La Crucifixion en peinture

La Crucifixion en peinture

La Crucifixion (du latin classique crucifixio) désigne le crucifiement de Jésus de Nazareth — considéré par les chrétiens comme le Christ —, condamné à mort par le préfet romain Ponce Pilate et exécuté par le supplice de la croix sur le mont Golgotha, en compagnie de deux larrons, deux criminels que l’on appelle parfois le « bon larron » Dismas, et le « mauvais larron » Gestas. Une pancarte moqueuse aurait porté l’inscription INRI, acronyme de l’expression latine Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm, généralement traduite par : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ».
Je ne discuterai pas ici de la véracité de tout cela, mais il est attesté que les Romains crucifièrent des dizaines de milliers de Juifs. La crucifixion romaine était considérée comme « la peine suprême », principalement réservée aux esclaves et aux rebelles. Les citoyens romains avaient droit, quant à eux, à la peine honorable de la décapitation ; il leur était même accordé le droit de se suicider, et de voir ainsi leurs dispositions testamentaires respectées.

Mais laissons l’histoire (ou la légende), ce qui nous intéresse ici, c’est la représentation de cet événement en peinture. Le Christ en Croix, aussi intitulé « Crucifixion » – ou « Calvaire » lorsque la représentation est étendue au Golgotha et aux larrons -, est en effet un thème récurent dans l’art occidental, et notamment en peinture. L’interprétation de cette Crucifixion dépend bien entendu beaucoup de l’époque et de l’artiste. Il faut attendre le IIe siècle pour que le Christ soit représenté dans la position du condamné mourant du supplice infamant de la croix. Au Ve siècle, il est représenté triomphant « droit, majestueux, vêtu d’un long manteau royal, les yeux ouverts, bien vivant et vainqueur de la mort». Au Xe siècle, il apparaît en homme résigné, puis en homme souffrant arqué sur la croix, couvert du simple périzonium (pagne) sur le bassin, les yeux clos, le visage marqué, les côtes saillantes, les plaies sanguinolentes. Au XVIe siècle, la Contre-Réforme catholique incite fortement les artistes du maniérisme à représenter le Christ en croix dans une posture plus pathétique encore pour plus de dévotion. Certaines représentations ont été jugées scandaleuses, comme la statue du Christ nu de Michel-Ange ou le Christ couvert de pustules du retable d’Issenheim de Grünewald, mais, malgré les styles différents au cours des siècles, elles présentent des traits communs, conformes à l’iconographie traditionnelle, jusqu’à la fin du XIXe siècle. C’est avec La Tentation de Saint-Antoine, œuvre érotique de Félicien Rops en 1878 que la transgression du sacré est franchie. Dès lors, les artistes ultérieurs laissent libre cour à leur imagination pour interpréter le thème du Christ en croix de manières très diverses – et c’est là que ça devient intéressant !

Voici donc une sélection d’œuvres très variées, de  la fin du Moyen Âge à l’époque Contemporaine, en passant par la Renaissance (de 1400 à 1600), le Baroque (jusqu’à 1770), le Néo-Classicisme (jusqu’à 1830), le Romantisme (jusqu’à 1850), le Réalisme (jusqu’à 1880), l’Impressionnisme (jusqu’à 1900) et le Moderne (jusqu’à 1960) – ce sont à chaque fois des dates approximatives car ces styles se sont souvent superposés, perdurant simultanément… Et je n’ai choisi que des grands peintres, de Fra Angelico à Botero, en passant par Jérôme Bosch, Raphaël, Véronèse, Rubens, Vélasquez, Goya, Delacroix, Gauguin, Munch, Picasso, Bacon, Chagall, Pollock, Sutherland, Buffet, Dali, Delvaux, Souza, Tamayo, Berni, Basquiat, Barceló, Banksy ou Marlene Dumas, excusez du peu !
Bon voyage. [PS : si vous connaissez de belles Crucifixions modernes ou contemporaines que je n’aurais pas mises, n’hésitez pas à m’en faire part !]

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