La peinture argentine du XXe siècle à nos jours

Cet article fait suite à celui sur la peinture latino-américaine dans son ensemble (qui date de la préhistoire de ce blog, il y a 8 ans déjà !) en essayant d’approfondir un peu plus cette très belle peinture argentine.

L’Argentine compte environ 43 millions d’habitants. Près de 45 % d’entre eux seraient d’origine italienne et 31 % d’origine espagnole, faisant des Italiens et des Espagnols les principaux groupes ethniques en Argentine. Malgré tout, près de la moitié de la population compterait au moins un ancêtre autochtone, presque toujours matrilinéaire (en effet, lors de la forte immigration du XIXe siècle qui inclut entre autres, en plus des italiens et des espagnols, des arabes, allemands, français, britanniques et asiatiques, pour la plupart des hommes seuls, un métissage très important a eu lieu entre les étrangers et les femmes locales, de souche européenne et indigène pour la plupart).
La population est très inégalement répartie, puisqu’un tiers de la population (environ 13 millions d’habitants) est concentré dans la capitale et l’agglomération de Buenos Aires. Au total, c’est environ 91 % de la population qui habite dans des agglomérations urbaines.
De nombreux événements tragiques surviennent au début du XXe siècle : durant la semaine du 7 au 14 janvier 1919, la répression et les massacres commis à Buenos Aires sur des ouvriers grévistes font des centaines de morts. Entre novembre 1920 et décembre 1921, quelque 1 500 ouvriers sont exécutés par l’armée à l’issue d’une grève insurrectionnelle en Patagonie. En juillet 1924, 500 indigènes qui protestaient contre leur condition de travail et la misère dans laquelle ils vivaient sont massacrés par la police et des milices de propriétaires terriens.
Les présidences se succèdent entre 1930 et 1983, mais sur seize présidents, onze sont des militaires et plusieurs sont « présidents de facto » (non élus), dont le plus connu est Juan Perón, qui fut président de 1946 à 55.
Si on rajoute la grande crise monétaire de 2001 on ne peut pas dire que l’histoire de ce pays ait été un long fleuve tranquille.

Le cadre historique étant posé, parlons peinture.
Au début du XXe siècle , Martín Malharro introduit l’impressionnisme lors d’une exposition organisée en 1902. Il est suivi par de peintres tels que Faustino Brughetti, Walter de Navazio et Ramón Silva.
Peu de temps après, Fernando Fader et les artistes du groupe Nexus (Pío Collivadino, Juan Peláez, Ceferino Carnacini, Cesáreo Bernaldo de Quirós) commencent à faire pression pour le développement de tendances artistiques qui, sans ignorer la peinture qui se fait à Paris, puisse exprimer une vision « argentine » autonome de la peinture.

Première avant-garde

Les premiers grands mouvements picturaux argentins, caractéristiques d’une peinture latino-américaine qui commence à se développer sur tout le continent, coïncident avec les premières manifestations de la liberté politique dans le pays, avec l’approbation du vote secret et universel des hommes en 1912 et l’arrivée au gouvernement du premier président élu au suffrage populaire, Hipólito Yrigoyen en 1916, et la révolution culturelle qu’implique la réforme de l’université de 1918.
Dans ce contexte, enregistrant plus ou moins l’influence de l’École de Paris (Modigliani, Chagall, Soutine, Klee), trois grands groupes se sont développés :

