La peinture philippine du XXe siècle à nos jours

La République des Philippines est un pays d’Asie du Sud-Est constitué d’un archipel de plus de 7 000 îles dont onze totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées.
On distingue trois zones géographiques : Luçon, Visayas et Mindanao. Luçon est l’île la plus vaste et la plus septentrionale, et abrite la capitale, Manille (1,7 millions d’habitants – ville la plus dense au monde), et la plus grande ville du pays, Quezon City (2,8 millions d’habitants) – les deux étant regroupées dans la région métropolitaine de Manille, la onzième au monde avec une population estimée à plus de 16 millions d’habitants. Au centre, le groupe dense des Visayas comprend les îles de Negros, Cebu, Bohol, Panay, Masbate, Samar et Leyte. Au sud, Mindanao est la deuxième île par sa superficie ; ses principales villes sont Davao, Marawi, Zamboanga et Cagayán de Oro. Au sud-ouest de Mindanao se trouvent les îles de Sulu, telles que Basilan, Jolo et Tawi-Tawi, proches de Bornéo. Enfin, à l’ouest des Visayas, s’étend l’archipel de Palawan, qui compte à lui seul plus de 1 700 îles.
C’est l’un des deux seuls pays à dominante catholique en Asie (avec le Timor oriental) et l’un des plus occidentalisé. L’Espagne et les États-Unis, qui ont tous deux colonisé le pays, ont chacun eu une grande influence sur la culture philippine qui est un mélange unique d’Orient et d’Occident.

Un peu d’histoire :

