le post-impressionisme et l’expressionisme français. Il a peint des portraits et des paysages, et avec son école d’art, a influencé toute une génération de futurs artistes, comme Myron Levytsky, qui a continué à explorer les tendances modernes dans l’art ; Roman Selsky, qui a expérimenté le surréalisme ; Mykola Butovych, Pavlo Kovzhun et Robert Lisovsky, qui ont exploré le cubisme et l’abstraction.
Les artistes de Transcarpatie, alors hongroise, notamment Adalbert Erdeli, avaient des liens avec des mouvements d’art d’Europe centrale et occidentale et utilisaient des couleurs vibrantes et audacieuses.

Mykola Hlushchenko

Sorti diplômé de l’Académie de Berlin en 1924, Mykola Hlushchenko commence à travailler à Paris dès l’année suivante, où ses œuvres attirent immédiatement l’attention des critiques français. Il évolue du mouvement « Nouvelle Objectivité » de sa période berlinoise vers le post-impressionnisme. Au début des années 1930, de retour au pays, Hlushchenko appartient à l’Association des artistes ukrainiens indépendants. Il participe à l’organisation de grandes expositions de peintures ukrainiennes, françaises et italiennes au Musée national de Lviv. En Juillet 1936 l’artiste et sa famille s’installent à Moscou. Collaborant depuis plusieurs années avec les services secrets soviétiques (sous le pseudonyme de Yarema), il est de ceux qui mettent en garde le gouvernement soviétique sur une possible attaque allemande. En 1944, il retourne à Kiev. Sous la pression, il se voit contraint, durant les années 1950, de créer des œuvres dans le style du réalisme socialiste (Mort du héro de la Guerre civile Vasil Bozhenko, Défense de Moscou) – peu de temps avant sa mort, il avait l’intention de les brûler ; retrouvées dans le grenier de son atelier, le Ministère de la Culture les stockées dans un musée, mais sans le droit de les exposer.
Dans les années 1960, après avoir été en contact étroit avec les nouvelles tendances artistiques lors de ses voyages à l’étranger (France, Belgique, Suisse et Italie notamment), Hlushchenko revitalise ses tableaux (de nombreux paysages, des natures mortes, des nus) avec des couleurs expressives, et prend une position de leader parmi les peintres coloristes ukrainiens. Lauréat du Prix national Shevchenko en 1972, il a également reçu le titre d’Artiste du Peuple d’Ukraine en 1968 et de l’URSS en 1976. Mort en 1977, il reste une valeur sûre sur le marché de l’art.

Sous le joug de Staline

Après la brève période d’ukrainisation des années 1920, Staline ne ménage pas les efforts pour réprimer le moindre signe d’un réveil nationaliste ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l’intégrité de l’URSS.
Entre 1931 et 1933, une série de famines et l’intensification de la dékoulakisation frappent l’Union soviétique et ravagent particulièrement l’Ukraine, alors que cette région était la plus fertile de toute l’URSS. On estime qu’entre 3 et 5 millions de personnes seraient mortes des suites de cette famine. De nombreux historiens soutiennent que Staline a utilisé cette famine, voire l’a sciemment provoquée, pour briser la paysannerie et le nationalisme ukrainiens, même si la part de responsabilité du régime et ses intentions restent très débattues. Les Ukrainiens l’appellent « Holodomor » ou « l’extermination par la faim ». Le Parlement européen a reconnu dans une résolution de 2008 l’Holodomor comme un « crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l’humanité ».
En 1934, la capitale de la RSS d’Ukraine est transférée de Kharkov à Kiev.

Le réalisme socialiste

Dans les années 1930 toutes les activités avant-gardistes en Ukraine et dans tout l’empire soviétique s’arrêtent avec l’introduction du réalisme socialiste comme la seule méthode littéraire et artistique permise par le régime communiste. La peinture est limitée à un rendu naturaliste sur des thèmes comme la Révolution d’Octobre de 1917 et ses champions, la glorification de l’Etat soviétique et de ses dirigeants, des portraits et scènes de genre de joyeux travailleurs et paysans, et les représentations romancées de la guerre et de ses héros. Paysages et natures mortes sont proscrits et toute déviance par rapport aux canons du réalisme socialiste condamnés comme « formalisme », leurs créateurs victimes de discrimination, persécutés, voire éliminés. Parmi les artistes socialistes réalistes, on peut citer Volodymyr Kostetsky, MikhailBozhi, Sergey Grigoriev (Serhii Hryhoriev), Dmytro Shavykin, Oleksiy Shovkunenko.

Diaspora

Après l’échec de la lutte pour l’indépendance (1917-1920), un bon nombre de peintres ukrainiens ont émigré. À Varsovie, comme Petro Kholodny. Ou en France, comme Oleksa Hryshchenko (Alexis Gritchenko) et Vasyl Khmeliuk, dans une veine expressionniste ; Mykhailo Andriienko-Nechytailo (Michel Andreenko), qui utilise des éléments constructivistes dans ses abstractions ; Mykola Hlushchenko et ses paysages. Anton Solomukha est venu de Kiev en 1978, avec une approche postmoderne de la peinture ; Volodymyr Makarenko est arrivé en 1980 après un passage par l’Estonie.
Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux artistes ukrainiens ont fui le communisme et se sont installés à l’Ouest : Robert Lisovsky et R. Hluvko en Grande-Bretagne, Borys Kriukov et Volodymyr Lasovsky en Argentine, Vasyl Krychevsky et Halyna Mazepa au Venezuela, et Michael Kmit en Australie en 1949, Myron Levytsky au canada, également en 1949. Beaucoup se sont installés aux États-Unis : Mykola (Nikolai) Butovych, Mykhailo Dmytrenko, Sviatoslav Hordynsky, Liuboslav Hutsaliuk, Petro Kholodny, Mykhailo Moroz, Mykola Nedilko (en passant par l’Argentine), Myroslav Radysh, Jurij Solovij et Viktor Tsymbal.

La Seconde guerre mondiale

En septembre et octobre 1939, après l’invasion de la moitié occidentale de la Pologne par les troupes allemandes puis, de sa partie orientale, par les troupes soviétiques, certaines régions polonaises à forte minorité ukrainienne (comme la Galicie et Lwow, aujourd’hui Lviv) sont annexées par l’Union soviétique et incorporées au sein de l’Ukraine occidentale.
À l’été 1941, l’Ukraine est envahie par les armées allemandes. À leur arrivée, les Allemands sont reçus en libérateurs par une partie de la population ukrainienne, surtout par la population de la partie de la Pologne envahie par Staline en 1939 puis intégrée à l’Ukraine. Mais, au fur et à mesure de leur progression vers l’est du pays, et notamment en raison des mauvais traitements infligés à la population, les nazis rencontrent une forte résistance de la part de la population locale, laquelle perdure jusqu’au retour des Soviétiques en 1944. En représailles, les Allemands traquent les partisans, et brûlent des centaines de villages et des milliers de maisons avec leurs habitants. La population juive d’Ukraine est anéantie par l’application de la solution finale.
En 1944, l’Armée rouge libère la plus grande partie de l’Ukraine.
À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,4 million étaient des militaires.
Le 26 juin 1945, l’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de l’ONU, en y obtenant (grâce à son rôle dans la victoire sur le nazisme) une place distincte de l’URSS.

Un certain dégel

Les limites étroites du réalisme socialiste ont été élargies peu après la mort de Joseph Staline, en particulier pendant le dégel culturel sous Nikita Khrouchtchev au milieu des années 1950. Ce dernier,, qui a passé sa jeunesse en Ukraine, transfère la péninsule de Crimée à la République soviétique socialiste d’Ukraine pour marquer le 300e anniversaire du traité de Pereïaslav marquant l’union entre la Russie et les provinces formant l’Ukraine d’alors. L’Ukraine est alors considérée comme un modèle des républiques soviétiques – ainsi, Léonid Brejnev, le principal dirigeant de l’URSS pendant 18 ans entre 1964 et 1982, est d’origine ukrainienne.
Des artistes tels que Roman Selsky, Vitold Manastyrsky, Tatiana Yablonskaya et Viktor Zaretsky, profitant de cette relative liberté, se tournent vers des thèmes folkloriques, des couleurs plus vives, et un rendu aplati. Des artistes plus jeunes, tels que Karlo Zvirynsky, Valery Basanets, Anatoly Sumar, expérimentent l’abstraction ; Liubomyr Medvid, Ivan Zavadovski et Ivan Marchuk le surréalisme ; Vladimir Patyk et Volodymyr Loboda l’expressionnisme.

Le Non-conformisme

Mais le dégel ne dure pas longtemps et la pléiade de jeunes artistes militant pour l’expansion de la liberté de création, la protection de la culture ukrainienne et contre la russification, sont vite remis au pas. En 1962, la fermeture par Khrouchtchev de la salle non conformiste incluse dans la fameuse exposition du Manège, à Moscou (un bâtiment néoclassique utilisé comme salle d’exposition), bannit pour plusieurs années de l’espace public toute expression artistique contraire à la doctrine du réalisme socialiste. En ukraine, deux vagues d’arrestations, en 1965 et de nouveau en 1972, finissent d’étouffer dans l’œuf cette renaissance. Des auteurs et des artistes ukrainiens de premier plan sont arrêtés et condamnés (accusés d’« agitation anti-soviétique et de propagande »), comme Opanas Zalyvakha (cinq ans dans un camp de travail) et Stefaniia Shabatura – suite à sa participation à des campagnes publiques pour la défense de prisonniers politiques (notamment l’historien Valentin Moroz), elle est arrêtée, emprisonnée dans un camp de travail (1972-76), puis exilée dans un village tadjik (1976-79). Quant à Alla Horska, elle est carrément assassinée en 1970, sans doute par le KGB.
C’est en réaction à ces événements que naît le mouvement « non-conformiste » auquel les artistes ukrainiens participent pleinement avec leurs collègues russes, à Moscou et à Leningrad. Ce qui réunit ces artistes, outre leur jeunesse, c’est de ne pas adhérer au programme du réalisme socialiste. Ils ne constituent cependant pas réellement un mouvement, pas plus qu’ils ne représentent un style, une idéologie ou une vision du monde. Dans la plupart des cas, leur art n’est pas l’expression d’une dissidence politique. Ce qui les a unifié c’est simplement leur croyance dans la liberté d’expression individuelle. Strictement parlant, l’art non-conformiste n’a pas été interdit aussi longtemps qu’il a été maintenu privé ; c’est quand il a été montré publiquement que ses créateurs ont pu être l’objet de représailles et de persécutions. Cet état de choses a souvent forcé les artistes non-conformistes à travailler dans la solitude et sans reconnaissance officielle – jusqu’à récemment. Certains artistes ont même mené une double existence, gagnant leur vie en créant de l’art officiel tout en continuant à peindre des œuvres non-conformistes en privé.