• Le groupe Florida ou groupe de Paris, avec des peintres comme Aquiles Badi, Héctor Basaldúa, Antonio Berni (sans doute le peintre argentin le plus emblématique du 20e siècle), Norah Borges (sœur de l’écrivain Jorge Luis Borges), Horacio Butler, Emilio Centurión, Juan del Prete, Raquel Forner, Ramón Gómez Cornet, Alfredo Guttero, Emilio Pettoruti (peintre le plus coté, avec Berni), Xul Solar et Lino Enea Spilimbergo. Leur art se caractérise par une attention maximale portée aux problèmes esthétiques, sous le slogan de la recherche de « l’élément structurel des valeurs plastiques ». Ses membres appartenaient principalement aux classes moyennes et supérieures et se rencontraient dans la confiserie Richmond de la centrale et élégante rue Florida, d’où leur nom. Le groupe était principalement caractérisé par la recherche d’innovations avant-gardistes liées à la forme. Ils ont soutenu le surréalisme, le dadaïsme et en général tous les courants européens d’avant-garde de l’époque.
[Vous pourrez en savoir un peu plus sur ce groupe dans mon article sur ces Muchachos de Paris]
• Le groupe Boedo. Vers 1920, émergent les Artistes du Peuple, corrélation plastique du groupe littéraire de Boedo. Loin du folklorisme ou de la nostalgie du passé favorisée par la génération précédente, ce noyau formé dans les bibliothèques de gauche sous le feu de l’action de Tolstoï met l’accent sur les problèmes sociaux. José Arato, Adolfo Bellocq, Guillermo Facio Hébequer, Abraham Vigo et le sculpteur Agustín Riganelli exposent dans des usines et des quartiers et créent un salon des indépendants. Leur thème central : les problèmes sociaux et les luttes. Traditionnellement, l’historiographie culturelle argentine les oppose au groupe Florida, censé être plus « de droite ».
• Le groupe de La Boca, avec des peintres tels que Víctor Cúnsolo, Samuel Mallo Lopez, Eugenio Daneri, Fortunato Lacámera, Alfredo Lazzari, Tito Gando, Benito Quinquela Martín et Miguel Carlos Victorica. Fortement influencé par l’immigration italienne, il développe un style particulier, axé sur le travail et les quartiers d’immigrants.

Deuxième avant-garde

La deuxième avant-garde dans la peinture argentine, développée des années 30, a vu beaucoup de peintres de la première avant-garde évoluer et changer de lieu artistique. Parmi les principaux groupes, on peut citer :

• Le groupe Orion, aux propositions surréalistes, composé de Luis Barragán (ingénieur et architecte mexicain), Vicente Forte, Orlando Pierri et Leopoldo Presas, s’identifie toutefois aux postulats du changement social et adopte des traits avant-gardistes – comme Berni ou Spilimbergo qui ont aussi leur moment surréaliste. D’autres, cependant, tels que Pompeyo Audivert, José Planas Casas et Juan Batlle Planas, sont des représentants « purs » de cette tendance.
• Les peintres sensibles cultivent l’expression de nuances délicates avec une forte charge de subjectivité, caractérisée par l’utilisation de la couleur comme outil émotionnel. On peut parler de Raúl Soldi, mais aussi de Fortunato Lacámera, Miguel Carlos Victorica, Raúl Russo, Eugenio Daneri, Esteban Semino et Miguel Diomède.
• Les peintres naïfs, avec une peinture détachée des conflits humains ou sociaux, tels que Luis Centurión et Norah Borges.
• Le néoréalisme, réalisme critique des années 30, qui continue en quelque sorte la ligne du groupe de Boedo, mais avec des éléments picturaux plus rigoureux et avant-gardiste. Dans cette mouvance se trouvent Pompeyo Audivert, Carlos Alonso (sa fille Paloma est assassinée en 1976 lors d’un coup d’état), Lino Enea Spilimbergo, Antonio Berni, Juan Carlos Castagnino, Demetrio Urruchúa ou Enrique Policastro qui font appel à la peinture murale ou à des techniques telles que le collage, la photographie et le montage. Ils ont également développé une tâche éducative importante dans les centres d’éducation artistique.
On peut aussi nommer Florencio Molina Campos et sa peinture sociale avec des éléments naïfs, de la caricature et l’utilisation « sensible » de la couleur ; ou Medardo Pantoja et sa peinture andine à la fois autochtone et latino-américaine.

École de muralistes de Tucumán

À partir de 1946, la politique académique des écoles des beaux-arts d’Argentine prend un virage important du fait de l’exclusion politique de certains enseignants des écoles d’arts plastiques tels que Mendoza ou Buenos Aires. En 1948, l’atelier de peinture de l’Institut supérieur des arts de l’Université nationale de Tucumán, organisé sous la conduite de Lino Enea Spilimbergo et la direction de Guido Parpagnoli, voit naître un pôle d’art plastique de grand intérêt : l’École des muralistes de Tucumán, inspirée par les enseignements de Lothe et les principes harmoniques de Matyla Ghyka (poète, romancier, ingénieur électrique, mathématicien, historien, militaire, avocat, diplomate et ministre plénipotentiaire roumain qui a consacré de nombreux travaux au nombre d’or). Le projet est d’associer différentes disciplines : Lorenzo Domínguez pour la section de sculpture, Víctor Rebuffo et Pompeyo Audivert pour la gravure et Pedro Zurro de la Fuente en génie des matériaux. Ramón Gómez Cornet et les dessinateurs Lajos Szalay (hongrois qui fut reconnu par Pablo Picasso comme « le plus grand dessinateur du monde » – après lui-même !) et Aurelio Salas participent également à cette entreprise avec Carlos Alonso, Juan Carlos de la Motta, Eduardo Audivert, Leonor Vassena, Alfredo Portillos, Medardo Pantoja, Luis Lobo de la Vega, Mercedes Romero, Nieto Palacios et d’autres.

Arts plastiques à Córdoba

Au XXe siècle, les arts plastiques de la province de Córdoba se sont beaucoup développés, allant du réalisme à l’hyperréalisme, de l’expressionnisme modéré à des langages symboliques d’origine onirique. Les Biennales de Córdoba étaient importantes.
Parmi les artistes de Córdoba (de toutes époques), citons Lino Enea Spilimbergo, José Américo Malanca, Mariana Accornero, Roger Mantegani, Angela Alonso, Carlos Alonso, Marcela Argañaraz (sculptrice), Pedro Pont Vergés (surréaliste), Tito Miravet, Patricia Avila, Sergio Fonseca, María Teresa Belloni, Eduardo Bendersky, Niní Bernardello (poète), Ernesto Fariña, Fernando Fader (né en 1882 à Bordeaux, fils d’un ingénieur allemand et d’une française), Alberto Nicasio (graveur), Diego Cuquejo, Martiniano Scieppaquercia, Eduardo Giusiano, Clara Ferrer Serrano (sculptrice), Antonio Seguí, Cristina Figueroa, Susana Funes et José Aguilera, entre autres.

Lucio Fontana

Il naît en Argentine en 1899 d’un père italien et d’une mère argentine d’origine italienne. Il passe néanmoins ses premières années en Italie. Il revient en Argentine de 1905 à 1927, puis de nouveau de 1940 à 1947. Le reste du temps il vit surtout à Milan.
Au départ il est sculpteur, comme son père. Lorsqu’en 1940, il rentre à Buenos Aires, il va d’ailleurs enseigner la sculpture à l’école des Beaux-Arts avant de mettre sur pied, avec Jorge Romero Brest (critique) et Jorge Larco (peintre et scénographe), une école privée, l’Académie d’Altamira. C’est là qu’en 1946 il élabore, en compagnie de quelques jeunes artistes et intellectuels, le « Manifesto blanco » (le Manifeste blanc), qui sera considéré comme le premier manifeste du Mouvement spatialiste et qui influencera de nombreux artistes abstraits. C’est à partir de 1949 que Fontana commence à peindre ces surfaces monochromes, avant de faire des trous ou des incisions dans la toile, pour lesquelles il est surtout (re)connu.
En 2015 Christie’s New York a vendu 29,2 millions de dollars une œuvre de Fontana (Concetto spaziale. La fine di Dio, de 1964), ce qui en ferait l’artiste argentin le plus cher, et de très loin. Mais est-il argentin ou italien ?  

Les peintres « modernes »

Les soi-disant « peintres modernes » de l’Argentine constituent un groupe difficile à typer, qui développe un style constructiviste non figuratif , mais sans être vraiment abstrait. Ce groupe comprend des artistes tels que Julio Barragán, Luís Seoane López, Carlos Torrallardona, Luis Aquino, Atilio Malinverno et Alfredo Gramajo Gutiérrez.

Art abstrait

La peinture abstraite en Argentine a pour précurseur Emilio Pettoruti qui, après onze ans en Europe, revient en 1924 et expose ses œuvres futuristes dans le Witcomb Hall, faisant sensation dans le milieu artistique de Buenos Aires – et Juan Del Prete (créateur du futurisme) – mais ne commence à se développer comme une école que dans les années 40, à partir de l’art concret. Tomás Maldonado en est le principal représentant. On peut également citer Raúl Lozza, César Paternosto ou Marcelo Bonevardi (qui vit et travaille à New York).

Le mouvement Madí

En 1946 , issu de l’art abstrait, le mouvement Madi est apparu à Buenos Aires , « le seul mouvement culturel à répercussion internationale créé à Buenos Aires ». Fondée par Gyula Kosice (argentin né en Tchécoslovaquie) et l’uruguayen Carmelo Arden Quin, elle comprenait des artistes tels que Diyi Laañ, l’uruguayen Rhod Rothfuss, l’allemand Martín Blaszko ou le japonais Satoru Satō.

Tendances récentes

Parmi les tendances plus récentes de la peinture argentine on peut retrouver la nouvelle figuration, le pop art, le néosurréalisme, l’hyperréalisme, l’art systémique, la nouvelle abstraction, le cinétisme et l’art éphémère.
• Le néosurréalisme argentin, à partir des années 50, reprend ce chemin où coexistent poésie, métaphysique et éléments du rêve. Il rassemble des peintres tels que Osvaldo Borda, Jorge Tapia, Guillermo Roux et Roberto Aizenberg, qui trouvent dans les mécanismes surréalistes la possibilité d’exprimer l’angoisse humaine en période de conflit social et politique intense.
• Le groupe Boa, également dans les années 50, sans renoncer à l’abstraction, est axé sur de nouvelles recherches, avec des artistes comme Martha Peluffo, Víctor Chab, Josefina Robirosa ou Osvaldo Borda.
• Dans le réalisme magique et dans l’hyperréalisme, Enrique Sobisch se distingue clairement comme peintre et dessinateur au prestige international.
• Le mouvement ou le groupe Espartaco, à la fin des années 50, composé notamment d’Esperilio Bute, Ricardo Carpani, Juana Elena DizMario Mollari, Juan Manuel Sánchez, Carlos Sessano ou encore Franco Venturi (né à Rome en 1937, il arrive en Argentine à 13 ans mais disparaît en 1976 enlevé par un commando armé), associe le tableau à un engagement actif en faveur de luttes sociales et en particulier les syndicats, en développant des lignes esthétiques insérées dans les traditions latino-américaines.
• La nouvelle figuration réunit dans les années 60, sous le nom de « Otra Figuración », plusieurs artistes qui récupèrent la figure humaine pour lui donner des formes libres, souvent monstrueuses et cadavéreuses. Les artistes les plus en vue de ce courant sont Jorge de la Vega, Romulo Macció, Luis Felipe Noé, Ernesto Deira, Antonio Seguí, Miguel Ángel Dávila ou Juan Carlos Distéfano (sculpteur).

Toutes ces rencontres marquent une nouvelle étape de l’avant-garde dans le pays et ouvrent la voie à des mouvements tels que l’art optique et cinétique de Julio Le Parc, Hugo Demarco et Luis Tomasello, l’informalisme de Kenneth Kemble, Fernando Maza et Mario Pucciarelli, ou les happenings de Marta Minujín, Rodolfo Azaro et León Ferrari (dont travail repose sur une critique sévère de la guerre, la religion et toutes les formes d’intolérance – à sa mort, en 2013, il est reconnu par le New York Times comme l’un des cinq artistes plasticiens les plus provocants et les plus importants du monde), tendances typiques des années 60, dont l’épicentre était situé à l’Instituto Di Tella (situé rue Florida, la plus importante artère commerçante de Buenos Aires). Dirigé par Enrique Oteiza et Jorge Romero Brest, Di Tella a encouragé non seulement l’utilisation de matériaux non conventionnels, mais également l’abandon total du formalisme, dans un espace de liberté formelle absolue, dans lequel les frontières entre le créateur, le travail et la vie quotidienne sont effacées.
Dans l’historiographie de l’art argentin, l’Institut Di Tella est souvent cité comme une institution centrale à l’origine des débuts de l’art contemporain argentin. D’autant que c’est à la même époque qu’Antonio Berni devient, en 1962, le premier argentin consacré à la Biennale de Venise avec le Grand Prix international de la gravure pour ses collages et ses gravures sur bois grand format dédiées à Juanito Laguna. Julio Le Parc gagne le premier prix quatre ans plus tard.
Simultanément, les premières manifestations du conceptualisme ont commencé, qui mettent l’accent sur le paradoxe chaotique et ironique du quotidien. Alberto Greco et Edgardo Antonio Vigo travaillent sur cette ligne, comme Nicolás García Uriburu et Carlos Ginsburg.
La fermeture de Di Tella en 1970, sous la pression des autorités militaires, donne naissance au Centre pour l’art et la communication puis au groupe CAYC en 1975. Composé de Jaques Bedel, Jorge Glusberg, Víctor Grippo et Clorindo Testa (architecte d’origine italienne), il conduit notamment à des expositions d’art conceptuel, d’art écologique, d’art pauvre, d’art de proposition et de cyber art. Sans s’intégrer à des propositions collectives, ils souscrivent de différentes manières au concept de Lea Lublin et de Liliana Porter, préfigurant le néoconceptualisme, incarné plus tard par Jorge Macchi et Juan Paparella.

D’autres artistes ont maintenu l’accent mis sur les injustices sociales. Parmi eux figurent Antonio Seguí, Carlos Gorriarena, Alberto Heredia, Carlos Alonso et Jorge Demirjian. Le réalisme a opté pour une représentation mimétique du monde, parfois exacerbée par un précieux hyperréalisme tel que celui cultivé par Hugo Laurencena, Carlos Arnaiz ou Héctor Giuffré.
Juan Pablo Renzi, Oscar Bony (surtout photographe), Pablo Suárez (peintre et sculpteur) et Diana Dowek , du mouvement Tucumán Arde (Tucumán brûle), peuvent être considérés comme faisant partie de cette fusion entre art et engagement militant. Cette position impliquait de reprendre le chemin de l’art concret basé sur les principes de la perception visuelle et la revendication des genres traditionnels, comme en témoignent les œuvres de Víctor Magariños, María Martorell, Rogelio Polesello et les membres du Grupo de Arte Generativo : Eduardo Mac Entyre, Ary Brizzi et Miguel Ángel Vidal. Au cours de ces années également, l’expression de l’identité latino-américaine s’est accentuée grâce à des techniques et des motifs caractéristiques de l’art précolombien. De cette façon, Marcelo Bonevardi, Alejandro Puente et Pérez Celis ont alimenté ce qu’on a appelé le constructivisme du Río de la Plata.

A partir de la notion de « système », issue de la cyber science, depuis le début des années 70, plusieurs artistes et spécialistes de la communication ont développé un courant appelé « System Art », s’exprimant de différentes manières sous des dénominations telles que art conceptuel, art écologique, art pauvre, art de proposition et cyber art. Luis Fernando Benedit, Mirtha Dermisache et Lea Lublin font partie des artistes argentins de ce courant.