Magellan, explorateur portugais voyageant pour le compte de l’Espagne, est le premier Européen à arriver aux Philippines, le 16 mars 1521. Les îles sont nommées en l’honneur de l’Infant d’Espagne, le futur Philippe II. L’archipel entre dans l’Empire colonial espagnol à partir de 1565 avec la conquête officielle par Miguel López de Legazpi qui fonde Manille en 1571. La conquête est longue, la communauté espagnole reste réduite et réside principalement à Manille qui, avec son port, Cavite, deviennent rapidement un centre d’échanges commerciaux entre l’Asie et l’Amérique espagnole. Ce territoire sud-asiatique constitue pour les Castillans une tête de pont pour l’évangélisation de la Chine et du Japon.
De fait, jusqu’au début du XIXe siècle, l’autorité officielle dans l’archipel est exercée depuis le lointain Mexique, où réside le vice-roi chargé des Philippines. Éloignement de Mexico, éloignement de Madrid : l’influence de l’Église n’en est que plus forte, avec un certain nombre de conséquences encore visibles aujourd’hui : un chapelet d’édifices religieux uniques en Asie (et dans le monde, si l’on songe à l’architecture typique des églises philippines) ; une économie dominée par l’importance de la propriété immobilière ; une culture à la fois relativement non violente et conservatrice sur le plan du contrôle des naissances, notamment.
En 1889, les Philippines sont encore le quatrième exportateur mondial de café (environ 32 000 tonnes), mais leur production est entièrement rayée de la carte entre 1889 et 1892 par la rouille du caféier.
À la fin du XIXe siècle se développe un mouvement de libération, dont l’un des personnages clés est le poète et écrivain José Rizal. Chirurgien ophtalmologue formé en Europe (Espagne, France et Allemagne), il nourrit son projet révolutionnaire d’une conception inspirée par ses lectures de Don Quichotte. Surnommé le Don Quichotte des Philippines, il est exécuté par les autorités espagnoles en 1896. Il devient aussitôt un martyr national, ce qui renforce la résistance au régime colonial.
Les États-Unis encouragent le mouvement d’indépendance et se décident à intervenir militairement aux Philippines à l’appel d’Aguinaldo (guerre hispano-américaine, durant laquelle les troupes américaines détruisent la flotte espagnole, lors de la bataille de la baie de Manille). Le 10 décembre 1898, le traité de Paris met fin au conflit. L’Espagne cependant n’accorde pas l’indépendance aux Philippines mais les vend aux États-Unis pour 20 millions de dollars. La colonisation dès lors se poursuit sous le joug d’un nouveau maître. C’est pourquoi, dès le 4 février 1899, une nouvelle guerre oppose les indépendantistes philippins aux États-Unis (guerre américano-philippine). Plus d’un million et demi de Philippins perdent la vie dans cette guerre où les Américains commettent de nombreux massacres. Pour une population estimée à 9 millions d’habitants en 1899, plus de 15 % des Philippins vont mourir lors de ce conflit, et l’élite hispanisée, où se retrouvaient les leaders indépendantistes, va être décimée.
Commence alors une période intensive de déshispanisation au profit d’une anglicisation de la culture.
En 1935, les États-Unis accordent au Commonwealth des Philippines un statut de semi-autonomie destiné à accompagner le pays vers son indépendance. À partir de cette date, un président élu les représente au niveau international. Le premier est Manuel L. Quezon (qui a donné son nom à Quezon city).
Le 26 décembre 1941, à la suite du bombardement de Pearl Harbor et l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, les Américains abandonnent Manille et retirent toutes leurs installations militaires. Déclarée « ville ouverte » par le général américain Douglas Mac Arthur, les forces adverses ne pouvaient plus légalement la bombarder ou l’attaquer. Mais le Japon ignore cette déclaration et son aviation bombarde la ville, avant que l’armée impériale n’y entre le 2 janvier 1942. Face aux mouvements de résistance très actifs, la répression japonaise est féroce. Les forces d’occupation commettent de nombreuses atrocités dont la marche de la mort de Bataan (environ 20 000 morts). Le général Douglas MacArthur, qui n’avait pas réussi à repousser l’invasion initiale et avait dû fuir en Australie en abandonnant ses hommes, prend sa revanche en 1944-1945 et libère l’archipel. Mais le bilan est très lourd : en février 1945, la marine impériale japonaise ayant refusé d’évacuer le périmètre, les Alliés reprennent Manille au prix d’intenses combats qui détruisent la cité (faisant de Manille l’une des villes les plus ravagées de la Seconde Guerre mondiale, avec Nankin, Chongqing, Varsovie, Dresde, Hiroshima et Nagasaki) et causent la mort de plus de 100 000 civils – L’événement reçoit le surnom de massacre de Manille. Le pays obtient son indépendance le 4 juillet 1946.
À l’issue de la guerre, les Philippines sont malgré tout l’un des pays les plus développés d’Asie. Par la suite, le développement prend du retard à cause d’une faible croissance économique, d’une démographie galopante et d’un fort taux de corruption.
Ferdinand Marcos, président des Philippines du 30 décembre 1965 au 25 février 1986, peut être considéré comme un modèle en ce qui a trait au détournement de fonds : il aurait détourné des milliards de dollars du Trésor philippin. Il s’est aussi rendu célèbre pour son népotisme, employant sa famille et ses amis aux postes clé de son gouvernement. La vision du « Bagong Lipunan (Nouvelle Société) », prônée par Marcos, similaire à l’Ordre Nouveau qui fut imposé en Indonésie par Soeharto, fut poursuivie pendant les neuf années de loi martiale (dans le contexte de confusion généralisée à cette époque aux Philippines, la déclaration de la loi martiale fut en général très bien acceptée ; la criminalité chuta rapidement après l’application d’un couvre-feu et les opposants politiques ont obtenu la possibilité de partir en exil). Il s’agissait d’un mouvement incitant la société à travailler pour le but commun du pauvre comme du privilégié, et à atteindre la libération des Filipino par leur propres efforts (self-realization). Marcos s’empara d’entreprises appartenant à des dynasties familiales pour les redistribuer à des personnes en affaires depuis peu de temps. Il a aussi saisi des terres pour les redistribuer à des paysans locaux. On constata cependant que les redistributions faites dans le cadre du Bagong Lipunan profitaient en général aux proches du président Marcos. Tout au long de la période de loi martiale, ces mêmes proches ont aussi bénéficié d’avantages politiques considérables.
Aujourd’hui, les Philippines compte plus de 100 millions d’habitants, ce qui en fait le 13ème pays le plus peuplé du monde.

Qu’en est-il de la peinture ?