C’est en 1975 que la première exposition d’artistes ukrainien non-conformistes a lieu à Moscou, dans un appartement privé. Parmi les cinq participants, quatre avaient été contraints de vivre et de travailler en dehors de leur pays d’origine : Feodosii Humeniuk à Leningrad, Volodymyr Makarenko à Tallinn en Estonie (avant d’émigrer en France), Vitalii Sazonov (en 1980, il est autorisé à émigrer vers l’Ouest et s’installe à Munich) et N. Pavlenko à Moscou. Seul Volodymyr Strelnikov vient d’Odessa. Dans la deuxième exposition, en Mars 1976, toujours à Moscou, 16 artistes participent. Ces expositions donnent l’occasion aux artistes non-conformistes ukrainiens vivant dans différentes parties de l’URSS d’unir leurs forces. La capitale russe est le seul endroit en URSS où un tel rassemblement était possible, et où leur travail serait vu par des diplomates et des correspondants étrangers.
Les œuvres de certains artistes non-conformistes ukrainiens font finalement leur chemin vers l’Ouest, comme les artistes eux-mêmes (Volodymyr Strelnikov, Volodymyr Makarenko, Vitalii Sazonov). La première exposition itinérante d’un tel art à l’Ouest est organisée par un Ukrainien-américain et montrée à Munich, Londres, New York, Cleveland et Washington en 1979-80. Une deuxième exposition, organisée à Toronto en 1982, voyage à Winnipeg, Chicago, Detroit, Cleveland et New York. Ce spectacle inclus des travaux réalisés par Makarenko, Sazonov, Strelnikov mais aussi Anton Solomukha.
Les non-conformistes ukrainiens restés en URSS sont encore incapables de présenter leur travail au public jusqu’au début des années 1980. À cette époque, des spectacles de non-conformistes tels que Ivan Marchuk, sont parrainés par des organismes officiels. En 1987, de nombreux artistes non officiels sont invités à exposer dans des espaces alternatifs. En 1988, beaucoup d’entre eux, y compris Humeniuk et Marchuk, sont acceptés en tant que membres de l’Union des Artistes d’Ukraine. Des articles à propos d’Opanas Zalyvakha, Volodymyr Loboda et d’autres paraissent dans la presse officielle.
Les mécanismes du marché de l’art, encore inexistant, commencent à se mettre en place : en 1988, une première vente aux enchères organisée par Sotheby’s à Moscou, donne une valeur tangible à l’art non officiel. À partir de là, les expositions nationales organisées par l’Union des artistes incluent des œuvres d’art qui autrefois auraient été étiquetées comme décadentes, la distinction entre art officiel et non-conformisme devient floue et cesse d’exister. D’autant que l’URSS ne va pas tarder à voler en éclat et l’Ukraine à retrouver son indépendance.

Valentin Khrusch et les non-conformistes d’Odessa

On a vu que Humeniuk, Makarenko et Sazonov furent très actifs dans ce mouvement. Mais le noyau principal des non-conformistes ukrainiens venait d’Odessa : outre Strelnikov, on peut citer Valentin Khrushch, Stanislav Sychov, Alexandre Anufriev, Victor Mariniuk, Igor Bozhko, Lyudmila Yastreb, Valery Basanets, Yevgeni Rakhmanin, Anatoliy Asaba, Oleg Voloshinov, Volodymyr Tsyupko, Vladimir Naumets
Valentin Khrusch est l’une des figures centrales du non-conformisme et de l’art underground des années 1960 et 1970 à Odessa, et plus tard à Moscou. Il était un des principaux organisateurs des expositions dites « de plein air » où les œuvres étaient suspendues, parfois seulement pendant quelques heures, dans la rue (en 1967, Stanyslav Sychov et lui exposent leurs œuvres devant l’Opéra d’Odessa et le Ballet Theater avant d’être chassés par la police). Il devient alors le catalyseur central à Odessa et Moscou des « expositions d’appartement ». Ses œuvres, qui se déplacent de façon transparente entre figuration et abstraction, sont extrêmement importants pour l’histoire de l’art contemporain russe et ukrainien.