Nouvelle peinture Argentine

Comme dans le cas de la transvanguardia italienne, on assiste dans les années 80 et 90 à une reprise de l’image et de celle des techniques de peinture traditionnelles sur le mode conceptuel dominant dans les années 70. Dans ces travaux, le projet est remis en question. de la modernité et de l’avant-garde historique. De nombreux artistes présentent des modèles fragmentaires et discontinus, avec un regard ironique sur les sujets qu’ils abordent et des citations constantes dans le monde de l’art. Les artistes faisant partie de cette tendance ont pour nom Marcia Schvartz, Ana EckellDuilio Pierri, Diana Dowek, Victor Grippo (installations), Marcelo Pombo, Martín Pérez Agripino, Magdalena Jitrik, Martín La Rosa (hyperréalisme), Adriana Minoliti, Max Gómez Canle, Luis Frangella (mort du sida en 1990, à 46 ans), Alberto Cedrón, Eduardo Médici, Estanislao Florido et Santiago Iturralde, entre autres.
Il reste néanmoins des peintres plus abstraits, comme Pablo Siquier, Fabian Marcaccio, Silvia Gurfein, Fabián Burgos, Verónica Di Toro, Diego Mur…  
Guillermo Kuitca a également commencé dans les années 1985-88 dans cette veine néo-expressionniste avant que son travail ne devienne plus conceptuel, sur un fond de cartes et de plans, faisant de lui un des artiste argentin les plus coté (Deng Haag Praha, un triptyque de 1989, s’est vendu plus de 500 000 $ en 2016). 

21ème siècle

Au cours des deux premières décennies du nouveau siècle, des artistes avec leur propre style commencent également à émerger. Sans pouvoir les classer dans aucun mouvement. Chacun voyage de différentes manières pour exprimer les multiples visions qui se succèdent dans un monde fragmentaire, déconstruit, insignifiant et où la post-vérité est légitimée à partir des réseaux sociaux. Le défi de ces artistes semblerait être de développer une intériorité picturale qui permette à l’observateur d’élargir sa conscience et d’éveiller de nouvelles manières esthétiques de sensibilité avant d’être anesthésiées. Nous pouvons parler de Gabriela Tolomei, Alex (Alejandra) Braña et Nix Ruo, entre autres. Milo Lockett est un autre artiste plasticien argentin connu pour le merchandising de ses œuvres et leur déclinaison dans des articles de librairie, des vêtements, des accessoires technologiques, etc.
Dans la première décennie du XXIe siècle de l’art argentin, on assiste à la montée en puissance de l’art urbain, Guille Pachelo étant l’un des plus grands représentants du pays pour son utilisation de la langue locale de manière simple et directe.

Parmi les artistes apparus au XXIe siècle, on peut citer Max Gómez Canle, Matías Duville, Viviana Blanco, Vicente Grondona, Adriana Minoliti, Nahuel Vecino, Agustín Sirai, Laura Códega, parmi beaucoup d’autres.
Sans oublier Helmut Ditsch. Né en Argentine, d’origine autrichienne, il s’installe à Vienne en 1988 à 26 ans. Depuis 2000, il vit et travaille en Irlande. Peignant de très grands tableaux-panoramas hyperréalistes, il est devenu en 2010 l’artiste argentin le plus cher (si l’on ne compte pas Lucio Fontana) en vendant sa toile Das meer II (2005) pour 865 000 $. En 2016 il fait encore mieux : Cosmigonón (2002) est partie pour 1,5 million de dollars.
Derrière lui on trouve, quasiment à égalité, Antonio Berni et Emilio Pettoruti. Le premier a vendu Desocupados (1934) pour 800 000 $ en 1995 (vente privée) et Ramona Espera (1962) pour 750 000 $ en 1997. Le second a vendu Concierto (1941) pour 794 500 $ en 2012 et El cantor (1934) pour 780 000 $ en 2008. Derrière ces poids lourds de l’art argentin on trouve Guillermo Kuitca, Julio Le Parc, Benito Quinquela Martín, León Ferrari et Antonio Seguí.

Principales ventes

 

La galerie de peintures

Voici donc un panorama de cette peinture argentine, du XXe siècle à nos jours, en 273 tableaux et autant de peintres. Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur les vignettes ci-dessous.
[Vous pourrez également retrouver quelques peintres argentins plus en détail ici]

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