Bien que les centres régionaux tels que Cebu et Bacolod, aux Visayas, Baguio au nord de Luzon et, dans une moindre mesure, Davao à Mindanao, aient leur propre vitalité et leur propre histoire, l’art contemporain philippin est néanmoins presque exclusivement « une scène de Manille ». Dans cet archipel de 7107 îles, la dialectique du XXe siècle du « centre » et de la « périphérie » se joue en terme d’artistes basés à Manille et d’artistes non-Manille. Car c’est à Manille (le Grand Manille et la ceinture universitaire de Quezon City pour sa fonction de portail vers les réseaux internationaux) que les carrières sont négociées, les tendances fixées, que les collectionneurs se bousculent et que les expositions tournent à un rythme effréné.
La scène artistique de Manille, stylistiquement diversifiée, intergénérationnelle, éduquée, techniquement sophistiquée, intuitive et audacieuse, sait profiter de la montée du marché de l’art en Asie du Sud-Est. Car Les Philippines, contrairement à leurs voisins, la Malaisie, Singapour et le Vietnam, par exemple, ont une longue histoire de relations galeries-marchés. La première galerie commerciale a été fondée à Manille en 1950 ; la première participation à la biennale remonte à 1953, et une revue pour la critique d’art a été créée en 1954. Les années ’50 marquent donc la naissance du secteur des galeries commerciales et l’émergence parallèle de l’avant-garde philippine, tandis que les années ’70 sont celles de la montée du mécénat et de la prolifération des musées.

Fin du XIXe jusqu’aux années ’30

Deux figures marquent profondément la peinture philippine de cette période. Juan Luna y Novicio (1957-1899), peintre, sculpteur et activiste politique de la révolution philippine à la fin du XIXe siècle. Il est l’un des premiers artistes philippins reconnus. Felix Resurreccion Hidalgo et Fabián de la Rosa, notamment, marcheront sur ses traces.
Mais c’est Fernando Amorsolo (1892-1972), le plus « populaire » des peintres philippins, qui va le plus durablement marquer l’histoire de la peinture de l’archipel. Amorsolo est surtout connu pour ses paysages lumineux qui dépeignent les coutumes, la culture, les fêtes et les occupations philippines traditionnelles. Ses œuvres pastorales présentent « une vue imaginaire de la nation en contrepoint de la domination coloniale américaine » et sont importantes pour la formation de l’identité nationale philippine. Dans ses peintures de femmes philippines, Amorsolo rejetait les idéaux occidentaux de beauté en faveur des idéaux philippins. Après le début de la Seconde Guerre mondiale et l’occupation japonaise, les scènes pastorales typiques d’Amorsolo sont remplacées par les représentations d’une nation déchirée par la guerre. Amorsolo a cependant été accusé de succomber au commercialisme et de produire simplement des peintures souvenirs pour les soldats américains. Le critique Francisco Arcellana a écrit en 1948 que les peintures d’Amorsolo « n’ont rien à dire » et qu’elles n’étaient pas difficiles à comprendre car « il n’y a rien à comprendre« . Un autre critique, tout en notant que la plupart des dix mille œuvres d’Amorsolo n’étaient pas dignes de son talent, soutient que l’œuvre d’Amorsolo devait néanmoins être jugée sur ses meilleures œuvres plutôt que sur ses pires. Il n’empêche qu’il fit, durant des années, de nombreuses émules, comme Isidro Ancheta ou Teodoro Buenaventura – sans parler de son jeune frère Pablo Amorsolo.

Les 13 Modernes

C’est en réaction à cette mainmise du « style Amorsolo » que Victorio Edades fonde en 1938 Le groupe des 13 Modernes avec Galo B. Ocampo, Carlos ‘Botong’ Francisco, Vicente Manansala, Hernando R. Ocampo, Cesar Legaspi, Demetrio Diego, Diosdado Lorenzo, José Pardo, Ricarte Purugganan, Bonifacio Cristobal, Arsenio Capili et la seule femme : Anita Magsaysay-Ho.
Plus jeune de dix enfants (dont six sont morts de la variole), Victorio Edades (1895–1985) vit un temps à Seattle, aux USA. Inscrit à l’Université de Washington, il se lance dans l’architecture et obtient également une maîtrise en beaux-arts (peinture). Mais l’événement marquant qui va faire de lui le premier moderniste philippin, c’est sa rencontre avec l’exposition itinérante du New York Armory Hall. Cette exposition présente des artistes européens modernes tels que Cézanne, Gauguin, Matisse, Picasso et les surréalistes. À son retour aux Philippines en 1928, il constate que l’art y est « pratiquement mort ». Il n’y a aucune créativité et les artistes de cette époque « copient » simplement les travaux de Fernando Amorsolo, le premier artiste national philippin et le peintre le plus populaire de l’époque. En décembre, Edades monte une exposition au Philippine Columbia Club à Ermita pour présenter aux masses sa vision d’un art moderne. Il y montre trente tableaux, y compris ceux qui ont été acclamés en Amérique. En introduisant les idées modernes sur la scène artistique philippine, Victorio Edades a réussi à détruire les conventions de l’art national et à se débarrasser de l’idéologie clichée qui, selon lui, freinait le développement de l’art philippin. Il a affirmé que « l’art est toujours l’expression de l’émotion de l’homme, et non pas seulement une image photographique de la nature. Ainsi, pour exprimer son émotion individuelle, l’artiste a le privilège de créer sa propre forme ».
Anita Magsaysay-Ho (1914-2012) était la seule femme membre des Treize Modernes. Au début des années 1940, l’influence de son professeur Fenando Amorsolo était clairement visible, tant sur le plan du sujet que de la luminosité des peintures. Plus tard, son travail a évolué vers le modernisme, qui, entre autres, s’exprimait dans son style cubiste. Le 3 octobre 1999, la vente de sa peinture In the Marketplace (1955) chez Christie’s à Singapour pour plus de 400 000 $US établissait un record pour un artiste philippin de son vivant (elle est morte en 2012 à trois semaines de son 98ème anniversaire). Elle reste aujourd’hui l’artiste la plus cotée des « 13 », devant Hernando Ruiz Ocampo et Carlos ‘Botong’ Francisco (voir plus loin). Nommée pour recevoir le titre d’Artiste national, elle ne l’a finalement pas eu car elle est morte en tant que citoyenne canadienne.

En 1948, Purita Kalaw-Ledesma, écrivaine et critique d’art, fonde l’Association des arts des Philippines avec « le désir de faire de Manille le centre artistique de l’Asie du Sud-Est ».

En 1964, les Philippines sont pour la première fois représentées à la Biennale de Venise (XXXIIe édition), avec José Joya (peintre) et Napoléon Veloso Abueva (sculpteur).

Kaisahan group

Le groupe Kaisahan a été fondé en 1976 par treize (encore !) peintres « socialistes ». Le manifeste de Kaisahan de 1976 énonce ses principaux objectifs : créer de l’art en quête d’identité nationale, créer de l’art pour les masses, créer un art alternatif et oppositionnel, fonder l’esthétique sur la théorie de la réflexion, ne pas limiter le style, disséminer et exposer autant de personnes que possible à leur art, et créer des œuvres d’art qui imposent des changements sociaux et politiques permettant la construction d’une société humaine et juste pour tous. Quelques thèmes des réalistes sociaux : la révolution de 1896, les trois maux de la société (féodalisme, capitalisme bureaucratique, impérialisme), la lutte anti-impérialiste, la lutte contre le féodalisme et l’exploitation des ouvriers agricoles, la lutte des peuples tribaux, le militarisme et les violations des droits de l’homme, la menace pour l’équilibre écologique, la théologie de la libération, le sort des travailleurs migrants, les thèmes féministes, la censure des médias et la croissance du mouvement de masse. Les membres de ce groupe ont pour nom Al Manrique, Antipas Delotavo, Charles Funk, ‘Egai’ Talusan Fernandez, José Cuaresma, José Tence Ruiz, Leonilo ‘Neil’ Doloricon, Nunelucio Alvarado, Orlando Castillo, Pablo Baen Santos, Papo de Asis, Renato Habulan et Vin Toledo.
Pablo Baens Santos (1943) est une figure majeure du mouvement socialiste réaliste. Il a été formé à l’Université des Philippines, College of Fine Art. Santos était illustrateur d’un des principaux journaux philippins, Manila Times,. Ses œuvres mettent en lumière le sort des pauvres ruraux et urbains et ses préoccupations sur les conditions sociales philippines avec des symboles tels que des drapeaux. Appartenant à la première vague d’artistes réalistes, les œuvres de Santos prônent le changement et abordent un large éventail de problèmes qui affligent les travailleurs urbains à l’époque. Dans les années 1970 et 1980, ses œuvres présentent souvent la classe ouvrière appauvrie et leur lutte.
L’art de Nunelucio Alvarado, né en 1950, est parmi les rares reconnaissables instantanément dans l’art contemporain philippin. Sa marque de fabrique la plus cohérente et la plus infaillible est la forte frontalité de toutes ses figures, rappelant les peintures égyptiennes avec leur présentation hiératique des corps et des visages. Il était uni aux membres du groupe par le besoin de dénoncer l’injustice sociale et la misère qui menaçaient le pays. Aujourd’hui, il est patriarche d’une famille qui compte parmi ses descendants plusieurs artistes.
Antipas « Biboy » Delotavo, né en 1954, est un artiste visuel philippin populaire qui consacre son art à révéler certaines des dures réalités vécues par des individus ordinaires dans la société philippine. Aligné avec les autres réalistes sociaux qui ont exposé le côté sombre de la dictature dans les années 1970, Biboy continue à produire des peintures qui éclairent le public sur l’impact de la pauvreté, de l’oppression et de l’injustice dans le pays.

Autres peintres importants

Jerry Elizalde Navarro (1924-99), passionné par la création de nouvelles formes d’art, il a expérimenté différents types de peinture à l’huile, à l’acrylique et à l’aquarelle. Il s’est également essayé à la sculpture et aux techniques mixtes. Artiste national des Philippines pour les arts visuels, catégorie peinture (en 1999).
Arturo Rogerio Luz (né en 1926) est un artiste philippin en arts visuels. Il est également graveur, sculpteur, designer et administrateur d’art reconnu. Membre fondateur de l’école néo-réaliste moderne. Artiste national des Philippines pour les arts visuels, catégorie peinture (en 1997).
Mauro Malang Santos (1928-2017) est un peintre et dessinateur. En tant que dessinateur de bandes dessinées, il est surtout connu pour la série Kosme the Cop, la première bande dessinée en langue anglaise du pays. Ses fils Steve et Soler sont également peintres, ainsi que ses petits-enfants Isabel Santos et Luis Santos, issus de l’union de Soler Santos avec Mona Santos, peintre elle aussi.
Ang Kiukok (1931-2005) était un peintre philippin d’origine chinoise. Artiste national des Philippines pour les arts visuels, catégorie peinture (en 2001). Il est l’un des artistes philippin qui se vend le mieux. Son style fusionne les influences du cubisme, du surréalisme et de l’expressionnisme et peut être qualifié d’expressionnisme figuratif. Ses images les plus violentes (combats de coqs ou de chiens, Christ crucifié) ont été peintes pendant la loi martiale de Ferdinand Marcos. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il était si en colère, il a répondu : « Pourquoi pas? Ouvrez les yeux. Regardez autour de vous. Tant de colère, de chagrin, de laideur et de folie… ».
Federico Aguilar Alcuaz (1932-2011). En 1956, il choisit Barcelone comme base de carrière. Il devient également membre du groupe La Punalada qui compte parmi ses membres Tàpies, Cuixart et Tharrats. Artiste national des Philippines pour les arts visuels, catégorie peinture (en 2009).
Onib Olmedo (1937-1996) a dépeint la partie marginalisée de la société. En 1970, après 12 ans de carrière dans l’architecture, il a décidé de passer à la peinture, où il est devenu une figure de premier plan dans l’expressionnisme philippin.
Benedicto Reyes Cabrera (né en 1942), mieux connu sous le nom de BenCab, est un des 11 peintres philippin a avoir reçu le titre d’Artiste national des Philippines pour les arts visuels, catégorie peinture (en 2006). Il est sans doute le peintre le plus vendu de sa génération.
Charlie Co, né en 1960, est co-fondateur (avec Norberto Roldan) de l’association Black Artists in Asia. Initialement identifié comme un peintre social au milieu des années 80, il a progressivement changé son intérêt pour l’expressionnisme et le surréalisme.
Manuel Ocampo (né en 1965) est un artiste philippin dont le travail fusionne l’iconographie religieuse baroque sacrée avec le récit politique laïque. Ses œuvres s’appuient sur un large éventail de références historiques, contiennent des éléments caricaturaux et s’inspirent de la sous-culture punk. Il veut que l’art dérange. Il a étudié les beaux-arts à l’Université des Philippines puis a déménagé à Los Angeles dans les années 1980, où il a étudié à la California State University. Il vit et travaille entre Berkeley (États-Unis), Manille et Sète dans le sud de la France.
Elmer Borlongan (né en 1967) est un peintre philippin contemporain de premier plan connu pour son usage distinctif de l’expressionnisme figuratif. Il s’est fait connaître en tant que récipiendaire du prix des treize artistes du Centre culturel des Philippines en 1994, et ses œuvres sont devenues l’une des ventes aux enchères les plus recherchées parmi les artistes du sud-est asiatique. Il est marié à l’artiste Plet Bolipata.
Né en 1973 à Manille, où il continue de vivre et de travailler, Ronald Ventura figure parmi les artistes les plus acclamés de sa génération en Asie du Sud-Est. Avec leurs combinaisons uniques de motifs figuratifs, ses peintures et sculptures figurent désormais parmi les images les plus reconnaissables de l’art contemporain en Asie du Sud-Est. Son travail comporte une superposition complexe d’images et de styles, allant de l’hyperréalisme aux dessins animés et aux graffitis. Ventura prend le processus de stratification dans son travail comme une métaphore de l’identité nationale aux multiples facettes des Philippines. Il a deux frères plus jeunes, Rolando Ventura (dit « Olan »), né en 1976, et Roldan Cruz Ventura (dit « Manok »), né en 1979, qui sont également peintres.
Louie Cordero, né en 1978, est diplômé du College of Fine Arts de l’Université des Philippines et a effectué une résidence aux États-Unis au Vermont Studio Center (2003). Il a reçu de nombreux prix, dont le prix Treize artistes du Centre culturel des Philippines (2006).
S’appuyant sur des thèmes de mémoire et d’histoire, Rodel Tapaya (né en 1980) tisse la réalité contemporaine avec des récits populaires dans des tableaux vibrants inspirés des contes populaires et de l’histoire précoloniale. Il est l’un des artistes les plus actifs d’Asie du Sud-Est avec des expositions organisées dans la région ainsi qu’à Berlin, New York, Tokyo et Pékin.
Jigger Cruz (né en 1984) explore la mémoire primitive du figuratif dans la peinture contemporaine. L’approche artistique de Jigger joue avec des idées de défiguration et de vandalisme. Ses peintures deviennent des assemblages d’objets reconnaissables et de formes obscures qui s’entrelacent, s’emboîtent et se déploient l’un dans l’autre.
Zean Cabangis, né en 1985, utilise le transfert d’acrylique et d’émulsion dans ses œuvres. Il a appris cette technique en tant qu’étudiant en peinture à l’Université des Philippines. Au lieu de peindre les images, cette technique permet à Cabangis de créer des calques et de reproduire différentes images photographiques. C’est grâce à l’utilisation du transfert d’émulsion que la qualité recherchée par Cabangis dans son travail est atteinte.
On peut également citer Angelito Antonio et sa femme Norma Belleza, José Legaspi, Yasmin Sison, Andres Barrioquinto, Melvin Culaba, Othoniel Neri et beaucoup d’autres…