1987-93 : la Trans-avant-garde ukrainienne

Les changements apportés par la glasnost (transparence) et la perestroïka (reconstruction) en URSS aboutissent à une plus grande liberté de création et une prolifération de styles et de manières de représentation dans l’art ukrainien de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Les artistes dont les travaux avaient été supprimés (par exemple Opanas Zalyvakha, Andrey Antoniuk, Alexander Dubovik, Ivan Marchuk et Feodosii Humeniuk) ont droit à des expositions individuelles. Une grande exposition permet de redécouvrir la peinture des années 1920 et 1930, les travaux de l’école de Mykhailo Boichuk et les artistes de l’avant-garde ukrainienne, notamment Bohomazov, Exter, Yermylov, Burliuk et Palmov.
C’est une nouvelle révolution dans l’art soviétique – et elle commence à Kiev en 1987, avec une exposition de la section jeunesse de l’Union des artistes. Pour la première fois sont exposés sous un même toit des artistes tels que Alexandre Gnilitskiy, Oleg Tistol, Konstantin Reunov, Yana Bystrova (vit et travaille à Paris depuis 1991), Marina Skugareva, Gleb Vysheslavsky, Anatoly Krivolap. C’est le premier clou conceptuel dans le cercueil du réalisme socialiste. En 1988, la deuxième édition, bien plus importante, a lieu au Manège, à Moscou, pour la première fois divisée en pavillons nationaux. Il y a plus de quarante artistes de toute l’Ukraine, dont Alexandre Roitburd, Pavel Makov, Alexander Sukholit, Sergei Panich, Gleb Vysheslavsky, Pavlo Kerestey, Marco Geiko et d’autres.
Les peintres peuvent enfin laisser parler leur inventivité, comme Petro Hulyn de Oujhorod, Roman Romanyshyn et Roman Zhuk de Lviv, Mykhailo Popov de Kharkiv, Oleksandr Tkachenko de Dnipropetrovsk, Oleh Nedoshytko d’Odessa, et Anatoliy Kryvolap, F. Tetianych, Tiberiy Silvashi, V. Budnykov, Ye. Hordiits, M. Heiko, Borys Plaksii et O. Babak de Kiev – ou encore Victor Sydorenko, né au Kazakhstan dans une famille victime de la répression du régime stalinien et devenu un des leaders de l’art contemporain ukrainien.

En 1989, un groupe de jeunes artistes s’installe dans des ateliers de la rue Lénine à Kiev. Obligés, à l’été 1990, de quitter les lieux qui doivent être rénovés (maintenant il y a un McDonald !), ils investissent une maison abandonnée de la rue St. Michel à Kiev – anciennement nommée rue de la « Commune de Paris – trouvée par Alexander Klimenko. Ils vont y rester 5 ans. Ces « artistes de la Commune de Paris » sont vite devenus légendaires – mythiques. Oleg Golosiy, Alexander Hnilitsky (ou Gnilitskiy), Ilya Chichkan, Valeria Trubina, Basil Tsaholov, Yuri Solomko, Leonid Vartyvanov, Dmitry Kavsan et le photographe Alexander Druganov font partie de ce groupe. Naviguant entre Kiev, Odessa et Moscou, Alexandre Roitburd est aussi un habitué des lieux, de même que le charismatique Sergey Anufriev, qui appartient alors au collectif « Inspection herméneutique médicale » avec Pavel Pepperstein et un autre ukrainien Yuri Leiderman.
Mais la géographie de cette Nouvelle vague d’artistes ne se limite pas à un seul lieu : au début des années 90, toutes les rues directement adjacente à la Place de l’Indépendance (la fameuse place « Maidan » des manifestations de la fin 2013 ayant débouché le 22 février 2014 sur la fuite puis la destitution du président Viktor Ianoukovytch) constituent le quartier le plus bohème de Kiev. Rue Sophia se trouve la résidence d’Arsen Savadov et Georgy Senchenko. Un peu plus loin dans la même rue, les studios d’autres jeunes artistes : Kirill Protsenko, Maxim Mamsikov, Tatiana Galochkina. C’était une sorte de petit Soho – on y trouve également des puces, un lieu pour les clubbers, de la restauration rapide. Les lieux attirent rapidement, outre les artistes, les jeunes branchés de la ville, musiciens, poètes, premiers informaticiens. Puis des collectionneurs et galeristes, y compris occidentaux, commencent à venir ici, intéressés par les dernières tendances de l’art post-soviétique.
Là, comme par exemple pour les artistes américains du Pop art des années 1960 avant eux, eros et psychédélie enlacés créent une image de ces squats comme des lieux de liberté absolue, sans aucune restriction… Ilya Chichkan, parlant de cette époque, dit : « Nous étions des enfants, capables de tout faire, quoi que ce soit … ». Une insouciance, un enthousiasme, une énergie communicative qui sont sans doute un peu morts en même temps qu’Oleg Golosiy – le plus pur d’entre eux.

Oleg Golosiy

Montrant très vite un talent exceptionnel de peintre – il est certainement le plus doué de sa génération -, Oleg Golosiy devient, malgré lui, l’un des leaders de cette nouvelle vague d’artistes ukrainiens apparus à la fin des années 1980 : bien qu’individualiste, son talent en fait naturellement la figure centrale du groupe – le Mozart de cette Trans-avant-garde ukrainienne. Mort à l’hiver 1993, à 28 ans, dans des circonstances mystérieuses – disparu lors d’une promenade dans un Jardin botanique de Kiev et seulement retrouvé un mois plus tard dans l’une des morgues de la capitale, étiqueté « étranger non identifié » – il a tout de même, en 8 ans de carrière, créé plus de 300 peintures, souvent de grande taille, d’une incroyable diversité et d’une qualité artistique exceptionnelle, qui le situent comme un des grands peintres néo-expressionniste. Comme s’il pressentait sa fin précoce, il avait toujours affirmé, comme Eugène Onéguine dans le roman de Pouchkine « vivre à la hâte, et se sentir pressé ». Il a peint des animaux, des gens, des paysages pas tout à fait réalistes, mais plutôt semblables à des rêves, des rêves dépassant la réalité.

Une indépendance difficile

C’est seulement vers 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques permettent aux Ukrainiens de s’organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté. Sous l’influence des députés démocrates, le Parlement adopte, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d’Ukraine. C’est le premier pas vers l’indépendance complète de l’Ukraine. Celle-ci est proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % des électeurs votent en faveur de l’indépendance.
Le 8 décembre 1991, la dislocation de l’URSS est actée par l’Accord de Minsk, signé par les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse.
L’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de la Communauté des États Indépendants.
Par le Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité, signé le 5 décembre 1994, l’Ukraine abandonne son arsenal nucléaire en échange de la garantie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie de son intégrité territoriale.
Depuis, au niveau géopolitique, l’Ukraine est considérée comme à la frontière entre les influences économiques et politiques de l’OTAN et de la Russie (on l’a vu plus haut). Ainsi, Viktor Iouchtchenko, homme politique pro-UE et pro-OTAN, accède à la présidence en 2005. En 2010, il est battu par Viktor Ianoukovytch qui à l’inverse, est considéré comme proche de la Russie. Après avoir refusé de signer un accord d’association avec l’Union européenne et des manifestations monstres (Euromaïdan), ce dernier doit fuir, laissant la place à un nouveau gouvernement dirigé par Arseni Iatseniouk, pro-UE. Poutine en profite pour « annexer » la Crimée, après un référendum controversé et non reconnu par l’Ukraine et une large part de la communauté internationale.
Ces crises sont dues en grande partie au fait que, depuis l’implosion de l’Union soviétique et son indépendance, l’Ukraine se développe beaucoup plus difficilement que ses voisins : Hongrie, Slovaquie, Pologne à l’Ouest ou même Russie à l’Est – et à cette partition historique entre le nord-ouest plutôt pro-européen et le sud-est plutôt pro-russe.

Depuis les années 2000

Depuis les années 2000, de nouveaux noms sont apparus, mais parmi les peintres contemporains ukrainiens, les plus en vue actuellement sont souvent issus de cette génération 1987-93 : Ilya Chichkan, Oleg Golosiy, Alexander Hnilitsky (ou Gnilitskiy), Maxim Mamsikov, Alexandre Roitburd et Arsen Savadov. Il faut ajouter à cette liste Anatoliy Kryvolap (le plus coté actuellement), Oksana Mas, Victor Sydorenko et Oleg Tistol.
Toutefois, si après des décennies de contention et d’isolement, les artistes ukrainiens ont maintenant la perspective de rejoindre le courant artistique international dominant – si tant est qu’il y en ait un – la période dorée du débuts des années 1990 semble bien finie. L’instabilité politique et les difficultés économiques ont rattrapé des artistes à la recherche d’un nouveau souffle – à l’image de nos sociétés.

Galerie

Voici donc cette peinture ukrainienne en 275 tableaux et autant de peintres.

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