Ferenc Pintér, illustrateur majuscule

Posté le 23 mai 2015 dans Couvertures, Graphiste, Publicité
Ferenc Pintér, illustrateur majuscule

Ferenc Pintér (1931-2008) est né en Hongrie. Son père, Jòzsef, est peintre mais gravement malade, et la vie est difficile. Ferenc montre très tôt des prédispositions artistiques mais est refusé (3 fois) par l’Académie des Beaux-Arts de Budapest en raison de son indépendance idéologique et de son rejet du communiste. Lorsque les chars soviétiques envahissent Budapest en 1956 pour réprimer la rébellion et étouffer toute ambition libertaire, il fuit vers l’Italie. Là, modestement, il va devenir l’un des plus grands illustrateurs du XXe siècle, produisant des affiches politiques, culturelles ou publicitaires et, surtout, d’innombrables couvertures de livres pour la maison d’édition Mondadori, au long d’une coopération de 32 ans débutée en 1960.
Le grand public se souvient de lui surtout pour le commissaire Maigret (tous les ouvrages, en plusieurs éditions), mais il a également illustré les couvertures de centaines de volumes pour Agatha Christie, Pavese, Deledda, Soldati, Steinbeck, Faulkner, Ibsen, etc.
Malgré l’assurance de son grand talent, Ferenc Pintér était un homme simple qui avouait lui-même n’avoir jamais bien sur se « vendre ». Il souhaitait simplement être en mesure de payer des impôts, « heureux d’apporter ainsi ma contribution à ce pays [l’Italie] qui m’a tant donné ».

Maigret

Comme Maigret, et comme Simenon, Ferenc Pintér fumait la pipe. Il exécute ses premières couvertures de Maigret en 1966, 2 ans après que l’acteur italien Gino Cervi ait commencé à interpréter le commissaire à la télévision. Il choisit donc de s’en inspirer. Pintér n’a jamais rencontré l’écrivain belge, bien que Simenon – par contrat – supervisât les illustrations et qu’il ait été enthousiasmé par celles-ci. Enthousiasme que Mondadori n’a guère pris la peine de transmettre : « nous étions seulement considérés comme des employés », regrette Pintér.
Outre la « pâte » de l’artiste, ce qui est le plus remarquable dans ses illustrations des livres de Maigret (notamment pour la série qui commence en 1969), c’est l’audace des cadrages, l’inventivité des couleurs. Bref, du très, très grand art.

Autres illustrations

Sauf indication contraire, il s’agit de couvertures de livres.

Laisser un commentaire