Graphisme japonais du XXe siècle à nos jours

Nous voici au pays du Soleil-Levant où cohabite, comme sans doute nulle part ailleurs, modernité et traditions. Un pays où tout est très codifié, ce qui n’empêche nullement une incroyable créativité. Un pays où la publicité (et donc l’affiche) est omniprésente. D’ailleurs, les qualités esthétiques de la conception graphique japonaise, largement reconnues, ont été récompensées par de nombreux prix. Bref, le Japon est un pays fascinant culturellement mais aussi publicitairement parlant, avec de vraies stars du graphisme comme Tadanori Yokoo, Shigeo Fukuda, Yusaku Kamekura, Ikko Tanaka, Koichi Sato, Kiyoshi Awasu ou Shin Matsunaga…
Le graphisme japonais s’est nourri de multiples influences : le Constructivisme russe, le mouvement De Stijl néerlandais, le Bauhaus allemand et, bien sûr, toute la culture américaine véhiculée durant l’occupation du pays après la seconde guerre mondiale – tout ça mélangé aux traditions ancestrales de l’estampe et à une iconographie traditionnelle.
La géométrie, la couleur et la composition tiennent une grande place dans ces affiches, ainsi que le dessin et une approche souvent très graphique de la typographie (surtout pour le regard d’un occidental), le japonais présentant l’originalité de pouvoir s’écrire verticalement et d’être composé de signes pictographiques.

«  Le graphisme japonais fascine. Tout ce qui nous vient du Japon déclenche la frénésie (…) En 1945, avec la nécessité de reconstruire un pays dévasté par la guerre, débute la deuxième révolution industrielle. Nous assistons au  miracle économique japonais  qui fait de ce pays, dès 1968, la deuxième économie mondiale juste derrière les États-Unis. Cette jeune superpuissance a un besoin croissant de packagings, de documents de communication, de marketing, de logotypes… et donc de graphistes pouvant porter ce renouveau.
Les chefs de file en seront Yusaku Kamekura avec la remarquable affiche pour les jeux Olympiques de Tokyo en 1964 (épurée comme du Paul Rand), mais aussi Ryuichi Yamashiro, Kazumasa Nagai, Ikko Tanaka, Shigeo Fukuda, Tadanori Yokoo… Pourtant nourri de codes internationaux et d’influences occidentales, le graphisme japonais contemporain garde une part d’ombre, celle dont parle Junchiro Tanizaki dans L’Éloge de l’ombre (1933) nous rappelant que les canons esthétiques occidentaux sont inopérants. (…)
À l’instar du film de Sofia Coppola, Lost in translation, le graphisme japonais reste pour partie intraduisible. Il se distingue profondément de nos schémas par le fait que les images japonaises, au même titre que l’écriture japonaise, en partie pictographique, font signes (et à ce titre peuvent être lus). Au Japon, de plus, il n’existe pas de frontières entre la publicité et le graphisme.  »
[Le texte entre «  » est tiré du centrepompidou.fr.]

Bon voyage !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *