La peinture philippine du XXe siècle à nos jours

La République des Philippines est un pays d’Asie du Sud-Est constitué d’un archipel de plus de 7 000 îles dont onze totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées.
On distingue trois zones géographiques : Luçon, Visayas et Mindanao. Luçon est l’île la plus vaste et la plus septentrionale, et abrite la capitale, Manille (1,7 millions d’habitants – ville la plus dense au monde), et la plus grande ville du pays, Quezon City (2,8 millions d’habitants) – les deux étant regroupées dans la région métropolitaine de Manille, la onzième au monde avec une population estimée à plus de 16 millions d’habitants. Au centre, le groupe dense des Visayas comprend les îles de Negros, Cebu, Bohol, Panay, Masbate, Samar et Leyte. Au sud, Mindanao est la deuxième île par sa superficie ; ses principales villes sont Davao, Marawi, Zamboanga et Cagayán de Oro. Au sud-ouest de Mindanao se trouvent les îles de Sulu, telles que Basilan, Jolo et Tawi-Tawi, proches de Bornéo. Enfin, à l’ouest des Visayas, s’étend l’archipel de Palawan, qui compte à lui seul plus de 1 700 îles.
C’est l’un des deux seuls pays à dominante catholique en Asie (avec le Timor oriental) et l’un des plus occidentalisé. L’Espagne et les États-Unis, qui ont tous deux colonisé le pays, ont chacun eu une grande influence sur la culture philippine qui est un mélange unique d’Orient et d’Occident.

Un peu d’histoire :

Magellan, explorateur portugais voyageant pour le compte de l’Espagne, est le premier Européen à arriver aux Philippines, le 16 mars 1521. Les îles sont nommées en l’honneur de l’Infant d’Espagne, le futur Philippe II. L’archipel entre dans l’Empire colonial espagnol à partir de 1565 avec la conquête officielle par Miguel López de Legazpi qui fonde Manille en 1571. La conquête est longue, la communauté espagnole reste réduite et réside principalement à Manille qui, avec son port, Cavite, deviennent rapidement un centre d’échanges commerciaux entre l’Asie et l’Amérique espagnole. Ce territoire sud-asiatique constitue pour les Castillans une tête de pont pour l’évangélisation de la Chine et du Japon.
De fait, jusqu’au début du XIXe siècle, l’autorité officielle dans l’archipel est exercée depuis le lointain Mexique, où réside le vice-roi chargé des Philippines. Éloignement de Mexico, éloignement de Madrid : l’influence de l’Église n’en est que plus forte, avec un certain nombre de conséquences encore visibles aujourd’hui : un chapelet d’édifices religieux uniques en Asie (et dans le monde, si l’on songe à l’architecture typique des églises philippines) ; une économie dominée par l’importance de la propriété immobilière ; une culture à la fois relativement non violente et conservatrice sur le plan du contrôle des naissances, notamment.
En 1889, les Philippines sont encore le quatrième exportateur mondial de café (environ 32 000 tonnes), mais leur production est entièrement rayée de la carte entre 1889 et 1892 par la rouille du caféier.
À la fin du XIXe siècle se développe un mouvement de libération, dont l’un des personnages clés est le poète et écrivain José Rizal. Chirurgien ophtalmologue formé en Europe (Espagne, France et Allemagne), il nourrit son projet révolutionnaire d’une conception inspirée par ses lectures de Don Quichotte. Surnommé le Don Quichotte des Philippines, il est exécuté par les autorités espagnoles en 1896. Il devient aussitôt un martyr national, ce qui renforce la résistance au régime colonial.
Les États-Unis encouragent le mouvement d’indépendance et se décident à intervenir militairement aux Philippines à l’appel d’Aguinaldo (guerre hispano-américaine, durant laquelle les troupes américaines détruisent la flotte espagnole, lors de la bataille de la baie de Manille). Le 10 décembre 1898, le traité de Paris met fin au conflit. L’Espagne cependant n’accorde pas l’indépendance aux Philippines mais les vend aux États-Unis pour 20 millions de dollars. La colonisation dès lors se poursuit sous le joug d’un nouveau maître. C’est pourquoi, dès le 4 février 1899, une nouvelle guerre oppose les indépendantistes philippins aux États-Unis (guerre américano-philippine). Plus d’un million et demi de Philippins perdent la vie dans cette guerre où les Américains commettent de nombreux massacres. Pour une population estimée à 9 millions d’habitants en 1899, plus de 15 % des Philippins vont mourir lors de ce conflit, et l’élite hispanisée, où se retrouvaient les leaders indépendantistes, va être décimée.
Commence alors une période intensive de déshispanisation au profit d’une anglicisation de la culture.
En 1935, les États-Unis accordent au Commonwealth des Philippines un statut de semi-autonomie destiné à accompagner le pays vers son indépendance. À partir de cette date, un président élu les représente au niveau international. Le premier est Manuel L. Quezon (qui a donné son nom à Quezon city).
Le 26 décembre 1941, à la suite du bombardement de Pearl Harbor et l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, les Américains abandonnent Manille et retirent toutes leurs installations militaires. Déclarée « ville ouverte » par le général américain Douglas Mac Arthur, les forces adverses ne pouvaient plus légalement la bombarder ou l’attaquer. Mais le Japon ignore cette déclaration et son aviation bombarde la ville, avant que l’armée impériale n’y entre le 2 janvier 1942. Face aux mouvements de résistance très actifs, la répression japonaise est féroce. Les forces d’occupation commettent de nombreuses atrocités dont la marche de la mort de Bataan (environ 20 000 morts). Le général Douglas MacArthur, qui n’avait pas réussi à repousser l’invasion initiale et avait dû fuir en Australie en abandonnant ses hommes, prend sa revanche en 1944-1945 et libère l’archipel. Mais le bilan est très lourd : en février 1945, la marine impériale japonaise ayant refusé d’évacuer le périmètre, les Alliés reprennent Manille au prix d’intenses combats qui détruisent la cité (faisant de Manille l’une des villes les plus ravagées de la Seconde Guerre mondiale, avec Nankin, Chongqing, Varsovie, Dresde, Hiroshima et Nagasaki) et causent la mort de plus de 100 000 civils – L’événement reçoit le surnom de massacre de Manille. Le pays obtient son indépendance le 4 juillet 1946.
À l’issue de la guerre, les Philippines sont malgré tout l’un des pays les plus développés d’Asie. Par la suite, le développement prend du retard à cause d’une faible croissance économique, d’une démographie galopante et d’un fort taux de corruption.
Ferdinand Marcos, président des Philippines du 30 décembre 1965 au 25 février 1986, peut être considéré comme un modèle en ce qui a trait au détournement de fonds : il aurait détourné des milliards de dollars du Trésor philippin. Il s’est aussi rendu célèbre pour son népotisme, employant sa famille et ses amis aux postes clé de son gouvernement. La vision du « Bagong Lipunan (Nouvelle Société) », prônée par Marcos, similaire à l’Ordre Nouveau qui fut imposé en Indonésie par Soeharto, fut poursuivie pendant les neuf années de loi martiale (dans le contexte de confusion généralisée à cette époque aux Philippines, la déclaration de la loi martiale fut en général très bien acceptée ; la criminalité chuta rapidement après l’application d’un couvre-feu et les opposants politiques ont obtenu la possibilité de partir en exil). Il s’agissait d’un mouvement incitant la société à travailler pour le but commun du pauvre comme du privilégié, et à atteindre la libération des Filipino par leur propres efforts (self-realization). Marcos s’empara d’entreprises appartenant à des dynasties familiales pour les redistribuer à des personnes en affaires depuis peu de temps. Il a aussi saisi des terres pour les redistribuer à des paysans locaux. On constata cependant que les redistributions faites dans le cadre du Bagong Lipunan profitaient en général aux proches du président Marcos. Tout au long de la période de loi martiale, ces mêmes proches ont aussi bénéficié d’avantages politiques considérables.
Aujourd’hui, les Philippines compte plus de 100 millions d’habitants, ce qui en fait le 13ème pays le plus peuplé du monde.

La galerie de peintures

Voici donc un panorama de cette peinture philippine, du XXe siècle à nos jours, en 220 tableaux et autant de peintres. Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur les vignettes ci-dessous.

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