Les artistes nationaux philippins (catégorie peinture)

1972 : Fernando C. Amorsolo – 1973 : Carlos « Botong » V. Francisco – 1976 : Victorio C. Edades – 1981 : Vicente S. Manansala – 1990 : César Legaspi – 1991 : Hernándo R. Ocampo – 1997 : Arturo R. Luz – 1999 : J. Navarro Elizalde – 2001 : Ang Kiukok – 2003 : José Joya – 2006 : BenCab – 2009 : Federico Aguilar Alcuáz.

Records

L’artiste philippin le plus cher dans une vente aux enchères est Juan Luna. The Parisian Life (1892) s’est vendu 200 millions de pesos (soit 3,8 millions de $), suivi de España y Filipinas (1884), vendu 160 millions de pesos en 2013. Space Transfiguration (1959) de José Joya s’est vendu 112 millions de pesos (2,1 millions de $) en 2018. Nag-iipon ng Dayami (1975) de Anita Magsaysay-Ho s’est lui vendu 88,5 millions de pesos (1,68 million de $). Fishermen (1981), de Ang Kiukok s’est vendu 65,4 millions de pesos (1,24 million de $) en 2017. Enfin, Grayground (2011), de Ronald Ventura s’est vendu 53,6 millions de pesos (1,02 million de $). D’autres artistes se vendent très bien, comme Benedicto Cabrera, Hernando Ruiz Ocampo, Carlos ‘Botong’ Francisco, Vicente Manansala, Felix Resurreccion Hidalgo ou Fernando Amorsolo.

La galerie de peintures

Voici donc un panorama de cette peinture philippine, du XXe siècle à nos jours, en 231 tableaux et autant de peintres. Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur les vignettes ci-dessous.

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